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Ce blog est né de l'heureux hasard d'une rencontre, en 2010, au Salon des Vins de Loire d'Angers, autour d'un verre de rosé de Bourgueil - celui de Pierre Jacques Druet. Il y avait là cinq "plumitifs" du vin. Le rosé aidant, l'idée a germé de créer un espace commun.
Parce qu'à cinq, on peut aborder plus de thèmes.
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Parce qu'on peut partager. Des coups de coeur, des coups de gueule, de l'expérience.
Et qu'est-ce que le vin sinon une boisson de partage?
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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 00:02

Discrètement jusqu’à ce jour, je milite pour Montpeyroux. Depuis 20 ans ou presque. Soit, mais pour quelle raison ? Lisez plutôt si vous en avez le courage.

Ce n’est en rien de ma faute si des hurluberlus de la hiérarchisation viticole basés à Montpellier et ailleurs ont cru bon de créer des zones (Pézenas, Grès de Montpellier, Terrasses du Larzac…) à celles déjà existantes (Saint-Georges-d’Orques, Saint-Saturnin, Cabrières…) depuis au moins l’ère des VDQS (années 50) et même bien avant, semant un peu la zizanie dans un Languedoc déjà à couteaux tirés avec les technocrates de tous poils. Bien avant ? Il me semble que les négociants soucieux de rajouter une once de qualité dans leurs vins venaient puiser les bons vins là où ils se trouvaient, et particulièrement dans cette zone proche de Clermont-L’Hérault, à Montpeyroux, mais aussi dans les villages voisins, à Jonquières, Aniane ou Saint-Saturnin, précisément là où les bons grenaches et les antiques carignans n’ont pas attendu qu’on les déclare aptes à faire du vin de belle allure pour exister.

Je sais, je rabâche, ou plutôt je radote vu mon look de plus en plus marqué de vieux cep errant. J’en parlais déjà (ICI) dans une chronique qui n’intéressait personne et c’est pour cela que je reviens aujourd’hui à la charge en y mettant un peu plus de conviction et de poil à gratter. Dans ce Languedoc en mal de reconnaissance, les querelles de clochers, de droite comme de gauche, vont bon train et le maquis d’appellations plus ou moins bien contrôlées est en train de bouillonner. Ici, les pontes de l’appellation Languedoc (ex Coteaux) parlent de pyramide et ils en sont à ériger le sommet. Avec à la base, un simple Languedoc comme il est prévu d’avoir des vins Loire, Rhône ou Provence. Faut simplifier les gars vu que le public à l’air con comme la lune…

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 Cette simplification, qui complique une situation passablement embrouillée, fait que si l’on n’y prend garde des vins à la qualité aussi évidente que Faugères, Corbières ou Minervois, risquent fort de se trouver relégués au second étage d’une pyramide qui verra des crus plus récents qu’eux et qui plus est créés en leur sein (Boutenac, La Livinière, Pic Saint-Loup et cie) placés au sommet, donc à long terme les plus rentables. Comment peut-on nier l’historicité, la réalité, la qualité d’un terroir comme Faugères qui peut se voir un jour retranché en zone de second ordre face à des mastodontes encore jeunes  comme Terrasses du Larzac ou Grès de Montpellier englobant de nombreuses communes aux terroirs peu uniformes ? Je vous avais prévenu que ce serait compliqué.

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Les nouvelles bouteilles signées Christian Audigier pour la cave de Montpeyroux... des vins de cépages et non d'appellation !

Donc, moi, modeste journaleux de base, un brin franc tireur, Parisien d’origine de surcroît, et donc "estranger", j’ai l’outrecuidance de dire que tout ce micmac ne me plaît guère. J’ose croire dans ma naïve inculture languedocienne que des terroirs qui ont déjà le droit de mettre le nom de leur clocher sur l’étiquette depuis plus de 50 ans et à qui l’on a toléré ce droit dès l’avènement des Coteaux-du-Languedoc dans les années 80 ont raison de penser qu’ils peuvent se distinguer au point de réclamer le droit, justement, à la différence à défaut de demander leur indépendance. C’est d’autant plus normal que cette démarche s’opère logiquement avec les « experts » mandatés par l’INAO, qu’elle s’accompagne d’efforts significatifs grâce à un cahier des charges, plus normal encore si la cave coopérative du village qui assure à elle seule 80 % de la future appellation est en parfaite symbiose avec la vingtaine de caves particulières. Et c’est encore plus logique enfin si de belles terres de marnes bleues sont concernées et que le cépage carignan est relégué à son rôle de bon plant et non point de petit merdeux d'origine espagnole. Intéressante et originale aussi la démarche pour le moins novatrice en France qui consisterait à stipuler dans un décret que tels et tels cépages seraient concernés par l’appellation – quatre, si j’ai bien compris, syrah, carignan, grenache et mourvèdre – sans qu’il y ait pour autant de proportions imposées.

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Sylvain Fadat, maillot jaune du cru Montpeyroux

Puisque j’aime Montpeyroux, il est naturel que je prenne la défense de ce village. Pourquoi ? Pardi, parce qu’un dénommé Fadat, Sylvain de son prénom, m’a prouvé, il y a 20 ans que son terroir faisait de grands vins, que l’on y plante du grenache, du cinsault, de la syrah, du mourvèdre ou du carignan. Aujourd’hui, Sylvain est un des rares vignerons du Languedoc à avoir stocké plus de 8.000 bouteilles de sa production de millésimes vieux de plus de 10 ans, le seul à pouvoir offrir une verticales sur 20 ans. Il l’a fait non pas uniquement pour vendre ou pour frimer, mais pour souligner la qualité de son terroir. Et pourtant ses vins ne sont pas encore reconnus comme faisant partie des grands, du moins dans les guides nationaux. Sylvain est un peu le leader de toute cette bande de vignerons montpeyrousiens qui souhaitent confirmer leur statut de cru. Je serais attristé de constater que d'autres vignerons mal intentionnés voient de travers la volonté des habitants de Montpeyroux de se mettre en avant. Certains, et non des moindres, auraient souhaité qu’ils se conduisent comme les moutons en transhumance qui jadis traversaient les rues du village. Ils auraient aimé les voir rallier en masse l’appellation Terrasses du Larzac qui les enserre, appellation à laquelle les vignerons de Montpeyroux ne sont pas opposés d'ailleurs puisque certains ont des terres classées dans cette zone. Bref, je ne voudrais pas que la jalousie des uns et la méchanceté des autres viennent pourrir le climat.

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André Dominé, journaliste allemand

Avec mon confrère allemand André Dominé nous avons demandé au syndicat des vignerons du cru qui ne l’est pas encore tout à fait - jusque-là, le nom Montpeyroux était "toléré" sur les étiquettes - à ce que l’on organise, spécialement pour nous, une dégustation à l’aveugle de vins rouges arborant la mention "Montpeyroux". Tous étaient en bouteilles, donc conformes à ce que les consommateurs peuvent acheter et les 37 échantillons, exclusivement rouges, allaient du millésime 2009 à 1989, représentant ainsi 20 années de Montpeyroux. D’avance, merci à Jean-Luc Bonnin d’avoir organisé l’anonymat de la dégustation et à la coopérative "artisanale" du village d’avoir mis à notre disposition une salle climatisée pour maintenir les vins à la bonne température.

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Désirée Fadat défend ardemment son cru en l'absence de son mari.

En dehors du Domaine d’Aupilhac (Sylvain et Désirée Fadat) qui proposait à mes yeux un peu trop de cuvées, chacune au meilleur de leur forme en dehors d’un 1989 quelque peu éteint, j’ai été parfois déçu par la rudesse des tannins et la rusticité de l’amertume. Pour en revenir à celui qui reste au sommet du cru, Sylvain Fadat, celui-ci m’a une fois de plus littéralement bluffé avec son 1995 (35 % de carignan et 30 % de cinsault) complet et frais, son « Cocalières » (40 % syrah, 30 % grenache et 30 % mourvèdre) complexe et animé, son rarissime 2000 « Le Clos » (très mourvèdre et carignan) et son joyeux « La Boda » (plutôt mourvèdre et syrah)…

Après Aupilhac, plusieurs vins m’ont impressionné. Les voici, et pour une fois dans l’ordre de préférence :

-Villa Dondona pour son caractère très marqué, sa complexité et sa densité (2008) ;

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Jo Lynch et André Suquet de Villa Dondona

-La Jasse Castel, que l’on doit à la très dégourdie et rusée Pascale Rivière qui présentait son 2002 que je n’aimais guère il y a quelques années mais qui se révèle aujourd’hui structuré, frais et marqué par une belle finale sur le fruit ;

-Divem (Gil Morrot) pour son 2005 sur la finesse, riche, plein, superbe en finale… avec également un beau 2007 ;

-Alain Chabanon, pour son « Esprit de Font Caude » moitié mourvèdre, moitié syrah, joli nez, jolie finale, équilibré et prêt à boire ;

-Saint-Andrieu pour un 2002 « Marnes Bleues » assez dense quoique marqué par l’amertume ;

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Didier et Christophe Crézégut de Puech Auger

-Puech Auger pour son 2008 fin, dense, soyeux d’excellent rapport qualité-prix ;

-L’Aiguelière pour sa « Côte Dorée » 2006, très syrah, fourrure et sous-bois qui ne demande qu’à vieillir;

-L’Hortgrand 2007 « fûts de chêne », un peu rustique certes et austère, mais réservé, plein de sève et long en bouche. 

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Christine Commeyras, aux portes de l'Aiguelière

Pour des raisons de lucidité bêtement pratique qui ne nous permettait pas d’en voir plus au risque de tituber, nous sommes allés visiter deux domaines qui nous étaient totalement inconnus. L’un d’eux, Puech Auger, http://www.puechauger-languedoc.com/ appartient à deux jeunes, Christophe et Didier Crézégut dont on reparlera à coup sûr s’ils savent garder la tête froide. J’ai goûté leur carignan en cuve et me suis autorisé de les inciter à sortir une bouteille dans le genre vin peu compliqué à boire entre potes. On verra. En attendant, avis aux amateurs, les gars sont aussi trufficulteurs !

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L'ancien hôpital, siège de Villa Dondona, un havre de paix et de bon goût

L’autre domaine visité, Villa Dondona, mérite une bonne heure au moins. Jo Lynch est britannique et artiste (c’est elle qui réalise les étiquettes), tandis que son compagnon, ancien médecin à Gignac (beau marché le samedi) s’attache à faire revivre en lui la fibre occitane. Les vignes, au-dessus du quartier du Barry, le vieux Montpeyroux en quelque sorte, juste derrière l’église dans ce qui fut jadis l’hôpital, sont magnifiquement disposées sur des banquettes tournées vers le golfe du Lion, avec vue sur l’ensemble du Languedoc. Les propriétaires sont charmants et sont décidés à tendre vers de grands vins. Leur cuvée de Mourvèdre vaut le détour, leur Grenache aussi, sans oublier le Carignan dont je reparlerai un jour…

Autour de Montpeyroux, les promenades ne manquent pas, à commencer par Clermont-L’Hérault (huile d’olive), Saint-Guilhem-le-Désert et les gorges de l’Hérault. Les Fadat ont deux gîtes superbes qu’ils louent volontiers à la semaine pour des amateurs de vin. Sinon, je vous recommande à côté de Gignac, le mas Cambounet. Fabienne Perret, aidée de son homme, Jean-Charles, se dit cuisinière paysanne et cela lui va comme un gant. Dans son joli mas à 4 km de Gignac, entouré de vignes, d’oliviers, de cyprès, d’amandiers et de touffes de thym, elle n’a qu’un souci : faire plaisir à ses visiteurs qui viennent, sur réservation, goûter sa cuisine aussi légère et fraîche qu’ensoleillée. Cinq chambres d’hôtes. À partir de 75 € la nuit pour deux avec petit déjeuner. Repas : environ 25 € par tête, pain maison, vin et huile de la propriété inclus. Le bonheur !

Michel Smith

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Published by les5duvin - dans Le coup de coeur
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David Cobbold 14/10/2010 15:58


Mais Michel je suis pour la même règle pour tous, ce qui signifierait que Volnay, en effet, serait apposé en effet, en caractères plus petits que BOURGOGNE, les deux figurant bien sur la même
étiquette. Cela donnerait une chance a tous, étant donné que, comme nous les savons bien, c'est l'homme qui fait la qualité du vin, et non pas l'appellation. L'appellation pouvant juste donner une
fourchette potentiel incluant quelques caractéristiques qui font office d'une adresse sur une carte de visite. Fadat en effet arrive à exporter ses vins, mais parce qu'on achète du Fadat/Aupilhac.
Mais il faut penseur plus loin que le petit groupe d'amateurs fanatiques(le otakis, au Japon, je crois) qui suivent les revues spécialisées. Il faut aussi faire, petit à petit, l'éducation du plus
grand nombre et susciter leur curiosité. Je suis contre les position acquises. Tout les monde, ou presque, peut faire du bon ou du très bon vin, et dans toute régions du monde propices à une
viticulture de qualité. Comment identifier les régions dont sont originaires ces bons vins ? Je ne pense pas que la meilleure manière est de multiplier les noms de lieux obscures (même si toi, tu
connais forcément les noms près de chez toi). Monpeyroux ne veut pas forcément dire grande chose à la plupart, et donc le mot Languedoc me parait indispensable sur une étiquette de Montpeyroux. Ce
n'est pas une dégradation du potentiel qualitatif de Montpeyroux que de dire cela, pas plus (et je suis pour) que d'imposer BORDEAUX, Margaux sur une étiquette. Quant à la mention absurde et sans
signification de "grand Vin", il faut la jeter à la poubelle.


David Cobbold 14/10/2010 09:09


Bien sur Michel, mais ne pas oublier de mentionner LANGUEDOC en grand, devant le mot Montpeyroux en plus petit. Car une identité, sur le plan d'une origine d'un vin, provient d'abord d'une zone
climatique, donc d'une région qui doit être nommée car elle bénéficie d'une notoriété plus largement reconnue et identifiable au loin. Puis, en entrant dans le détail, pourquoi pas nommer une
identité plus locale, comme Montpeyroux, si cela a un sens pour les producteurs et pour une partie des consommateurs les plus avertis. Je suis simplement contre cette multiplication anarchique des
appellations qui n'identifient même pas la région plus large dont ils font partie. Il ne faut pas attendre d'un consommateur chinois ou américain ou anglais qu'il sache que Monteyroux fait partie
du Languedoc. Il faudrait peut-être même lui dire qu'il s'agit du Sud de la France. Ce n'est pas déchoir que de dire d'où on vient à quelqu'un qui ne peut pas connaître l'intimité des replis de la
chair de tous les corps de la terre des vins. Ecrire seulement "Montpeyroux" sur une étiquette équivaut à adopter la politique de l'autruche, autrement dit, à une forme de suicide commercial.


les5duvin 14/10/2010 13:50



Je dirais même, cher David, "grand vin du Languedoc", comme "grand vin de Bordeaux" appliqué à un simple Bordeaux, ou "grand vin du Rhône" à un Lirac. Mais
tout cela est du détail car il s'agit d'appellation de cru, de village. On ne demande pas à Volnay d'être plus petit sur la bouteille que la mention "Bourgogne" ni à Chinon de réduire la taille
de ses lettres par rapport à "Vin du Val de Loire". Et puis, Montpeyroux, de manière officieuse, écrit déjà son nom en grand et depuis des lustres de cette manière : "Coteaux du Languedoc
Montpeyroux". Il s'agit - mais je conçois que mon article n'était pas très clair - d'officialiser le plus sérieusement du monde, en appliquant un cahier des charges rigoureux, une appellation qui
existe déjà de facto sans être pour autant officialisée depuis le décret des VDQS, un peu comme ce qui s'est passé avec Saint-Pourçain. Vendre à l'étranger, même en s'appelant Montpeyroux, ne
pose aucun problème. Il suffit d'être bon, comme l'a été Pic Saint-Loup, même si la crise rend les choses difficiles en ce moment. La preuve, Fadat vend ses vins au Japon, au Canada, mais aussi
aux USA, via Kermit Lynch qui vend déjà 7 vins du Languedoc sur son site. Et puis, pourquoi le Languedoc n'aurait-il pas le droit d'avoir des crus comme c'est le cas ailleurs, dans la Loire, par
exemple ? MS



Hervé Lalau 14/10/2010 07:25


Ah, David, tu relances un sacré débat!
Bien sûr qu'il est toujours tentant pour des vignerons, surtout quand leur région ne bénéficie pas d'une grande notoriété, d'en sortir par le haut, de demander à bénéficier d'une appellation plus
restreinte et partant, pour eux au moins, plus prestigieuse.
Mais l'est-elle pour le consommateur? Pas forcément. La qualité est-elle meilleure? Pas forcément. La personnalité des vins? Malgré les efforts dans la définition des terroirs et dans le marketing,
pas toujours non plus.
Et quid des chevauchements entre les AOC, comme ici justement, à Montpeyroux, où l'on peut choisir le Cru Montpeyroux ou Terrasses du Larzac?
Aux vignerons de décider, bien sûr, ce qu'il veulent faire de leur bien commun. Mais nous pouvons bien sûr les mettre en garde contre les dangers de la complexité, de l'atomisation, et de la
déconnection d'avec les réalités.
Un cru doit avoir une certaine résonance dans l'esprit du public, au moins des initiés au départ, et pouvoir se forger une notoriété à partir de ce socle. Mais on ne crée rien à partir de rien, à
partir d'une fausse identité, le nom ne fait pas la chose.


les5duvin 14/10/2010 08:33



Gigondas puis Vacqueyras et plus récemment Rasteau, Vinsobres et Cairanne pour ne parler que du Rhône ont obtenu leur indépendance
et personne ne s'en plaint. Idem pour Regnié dans le Beaujolais. Cela ne les empêche pas de vivre leurs particularismes tout en restant acteurs d'une grande région viticole. Ce que réclame en
somme Montpeyroux, c'est de confirmer ce qu'il était avant : Montpeyroux, un point c'est tout. Pourquoi ne pas leur laisser cette opportunité si l'ensemble des vignerons le réclame ?
MS



David Cobbold 14/10/2010 06:58


Au lieu d'avoir des centaines d'appellations minuscules dont personne en dehors du village (ou d'une encyclopédie)peut s'en souvenir, pourquoi ne pas nommer tous les vins du Languedoc "LANGUEDOC"
et autoriser ceux qui le veulent à apposer le nom de leur commune (en lettres plus petites) en dessous. Comme cela l'identité régionale serait apparente pour tous, y compris les consommateurs au
loin (et pas nécessairement cons), et la recherche d'une part d'identité communale aussi. Au lieu d'empiler des couches opaques comme on le fait en ce moment. Et, bien entendu, on ferait de même
dans toutes les régions. Par exemple BORDEAUX, Saint Emilion, ou bien COTE DU RHONE, Gigondas. Et cela ferait graduellement l'éducation de tous sur le plan de la géographie.