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  • : Cinq passionnés du breuvage de Bacchus parlent du vin sous toutes ses facettes.
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POURQUOI CE BLOG?

Ce blog est né de l'heureux hasard d'une rencontre, en 2010, au Salon des Vins de Loire d'Angers, autour d'un verre de rosé de Bourgueil - celui de Pierre Jacques Druet. Il y avait là cinq "plumitifs" du vin. Le rosé aidant, l'idée a germé de créer un espace commun.
Parce qu'à cinq, on peut aborder plus de thèmes.
Parce qu'on peut débattre.
Parce qu'on peut partager. Des coups de coeur, des coups de gueule, de l'expérience.
Et qu'est-ce que le vin sinon une boisson de partage?
De ces cinq, certains sont déjà des blogueurs confirmés, d'autres non.
Comme il y a les 5 sens, il y  a maintenant les 5 du Vin.

Les 5 du Vin

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QUI SOMMES-NOUS?

David Cobbold (Eccevino) est le plus français des journalistes anglais du vin, ou vice versa. Il a reçu en 2011 le Wine Blog Trophy pour  son blog, More than Just Wine.

Jim Budd, sujet de sa Gracieuse Majesté, est journaliste pour diverses revues britanniques. Amoureux des vins de Loire, il leur consacre un blog, Jim's Loire, primé en 2009 du Wine Blog Trophy.

Hervé Lalau est un journaliste français écrivant pour diverses revues et sites français, belges, suisses et canadiens. Son blog "Chroniques Vineuses" lui a valu le Wine Blog Trophy en 2010.

Michel Smith, PourLeVin, est un journaliste français établi en Roussillon, travaillant pour diverses revues et guides en France. Il s'intitule lui-même "Journaliste en Vins et autres Plats de Résistance".

Marc Vanhellemont est un journaliste belge travaillant pour divers magazines en Belgique et en France. Incontournable, sauf par la face nord.

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The Famous 5

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Jim Budd's photographs are licensed under a Creative Commons Attribution-Noncommercial-No Derivative Works 2.5 UK: Scotland License.
26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 19:52

 

 

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I'm almost breathless with excitement. It has been very frustrating not to be able to announce this major new publishing event earlier, although it is certainly fitting to be able to launch this new blog featuring one the internet's new superstars as the 3rd European Wine Bloggers Conference ends.  

 

100% Charlier – pur Luc

 

 

Published by les5duvin - dans Le coup de coeur
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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 00:02

Discrètement jusqu’à ce jour, je milite pour Montpeyroux. Depuis 20 ans ou presque. Soit, mais pour quelle raison ? Lisez plutôt si vous en avez le courage.

Ce n’est en rien de ma faute si des hurluberlus de la hiérarchisation viticole basés à Montpellier et ailleurs ont cru bon de créer des zones (Pézenas, Grès de Montpellier, Terrasses du Larzac…) à celles déjà existantes (Saint-Georges-d’Orques, Saint-Saturnin, Cabrières…) depuis au moins l’ère des VDQS (années 50) et même bien avant, semant un peu la zizanie dans un Languedoc déjà à couteaux tirés avec les technocrates de tous poils. Bien avant ? Il me semble que les négociants soucieux de rajouter une once de qualité dans leurs vins venaient puiser les bons vins là où ils se trouvaient, et particulièrement dans cette zone proche de Clermont-L’Hérault, à Montpeyroux, mais aussi dans les villages voisins, à Jonquières, Aniane ou Saint-Saturnin, précisément là où les bons grenaches et les antiques carignans n’ont pas attendu qu’on les déclare aptes à faire du vin de belle allure pour exister.

Je sais, je rabâche, ou plutôt je radote vu mon look de plus en plus marqué de vieux cep errant. J’en parlais déjà (ICI) dans une chronique qui n’intéressait personne et c’est pour cela que je reviens aujourd’hui à la charge en y mettant un peu plus de conviction et de poil à gratter. Dans ce Languedoc en mal de reconnaissance, les querelles de clochers, de droite comme de gauche, vont bon train et le maquis d’appellations plus ou moins bien contrôlées est en train de bouillonner. Ici, les pontes de l’appellation Languedoc (ex Coteaux) parlent de pyramide et ils en sont à ériger le sommet. Avec à la base, un simple Languedoc comme il est prévu d’avoir des vins Loire, Rhône ou Provence. Faut simplifier les gars vu que le public à l’air con comme la lune…

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 Cette simplification, qui complique une situation passablement embrouillée, fait que si l’on n’y prend garde des vins à la qualité aussi évidente que Faugères, Corbières ou Minervois, risquent fort de se trouver relégués au second étage d’une pyramide qui verra des crus plus récents qu’eux et qui plus est créés en leur sein (Boutenac, La Livinière, Pic Saint-Loup et cie) placés au sommet, donc à long terme les plus rentables. Comment peut-on nier l’historicité, la réalité, la qualité d’un terroir comme Faugères qui peut se voir un jour retranché en zone de second ordre face à des mastodontes encore jeunes  comme Terrasses du Larzac ou Grès de Montpellier englobant de nombreuses communes aux terroirs peu uniformes ? Je vous avais prévenu que ce serait compliqué.

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Les nouvelles bouteilles signées Christian Audigier pour la cave de Montpeyroux... des vins de cépages et non d'appellation !

Donc, moi, modeste journaleux de base, un brin franc tireur, Parisien d’origine de surcroît, et donc "estranger", j’ai l’outrecuidance de dire que tout ce micmac ne me plaît guère. J’ose croire dans ma naïve inculture languedocienne que des terroirs qui ont déjà le droit de mettre le nom de leur clocher sur l’étiquette depuis plus de 50 ans et à qui l’on a toléré ce droit dès l’avènement des Coteaux-du-Languedoc dans les années 80 ont raison de penser qu’ils peuvent se distinguer au point de réclamer le droit, justement, à la différence à défaut de demander leur indépendance. C’est d’autant plus normal que cette démarche s’opère logiquement avec les « experts » mandatés par l’INAO, qu’elle s’accompagne d’efforts significatifs grâce à un cahier des charges, plus normal encore si la cave coopérative du village qui assure à elle seule 80 % de la future appellation est en parfaite symbiose avec la vingtaine de caves particulières. Et c’est encore plus logique enfin si de belles terres de marnes bleues sont concernées et que le cépage carignan est relégué à son rôle de bon plant et non point de petit merdeux d'origine espagnole. Intéressante et originale aussi la démarche pour le moins novatrice en France qui consisterait à stipuler dans un décret que tels et tels cépages seraient concernés par l’appellation – quatre, si j’ai bien compris, syrah, carignan, grenache et mourvèdre – sans qu’il y ait pour autant de proportions imposées.

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Sylvain Fadat, maillot jaune du cru Montpeyroux

Puisque j’aime Montpeyroux, il est naturel que je prenne la défense de ce village. Pourquoi ? Pardi, parce qu’un dénommé Fadat, Sylvain de son prénom, m’a prouvé, il y a 20 ans que son terroir faisait de grands vins, que l’on y plante du grenache, du cinsault, de la syrah, du mourvèdre ou du carignan. Aujourd’hui, Sylvain est un des rares vignerons du Languedoc à avoir stocké plus de 8.000 bouteilles de sa production de millésimes vieux de plus de 10 ans, le seul à pouvoir offrir une verticales sur 20 ans. Il l’a fait non pas uniquement pour vendre ou pour frimer, mais pour souligner la qualité de son terroir. Et pourtant ses vins ne sont pas encore reconnus comme faisant partie des grands, du moins dans les guides nationaux. Sylvain est un peu le leader de toute cette bande de vignerons montpeyrousiens qui souhaitent confirmer leur statut de cru. Je serais attristé de constater que d'autres vignerons mal intentionnés voient de travers la volonté des habitants de Montpeyroux de se mettre en avant. Certains, et non des moindres, auraient souhaité qu’ils se conduisent comme les moutons en transhumance qui jadis traversaient les rues du village. Ils auraient aimé les voir rallier en masse l’appellation Terrasses du Larzac qui les enserre, appellation à laquelle les vignerons de Montpeyroux ne sont pas opposés d'ailleurs puisque certains ont des terres classées dans cette zone. Bref, je ne voudrais pas que la jalousie des uns et la méchanceté des autres viennent pourrir le climat.

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André Dominé, journaliste allemand

Avec mon confrère allemand André Dominé nous avons demandé au syndicat des vignerons du cru qui ne l’est pas encore tout à fait - jusque-là, le nom Montpeyroux était "toléré" sur les étiquettes - à ce que l’on organise, spécialement pour nous, une dégustation à l’aveugle de vins rouges arborant la mention "Montpeyroux". Tous étaient en bouteilles, donc conformes à ce que les consommateurs peuvent acheter et les 37 échantillons, exclusivement rouges, allaient du millésime 2009 à 1989, représentant ainsi 20 années de Montpeyroux. D’avance, merci à Jean-Luc Bonnin d’avoir organisé l’anonymat de la dégustation et à la coopérative "artisanale" du village d’avoir mis à notre disposition une salle climatisée pour maintenir les vins à la bonne température.

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Désirée Fadat défend ardemment son cru en l'absence de son mari.

En dehors du Domaine d’Aupilhac (Sylvain et Désirée Fadat) qui proposait à mes yeux un peu trop de cuvées, chacune au meilleur de leur forme en dehors d’un 1989 quelque peu éteint, j’ai été parfois déçu par la rudesse des tannins et la rusticité de l’amertume. Pour en revenir à celui qui reste au sommet du cru, Sylvain Fadat, celui-ci m’a une fois de plus littéralement bluffé avec son 1995 (35 % de carignan et 30 % de cinsault) complet et frais, son « Cocalières » (40 % syrah, 30 % grenache et 30 % mourvèdre) complexe et animé, son rarissime 2000 « Le Clos » (très mourvèdre et carignan) et son joyeux « La Boda » (plutôt mourvèdre et syrah)…

Après Aupilhac, plusieurs vins m’ont impressionné. Les voici, et pour une fois dans l’ordre de préférence :

-Villa Dondona pour son caractère très marqué, sa complexité et sa densité (2008) ;

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Jo Lynch et André Suquet de Villa Dondona

-La Jasse Castel, que l’on doit à la très dégourdie et rusée Pascale Rivière qui présentait son 2002 que je n’aimais guère il y a quelques années mais qui se révèle aujourd’hui structuré, frais et marqué par une belle finale sur le fruit ;

-Divem (Gil Morrot) pour son 2005 sur la finesse, riche, plein, superbe en finale… avec également un beau 2007 ;

-Alain Chabanon, pour son « Esprit de Font Caude » moitié mourvèdre, moitié syrah, joli nez, jolie finale, équilibré et prêt à boire ;

-Saint-Andrieu pour un 2002 « Marnes Bleues » assez dense quoique marqué par l’amertume ;

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Didier et Christophe Crézégut de Puech Auger

-Puech Auger pour son 2008 fin, dense, soyeux d’excellent rapport qualité-prix ;

-L’Aiguelière pour sa « Côte Dorée » 2006, très syrah, fourrure et sous-bois qui ne demande qu’à vieillir;

-L’Hortgrand 2007 « fûts de chêne », un peu rustique certes et austère, mais réservé, plein de sève et long en bouche. 

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Christine Commeyras, aux portes de l'Aiguelière

Pour des raisons de lucidité bêtement pratique qui ne nous permettait pas d’en voir plus au risque de tituber, nous sommes allés visiter deux domaines qui nous étaient totalement inconnus. L’un d’eux, Puech Auger, http://www.puechauger-languedoc.com/ appartient à deux jeunes, Christophe et Didier Crézégut dont on reparlera à coup sûr s’ils savent garder la tête froide. J’ai goûté leur carignan en cuve et me suis autorisé de les inciter à sortir une bouteille dans le genre vin peu compliqué à boire entre potes. On verra. En attendant, avis aux amateurs, les gars sont aussi trufficulteurs !

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L'ancien hôpital, siège de Villa Dondona, un havre de paix et de bon goût

L’autre domaine visité, Villa Dondona, mérite une bonne heure au moins. Jo Lynch est britannique et artiste (c’est elle qui réalise les étiquettes), tandis que son compagnon, ancien médecin à Gignac (beau marché le samedi) s’attache à faire revivre en lui la fibre occitane. Les vignes, au-dessus du quartier du Barry, le vieux Montpeyroux en quelque sorte, juste derrière l’église dans ce qui fut jadis l’hôpital, sont magnifiquement disposées sur des banquettes tournées vers le golfe du Lion, avec vue sur l’ensemble du Languedoc. Les propriétaires sont charmants et sont décidés à tendre vers de grands vins. Leur cuvée de Mourvèdre vaut le détour, leur Grenache aussi, sans oublier le Carignan dont je reparlerai un jour…

Autour de Montpeyroux, les promenades ne manquent pas, à commencer par Clermont-L’Hérault (huile d’olive), Saint-Guilhem-le-Désert et les gorges de l’Hérault. Les Fadat ont deux gîtes superbes qu’ils louent volontiers à la semaine pour des amateurs de vin. Sinon, je vous recommande à côté de Gignac, le mas Cambounet. Fabienne Perret, aidée de son homme, Jean-Charles, se dit cuisinière paysanne et cela lui va comme un gant. Dans son joli mas à 4 km de Gignac, entouré de vignes, d’oliviers, de cyprès, d’amandiers et de touffes de thym, elle n’a qu’un souci : faire plaisir à ses visiteurs qui viennent, sur réservation, goûter sa cuisine aussi légère et fraîche qu’ensoleillée. Cinq chambres d’hôtes. À partir de 75 € la nuit pour deux avec petit déjeuner. Repas : environ 25 € par tête, pain maison, vin et huile de la propriété inclus. Le bonheur !

Michel Smith

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 00:09

PPLaPromenades-copie-1.jpgJacky Dallais' La Promenade

On Saturday we had a wonderful lunch at Jacky Dallais' La Promenade in Le Petit Pressigny (tel: 02.47.92.24.83). As is our custom we chose the Menu Tradition – deux plats plus fromages et desserts est 40€, trois plats: 50€. One star in Michelin – ought to be be more but the inspectors probably get lost in the depths of Touraine-Sud!

The food was fabulous from start to finish – inventive but everything worked. The service as usual discreet and efficient. Towards the end of the meal just a brief glimpse of Jacky Dallais at the reception desk before he returned to the kitchen – no celebrity chef antics here!

La Promenade also has an excellent wine list constructed and orchestrated by Xavier Fortin. It is particularly strong on the Loire and Languedoc-Roussillon. Naturally la modération ruled OK! 


XavierFortinas.jpgXavier Fortin

Please do nominate restaurants in France that you think offer similar or better value.

Some photos from the lunch:



Nouveau-Nezs.jpg

Apéro: Nouveau-Nez, Montlouis Pétillant, Damien Delechneau
 NouveauNez-BLs.jpg
Nouveau-Nez: back label

Amusebouches.jpg
Amuse-bouche

09Cendrillons.jpg2009 Cendrillon, François Plouzeau (above and below)

CendBLs.jpg


RizdeChevreaus

Riz de Chevreau

Canardfoiegrass.jpg
Canard et foie gras frais with a glass of Foucault brothers 2005 Saumur-Champigny

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2007 Le Peu Morier, Domaine Vincent Carême, Vouvray
(Half bottle with the cheese)

Chocolatefeuilletes.jpg

Wickedly rich chocolate dessert

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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 11:51

Puisque nous avons coutume de marier vin et musique, sur ce blog, je voulais rappeler l'anniversaire de John Lennon, né le 9 octobre 1940.

Voila un type qu'on imagine (sic) difficilement à 70 berges. Quoique, il y a des gens de cet âge qui sont très bien conservés.

Aucune idée de ce que John buvait d'habitude. Je sais juste que pendant l'enregistrement du White Album, il y avait du Liebfraumilch sur un ampli, même que la bouteille a cassé avec les vibrations de la basse de Paul et qu'on l'entend sur Helter Skelter.

Mais si je devais associer un vin à John, je crois que je choisirais plutôt un beau Sancerre sincère et acide. Un peu comme les coups de gueule de notre cher Jim. Sacrés anglais! S'ils n'existaient pas, ils faudrait les inventer.

Côté musique, juste pour le fun, voici mon "best of" perso de l'oeuvre immense de John: In my life. Tomorrow Never Knows. Strawberry Fields Forever.  I am the Walrus. All You Need Is Love. A day in the Life. Dear Prudence. Revolution. Yer Blues. Across The Universe. Come Together. Because. I want You. Working Class Hero. Isolation. God. Imagine. Jealous Guy. Gimme some Truth. Instant Karma.

Hervé

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 00:07

A Fronton, pour faire très simple, il y a deux sortes de vins.

Il y a d'abord les vins de négrette pure (et pas verte), vinifiée sur le fruit, la violette, et un petit côté brut de cuve qui réjouit les palais toulousains – voire au-delà. Et puis il y a des cuvées plus travaillées, souvent des assemblages, et passées sous bois.

Au Château Bellevue la Forêt (toujours un des phares de l’appellation) la cuvée «Optimum» appartient à la deuxième catégorie. Malgré tout, l’élevage a préservé le caractère sauvage de la négrette (ici mêlée à du cabernet). Le nez allie fruit noir et herbes de la garrigue, la bouche est épicée, mais arrondie par le bois. Parfait à boire aujourd’hui, mais garde encore un beau potentiel.

Bref, si, comme ma fille Joëlle et moi, vous passez par Fronton, vous chercherez peut-être longtemps le Château, mais ne manquez pas Bellevue!

Bellevue.jpg

Le "Château" de Bellevue

 

Hervé Lalau

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 00:04

Prenez note, car je ne le dirai pas souvent : pour une fois, oui pour une fois seulement, écoutons un œnologue. Écoutons-le religieusement et plutôt deux fois qu'une.

Il s’agit en l’occurrence de la voix de ce chimiste un peu vieille France qui dirigea pendant longtemps le Laboratoire Départemental de Tours, et cette voix-là est pour moi toujours d’actualité. Écoutez donc le Professeur Jacques Puisais :

http://www.youtube.com/watch?v=LpLXFLOOie0&feature=player_embedded#! 

« Un parterre de plaisirs. Il suffit de se pencher dessus pour le cueillir ». Son discours simple et poétique est connu. On dira même archi connu. Pourtant, on l’a oublié. Il nous dit aujourd’hui ce qu’il affirmait il y a déjà 30 ans, car Jacques Puisais, pur produit de la Rablaisie, fut l’un des premiers à organiser des « safaris terroirs » pour que les vignerons de Touraine puissent constater leur diversité. De rares journalistes, dont je faisais partie, se pressaient  alors pour entendre Jacques Puisais parler de l’homme, de l’action du vent, du climat, de la terre. On se moquait parfois de son côté poète, de son noeud pap', de ses mariages mets et vins un peu cocasses, de son goût prononcé pour la grande cuisine. Mais on en a pris de la graine et moi le premier quand je songe aujourd’hui à mon Carignan battu par les vents.

Pour une fois qu’un œnologue évoque le terroir avec les images qu’il convient – même s’il s’agit là de Cahors -, j’ai pensé, grâce à Sabine, une amie qui m’a lancé sur la piste, que ce petit film de moins de dix minutes pouvait remettre les pendules à l’heure. Bien sûr, certains y verront la manifestation d’une pensée un peu passéiste. Mais il suffira d’en discuter entre nous pour que le Terroir redevienne le mot clé dans la conception du vin. Un mot et une vision modernes.

Michel Smith

 

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 00:31

Marié pour le meilleur avec Mme Syrah, en Côtes du Rhône Septentrionales, Laurent Combier a une seconde vie. En Priorat. Là, il fait ménage à trois, avec deux autres vignerons du Rhône: Peter Fischer (Château Revelette, en Côteaux d’Aix) et Jean-Michel Gérin (Côte-Rotie).

Leur projet commun, Trio Infernal, date de 2002. Les trois compères se sont taillé un domaine de 18ha étagé entre 300 et 500 m d’altitude, avec quelques coteaux très pentus.
L’idée: travailler à plusieurs, en bons artisans ; marier les passions, et révéler un autre grand terroir méditerranéen, celui des schistes du Priorat. Un coin de Catalogne où les rouges peuvent atteindre un équilibre inusité entre alcool, concentration et… fraîcheur.
Laurent Combier : «Nous sommes à la fois  proches de la sierra de Montsant, et encore sous l’influence de la mer, cela donne un beau microclimat pour le grenache et le carignan. Et puis on ne se refait pas, on a aussi planté un peu de syrah. Mais on parle, on parle, je vais ouvrir une bouteille »….

Trio Infernal2

Laurent passe aux choses sérieuses...

On commence avec le blanc : Trio Infernal 0/3 2008 (grenache blanc 70%, maccabeu 30%, vieilles vignes de plus de 30 ans, 14 mois de barrique française).
De la poire, du coing, du floral au nez, et une pointe de minéral sous la langue. Pas mal de gras, acidité moyenne, mais une très bonne longueur, et surtout une jolie amertume finale. Qui a dit que les blancs du Sud manquaient d'élégance?
 
Et puis on poursuit avec Le Trio Infernal 1/3, un rouge de Grenache noir (60%) et de Carignan (le reste), longuement macérés, et élevés 15 mois en barrique française.
Etonnant, pour un tel élevage, de retrouver autant de fruit – mûre, cassis, groseille à maquereau – parmi les épices et les notes de garrigue. Le bois s’est bien fondu, mais la bouche reste très directe, très fraiche, la finale est à la fois mûre et tendue. La cuadratura del círculo.


Pour le 2/3 (100% carignan de coteaux, 18 mois d’élevage), on verra une autre fois.

Trio-Infernal.jpg

Qui a dit que les blancs du Sud manquaient d'élégance?    

Hervé

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 00:02

Michel et Luc, pendant que vous essayez de vous dégotter l’un ou l’autre Xérès, moi, on m’en apporte à la maison. C’est pour le boulot, je vous rassure.

Je ne résiste toutefois pas à vous livrer mes commentaires sur ces oxydatifs et séduisants nectars.

 

 Lustau Master Class 006

 

Dry Amontillado Los Arcos

Il a la couleur du tabac mouillé, luisant comme de l’ambre brun à la transparence verdâtre. Le nez torréfié rappelle le charme qui brûle dans l’âtre, les noix grignotées autour du feu, le sel des embruns, la pierre qui chauffe, le caramel des après-midi d’automne, le thé lapsang suong dégusté à petites gorgées. Le charme se rompt en bouche. Les papilles s’attendaient à cocooner, les voilà surprises par la vivacité, la sècheresse du caractère et la force de l’esprit. Provocant, cet hidalgo les violente d’épices, d’iode et de réglisse, glisse sur elle pour mieux les emprisonner dans la gangue subtile de sa complexité. En un instant, les voilà soumises à ce bel amant.

 

 Lustau Master Class 009

 

 

Dry Oloroso  Don Nuño

Brun ambré, il a pris l’odeur de son chai. On lui sent l’encens des boiseries, l’iode apporté par le ponant, les caramels croqués par les ouvriers à la sueur poivrée, ce fugace éclat minéral animé par la chaleur vespérale. Les lèvres se lèchent salines, cristal qui demeure sur la pointe de la langue et affûte les papilles. Elles en deviennent inquisitrices et palpent Don Nuño de bas en haut. Vident ses poches des abricots et des amandes qui s’y cachent, lèchent le liseré amer qui suit la dentelle cacao, se rafraîchissent au lime confit qu’il emprisonne entre ses doigts effilés, hésitent un instant devant l’objet à la terminaison sucrée, puis s’abandonne jusqu’à l’extase.

 

 

 

Plus rare et par conséquent plus cher.

Jadis, lorsque les techniques œnologiques étaient balbutiantes ou inexistantes,  le classement de départ présentait parfois l’aléa de trouver une barrique d’Amontillado avec la corpulence d’un Oloroso. Le chef de cave apposait alors la marque particulière du bâton coupé d’une barre, palo cortado. Cet intermédiaire au goût particulier se trouve encore de nos jours, mais tiré de barriques anciennes.

 

Certains affirment qu’avec les avancées technologiques, il n’est plus possible d’en faire. En fait, il ne serait plus possible de rater son Amontillado, donc d’arriver à ce bâtard de Palo Cortado. Certaines Maisons en font encore…

 

Lustau Master Class 012

 

VOS Dry Palo Cortado

Il a 20 ans, cela se voit, son habit brun reflète le vert de l’océan et du temps. Son nez discret distille avec parcimonie des notes de candi, de sucre roux, de mélasse, de caramel brûlé. Si vous n’avez pas compris… la double décennie a aiguisé son esprit. Facétieux, il aime aujourd’hui plaisanter. Bien évidemment, il est tout sauf sucré !

L’ampleur et le volume de sa structure pourrait le faire supposer. Mais, il s’agit ici de caractère capiteux et d’une substance curieuse qu’on appelle glycérol à la viscosité suave, « enrobante », qui piège dans sa gangue poivre, cannelle, cardamome, noisette grillée, éclats de bois patiné, bâton de réglisse, encore milles épices et puis aussi des agrumes confits qui génèrent une fraîcheur bienvenue.

C’est un seigneur, un sage qui en sait d’avantage sur nous que nous sur lui. Accueillez-le sans crainte, il aime prodiguer ce qu’il a appris.

 

 Verres

Pour rappel, la vinification des Jerez

Les Jerez sont faits à partir du cépage Palomino qui est vinifié comme un blanc classique. On le fortifie par un ajout d’alcool vinique au moment de l’élevage. Tous sont de type oxydatif, avec des degrés d’oxydation et de complexités fort différents.

Si la Manzanilla, la plus fraîche de la gamme, est à boire dans les mois qui suivent l’embouteillage, c’est la seule ! Les autres se conservent facilement même la bouteille ouverte.

 

Hasta pronto

 

Marc

 

 

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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 00:44

Bon, inutile de se voiler la face, ni même les roues de vélo: c'est la rentrée.

Les 5 du Vin aimeraient vous éviter de lire les fadaises habituelles, et notamment les quelques chroniques qui font dans le soutien promotionnel des foires aux vins comme mon chien fait dans l'allée.

Aussi, avec la magnanimité qui n'appartient qu'aux vrais philanthropes, nous vous proposons, en exclusivité mondiale et non sans parti-pris, une sélection d'articles conçus, soit pour vous éclairer, soit pour vous rincer la tête.

L'ordre est est allé à Thouars. Ou à Thouarcé, qui sait.

Mais attention, dans le lot de ces liens, il y a un intrus. Si vous le trouvez, vous pouvez peut-être gagner une bouteille de  l'Eglise de Coume Majou. Mais on ne promet rien, ça dépendra de l'humeur du vigneron; et puis, vous devrez aller la chercher... C'est peut-être d'ailleurs ça, le vrai cadeau.

http://bachelards.blogspot.com/2010/08/controle-des-vignes.html

http://www.berthomeau.com/article-le-courtier-bordelais-vu-par-bernard-ginestet-beychevelle-mettait-son-linge-a-secher-devant-la-grille-de-fer-forge-de-branaire-55043110.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Smith

http://pourlevin.skyrock.com/2874039158-VdV-27-On-attaque.html

http://ivv.skynetblogs.be/archive/2010/07/index.html

http://terredevins.com/blogs/finegueule/2010/08/30/la-fine-gueule-pleure/

http://gje.mabulle.com/index.php/2010/08/19/198432-les-foires-aux-vins-fav-2010

http://cotes-de-la-moliere.com/mon-blog/index.php?2010/09/01/461-odg-bio-

http://quentinsadler.wordpress.com/2010/08/25/canadian-wine-ontarios-niagara-peninsula/

http://hlalau.skynetblogs.be/archive/2010/09/01/ah-les-guides.html

http://jimsloire.blogspot.com/2010/08/evening.html

Hervé

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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 00:15

Les Brits, c’est connu, ont toujours été influents dans le vin. Chez nous, dans le Sud, ils se louent pour tailler la vigne, vendanger, décuver, vinifier, vendre… mais ils agissent de la même façon dans la vallée du Rhône, les Côtes Roannaises, le Blayais, le Bergeracois, en Provence et ailleurs où ils osent fouler la terre sacrée de nos vignes patrimoniales. Pire, ils s’incrustent, s’allient volontiers avec les autochtones et fondent foyers. Les sujets de leur Gracieuse (hum, pas si sûr…) Majesté ne se contentent plus d’être de plus en plus nombreux à acheter le vin à la propriété, à le boire sans retenue dans la restauration locale ou dans leurs résidences de vacances, voilà qu’ils veulent désormais « faire » le vin en achetant des vignes. Rien de nouveau, me direz-vous. Certes, mais le mouvement prend de l'ampleur au point qu'il est question que nos alliés d'outre-Manche fondent une association de vignerons britanniques. Oui, c'est bien ça, ils se « pinardisent » adonf et espèrent même faire un tabac at home en exportant les bouteilles jusque dans les rayons de la mère-patrie. Dernière en date à s’installer, vous vous en doutez vu mon titre, une certaine Miss Jones, prénommée Katie.

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Miss Jones en vendanges dans ses vignes 

En cherchant Miss Jones sur Internet, je tombe immanquablement sur des chanteuses qui tantôt susurrent, tantôt hurlent, et qui me sont de surcroît inconnues. Je tombe aussi sur un DVD assez explicite (orgies, ligotages, etc) intitulé « The New Devil in Miss Jones ». Heureusement, il y a aussi le disque de la géniale Rickie Lee Jones que je recommande au passage, et un clip poignant de kitsch pop d’Hélène Ségara chantant un Mrs Jones sans queue ni tête (si vous voulez vous infliger un supplice, c’est ici). Finalement, voilà la vraie Mrs (à défaut de Miss) Jones, celle des slows de mes 24 ans, l’unique tube de Billy Paul. Let's all sing ! Ce troublant Me and Mrs Jones, plus tard interprété par Marvin Gaye, a été superbement repris il y a 2 ans par l’excellent Michael Bublé. Regardez.

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Miss Jones dans sa cave

Après cette longue mise en bouche musicale, rentrons dans le vif du sujet. J’ai rencontré l’autre jour Katie Jones, « Cathy », comme on dit ici. Elle est menue, possède un petit nez en trompette, un visage souriant et lumineux coiffé d’une touffe de cheveux d’un brun foncé tendance cuivre en léger désordre. Sympa, elle cause le Français presque comme vous et moi, et c’est dans un délicieux mélange franglais que nous nous sommes entretenus. Kate, je l’avais connue, il y a pas mal de temps alors qu’elle travaillait dans l’export pour les Vignerons du Mont Tauch (coopérative de Tuchan), une force non négligeable soit dit en passant dans le cru Fitou. Ayant quitté cette bande de chasseurs de sangliers, elle est restée dans le secteur et s’est soudain prise de passion pour la vigne. Elle a fait quelques kilomètres en direction du Canigou pour aller flirter avec la désormais fameuse vallée de l’Agly.

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Sur son site tout en anglais, ICI, juste au-dessus de son portrait où elle nous gratifie de son sourire coquin, elle a joliment titré in French : « Je ne regrette rien ». C’est donc qu’elle n’a aucune intention de reculer. Katie, qui ne souhaite pas pour l’instant s’emmerder avec les règlements des nos chères appellations, a déclaré ses premiers vins en Vin de France. Mais pour bien marquer son ancrage régional - elle est arrivée chez nous il y a 20 ans - elle a ajouté a son petit royaume de Maury quelques rangs de vignes du côté de Paziols, son village d’adoption, d’où elle sortira, d’ici l’an prochain, un « Jones Fitou », lequel viendra s’ajouter au « Jones Blanc », au « Jones Rouge » et au « Jones Muscat ».  Au début, elle s’est faite aider d’un ami Australien, David Morrison, qui conseille depuis 30 ans des vignerons du Sud, et jusqu’en Espagne. Les vinifications se font dans la cave de son compagnon, Jean-Marc Astruc, rue du Vatican, ainsi nommé parce qu’un gars de cette rue se faisait appeler jadis « le pape ». Sait-on jamais, un jour, les vins du coin seront peut-être aussi renommés que les crus « castelpapaux » du côté d’Avignon.

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Chose impossible à expliquer, sauf à dire qu’il s’agit de grenache noir, notre grandissime cépage, je suis surtout intéressé par le rouge, même si le blanc (grenache gris et un peu de muscat) ne démérite pas, armé qu’il est d’un bel équilibre et d’un réel enthousiasme. Donc, le rouge : robe d’un joli pourpre soutenu, fraîcheur en bouche, du soyeux et de la finesse, rien de compliqué, boisé présent mais discret, on aimerait juste un peu plus d’épaisseur et de longueur, mais il s’agit là de pinaillages journalistiques, car ce rouge, je l’ai bu avec un réel plaisir. On pourrait aussi mettre en exergue son prix - 12 € - pour dire qu’il est un chouïa élevé. Peut-être, mais c’est oublier alors tout le travail derrière, cette vigne difficile, la plus haute de Maury, 2,7 ha de blocs de schistes, à flanc de colline, la vigne la plus proche des ruines de Quéribus, vigie Cathare entre Roussillon et Corbières qui attire de plus en plus les aventuriers de la vigne. J’allais oublier le muscat. Vinifié à partir de raisins passerillés, il est très agréable et se commercialise en demi bouteilles au prix de 10 €. Bravo Miss Jones ! Just carry on !

Michel Smith

 

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