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POURQUOI CE BLOG?

Ce blog est né de l'heureux hasard d'une rencontre, en 2010, au Salon des Vins de Loire d'Angers, autour d'un verre de rosé de Bourgueil - celui de Pierre Jacques Druet. Il y avait là cinq "plumitifs" du vin. Le rosé aidant, l'idée a germé de créer un espace commun.
Parce qu'à cinq, on peut aborder plus de thèmes.
Parce qu'on peut débattre.
Parce qu'on peut partager. Des coups de coeur, des coups de gueule, de l'expérience.
Et qu'est-ce que le vin sinon une boisson de partage?
De ces cinq, certains sont déjà des blogueurs confirmés, d'autres non.
Comme il y a les 5 sens, il y  a maintenant les 5 du Vin.

Les 5 du Vin

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QUI SOMMES-NOUS?

David Cobbold (Eccevino) est le plus français des journalistes anglais du vin, ou vice versa. Il a reçu en 2011 le Wine Blog Trophy pour  son blog, More than Just Wine.

Jim Budd, sujet de sa Gracieuse Majesté, est journaliste pour diverses revues britanniques. Amoureux des vins de Loire, il leur consacre un blog, Jim's Loire, primé en 2009 du Wine Blog Trophy.

Hervé Lalau est un journaliste français écrivant pour diverses revues et sites français, belges, suisses et canadiens. Son blog "Chroniques Vineuses" lui a valu le Wine Blog Trophy en 2010.

Michel Smith, PourLeVin, est un journaliste français établi en Roussillon, travaillant pour diverses revues et guides en France. Il s'intitule lui-même "Journaliste en Vins et autres Plats de Résistance".

Marc Vanhellemont est un journaliste belge travaillant pour divers magazines en Belgique et en France. Incontournable, sauf par la face nord.

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Jim Budd's photographs are licensed under a Creative Commons Attribution-Noncommercial-No Derivative Works 2.5 UK: Scotland License.
16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 00:40

Screwcaps.jpg

 2010 screwcapped Chenin Blanc from South Africa

Just over ten years ago 16 Riesling producers in Australia’s Clare Valley started a revolution that continues to reverberate around the world of wine. Fed up with the level of cork taint in their delicate Rieslings and by the random oxidation that is inevitable with natural cork, they bottled their 2000 Riesling under screwcap.

It was a small spark that lit the blue touch paper that was ready to explode. Screwcaps had been used before in Australia – notably by Yalumba on their Rieslings during the 1970s. Although technically successful, the experiment was abandoned after a couple of years or so as the market was not ready to accept that screwcap and quality could go together.

By 2000 the situation was very different. The complacent cork industry was deaf to the rising tide of complaints over the level of cork taint. There had also been a big shift of wine producing power from the traditional European wine producing to expanding areas in the Southern Hemisphere and the Americas, where winemakers were more prepared to consider the unthinkable.  

The move by the Clare Valley producers created waves. It was strongly supported by some sections of the UK wine press. The following year New Zealand producers followed suit, forming the Screwcap Initiative. Soon after the UK’s largest retailer, Tesco, announced that it would be encouraging its suppliers to move to screwcap.

Now ten years on it is estimated that at least 90% of Australian and New Zealand wines sold on the respective home markets are closed with a screwcap. The percentage on exported wines is somewhat lower as the acceptance of screwcaps by wine drinkers around the world is variable.

In the USA screwcaps still tend to be associated with cheap wine, while many of Europe’s tradition wine producing countries remain – well, traditional. In Italy some DOC/DOCG rules ban the use of screwcaps. In contrast their neighbour, Switzerland, has been quietly using screwcaps since the 1980s. The take up for AC wines in France is still low. Pioneers, like Michel Laroche in Chablis, Jean-Claude Boisset in the Côte d’Or and Florent Baumard in the Loire, remain rare examples of producers who have closed their top wines under screwcap.

FlorentB-CduPas.jpgFlorent Baumard with Clos du Papillon, Savennières closed with Stelvin Lux-Plus

Many of the Loire whites, especially Muscadet and Sancerre etc. would surely benefit from being screwcapped. Jérôme Choblet of the Domaine des Herbauges in Muscadet Côtes de Grandlieu is still unusual for having rejected cork for his entire production. There are now more examples but acceptance has been slow, partly held back I suspect by the conservatism of the French restaurant trade.

Will cork still be in the frame in ten years’ time? What of screwcaps will they continue to expand their share of the market? Will there still be a place for plastic corks? Or will we be hailing a new generation of closures and packaging for wine? There will certainly be changes but cork’s monopoly has been smashed for sure – and by Riesling!

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 07:05

Vous l'avez bien compris, c'est ici que se fait l'opinion - j'en veux pour preuve la polémique récente à propos de la photo de Trotsky:  parlait-on de Léon le Sanguinaire  ou de Lev le Prolétaire?

Les 5 du Vin ont des avis sur tout et sur rien, avisés ou non, à vous de juger. Et puisque nous sommes en passe de dépasser Mediapart, Rue 89 et même le Café du Commerce en termes d'influence, j'en lance une autre, de polémique. Pas plus qu'avec Trotsky, le rapport au vin n'est pas évident d'emblée, mais patience, j'y arriverai.

Fallait-il décrocher la photo de Pétain de la galerie des portraits des Chefs d'Etat de la France depuis 1871 affichés dans la mairie de Gonneville, Calvados?

Faut-il s'en tenir à une vision strictement sémantique de la chose? Selon cette thèse, Pétain ayant mis la République entre parenthèses au profit de son "Etat Français", il n'aurait pas sa place parmi les Présidents de cette même République. Ou bien faut-il concevoir l'histoire dans une optique plus large? Enlever le portrait de Pétain, n'est-ce pas un peu gommer une période qui dérange? Il y a-t-il un risque, au contraire, de banaliser la collaboration en affichant un de ses symboles, même dans une succession de portraits? 

Amis Belges, voila qui ne vous rendra ni le Congo, amis belges;  ni vos deux ans de retraite, amis français.  Quoi qu'il en soit, il y  a du pour et du contre.

Toutes proportions gardées, enlever ce tableau, comme l'a ordonné le tribunal, c'est un peu comme supprimer un mauvais millésime dans une série d'étiquettes de Mouton-Rothschild. Sauf que Pétain l'antisémite, dont on vient de révéler la part de responsabilité personnelle dans les lois anti-juifs votées sous son mandat, n'en buvait sans doute pas.

Bon, je n'ai aucune sympathie pour l'ancien Maréchal, et encore moins pour sa politique xénophobe. Mais la galerie de Gonneville n'avait rien d'un musée à sa gloire, alors je me demande si les associations et les juges n'en ont pas fait un peu trop. N'aurait-il pas suffit de mettre sous la photo la mention "Régime collaborationniste de Vichy", un peu comme on appose des avertissements de Santé sur les paquets de tabac?

Dans l'affaire de Gonneville, les juges, et avec eux, une bonne partie de la presse, semblent se baser sur une idée simple; à la Libération, l’ordonnance du 9 août 1944 a déclaré «la nullité de tous les actes» du régime autoproclamé de Pétain.

Autoproclamé? C'est oublier un peu vite que le Sénat et la Chambre des Députés réunis ont voté le 10 juillet 1940 les pleins pouvoirs à ce même Pétain, par 569 voix contre 80 et 20 abstentions. Le texte voté étant le suivant: "Article unique. L’Assemblée nationale donne tout pouvoir au gouvernement de la République, sous l’autorité et la signature du maréchal Pétain, à l’effet de promulguer par un ou plusieurs actes une nouvelle constitution de l’État français. Cette constitution devra garantir les droits du Travail, de la Famille et de la Patrie". 

Précisons que cette Chambre était celle du Front Populaire, donc assez marquée  à gauche. Mais les circonstances, la recherche de l'homme providentiel dans une période d'effondrement général des institutions, expliquent pour bonne part ce paradoxe apparent.

Alors, Vichy, régime raciste, collaborationniste et détestable, tâche indélébile dans l'Histoire de France, certainement. Mais régime illégitime? Ca se discute.

Mais revenons au vin (un thème que nous n'aurions jamais dû quitter).

Le régime corporatiste de Vichy s'est intéressé de près au secteur viticole et à sa régulation. Saviez-vous, par exemple, que c'est à son instigation, et sous les auspices du très dynamique Préfet de la Marne René Bousquet que le Comité Interprofessionnel des Vins de Champagne a vu le jour, le 12 avril 1941? Qu'un "drink" a été offert au délégué spécial du Führer à Reims, Otto Kläbitsch, à l'issue de la réunion du Syndicat Général des Vignerons ayant annoncé la mise en place de ce Comité, le 10 juillet 1941. Il faut dire que les armées allemandes, seuls clients solvables ou presque durant cette période, étaient intéressés au premier chef au bon fonctionnement du marché champenois.

Tiens, le cas de Bousquet, préfet de la Marne, puis de la Champagne (et accessoirement du champagne), mérite qu'on s'y attarde un peu. Avant  de devenir Secrétaire Général à La Police de Vichy, assumant ainsi une responsabilité importante dans la déportation des Juifs,  ce radical-socialiste  bon teint avait protégé Juifs et Francs-Maçons dans le département dont il avait la charge. Inquiété à la Libération, il avait été frappé d'indignité, mais relevé de cette peine pour faits de Résistance; puis amnistié, puis réhabilité. Bousquet pouvait ainsi porter sa Croix de Guerre, sa Légion d'Honneur et  sa Médaille d'Or des Belles Actions, ces deux dernières obtenues en 1930, à l'âge de 21 ans, pour avoir sauvé plusieurs personnes de la noyade  lors des inondations de Montauban. Comme quoi rien n'est simple.

Mais tout ceci aussi doit-il être frappé de nullité? Un cadre vide dans la galerie de Gonneville suffit-il pour oblitérer l'histoire?

Tiens, ça me rappelle la polémique à propos des statues de Mao et de Lénine installées à Montpellier par le défunt Georges Frèche.

Ma fille est en troisième année d'histoire à l'Université. Vivement qu'elle ait fini son cycle, car au rythme où on la réécrit, l'histoire, ce qu'elle a appris risque de devenir obsolète. Rappelez-vous Orwell:  dans 1984, les mémoires sont constamment effacées, les alliances réécrites, les options redéfinies. Il est pour le moins paradoxal que ce soient dans nos régimes démocratiques que des juges finissent par appliquer les recettes de Big Brother, non?

Hervé

 

 

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14 août 2010 6 14 /08 /août /2010 13:19

Mon confrère Sylvain Cottin (Sud Ouest) publie sur le site de Terre de Vins une édifiante chronique de la popularité du Cognac parmi les gangs afro-américains, leurs amis rappeurs et de plus en plus, au sein de la jet set de couleur. C'est ici

Pas sûr que ce soient là le marché et le mode de consommation que visaient les gentlemen-distillateurs des Charentes, mais comme on dit dans le commerce, il n'y a pas de mauvais clients...

Hervé Lalau

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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 00:04

Paritys.jpg

Here we have a nicely sombre short with just a splash of colour. Just as one shouldn’t wear perfumes and aftershaves to tasting, it is also important not to wear shirts with such bright colours that they are a distraction to others. These birds fit the bill perfectly – enough to provide interest without unwanted distraction.

Views-copy.jpg

We spent the weekend in northen Lozère enjoying some spectacular scenery in this little populated department. With an average altitude over 1000 metres, the highest average of any French department, there are no vines as it is too cold and the growing season too short. Other crops are late to ripen. The fields of wheat are still awaiting the arrival of the combine harvester, whereas further north in the flatter parts of France the harvest is long over.

 

Javolss-copy.jpgJavols today 

 JavolsRomans.jpg

Excavating the Roman remains

Late Saturday morning we visited the small village of Javols – hidden away in the countryside not far to the east of Aumont-Aubrac. Not a name many will know, I suspect, part from those with a keen interest in the Roman occupation of Gaul. Starting from the rule of Emperor Augustus in the first century AD and continuing for the next century or so, Javols was the capital of this part of Gaul. Remains of an extensive Roman city have been found. Called Anderitum, the city covered 45 hectares. As well as being a junction for routes heading east-west from the Rhône Valley and north-south from Clermont-Ferrand to the Mediterranean. There were also hot springs there – always an attraction for the Romans.  


RomanGuard-Javolss-copy.jpg

Amongst the many crafts and commerce in the city, there were coopers making barrels. Presumably for transporting wine, although I don’t think that even in Roman times there were any local vines.

After two centuries in the limelight, Auderitum lost influence to Mende and gradually sank back into obscurity. It is strange to visit Javols today and imagine that this small, sleepy village was once the most important city in this part of Roman Gaul.

We spent the weekend at Le Hostellerie du Villard, near to the medieval village of Le Malzieu. We ate well – very much home cooking – and also drank a few attractive bottles, although the wine prices tended to be rather steep.

DomBoisMayaud09s.jpg

Last night for dinner we tried the deep coloured, slightly tarry 2009 Domaine de Bois-Mayaud, Saint-Nicolas-de-Bourgueil. Not the greatest Saint-Nicolas but showed what a good vintage 2009 is for Loire reds. 

Jim

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 00:22

Suite et fin de la démonstration: il y a une vie (et de bonnes bulles) après les Vosges...

 

Une forte personnalité


Son originalité, le Crémant d’Alsace le doit d’abord à ses terroirs : des Vosges au sillon rhénan, la géologie de la région est extrêmement variée, au point qu’on parle parfois de mosaïque alsacienne. Sans oublier des conditions climatiques  favorables. Les Vosges protègent le vignoble alsacien des influences océaniques, de sorte que les précipitations y sont parmi les plus faibles de France (à peine 500 mm d'eau par an, en moyenne). La région bénéficie en outre d’étés chauds, d’automnes ensoleillés, qui contrastent avec des hivers plutôt rigoureux. La maturation lente et progressive des raisins qui en découle favorise l'apparition d'arômes d'une grande finesse.
La belle palette de cépages à la disposition des élaborateurs alsaciens permet d’offrir une gamme de produits d’une belle variété. Ces cépages sont au nombre de 6:

•Le Pinot Blanc, le cépage le plus utilisé pour les blancs de blancs, est à la base de Crémants à la fois délicats et ronds.
• Le Riesling apporte aux cuvées élégance, vivacité et fruité.
• Le Pinot Gris est apprécié pour sa richesse et sa belle structure.
• Le Chardonnay,  plein de race et de légèreté.
• le Pinot Noir est à l’origine des Crémants d'Alsace rosés et des blancs de noirs, mais aussi de nombreux assemblages (notamment avec le pinot blanc) ; il leur apporte son élégance, sa structure et son fruité charmeur.
•l’Auxerrois, venu de Lorraine, est un cépage dont on tire des vins aromatiques et souples, à l’acidité plutôt faible ; il est souvent utilisé en complément du le pinot blanc, avec lequel on ne doit pas le confondre.


Normes de production


Principaux critères d’homologation du Crémant d’Alsace, selon le décret du 20 février 2002.

• Les raisins blancs ou rouges doivent être issus de l'aire de production délimitée des vins d'Alsace
• Avant la récolte, les viticulteurs sont tenus de souscrire une déclaration préalable à la mairie, qui permet d'identifier les parcelles destinées à la production de Crémant d'Alsace.
• Les dates des vendanges sont fixées par le Comité Régional d'Experts des Vins d'Alsace. Les raisins doivent être récoltés manuellement, transportés dans des récipients contenant moins de 100 kg et mis entiers dans le pressoir. Les raisins destinés à l’élaboration des vins portant l’appellation « A.O.C. Crémant d’Alsace » sont vendangés plusieurs jours avant ceux destinés aux vins portant les appellations «A.O.C. Alsace» et «A.O.C. Alsace Grand Cru». 

• Chaque lot de vendange doit présenter une maturité convenable, et notamment une richesse minimale de 145 g de sucre par litre, soit un titre alcoométrique en puissance de 8°5.
• Le rendement annuel maximum de l'A.O.C. Crémant d'Alsace est le même que celui de l'A.O.C. Alsace (80 hl/ha).
• Le rendement au pressoir doit être de 150 kg pour 100 litres de moût destiné à l'élaboration de Crémant d'Alsace, avec obligation de séparer les vins de "rebêche" qui doivent représenter au minimum 3 % de la quantité ayant droit à l'appellation.
• Les installations de réception et de pressurage de la vendange doivent faire l’objet d’un agrément spécial de la part de l’INAO.
• Les vis d'Archimède et les chaînes sont proscrites au pressoir.
• La tenue d'un carnet de pressoir est obligatoire.
• Le Crémant d'Alsace doit être élaboré par une seconde fermentation en bouteilles exclusivement en Alsace. Le tirage correspondant ne peut avoir lieu avant le 1er janvier de l'année qui suit la récolte. Le vin doit rester sur ses lies  au moins 9 mois.
• Les vins revendiqués en A.O.C. Crémant d'Alsace sont soumis aux contrôles analytiques et organoleptiques prévus par la loi en matière d'appellation.
• Les vins portant l’appellation «A.O.C. Crémant d’Alsace» sont commercialisés complétés de mentions suivant leur composition. Ces mentions sont Blanc de Blancs, Blanc de Noirs, Brut, Millésimé, Rosé, Sigillé. La mention de cépage est autorisée si 100% du vin est produit avec ce cépage.

Effervescence… économique


Le Crémant d’Alsace a le vent en poupe. On compte aujourd’hui plus de 500 producteurs, et cette AOC représente aujourd’hui le quart de la production régionale des vins d’appellation ; les volumes sont en hausse régulière: 214.946 hectolitres en 2004, 235.705 hectolitres en  2007, 248.000 hectolitres en 2008…
Les ventes, elles, ont plus que décuplé en 25 ans, passant de 2,2 millions de bouteilles en 1982 à près de 30 millions en 2008. Le Crémant d'Alsace est aujourd’hui, et de loin, le premier vin effervescent d’AOC vendu sur le marché français, avec une part de marché de 28,8%; à titre de comparaison, la Clairette de Die représente 14,7% de ce même marché, Saumur 14,1% et la Blanquette de Limoux 11,4% (données 2006).
L’exportation, qui ne représente encore que 10% des volumes expédiés, est également  bien orientée.

Prochain défi: la consolidation des marques (pas encore au niveau des grandes maisons de Champagne  ou du Cava) et montée en gamme de certaines cuvées pour établir de vraies locomotives qualitatives. Les Alsaciens peuvent le faire.

Hervé Lalau

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 00:05

Je continue mon exploration des vins à bulles entamée avec la jolie Clairette de Die, cap cette fois au Nord-Est, en Alsace. Une région dont on jurerait qu'elle en a toujours produit. Rien n'est plus faux...

Une histoire mouvementée

L’éclosion d’une production notable d’effervescents dans la région date de l’occupation allemande, entre 1870 et 1918. Essentiellement pour des raisons de taxes: l’Alsace annexée étant exemptée de droits de douanes pour les expéditions vers l’Allemagne, quelques maisons champenoises s’installent dans la région et y élaborent des effervescents.
Mais les Alsaciens eux-mêmes s’y intéressent : en 1900, à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris, le jeune Julien Dopff, fils de vigneron à Reichenweier (aujourd’hui Riquewihr) assiste à une démonstration pratique de méthode champenoise; passionné, il convainc son père de le laisser suivre un stage de deux ans à Epernay et d’adapter les techniques acquises en Alsace. C’est chose faite dès les années suivantes.
Le retour à la France, et l’effondrement du marché allemand, voit le départ des maisons champenoises; fidèle à la tradition familiale, Dopff «Au Moulin» continue cependant sa production; la maison de Riquewihr sera longtemps le seul porte-drapeau de l’effervescence alsacienne.

 

Blanc-de-Noirs.jpg

Un des pionniers de la bulle alsacienne: Dopff  "Au Moulin"

 

Le renouveau se fera attendre jusqu’aux années 1970, sous l’impulsion d’une poignée de passionnés comme Dopff, mais aussi Pierre Hussherr, alors directeur de la Cave d’Eguisheim (mieux connue aujourd’hui pour sa marque Wolfberger). Des contacts entre la coopérative alsacienne  et sa consœur de Saint-Pourçain, qui, à l’époque, «champagnise» avec bonheur, aboutissent à des tests de prise de mousse de vins d’Alsace. Les essais sont plus que concluants, aussi l’idée germe bien vite de doter la région d’une véritable capacité de production d’effervescents de qualité.


Rapidement (les Alsaciens sont des gens déterminés), plusieurs caves s’équipent d’un outil de production adapté ; des normes de production sévères sont instituées (aire délimitée, liste de cépages autorisés, limite de rendements, pressurage, refermentation en bouteille…). Mais pour bien identifier cette qualité, et différencier cette production des mousseux de cuves closes et autre pétillants, il convient d’abord de lui trouver un nom ! La mention «méthode champenoise» vient juste d’être interdite. Ce sera donc «Crémant», qualificatif ancien réservé à certaines cuvées de Champagne, justement. Un accord est trouvé avec les Champenois, et le 24 août 1976, l'A.O.C. Crémant d'Alsace est officialisée par décret.

Une pionnière

L’Alsace ouvre ainsi la voie aux autres régions d’effervescents de qualité  aujourd‘hui, on compte huit AOC Crémants: Crémant d’Alsace, Crémant de Loire, Crémant de Bourgogne, Crémant du Jura, Crémant de Limoux, Crémant de Die, Crémant du Luxembourg et Crémant de Bordeaux. A chacun son style, sa personnalité – tout en sachant que ceux d’Alsace figurent toujours parmi les meilleurs. La preuve : au dernier Concours  National des Crémants, qui s’est tenu à Bordeaux en juin 2009, les Crémants d’Alsace ont raflé 41 médailles dont 26 Médailles d’Or, ce qui place la région largement en tête du palmarès.


A noter que depuis les années 1990, les normes de qualité et les conditions d’utilisation de la mention «Crémant» sont même protégées au plan international par une loi du Parlement européen.  Chaque région postulant à l’emploi de cette mention doit pouvoir prouver une antériorité dans cette production.

(A suivre)

Hervé Lalau

 

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 00:04

Le saviez-vous ? Die compte parmi les plus anciens terroirs de vin à bulles au monde. Laissez donc Tonton Hervé vous en conter l'histoire...

 Il était une fois au bord des Alpes un peuple qui s'appelait les Voconces, et qui produisait du vin selon une curieuse méthode; d'après Pline l’Ancien, qui les cite dans son Histoire Naturelle, ces Gaulois plongeaient les récipients contenant le vin en début de fermentation dans les rivières de leurs montagnes pour lui conserver son pétillant - le principe même de la Méthode Dioise. Pline écrivait ceci en 77 après JC, ce qui ne nous rajeunit pas. Et  des outils à vocation bachique retrouvés sur le site d'une ancienne villa viticole de Pontaix confirment le passé viticole antique de la région.

 

Diois.jpg

Au bout du Diois

Vive le chemin de fer!

Preuve supplémentaire de la qualité des vins: au 14ème siècle, un édit interdit l’apport de vins extérieurs dans l'aire de production de la Clairette de Die.

Celle-ci connaît un premier essor au 18ème siècle, avec la création de nombreuses caves. Avec l’arrivée du chemin de fer, à la fin du 19ème siècle, elle part à la conquête du marché français; dès 1910, elle est reprise dans le classement des futures appellations. Ce statut d’AOC lui est conféré en 1942.
La production connaît un nouveau développement avec la création de la cave coopérative, en 1950. Développement qui se traduit par un accroissement de la superficie viticole.
Dans le même temps, les procédés de production sont mieux encadrés: en 1971, la Méthode Dioise Ancestrale -utilisée pour cette seule AOC- est précisée.

La méthode Dioise

Dans cette méthode, différente de celle utilisée pour les Crémants, la première fermentation est volontairement incomplète. Elle est ralentie ou arrêtée par le refroidissement du moût à basse température. Le moût est par la suite mis en bouteille, sans ajout de liqueur de tirage, et le processus de fermentation est relancé par une augmentation de la température,  le dioxyde de carbone généré lors de cette fermentation en bouteille créant l’effervescence. La fermentation s’arrête  naturellement lorsque le vin  atteint un degré d’alcool proche de 7° à 9°. Les vins produits par la méthode rurale sont parfois troubles à cause de la présence de sédiments. A Die, on utilise un filtrage sous pression qui permet de clarifier le vin sans pour autant nuire à son effervescence.

Outre la Clairette de Die, les 31 communes de l’aire d’appellation du Diois produisent aussi le Crémant de Die (appellation reconnue en 1993). Il s’agit d’un vin effervescent élaboré selon la méthode dite traditionnelle.

En parlant de tradition, et pour ne pas rester la bouche sèche après toutes ces explications, j'ai débouché une Clairette Bio Tradition de chez Jaillance (alias Cave de Die). Voici mes notes de dégustation.

Robe : Brillant, or pâle, bulle fine. Nez: Pâte de coing, herbe fraîche, notes de fruits exotiques. Bouche: équilibrée, notes d'infusion (tilleul, camomille...) et belle nervosité, de l'élégance - il y a une vie après la touche sucrée.

Accords gourmands:  tout seul, en milieu d’après-midi. Ou bien au dessert, sur des glaces, des tartes, des crumbles au fruits, ou un moelleux au chocolat.

Hervé Lalau

 

PS. Aucun rapport, mais j'ai tout de même envie de vous poser la question - je m'adresse à mes lecteurs français, encore sous le coup de l'annonce par Raymond Domenech de l'équipe de France de foot (et handball réunies). Quelle serait pour vous la composition idéale de l'Equipe de France... de Vin? Vos trente bouteilles, les mieux à même de représenter la France du vin à une hypothétique coupe du Monde - attention, pas des vins pour dans trente ans, des vins pour le mois de juillet...

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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 20:51

Voilà ce que m'adresse Philippe, un ami Catalan de Tresserre, haut-lieu du vin en Pyrénées-Orientales.


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Et voilà son commentaire :

"Salut les amis,  

Sans déconner, si vous vous étiez promenés dans la Louisiane un peu avant la prohibition, auriez-vous vraiment cessé de boire ??? Vu les sirènes... moi j'ai des doutes".

Et moi itou !

Michel Smith

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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 01:20

Dans son roman noir et gastronomique à Paris au Moyen Âge, «Souper mortel aux étuves», Michèle Barrière, membre du conseil scientifique de Slow Food France, journaliste culinaire fait parler Jacques Deshaies, docteur de l’Université de Paris, auteur d’un Régime de santé et spécialiste de la doctrine diététique de l’école de Salerne. Nous sommes sous en janvier 1393.


"L’homme qui pense, et le roi est de ceux-là, est l’être qui digère le plus mal, continua le médecin avec componction. Le cerveau pompe toute la chaleur vitale, il faut donc diminuer le travail de la digestion. L’homme de rang élevé doit se nourrir de pain de froment, de vin blanc, de blancs de poulet et de volailles.
-    Ce qui signifie que les autres peuvent se nourrir comme ils l’entendent? demanda Constance.
-    Certainement pas! Disons que les rustiques, les gens lourds, ceux qui effectuent des travaux pénibles peuvent tout avaler sans que cela nuise à leur santé. Leur estomac brûle mieux les aliments. Les grosses viandes leur sont familières. Ils peuvent avaler abats, tripailles, tendons, os et nerfs et boire du vin rouge. Quand aux pauvres, on peut leur donner sans souci du vin aigre, des fruits pourris et de vieux fromages. Mais nous nous éloignons de notre sujet."

etudiant2.jpg

L'étudiant en Médecine

 

Un peu plus après, Constance l’héroïne du roman, continue d’interroger le jeune Diafoirus :
-    "Mais il faut aussi tenir compte de l’âge et de la saison pour bien se nourrir, n’est-ce pas ?
-    Bien entendu. En hiver, vous allez faire des sauces au vin, à l’ail, à la roquette, à la moutarde, alors qu’en été vous les préférerez au jus de citron ou de grenade. Votre brouet d’Angleterre, vous le réchaufferez de persil sauge et hysope en hiver ; en été vous vous contenterez de verjus et de safran.
-    C’est vrai. Mon mari m’a enseigné qu’en hiver, la sauce cameline se fait avec du vin et en été avec du verjus. Alors, justement, parlons des épices, s’enflamma Constance qui trouvait cette conversation de plus en plus passionnante. Sont-elles des médicaments ?
-    Ce sont elles qui permettent de corriger le caractère malfaisant de certains aliments. Toutes sont chaudes et sèches. Mais attention, elles sont là pour préserver la santé. Les malades doivent éviter d’en consommer, surtout ceux qui souffrent de fièvre."

C'est passionnant - et pour ceux que ça intéresse, voici une chronique  plus complète, c'est ici

Jacques Berthomeau

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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 01:06

L'avantage du web, c'est qu'il archive tout. Et n'importe quoi.

Faites un peu une recherche sur notre copain Jim Budd, et vous comprendrez.

Outre le fringant journaliste vineux d'aujourd'hui, vous découvrirez un champion de moto. Un homme qui, en 78, a remporté les 6 Heures de Castrol - pourtant, l'huile et le vin ne se mélangent pas.

Bon, la question est la suivante: est-ce bien le même Budd?

Hervé Lalau

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