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POURQUOI CE BLOG?

Ce blog est né de l'heureux hasard d'une rencontre, en 2010, au Salon des Vins de Loire d'Angers, autour d'un verre de rosé de Bourgueil - celui de Pierre Jacques Druet. Il y avait là cinq "plumitifs" du vin. Le rosé aidant, l'idée a germé de créer un espace commun.
Parce qu'à cinq, on peut aborder plus de thèmes.
Parce qu'on peut débattre.
Parce qu'on peut partager. Des coups de coeur, des coups de gueule, de l'expérience.
Et qu'est-ce que le vin sinon une boisson de partage?
De ces cinq, certains sont déjà des blogueurs confirmés, d'autres non.
Comme il y a les 5 sens, il y  a maintenant les 5 du Vin.

Les 5 du Vin

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QUI SOMMES-NOUS?

David Cobbold (Eccevino) est le plus français des journalistes anglais du vin, ou vice versa. Il a reçu en 2011 le Wine Blog Trophy pour  son blog, More than Just Wine.

Jim Budd, sujet de sa Gracieuse Majesté, est journaliste pour diverses revues britanniques. Amoureux des vins de Loire, il leur consacre un blog, Jim's Loire, primé en 2009 du Wine Blog Trophy.

Hervé Lalau est un journaliste français écrivant pour diverses revues et sites français, belges, suisses et canadiens. Son blog "Chroniques Vineuses" lui a valu le Wine Blog Trophy en 2010.

Michel Smith, PourLeVin, est un journaliste français établi en Roussillon, travaillant pour diverses revues et guides en France. Il s'intitule lui-même "Journaliste en Vins et autres Plats de Résistance".

Marc Vanhellemont est un journaliste belge travaillant pour divers magazines en Belgique et en France. Incontournable, sauf par la face nord.

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 00:03

’est le mois du Beaujolais, après on en parlera plus, c’est comme ça.


Nous essayerons, nous les 5, du moins, je le suppose, de faire mentir l'adage. Le Gamay c’est bon au printemps, en été, en automne et même en hiver, bref toute l’année.

Beaujolais + lapin 005 

Là, pendant que vous me lisez, je suis en Toscane avec mes co-blogueurs Jim et Hervé. Mais, avant de partir, dans ma province froide sous un crachin pénétrant, je me suis fait une joie de servir un Beaujolais avec le repas. Il n’était pas primeur, il aurait eu des difficultés face au lapin aux pignons, thym et oignons, concocté façon maison avec amour et distinction. En cocotte, mouillé de vin blanc, relevé de Cayenne, une pointe de lard, les pignons grillés, c’est un met de choix, et pas sec avec ça ! Ce qui est le travers de la chair de lapin.

Beaujolais + lapin 006 

Donc, cet herbivore juteux, bien estourbi, découpé et cuisiné en sauce, s’avéra délicieux en compagnie d’un Morgon Vieilles Vignes 2009 de Daniel Bouland.  Certes, il titrait 13,5° naturel, c’était l’année de toutes les maturités, mais sans chauffe, ni fruité cuit, au contraire, un nez floral de violette presque impériale, au bouquet fourni d’iris qui parfumait la framboise et le cassis. Un régal tout seul, mais c’est toujours plus sympa d’être bien accompagné.

Une combinaison superbe où se mélangeaient épices, moelleux, fruits rouges et noirs, avec une fraîcheur sublime, la fraîcheur c’est important dans un repas, cela donne du tonus, évite la lassitude.

Beaujolais + lapin 007 

On pourrait me reprocher d’avoir débouché ce VV trop tôt, que ce Morgon méritait quelques années de cave, que cet infanticide n’est guère digne d’un gastronome. Certes, mais quand le vin est bon pourquoi ne pas le boire ?

Il fut un temps où les vins jeunes, non éraflés, non vinifiés comme aujourd’hui, demandaient quelques années avant d’être bus. En fait, ils étaient imbuvables jeunes et il fallait attendre impérativement bien trop longtemps avant d’oser les servir. Souvent, à l’ouverture, on ne pouvait constater qu’une chose, la mort du fruit, asphyxié derrière son claustra de tanins enfin éboulés. Quand on avait plus de chance, on criait au sublime. Ce temps est révolu, vive le vin que l’on peut boire quand on veut !

JURA + ANDRE 2009 257 

N’allez pas en tirer la conclusion réductrice que le vin vieux a perdu toute grâce à mes yeux. Que non ! Mais, il y va d’une loterie qu’on n’est pas en mesure de payer chaque jour. Puis, il faut en avoir le goût, aimer ça, et pour cela en avoir une certaine expérience, expérience elle-même construite de hasards heureux.

Voilà beaucoup de conditions pour arriver à apprécier les vins vieux.

J’aime ces vins-là, j’en bois de temps à autre chez un vigneron généreux, chez des amis ou chez moi selon l’assistance. J’écris même de temps en temps quelque article, voire dossier, sur des ancêtres inattendus, telle des vieux rosés qui âgés et bien conservés, c’est une partie de la clé du succès, se montrent baroques, épicés d’orientalisme, rares et précieux ; des Châteauneuf-du-Pape, bien écrit dans son entièreté pour plaire aux sbires de l’appellation, quand j’écris Château9, ils tiquent, donc les vieux Châteauneuf-du-Pape blanc, même âgés de 50 ans restent fringants,  complexes et minéraux ; j’ai dégusté un jour des Muscat de Beaumes-de-Venise,  les plus anciens avaient trente ans, quel bonheur !

Des vins de millésimes antédiluviens, on peut en boire et en redemander, mais j’ai beaucoup aimé ce joli Morgon, cru du Beaujolais, sur le lapin…

Hospices et enchères à Beaune 100 

Ciao

 

Marc

  

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 08:40

Qu'apprends-je ce matin au moment où mon esprit sort à peine des brumes de la nuit fraîche?

Berthomeau - notre Berthomeau - le Secrétaire perpétuel de l'Amicale des Bons Vivants, s'auto-évapore.

C'est là la résultante d'une polémique récente à propos des travaux de MM. Pitte et Rolland (travaux séparés, on s'en doute). Et alors, Jacques! Si tu ne peux plus allumer les profs d'université chantres de la sortie de crise par l'élite, ni les oenologues de la mondialisation gustative (conscients ou non), sans te poser des questions  sur ton leadership, où va t-on? Penses-tu que Nicolas Sarkozy démissionnerait pour un simple petit conflit d'intérêts?

Je pense que tu peux à fois garder son poste de maître-chien et ta liberté de mordre.

D'ailleurs, comme disait la cuisinière de Voltaire: "Sans la liberté de mordre, il n'est pas de pâtée goûteuse", ou quelque chose dans le genre.

Quoi qu'il en soit, étant moi même un de ces chiens de journaleux que Tonton méprisait doublement pour leur côté charognard comme pour leur côté  courtisan (notez que je ne me reconnais ni dans l'un ni dans l'autre), je conseille à Jacques de reconsidérer sa décision: on peut être leader et actif, on peut être au-dessus des parties et donner des coups de pied dans les burnes.

Par ailleurs, moi-même secrétaire d'une association, j'émets des doutes sur la légalité de la procédure. Un secrétaire perpétuel auto-proclamé peut-il se décharger lui-même de sa mission? Sa nomination est à l'évidence entâchée d'un acte d'autoritarisme, et par conséquent, rien ne lui donne le droit de s'évaporer, comme la part de l'ange qu'il n'est pas.

D'autant que si l'on s'en tient à la tradition chrétienne (ça va, vous suivez toujours, amis athées?), l'âme ne s'évapore pas, ni ne se dissout. Elle est intangible, ineffable, éternelle.

Or, qu'est notre Berthomeau pour l'Amicale, si ce n'est l'âme du mouvement?

Je vous laisse méditer là dessus, j'ai mis une bouteille de Veuve Devaux Cuvée D 2002 au frais (rien de plus beau qu'un champagne de l'Aube  aux premiers rayons d'une belle journée!), je vous en dirai des nouvelles un peu plus tard, quand les bulles auront ouvert en grand mes synapses qui, je l'avoue, clignotent encore à cette heure-ci.

Hervé

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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 11:56

May I introduce you to a colleague winewriter, Oliver Styles, who likes roses - including the thorns.

http://wine-life.co.uk/news-review/a-rose-champagne-by-any-other-name-would-smell-as-sweet

TheRoseofEngland-LG.jpg A rose is a rose is a rose

 

Et ici, ma modeste contribution à l'Entente Cordiale...

http://hlalau.skynetblogs.be/archive/2010/09/02/trafalgar-pour-le-champagne.html

Hervé

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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 00:03

Passé le 15 Août, la rentrée arrive à grande vitesse et avec elle son cortège d’actualité : les spéciaux vins qui ressassent les mêmes sujets (hormis quelques-uns bien sûr…), les foires aux vins qui remettent une fournée des mêmes grands crus notés Parker, RVF ou B & D, quand c’est pas les trois à la fois, et puis arrive la sortie tant attendue des guides…

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Bon, de mon côté, pour ne rien vous cacher, je suis un peu blasé, vu que je vis en retrait, à Perpignan, c’est-à-dire proche du trou du cul de la France. Il n’empêche que, comme d’autres, j’appréhende cette rentrée qui s’annonce encore une fois telle une course sur les chapeaux de roue. C’est que ça prend une sacrée place les guides du vin. Pour ne rien arranger, allez donc les refourguer lorsqu’ils sont obsolètes ! Même mes amis, pourtant amateurs, repoussent à chaque fois ma généreuse offrande d’un geste dédaigneux. Je pourrais à la rigueur en faire des cartons et les porter à la décharge avec les vieux catalogues de La Redoute. Mais c’est trop lourd tout ça. Impossible de les jeter au risque de me sentir coupable de pollution. Les abandonner sur un blanc public ? Je l’ai osé. Peut-être ont-ils trouvé un second lectorat... Mais, franchement, un SDF aura-t-il le courage et la curiosité de les lire afin de rêver aux crus inaccessibles ? Résultat, je les collectionne et j’ai toute la série des guides Hachette depuis ses débuts. Si ça intéresse quelqu’un, je l’échange contre un bon magnum et surtout pas de cru classé !

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Ce n’est pas que je ne les aime pas, mais… Disons que je les supporte, pas dans le sens supporter une équipe comme ils disent maintenant. Commençons par être positif, ou honnête. Ils sont objectivement plutôt bien faits les guides de vin (hormis l’un d’entre eux que j’oublie car l’on ne saurait être objectif à son endroit) et vendus à un prix raisonnable. Dans mon travail de tous les jours le guide Hachette, par exemple, véritable bible unique en son genre puisque devenue une référence mondiale, est utile pour retrouver un vigneron oublié, ou pour vérifier une adresse. C’est net et précis et j’aime que l’on y fasse un peu de place aux crus du Luxembourg ou de Suisse.

 COUV_GUIDE-VERT-2011.jpg

Le Guide Vert des Meilleurs Vins de France ne manque pas d’intérêt non plus. Mais je ne l’ai pas lu depuis la version 2008 qui trône encore dans ma bibliothèque de bureau… Quant à l’obèse, je veux dire l’épais, imposant et lourd Bettane & Desseauve, il porte bien son nom : « Le Grand Guide des Vins de France ». N’y voyez de ma part aucune prétention, mais ces pavés ne m’apprennent plus grand-chose si ce n’est qu’ils complètent la vision que j’ai d’un domaine ou qu’ils me font parfois découvrir un nom que j’ignorais. Je savais depuis plus de deux ans que Jérôme Malet (Domaine Sarda Malet) concoctait un « Marius » pour le marché US avec son copain d’enfance Frédéric Engerer, lui-même directeur d’un premier grand cru classé, mais j’ignorais que ce cabernet-sauvignon qualifié « d’ovni » fut disponible en France. J’espère qu’il l’est vraiment, même à 40 €, sinon je ne vois pas l’intérêt de lui consacrer une entrée. À moins que ce ne soit pour montrer aux confrères que l’on a été le premier sur le coup.

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Assez jasé, revenons sur l’essence même des guides. Souvent, soyons juste, même si les textes ont tendance à se réduire en peau de chagrin, ils mettent l’accent sur quelque chose, un détail, que je n’avais pas remarqué jusque-là. Je les parcours donc plus que je ne les lis, ne serait-ce que pour voir s’ils n’ont pas maltraité un vigneron que j’adule de mon côté ou si, au contraire, ils encensent un type dont je déteste les vins. J’avoue aussi regarder de près comment est traitée – ou maltraitée – ma région d’adoption. Je m’irrite aussi parfois en me disant que je ne dois pas être assez bon dégustateur (ou journaliste ?) puisque je ne suis nullement sollicité par les rédactions de ces ouvrages collectifs. Je me console en me disant que c’est moi qui doit avoir raison : « Reste où tu es coco. Tu es bien trop sincère et trop attaché à la personnalité des vignerons pour te fourvoyer dans des analyses ou des prédictions… Et puis tes papiers sont toujours trop longs, pas assez percutants alors qu’il est de bon ton aujourd’hui de faire du zapping… » Ainsi, je reste à ma place : spectateur de l’édition bachique après, il est vrai, y avoir longuement collaboré, dans les années 90 pour feu le « Guide des Routes du Vin ». Blasé vous dis-je. Mais le consommateur, lui, a-t-il vraiment intérêt à acheter ces guides ? S'il est averti, franchement, je pense que non. Seulement voilà, on peut m'opposer les chiffres de vente comme démenti. Au fait, combien tirent-ils précisément ? Mystère...

 Couv-guide-rouge-2011.jpg

De toute manière, depuis que je suis supposé être à la retraite et que je n’ai plus de collaborations régulières autres qu’annuelles, on ferme les grilles. Mais ne nous noyons pas dans les jérémiades : au moment où je ponds ce texte, je reçois le pavé B & D avec grand plaisir. Nouveau format, couverture souple très proche du consommateur, c’en est fini des textes aérés, mais ça se lit mieux. Dommage que l’on y accorde encore de la place au vignoble sudiste de Bernard Magrez qui aurait, je dis bien « aurait », été abandonné au moins dans sa partie Roussillon puisque Olivier Decelle (Mas Amiel) a publiquement affirmé qu’il avait racheté les vignes de Magrez autour de Maury. À moins que le « compositeur de grands vins » en ait acheté ailleurs… Je sais, ce n’est guère facile de coller à l’actualité. En restant scotché sur « ma » région, c’est amusant de constater que, pour des histoires d’échantillons non livrés et d’une mauvaise bouteille bue au restaurant, Gérard Gauby se retrouve si mal noté… alors que Marjorie Gallet (Roc des Anges) se voit quant à elle propulsée au même rang que les Gardiès, Parcé Frères, l’Abbé Rous et autre Hervé Bizeul. Côté Languedoc, Olivier Jullien, qui refusait à ses débuts toute starisation est quant à lui beaucoup mieux considéré que ses meilleurs compères Catalans. On remarque aussi l’ascension de Pech Redon (La Clape) et de Maxime Magnon (Corbières), alors que Pech Latt, remarquable Corbières depuis 30 ans, ne figure pas sur les tablettes. Le mythique domaine de La Grange des Pères subit le même sort que Gauby alors que d’autres étiquettes réputées (Alain Chabanon, Léon Barral, Terre Mégère, Clos Centeilles, Caraguilhes, Henry, Clos de l’Anhel…) se retrouvent médiocrement notés et sans l’ombre d’un « BD », soit l’équivalent d’une étoile. Comme quoi tous les goûts sont dans la nature. Bref, cela donnera certainement l’occasion au guide concurrent (Guide Vert de la RVF) de contredire tout cela cette année ou l’année d’après.

Smith 4430

Reste que la sortie des guides du vin déclenche à chaque fois une véritable course médiatique. Le premier éditeur présent sur le bureau du journaliste prendra position sur un calendrier bachique parisien déjà complètement bourré (jeu de mot involontaire). Presto, prestissimo, on boucle le dossier de presse et vlan à la poste, en priant Saint-Vincent pour qu’il arrive avant tous les autres. Ah, j’oubliais : on glisse aussi parfois une invitation, histoire de bloquer la date et d’attirer les amateurs (de petits fours) au cocktail dînatoire de lancement. Spécialiste en la matière : le Guide Hachette. On se bousculera dans l’espoir de savourer une lampée de « coups de cœur » et de côtoyer un pipole de choc, le mercredi 1er Septembre au pavillon Dauphine à Paris. Plus discrète, ou moins riche, la Revue du Vin de France arrive bonne dernière dans la course aux communiqués en me proposant par courrier électronique deux dossiers de presse. Celui du Guide Vert, mettant en avant trois auteurs, Olivier Poussier en tête, suivi d’Antoine Gerbelle et Olivier Poels. Sans pouvoir feuilleter le guide, je suis heureux de noter que mon pronostic de hausse qualitative au Domaine Tempier a été couronné de trois étoiles bien méritées. On retrouve le sieur Gerbelle accompagné de son complice Maurange pour leur dixième édition de leur guide des « Meilleurs Vins à Petits Prix », à mon idée le seul guide vraiment utile pour le consommateur en ces temps de crises. Seul le Guide du Vin Gault-Millau ne s’est pas encore signalé. Il est vrai que la version 2010 est toujours en vente sur le site. Idem pour les Guide des Vins Bio du même magazine.

Honneur au vainqueur déjà en partie épluché plus haut – décidément, ce papier n’a ni queue ni tête -, c’est le tandem Bettane & Desseauve qui, à Perpignan du moins, est arrivé en tête. Avec un dossier de presse irréprochable sous forme d’une présentation alléchante, format niouze mag au titre choc, « Le duo mène l’enquête », où l’on voit sur fond chocolat nos deux rouletabilles en position dégustation, vêtus d’une tenue de circonstance s’il vous plaît, tablier noir du caviste chic siglé, chemise blanche impeccable, torse bombé pour l’un, regard malicieux pour l’autre, les deux dégainant un Riedel aux trois quarts rempli de rouge chez l’un et d’un vin doré chez l’autre. Le tout assorti  de petites bulles gentilles résumant les qualités d’un «M. Incollable» (Michel, of course) et celles d’un «M. Inventif» (Thierry, naturally). Plus bas on apprend aussi que celui positionné à gauche (pas forcément de gauche) est perfectionniste et que celui de droite (l’est-il vraiment ?) est hédoniste. Me voilà rassuré. Le tout est amusant, original, léger. L’intérieur est consacré au palmarès : les plus belles progressions, les meilleurs vins de marque (why not?), l’homme de l’année (choisir Pierre Lurton plutôt qu’un brave et talentueux vigneron du Sud-Ouest permettra peut-être – la remarque est vache - de faire plaisir au milliardaire du luxe), l’appellation de l’année (tiens, mes chères Terrasses du Larzac, on s’encanaille…), le Top 15 à mettre en cave 10 ans (ou 20 ans), le top 20 des vins à moins de 6 €, les meilleurs bios, les meilleurs domaines dirigés par une femme (encore !). Puis la fiche technique avec « le nouveau look », à un prix « attractif » (24,90 €), etc. Bref, du tout en un. J’oubliais une pub pour le site maison, une autre annonçant de nouvelles publications, dont «Les Leçons de Dégustation» à paraître début octobre toujours aux Éditions de La Martinière.

Ouf ! Sur ce je vais m’ouvrir un Sarda Malet 2004, Terroir de Mailloles, bien sûr. Le 2005 est noté 16,5/20 dans le guide que je viens d’ouvrir, mais il n’a que deux «BD», ce qui est un scandale quand on sait la régularité et le classicisme du cru. Dans d’autres pages, les grands du Bordelais, de Bourgogne, de Champagne et même d’Alsace se pavanent avec des notes stratosphériques et des cinq «BD» triomphants. Rares sont les appellations oubliées. J’ai vérifié : Palette, Rosette, Bellet et Château Grillet ont droit de cité. En revanche, point de Marcillac, de Béarn et encore moins de Bourgogne Grand Ordinaire. On leur pardonnera ces légers oublis.

Reste une question à cent balles. À l’heure d’Internet où l’on trouve tout, même sur le plus obscur vigneron auvergnat, les guides du vin sont-ils encore utiles ? Si oui, lequel à vos faveurs ? J’aimerais enfin avoir votre avis sur cette épineuse question avant de pondre un jour mon propre guide. Provisoirement, il sera intitulé : «Le Petit Guide des Bons Vins Méprisés par la Critique». Il est vrai qu’avec un titre pareil il a peu de chances de trouver sa place sur un marché déjà saturé. C'est pourtant le genre d'ouvrage que j'attendrais en tant qu'amateur de vins. Belle rentrée à tous et surtout bonne lecture.

Michel Smith

 

 

 

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4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 00:05

Je ne résiste pas au plaisir de vous narrer une petite anecdote issue de mon blog perso (http://hlalau.skynetblogs.be), excusez la pub, mais c'est pour la bonne cause. Quelle n'a pas été ma surprise, jeudi dernier, d'y lire un commentaire en réponse à un post d'avril 2008 (!!!) concernant l'AOP Jambon de Parme. Ma première réaction fut de me dire que mon commentateur avait pris le temps de la réflexion, mais qu'il n'était jamais trop tard pour bien faire. Puis j'ai lu sa prose:

"mietwagen mallorca preisvergleich und gunstige mietwagen mallorca Autovermietungen auf Mallorca"

Aucun rapport avec la choucroute, comme disait ma grand-mère.

Mais combien illustratif de l'attractivité de mon blog et de la diversité de son lectorat...

Quoi qu'il en soit, les voies du spam sont bien impénétrables.

Hervé Lalau

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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 07:49

"Il nous manquera, mais pas tant que ça". Telle est en substance, la communication de Marvin Shanken à l'annonce du départ du Wine Spectator de James Suckling, co-fondateur du titre.

Bon, Suckling ne faisait pas l'unanimité - mon copain Franco Ziliani contestait ses choix en matière de vins italiens, et pas qu'un peu. Et l'ami Michel Smith ne l'aimait pas d'avantage. Sans doute son petit côté bling-bling, pour ne pas dire et cireur de bottes. Je parle de Suckling, pas de Michel! Mais de là à ce que son "ami" Marvin le remercie aussi mollement pour 30 ans de services... Oui, un ami de trente ans, ça ne vous rappelle rien?

Journalistes vineux, ou journalistes tout court, abandonnez toute illusion! Les cimetières sont remplis de gens irremplaçables. Pour vos patrons, quelle que soit votre notoriété, et quel que soit ce que vous avez apporté à vos medias, vous êtes interchangables - même s'il leur faut parfois des années pour s'en apercevoir.

Et je sais de quoi je parle, j'ai déjà été viré deux fois.

Hervé Lalau

PS: Marvin Shanken, c'est un joli nom, je trouve, pour un éditeur. Plutôt shic, non?

 

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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 00:01

C'est la Fédération française des spiritueux qui l'annonce: en 2009, la consommation de spiritueux à progressé de 0,3%, à 372 millions de litres (+0,3%), ce qui, pour une année de crise, n'est pas à dédaigner.

Mais cette bonne tenue ne profite guère aux producteurs hexagonaux, car, au risque de vous surprendre, la première boisson spiritueuse consommée par les Français est... le whisky. Et de loin, puisqu'il représente 38% des achats, largement devant les anisés (29%). Vient ensuite la vodka, avec 5,7%. Et nos bons Cognacs, si prisés en Asie? Et nos grands Armagnacs? Les Français n'en consomment guère.

Je me rappelle d'un voyage de presse à Cognac, où me m'étais étonné de voir, à l'entrée de la ville, des panneaux de publicité pour une marque de whisky.

Rien que de très normal, finalement.

Je me demande tout de même combien de temps encore nos amis étrangers auront confiance dans les produits issus d'un pays où on ne les consomme plus. Et l'argument pourrait bientôt être appliqué au vin...

Hervé Lalau



 


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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 21:56

Ce devait être un des fers de lance de l'exportation des vins français dans le monde; l'entreprise commercialisait sous sa marque, Chamarré, la production de grandes coopératives des 4 coins de l'Hexagone:Saint-Cyr Participation, Producta, Val d'Orbieu, Viticoop Beaujolais, Cave de Jurançon, Distillerie des Moisans, Vignerons de l'Ile de Beauté, Cellier des Dauphins,Vignerons de la Ténarèze, Cave de Rasteau et Cave de Beblenheim. Mais derrière la marque au papillon se cachait un gros déficit: 7 millions d'euros de déficit à la fin 2008, dont plus de 3 millions pour le seul exercice 2008 (les chiffres 2009 n'ont pas encore été publiés).

Aussi, malgré une subvention de 2,2 millions d'euros de l'Union européenne, et une augmentation de capital de 150.000 euros en janvier 2009, Chamarré vient-il d'être mis en redressement judiciaire.

Ce qu'on ne comprend pas bien, c'est comment ce qui n'était que le bras commercial commun de coopératives, et qui achetait donc au prix qu'on voulait bien lui consentir, a pu ainsi accumuler de telles pertes.

Quoi qu'il en soit, sur son site (www.chamarre.com), Chamarré se vante toujours de sa solidité et de sa crédibilité...

Une mise à jour serait la bienvenue, ne serait que pour les pauvres journaleux dont je suis, et à qui on reproche si souvent d'être mal informés.

 

Hervé Lalau

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 07:42

Décidemment, on aura tout vu dans notre petit monde du vin.

Après les machines – devrais-je user du mot gadgets, la plupart inutiles d’ailleurs et fort coûteuses – qui permettent de frimer en société et, accessoirement, de protéger son vin de l’oxydation la bouteille une fois entamée (je rappelle que le plus simple consiste à remettre le bouchon d’origine en prenant soin d’enfoncer la face du liège ayant déjà été en contact avec le vin), voilà une nouveauté qui va faire sensation.

En effet, j’ai reçu, il y a quelques jours un communiqué de presse concernant un nouveau truc, un « décanteur instantané ». Mais oui Mesdames et Messieurs, voici venir un gadget indispensable qui va changer votre vie d’oenophile et dont je vous livre ici-bas l’essentiel. Surtout, n’en perdez pas une goutte. Ça vaut son pesant de grand cru.

Extrait du dossier de presse :

Le procédé
Vous placez le Vinturi au-dessus de votre verre et vous versez le vin à l’intérieur. L’effet Vinturi va apporter la bonne quantité d’air dans le bon laps de temps, permettant au vin de s’aérer, de «s’ouvrir» instantanément. Avantage : vous n’aérez que ce que vous buvez, le vin non utilisé peut se conserver encore longtemps...
L’effet Vinturi repose sur la technique des fluides (Bernouilli) : en passant dans le Vinturi, le vin s’accélère, cela crée une différence de pression qui va permettre de mixer le vin avec l’air entrant.
Les avantages de l’effet Vinturi
Meilleur Bouquet
Développe les arômes du vin
Arômes libérés
Entrée de bouche plus agréable
Final plus doux
Tanins adoucis
Les amateurs de vins savent que les bons vins sont meilleurs après un temps d’ouverture et d’aération. C’est cette amélioration que le Vinturi accélère radicalement.
En savoir plus sur Vinturi
Vinturi produit par la société californienne du même nom a été inventé en Février 2007 par Rio Sabadicci qui écrit : « Avec Vinturi nous avons inventé le décanteur instantané».
Vinturi est commercialisé en France par la société Rawell dirigée par Stéphane Lavigne et implantée à Amou, près de Dax. De nombreux professionnels utilisent déjà Vinturi : sommeliers, acheteurs et négociants.
Le Prix Public maximum conseillé de Vinturi est de 54 €

Le tout est illustré du visage en pamoison d’une jolie brune à la bouche pulpeuse…

Pulpeuse-copie-2.jpg

 

… et d’une photo peu parlante d’un appareil de torture.

 

  11-51-thickbox.jpg

Vous songez à un poisson d’Avril ? Je suis allé voir sur le site www.vinturi-france.com pour en savoir plus sur cet appareil qui va assurément révolutionner l’œnologie ! Inutile de dire que je ne suis pas convaincu.

Pour les non initiés aux choses du vin qui liraient ce blog, je rappelle que pour décanter un vin, comme pour l’aérer, il est important de rester simple : on peut soit verser lentement le contenu d’une bouteille dans une carafe bien ventrue, en cristal de préférence, carafe que l’on maintient inclinée, ou tout simplement dans un beau et large verre lui aussi en cristal, verre que l’on fera doucement tournoyer en le tenant par le pied. C’est, au bout de plus de trente années de pratique, la meilleure façon d’aérer un vin. Mais il est vrai que tous ces gestes sont épuisants, alors qu’une machine fait très bien le boulot à votre place !

C’est dingue, non ?


Michel Smith

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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 01:36
Quel gâchis ! Quelle perte de temps et d’argent !
Les voilà partis de nouveau. Chaque année, c’est la même litanie, le même train qui se met en branle, la même comédie. Depuis trois semaines, ma boîte mails, comme ma boîte aux lettres d’ailleurs, ne cessent de recevoir des invitations pontifiantes sur le thème aussi excité qu’éculé, les primeurs. Un air de déjà-vu, du genre : «Venez, venez ! Vous allez vous régaler, c’est super ! Châteaux chics et bouteilles chocs, occasion unique, buffet de rêve, dîner aux chandelles avec le proprio (mais oui mon pote), gigot haricots, coucher au château, palabres avec la baronne, blablabla…»

Comble de malheur, même les sans grades s’y mettent (voir ci-dessous). Et le phénomène, depuis quelques années, gagne les régions jusque-là épargnées. Mais quand, en France, les appellations viticoles cesseront-elles de se copier les unes aux autres ? Bigre, laissons la folie des primeurs aux classés et occupons nos ardeurs et notre argent – celui des vignerons – à des idées plus novatrices et moins bouffeuses de fric.

Avec mon éternel côté naïf du mec qui n’y connaît rien et ne pige que dal en markétinge, j’ai préparé une réponse toute faite pour mes chères copines attachées de presse qui m’adressent leurs invitations par mail, réponse déjà utilisée l’an dernier. Je vous la livre telle quelle :

« Bonjour. Et merci d’avoir pensé à moi. C’est l’occasion de vous redire que depuis 20 ans, je ne participe plus à la comédie des « primeurs ». Je préfère goûter les vins une fois mis en bouteilles, tels qu’ils se présentent au consommateur ».

Je n’ai jamais compris, quand bien même se nommerait-on Parker ou Bettane, comment un nez, aussi affûté soit-il, est en mesure, entre deux petits-fours, de se prononcer sur un vin qui est encore au berceau, même pas encore junior, à peine remis du choc de sa naissance. Je sais, je sais, les doctes nez précités - et les autres que j’ai oublié (mille excuses aux membres du Grand Jury) - sont capables de moult prouesses. Soit, je leur accorde ce don de sniffeurs parmi d’autres. Mais le plus grave dans cette histoire, c’est qu’on leur refile le plus souvent un assemblage bichonné, évidemment concocté à partir des meilleures barriques qui, à mon humble avis, n’est que le reflet bien lustré d’un hypothétique vin futur. Vin qu’il reste à élever, à éduquer, à mettre en bouteilles, à transporter.
Primeurs.jpg

Bon, je sais, on va me rétorquer que participer à ces pince-fesses aquitains permet à un journaliste peu fortuné ou débutant, à un acheteur potentiel aussi, de se faire une idée assez précise de l’état du millésime. On va me dire que pour un étranger, la campagne des primeurs est l’occasion rêvée de rencontrer les stars du vignoble. Certes. Mais a-t-on besoin de déplacer tout ce beau monde à grand frais pour constater l’état d’un millésime par ailleurs largement décrit par les pros dès sa naissance, voire même avant ? Quand on a l’infime privilège de goûter un vin le plus souvent associé à un jus boisé plus ou moins envahissant, je ne vois pas comment il est possible, à moins d’être devin, d’hypothéquer sur son devenir. Il peut se passer tant et tant de choses d’ici 2012 dans l’évolution du jeune vin, lequel sera de toute façon mélangé – pardon, assemblé – avec des centaines d’autres barrique d’âges et de bois différents.

De fait, la description d’un vin tasté en primeurs, les prédictions que l’on peut en tirer quant à son évolution, me semblent relever du pur hasard. La plupart des grands Mouton et autres Latour étant réservés aux oligarques de ce monde, ces derniers se sentent-ils vraiment rassurés d’apprendre qu’un Master of Wine recommande chaudement d’investir dans un cru que, de toute façon, ils comptaient bien acheter un jour pour parfaire leurs collections ? Du côté de chez moi, je sais pertinemment qu’un vin de Bizeul ou de Gauby sera hautement recommandé quelque soit le millésime. Si je suis fan de Beaucastel, de Trévallon ou de Pibarnon, je l’achète régulièrement sans recourir aux avis autorisés de ces messieurs et dames en mal d’invitations. Quant à savoir s'il vaut mieux acheter un 5ème GCC plutôt qu’un second ou un premier, il suffit de lire les reportages dans la presse spécialisée pour être au parfum. Au moins, ils présentent l’avantage de se baser sur plusieurs références à la fois, plusieurs dégustations, plusieurs millésimes.

Et comme le souligne justement l’ami Jim dans un de ses posts sur le sujet, entre la lecture d’un commentaire de dégustation «primeurs» et le plaisir de voir son cru chéri entrer en cave, outre le risque sur la qualité évoquée plus haut, on a largement le temps de se faire arnaquer par l’intermédiaire qui a encaissé votre chèque à la commande.

Reste à considérer l’aspect purement marketing de cette comedia dell’arte. Est-ce si utile pour un cru ou pour une association de vignerons de dépenser tant pour si peu en retour ? Certes, la presse du monde entier se déplace, se fait choyer couvert et gîte compris, mais cela améliore-t-il pour autant les chiffres de vente du Bordelais ? Paradoxalement, pendant ce temps, les vins étrangers, eux, progressent, y compris dans la catégorie «premium». Tout cela au détriment des vins français. Mais c’est une autre histoire.

Michel Smith
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