Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de les5duvin.over-blog.com
  • Le blog de les5duvin.over-blog.com
  • : Cinq passionnés du breuvage de Bacchus parlent du vin sous toutes ses facettes.
  • Contact

POURQUOI CE BLOG?

Ce blog est né de l'heureux hasard d'une rencontre, en 2010, au Salon des Vins de Loire d'Angers, autour d'un verre de rosé de Bourgueil - celui de Pierre Jacques Druet. Il y avait là cinq "plumitifs" du vin. Le rosé aidant, l'idée a germé de créer un espace commun.
Parce qu'à cinq, on peut aborder plus de thèmes.
Parce qu'on peut débattre.
Parce qu'on peut partager. Des coups de coeur, des coups de gueule, de l'expérience.
Et qu'est-ce que le vin sinon une boisson de partage?
De ces cinq, certains sont déjà des blogueurs confirmés, d'autres non.
Comme il y a les 5 sens, il y  a maintenant les 5 du Vin.

Les 5 du Vin

Recherche

QUI SOMMES-NOUS?

David Cobbold (Eccevino) est le plus français des journalistes anglais du vin, ou vice versa. Il a reçu en 2011 le Wine Blog Trophy pour  son blog, More than Just Wine.

Jim Budd, sujet de sa Gracieuse Majesté, est journaliste pour diverses revues britanniques. Amoureux des vins de Loire, il leur consacre un blog, Jim's Loire, primé en 2009 du Wine Blog Trophy.

Hervé Lalau est un journaliste français écrivant pour diverses revues et sites français, belges, suisses et canadiens. Son blog "Chroniques Vineuses" lui a valu le Wine Blog Trophy en 2010.

Michel Smith, PourLeVin, est un journaliste français établi en Roussillon, travaillant pour diverses revues et guides en France. Il s'intitule lui-même "Journaliste en Vins et autres Plats de Résistance".

Marc Vanhellemont est un journaliste belge travaillant pour divers magazines en Belgique et en France. Incontournable, sauf par la face nord.

Archives

Le Calendrier des 5

Retrouvez vos chroniqueurs préférés grâce à notre fameux Calendrier

Lundi: Cobboldday
Mardi: Buddday
Mercredi: Lalauday
Jeudi: Smithday
Vendredi: Vanhellemontday

Pages

The Famous 5

Vous voulez-en savoir plus sur nous? Nos portraits se trouvent en rubrique The Famous 5.

Responsabilité

Les textes signés n'engagent que leur auteur.

Copyright

Sauf mention contraire, les textes et photos sont protégés par le Copyright de chaque auteur, individuellement pour les articles signés, ou collectivement pour les articles coopératifs des 5 du Vin.

Jim Budd's photographs are licensed under a Creative Commons Attribution-Noncommercial-No Derivative Works 2.5 UK: Scotland License.
11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 00:04

Passage éclair à Paris, entre autres pour la dégustation automnale de Biodyvin, lundi dernier, à l'orée du Bois de Boulogne.

Dans un élan d’enthousiasme, profitant de périodes calmes dues au fait que d’autres dégustations en avaient profité pour mettre quelques bâtons dans les roues biodynamistes en choisissant le même jour pour faire leur show, je me suis lancé d’emblée sur l’Alsace dont les représentants sont en général toujours les premiers prêts à l’heure annoncée, contrairement à d’autres. 

Pour que les choses soient claires (enfin !), je vais vous avouer que j’adore le riesling et que j’en pince aussi  pour le gewurztraminer. Je ne suis pas fan du muscat et encore moins du pinot gris (ex tokay). Je ne suis guère convaincu par les pinots noirs, hormis deux ou trois exceptions. Enfin, j’avoue une petite faiblesse pour le sylvaner et le pinot blanc.

smith-bis 0954

Geneviève Barmès

Bon maintenant que cela est dit, je vais faire un vœu sur Internet. Plus jamais je ne déconsidérerai le pinot gris ! La raison est simple : j’ai enfin goûté de bons pinots gris et c’est par cela que je vais commencer. Le « Rosenberg » 2008 de Barmès-Buecher (Wettolsheim), par exemple. Il n’a peut-être pas la superbe de leur gewurztraminer Pfersisberg du même millésime, mais il est ample, clair et lumineux en dépit de ses 25 g de sucres. Chez Jean-Christophe Bott, du Domaine Bott-Geyl (Bebleheim), représenté par sa souriante compagne, Valérie Cartier, la surprise était encore plus grande. Après un pinot d’Alsace 2008 « Métis » (pinot blanc, auxerrois, pinot gris et pinot noir) plein, dense et long, parfaitement surprenant, après trois riesling de taille dont un limpide et frais Grafenreben 2008, le pinot gris ne pouvait qu’être mis en difficulté. Il n'en fut rien. Le 2008 « Les Éléments », armé de 20 g de sucres apparaissant joliment en finale, se drapait dans un manteau de fraîcheur en plus de posséder un nez très fin. Le grand cru Sonnenglanz, en 2007 cette fois-ci, faisait dans la densité et la profondeur, avec un fruité d’une très belle intensité.

smith-bis-0951.JPG

Valérie Cartier

smith-bis-0941.JPG

      Christophe Ehrhart

smith-bis-0973.JPG

Margaret Humbrecht

Autre son de cloche chez Josmeyer (Wintzenheim) où, gentiment accueilli par le vigneron Christophe Ehrhart, qui raconte volontiers les terroirs du domaine, je ne pouvais passer à côté du pinot gris grand cru « Brand » version 2004 : un vin tout en matière, dense, long qui pavoisait en finale sur de belles notes de fraîcheur. Le pinot gris 2008 du Clos Saint-Urbain grand cru Rangen du Domaine Zind-Humbrecht (Turckheim) était en plein dans son caractère riche, opulent, épicé, long et charnu, marqué par des notes d’agrumes et de fruits secs. Il y avait là Olivier et son épouse Margaret, deux géants dans le vrai sens du terme et, sans jouer les anciens combattants (je laisse cela à d’autres…), j’ai eu une brève pensée, presque une petite larme à l’œil, en songeant aux passionnantes et longues visites que mon complice d’alors, Christian Flacelière et moi, faisions en Alsace : un jour chez Jean Hugel, le lendemain chez Colette Faller et le surlendemain avec Léonard Humbrecht. L’époque bénie où l’on pouvait prendre son temps pour travailler. C’était il y a un quart de siècle, et l’on apprenait à l’époque des choses indispensables. Comme dans un livre ouvert, le grand Léonard nous expliquait les avantages et les inconvénients de tel cépage, les qualités de tel terroir, sans oublier ses premières observations sur le travail de la vigne.

 smith-bis-0974.JPG

Olivier Humbrecht, premier Français à avoir obtenu son Master of Wine, a la même verve que son père, la même étincelle dans les yeux, le tout sous une apparente bonhomie. C’était le seul vigneron de Biodyvin à présenter une fiche technique d’une rare précision sur chacun des vins présentés. Il a fait débuter sa dégustation par un muscat 2008 (10% d’ottonel) du grand cru Goldert que j’ai trouvé à la fois sérieux et gras, sans aucun goût variétal (du moins de ce que l’on goûte ailleurs…), superbement rythmé et finissant sec (un peu plus de 2 g de sucres résiduels), laissant une bouche bien nette. Là aussi, je me suis dit que j’avais tort d’être aussi catégorique dans mon jugement passé sur le muscat d'Alsace. Un riesling 2008 « Terroir d’Alsace », à 90% en provenance du Brand et mettant en scène les plus jeunes vignes, donnait une vision forte de ce cépage : notes grillées, pureté, charme… Le grand cru Brand, toujours en riesling, encore une fois en 2008, mais vieilles vignes (58 ans), était un modèle d’école : dense, serré, minéral jusqu’au bout, profond… Très expressif, il n’en reste pas moins que c’est un vin de garde. Ne voulant pas lasser le lecteur, je passe sur d’autres vins, pour ne retenir que le gewurztraminer Goldert 2008, tendre et posé, d’une grande finesse, marqué par de douces notes d’essence de mandarine et une structure remarquable.

 smith-bis-0947.JPG

Anne-Claude Leflaive

smith-bis-0978.JPG

Jean-Dominique Vacheron

Six autres domaines m’ont surpris agréablement, mais il faut dire que je m’y attendais : le Domaine Vacheron (Sancerre) pour son 2009 Les Romains, l’Arbois chardonnay 2008 La Mailloche de Bénédicte et Stéphane Tissot à Montigny-les-Arsures, le Saumur-Champigny 2009 « Franc de Pieds » du Domaine des Roches Neuves à Varrains (seulement 900 bouteilles…), le Castillon Clos Puy Arnaud de Thierry Valette à Belves-de-Catsillon, le Vacqueyras 2006 « Le Clos » du Domaine Montirius à Sarrians et le Puligny-Montrachet 1er Cru Les Pucelles 2008 du Domaine Leflaive. Bien entendu, n’étant pas là pour battre des records, je n’ai pas tout goûté…

 Michel Smith

Published by les5duvin - dans En goguette
commenter cet article
19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 00:10

Avant Fitou, cet été, c’est, par deux fois, vers Faugères que je me suis tourné. Figurez-vous que, comme à Fitou, cela faisait un bail que je n’y avais pas mis les pieds. Pour un des terroirs les plus marquants du Languedoc, un pur schiste qui plus est, j’ai trouvé que ce manque de fréquentation de ma part relevait de la faute professionnelle et devait être corrigé toutes affaires cessantes. Deux voyages éclairs donc cet été, et j’ai comme l’impression qu’il faudra que j’y retourne, que j’y passe encore plus de temps, tant cette appellation recèle de mystères et de trésors cachés.

Smith-4939.JPG

Le délicieux village de Cossiniojouls dans les vignes de Faugères

Revoir Faugères… Soyons juste, c’est grâce à un confrère allemand, André Dominé, installé depuis plus de 20 ans bien à l’écart de Perpignan dans un de ces villages du bout du monde qui fait le charme du Roussillon, que je m’y suis rendu. André est aussi un ami de Jim Budd, donc, en quelque sorte il fait partie de la famille. C’est une habitude que lui et moi avons prise, que de nous retrouver pour une visite à deux d’un vignoble, sans protocole, donc sans cinoche. L’été dernier, à l’initiative d’André, nous avions atterri à Limoux pour répondre à l’invitation de nos amis Irlandais du Château Rives-Blanques, lesquels avaient rassemblé quelques vignerons complices dans une ambiance décontractée. À Faugères, à notre grande surprise, c’est le Syndicat du Cru qui a pris les choses en main. Au départ, je n’ai pas aimé cette intrusion des officiels. La dégustation fut divisée en deux sessions : l’une dans la cave  particulière du Château Chenaie au délicieux village de Caussiniojouls, l’autre dans les murs de la Cave Coopérative de Faugères, le meeting revêtant dès lors la pèlerine du politiquement correct cher à certaines appellations. En fin de compte, ça s’est très bien passé : sur la trentaine de metteurs en marché que compte le cru, seuls sept (Estanilles, Léon Barral, Prés-Lasses, Valambelle, Frédéric Alquier, Jean-Michel Alquier, Abbaye Sylva-Plana), non des moindres… ne se sont pas présentés au rendez-vous pour une raison que j’ignore mais qui m’importe peu.

Clovallon-Blanc.jpg

Il y a pas mal de vigneronnes à Faugères et c’est un bonheur que de les rencontrer. Catherine Roque, dont je fréquente avec assiduité les vins de son Clovallon, un domaine à sa taille à Bédarieux où elle enfante pinots noirs et viogniers (entre autres) depuis plus de 20 ans, est de celles dont le discours vous captive. Ayant laissé les rênes de Clovallon à sa fille, Alix, elle s’est empressée de vivre une autre aventure vigneronne à moins de 2 km de là, de l’autre côté de la montagne, versant sud, côté Faugères où elle s’est installée dans le presbytère du village. Non contente de nous prêter une maison pour passer la nuit, Catherine nous a convié à sa table pour un délicieux risotto. Occasion formidable de goûter in situ les vins du Mas d’Alezon, nom de son petit domaine de 5 ha cultivée en biodynamie. Bien sûr, Catherine nous a fait découvrir ses vignes chéries, dont de très vieux grenaches, nichées à 450 m d’altitude à portée de vue du village de Soumartre en un somptueux écrin de garrigue et de schiste, à 2 km de Faugères. On avait l’impression qu’elle rendait visite à ses enfants.

Smith-5279.JPG

Pour ceux que  ça intéresse, voici quelques commentaires sommaires sur les vins qui m’ont le plus marqué lors de ce voyage éclair. Je n’insiste pas trop sur les robes (elles étaient toutes parfaites) sauf pour signaler un rosé ou un blanc. Honneur aux filles du cru Faugères :

Faugeres--les-filles-1.jpg

Quelques filles de Faugères... les hommes sont des les vignes.

-Faugères 2007 « La Salamandre », Domaine La Borie Fouisseau de Véronique Vaquer-Bergan. Très joli nez de cuir, sous bois, garrigue après la pluie ; ample, gras, soyeux, puissance bien domptée et fraîcheur en finale. Un grenache mais avec 20 % de cinsault, 10 % de carignan et 10 % de syrah. Ce vin bio commence à être prêt à boire. Environ 10 €. www.laboriefouisseau.com

-Faugères 2008 « Felgaria », Domaine de Cébène de Brigitte Chevalier. Profond et concentré en bouche, le vin fait impression et se conduit langoureusement, de manière équilibrée, jusqu’à une finale café. Avec une forte proportion de mourvèdre (50 %), le reste syrah et grenache, et des vinifications soignées, y compris sur les autres cuvées du domaine, Brigitte, la blonde médocaine, a déjà les honneurs de tous les guides. Compter 20 €. www.chevaliervins.fr

-Faugères 2008 « Grande Réserve », Domaine Ollier-Taillefer de Françoise Ollier (qui partage le domaine avec son frère, Luc). Finesse au nez, franchise et fraîcheur par la suite, équilibre et petits fruits rouges en finale, on sent bien là les vieux carignans associés au grenache (40 %) et à une pointe syrah (10 %). 25.000 bouteilles, 8,30 €. www.olliertaillefer.com

-Faugères 2007 « Tradition », Château des Peyregrandes de Marie-Geneviève Boudal. Nez fin et aguicheur, sensations « frissonnantes » en bouche, on a l’impression d’être proche du raisin en même temps que l’on décèle des notes soyeuses de gelée de mûres sauvages avec une bonne longueur. Carignan à nouveau, mais avec 40 % de syrah, puis 20 % de grenache et de mourvèdre. 6,50 €.

-Faugères 2009 « Les Petites Mains », Domaine de l’Ancienne Mercerie de Nathalie Caumette (qui exploite avec son mari, François). Finesse au nez, plénitude et rondeur en bouche, on devine les tannins en réserve, mais sans excès car ils sont bien mûrs, belle longueur et finale sans défauts. Carignan à 40 %, grenache et syrah pour compléter. Un peu plus de 8 €. Le domaine, en bio depuis 2006, a aussi une superbe cuvée « Couture » en 2008.

-Faugères 2008 « Montfalette », Mas d’Alezon de Catherine Roque. Un nez fin et complexe mélange de tabac blond, garrigue et cassis avec une pointe de fraîcheur. Ample, frais, dense, bien dessiné, tannins discrets, le vin s’achève en longueur sur des fruits sauvages grillés. Mourvèdre, syrah et grenache. 16 €.

-Faugères 2007 « Nos Racines », Château La Liquière de Sophie Vidal-Dumoulin qui dirige le domaine avec l’ensemble de sa famille. Élégance au nez, notes de garrigue à profusion, plein et long en bouche, ce vin est bien marqué par le carignan. 10,50 €. Également une belle cuvée « Cistus » en blanc (probablement le meilleur de l’appellation) comme en rouge. www.chateaulaliquiere.com

 

Et maintenant, voyons ce que ces messieurs nous proposent :

 

-Faugères 2008, Domaine Binet-Jacquet de Pierre Jacquet et Olivier Binet. Superbe cuvée d’entrée de gamme, marquée d’emblée par l’élégance de la matière, la fraîcheur aussi, avec ce qu’il faut de sérieux et de densité. 11 €. Syrah et grenache surtout, avec une pointe de carignan. Les deux compères installés sur 9 ha vinifient aussi une très belle cuvée « Réserve ». www.binet-jacquet.com

-Faugères 2008 « Parfums de Schistes », Cave Coopérative Les Crus Faugères. Plus de 100.000 bouteilles pour ce vin issu pour majorité du terroir de Faugères (syrah, grenache, carignan, mourvèdre) à la fois sympathique et fruité, mais ne manquant pas de finesse. 6 €. Encore moins cher (moins de 4 € en GD), le Mas Olivier (2009 comme 2008) fait bonne figure surtout quand on sait qu’il est tiré à 600.000 bouteilles en rouge et 200.000 exemplaires en rosé. www.lescrusfaugeres.com

-Faugères 2007 « Le Penchant du Cerisier », La Grange d’Aïn de Céderic Saur. Dense et serré, marqué par une belle trame et une grande longueur ce vin est magnifique. J’en reparlerai plus en détail car le carignan domine ici à 80 % ce qui n’est pas fait pour me déplaire. Un domaine à suivre de près. 14 €.

-Faugères 2009, Domaine de Cottebrune, d’Arnaud Barthe. Rosé de robe cerise, très équilibré en bouche, charnu, épicé et poivré. Carignan et cinsault en pressurage direct, syrah, grenache et mourvèdre en saignée. 6 €. En rouge, une jolie cuvée « Transhumance ».

-Faugères 2008 « Rarissime », Mas Gabinèle de Thierry Rodriguez. Nez de pierre brûlée, un style puissant, chaleureux et sans concession pour cette cuvée très syrah dotée d’une grande longueur et lancée en 2001. Environ 30 €. www.masdelagabinele.com

-Faugères 2009 « Les Raisins de la Colère », La Tour Penedesses d’Alexandre Fouque. Notes de café au nez, plein de sève, du gras, de la longueur et des tannins classieux pour finir. Terroir d’altitude. www.domainedelatourpenedesses.com

 Michel Smith

 

 

Published by les5duvin - dans En goguette
commenter cet article
13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 00:06

Le 21 juillet, c’est notre fête nationale, à nous les Belges. Pour faire fun, Alain Ignace, premier «Ex», puisque qu’il est retraité de sa présidence de la Cave Balma Venitia, la Cave des Vignerons de Beaumes-de-Venise, comme le laisse entendre la version latine, donc pour faire fun, Alain s’est dit : «invitons un Belge comme président de la fête des Belges à Beaumes».  J’ai constaté avec surprise que cette Extravagance se pratiquait assez couramment dans d’autres communes hexagonales. 


 Travaux de vacances juillet 2010 048

Domaine de Cassan

 

Bref, en attendant musique, bière et moules frites imported from Belgium (en angliche pour ne léser aucune de nos trois Extraordinaires communautés), je fus convié par un autre «Ex»,  Gérard Paillet, qui  a quitté le superbe Domaine de Cassan depuis quelques mois, à une dégustation de vins - vous l’aviez très certainement deviné.


 Travaux de vacances juillet 2010 303 Les vins dégustés

 

Dégustation de presque la totalité des producteurs du Cru, chacun avait fourni une bouteille de 2009, la plupart encore en élevage. Un exercice intéressant quand on veut se faire une idée du millésime.

Quatre flacons ressortaient du lot par leur équilibre, leur structure et leur longueur, l’harmonie viendra plus tard, quand tout se sera mis en place.

Trias de la Cave, Château Redortier, Les Terres Jaunes de la Ferme St Martin et la cuvée St Christophe du  Domaine de Cassan, encore vinifiée par Gérard.


 Travaux de vacances juillet 2010 302

Les mêmes dans l'autre sens


Quand à l’Expression du millésime, elle est riche au fruité net boosté par le caractère capiteux, les robes sont bien colorées, les structures bien équilibrées avec du potentiel, une fraîcheur qui s’amplifie en fonction de l’altitude, les vins de Suzette (pas celle des crêpes) sont plus tendus que ceux de Lafare. Un coup d’œil sur une appellation qui monte en qualité, gageons que ce ne soit pas Exceptionnel.


Travaux de vacances juillet 2010 328 Au fond des caves

 

En fin d’après midi se tenait une autre dégustation, celle des muscats, ouverte cette fois au public. Dans les caves du Château (un bien grand mot pour cette construction) trois jurys de 6 personnes sélectionnent 1 ou 2 muscats et leur accordent médaille et diplôme. Une première pour mon fils âgé de 15 ans qui s’est fait un devoir de tout cracher.


Travaux de vacances juillet 2010 340 

A droite, Bernard Mendez, du Domaine de Beauvalcinte


Ressortis des catacombes, quelques vignerons de l’appellation faisaient déguster leur gamme sous un flot musical des plus heurtés, les techniciens avaient du mal à trouver la balance pour les flonflons du soir. Nous, on les aurait volontiers balancés tellement ça gueulait !


 Travaux de vacances juillet 2010 356

La minute de gloire du président

 

Vint l’instant de calme lors de la distribution des récompenses, seuls quelques mots de félicitations, suivis de remerciements, planèrent alors sur l’assemblée.

Je dois avouer, qu’une fois, une fois, une fois ma tâche remplie, je me suis éclipsé avant le retour de la musique. J’avoue avoir toutefois consommé une ou deux bières, belges évidemment.


On ne se rend pas assez compte à quel point il est Extraordinaire d’être président, ne fusse qu’un instant ! Merci de tout cœur, Alain, de m’avoir fait connaître ce privilège!


Travaux de vacances juillet 2010 320 Gérard Paillet à gauche, Alain Ignace à droite; dans un flou "artistique", les hommes  s'effacent derrière leur production...

 

Bye

 

Marc

Published by les5duvin - dans En goguette
commenter cet article
7 août 2010 6 07 /08 /août /2010 11:00

Beaucoup de jazz cet été dans les vignobles.

Smith-5038.JPG
Le trente troisième JIM (Jazz in Marciac) en plein terroir des Vignerons de Plaimont, dont les vins sont présents depuis les premiers concerts avec les volontaires vignerons pour les servir en tabler bleu, chemisette blanche et béret bien enfoncé sur le crâne, constitue certainement le pic de la saison. Bien sûr, je n'ai pas vu tous les concerts, seulement ceux du début. Le pianiste Israélien Yaron Herman et son trio on fait sensation, tandis que blonde Diana Krall, mal fagotée dans une robe enrubannée et trop serrée a fortement déçu son public au point que nombreux étaient ceux qui partirent avant la fin. Succès indéniable en revanche pour le fougueux Roy Hargrove passant du bebop au funk avec un break génial de plusieurs standards années 50/60 interprétés par la craquante et talentueuse ritale, Roberta Gambarini VOIR aux formes aussi généreuses que sa voix est percutante, au point, parfois, de faire penser à celle d'Ella.

l_6ff4c58d61b34601aeb6ade097ef97b1.jpg

Roberta d'abord... (d'amore ???)

Smith-5139.JPG

Liz, ensuite...

Autre lieu, Jeudi dernier : Narbonne, berceau de la vigne en France, célèbre pour sa cathédrale et son marché couvert où les bistrots ne manquent pas. Cela se passait dans la Clape au sein du Château L'Hospitalet où le maître des lieux - et de cérémonie - invitait son monde de journalistes, importateurs, vendeurs de la grande distribution et stars locales. La chanteuse Liz McComb a séduit un public plus restreint mais tout aussi connaisseur avec une reprise des grands thèmes du gospel.

Smith-5115.JPG

Gérard Bertrand et son épouse, Ingrid

Allez, un peu plus de Roy Hargrove, capté ici se promenant avec sa trompette dans les travées de Marciac. Et en écoute avec à peu près les mêmes musiciens, pianiste excepté, que ceux du JIM. 

Smith-5054.JPG 

Smith 5118

Spectateur attentif à L'Hospitalet, l'ami David Cobbold

Bonnes vacances !

Michel Smith

Published by les5duvin - dans En goguette
commenter cet article
5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 00:04

Vendredi dernier, une bande de vignerons est venue me voir à deux pas du Centre du Monde si cher à Dali. Oh, ils n’étaient pas nombreux. Une demie douzaine de filles et de gars rassemblés par un solide gaillard de Fitou dont les vins commencent à faire parler d’eux. J’adore ce genre d’initiatives qui part d’une idée simple, celle de se faire connaître au culot sans passer par les réseaux habituels, les attachés de presse, les syndicats, les comités. C’est économique, sincère, efficace et cela permet de nouer des contacts pour l’avenir. En bonne intelligence, donc, le sieur Laurent Meynadier (c’est lui qui est à l’origine de cette visite), vigneron de son état, a rassemblé avec son épouse Marie (ICI) quelques copains, collègues et voisins qui, eux aussi, n’ont pas froid aux yeux.

 Smith-4919.JPG

Non contents d’accepter mon invitation de venir boire l’apéro chez moi, ils m’ont fait la surprise de m’inviter à dîner dans mon restaurant favori, le Garianne, encore plus près de la gare. Il y avait un jeune de 20 ans, Maxime, représentant de la famille Coteill avec deux millésimes de Fitou, la plus ancienne (1948) appellation rouge du Languedoc. Leur Domaine La Garrigo (ICI), un peu plus de 3 ha au-dessus du Château d’Aguilar, ruine Cathare que les amateurs connaissent, est le plus petit de l’appellation et par la même occasion l’un des plus élevés (380 m d’altitude). Il y avait aussi un couple adorable, la blonde Carolyn et le brun Nikolaus, déjà encensé dans mon épisode n° 3 de Carignan Story (LIRE ICI) pour leur désormais fameux « Roi des Lézards », un Carignan d’exception. Un autre couple, toujours dans le même secteur de Fitou, mais vinifiant aussi en Corbières et en vins de pays, était de la partie : Pierre et Mireille Mann, Alsaciens récemment installés au Mas des Caprices (ICI). Mais seule la blonde Mireille a pu se déplacer laissant la garde des enfants à son mari. Telle va la vie dans le vignoble moderne !

 Smith-4917.JPG

Tous les vins présentés étaient excellents, précis, sans défauts. Seuls quelques «bruts de cuve» laissaient à désirer, mais cela est normal, surtout avec la chaleur ambiante de ce vendredi de fin juillet. Vous trouverez ci-dessous mes commentaires un peu décousus car notés sur un bout de papier entre deux plats. N’hésitez pas, si vous êtes en vacances dans le coin à aller leur rendre visite. Leurs domaines sont tous à proximité de la mer et ce sont des gens authentiques, comme je les aime.

 Smith-4927.JPG

-IGP Aude 2009 « GrisGris » Mas des Caprices. Un superbe blanc de grenache gris avec un petit coquillage en guise de grigri. Large, frais et sec, à boire à l’apéro ou sur des grillades de poisson.

-Vin de Pays des Côtes Catalanes 2008 « Cool Moon » Domaine Les Enfants Sauvages. Une mise en scène réussie des deux grenaches (blancs et gris) élevés en barriques remarquablement adapté à la cuisine épicée.

-IGP Aude 2009 «RAS» Mas des Garriques. Très efficace petit rouge d’été rassemblant les jeunes vignes du domaine. Dense et fruité.

-Fitou 2007 «Le Lien des Saisons», Domaine La Garrigo. Aucune puissance excessive en dépit de la dominante grenache noir (60 %, le reste en syrah et carignan), beaux tannins, jolie texture, fruit intacte, fraîcheur aussi. Le 2005 est encore plus épanoui, plus majestueux.

-Fitou 2009 «Oufti !» Mas des Caprices. Très grenache noir, souple, facile, gai et chaleureux.
-Vin de Pays des Côtes Catalanes 2007 « Le Roi des Lézards ». Carignan en diable, amplitude, puissance, complexité, élégance naturelle.

-Fitou 2008 «La Tina», Château Champs des Sœurs. Aux deux tiers composé de carignans non éraflés, c’est très frais, dense, profond et plein de peps. Connus pour leur cuvée «Bel Amant», les Meynadier nous préparent une nouvelle cuvée « Retour aux Sources » 2009 du tonnerre: il s’agit d’un assemblage au tiers de grenache, syrah et carignan, tous plantés sur schistes.

-Vin de Table 2007 «Lady M», Château Champs des Sœurs. Tout simplement superbe, marqué par un beau botrytis (80 %), ce vin blanc "issu de raisins passerillés" est d’un équilibre parfait (150 g de sucres).

Michel Smith

Published by les5duvin - dans En goguette
commenter cet article
24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 12:00

Ce dimanche, de 16 h à 22 h, aura lieu la 36 eme Fête des Vins de Cairanne. J'en parle souvent dans mes articles, mais je n'y vais jamais. Organisée par le Syndicat des Vignerons, il paraît que c'est super ! C'est Marie-Pierre Delpeuch qui me le répète à chaque fois, elle qui dirige seule avec maestria le dit Syndicat. Moi, j'adore cette Marie-Pierre, toujours souriante, toujours efficace quand il s'agit de traiter avec un journaliste aussi chieur que moi. Donc, ne faites pas comme moi, allez-y !

Smith-4869.JPG

Marie-Pierre Delpeuch, dite Marie-Pierre de Cairanne

C'est grâce à elle que j'ai découvert le Tourne au Verre, un bar à vins/restaurant/caviste ouvert à l'entrée du village, en plein dans un virage (se garer face à la Mairie) à l'abri de platanes géants. On y mange pas trop mal, avec un menu pas cher le midi, mais surtout on y découvre une carte des vins inattendue dans un coin aussi perdu (pardon si j'en choque quelques uns...) même si, grâce à des vignerons hors pairs, Cairanne est tout de même connu des amateurs de vins et d'eau puisqu'une usine d'embouteillage d'eau minérale est aussi installée sur la commune. Le service est diligenté par une armada de jeunes serveurs efficaces, Sabrina, la patronne est arrangeante au possible et propose une quinzaine de vins au verre servis à bonne température, tandis que le patron, Alexandre, sommelier de métier, se cache alors qu'il est l'auteur d'une carte époustouflante ICI où l'on retrouve toutes les stars du vignoble rhodanien du nord au sud aux côtés d'illustres bonshommes du Roussillon (Gauby), de la Loire (feu Didier Dagueneau), de Bourgogne (Comte Lafon), de Provence (Tempier), du Jura (Tissot), du Beaujolais (Métras).

Smith-4872.JPG

Sabrina derrière le bar refait le monde avec Marie-Pierre

À noter : une belle collection de magnums du Rhône (La Janasse vieilles vignes 2005, Beaucastel Hommage 2005, etc) et d'ailleurs (Saint-Chinian Mas au Schiste 2005), sans oublier quelques jeroboam dont un Cairanne 2005 de Delubac à 84 €. Pas chien, le patron a quand même gardé une place pour le rosé de la cave de Rasteau, le village voisin. 

Michel Smith

 

 

 

 

 

 

 

Published by les5duvin - dans En goguette
commenter cet article
15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 10:06

Le Languedoc est mon voisin le plus proche, mais je constate que je ne m’y rends pas assez. Dommage parce que, en dépit des similitudes climatiques, les paysages languedociens me touchent énormément. Surtout à l’approche des Cévennes. Retour, donc, sur la Circulade des Terrasses du Larzac du 3 Juillet dernier, à Saint-Jean-de-Fos, patrie des potiers. Voilà une virée que je manque rarement. J’aime cette ambiance festive où l’on baguenaude entre les vignes et les oliviers le verre à la main et le sourire aux lèvres.

Smith-4512.JPG

 

La cave coopérative de Saint-Saturnin-de-Lucien, fondée dans les années 1950

Mes camarades Hervé et Marc préférant boire et prendre du bon temps dans la piscine bio de Laurent Combier, en Crozes Hermitage, délaissant ainsi notre heure de rendez-vous, j’en ai profité pour visiter le village où nous étions logés. Il faut savoir, même par forte chaleur et dans le vacarme des cigales, changer son fusil d’épaule et saisir toutes les occasions. Marie Gaudel, l’attachée de presse des vins du Languedoc, avait réservé des chambres dans un hôtel que j’affectionne particulièrement, Le Mimosa, à Saint-Saturnin-de-Lucian. Depuis plusieurs années, je vis avec le village de Saint-Saturnin, 285 habitants, une sorte de relation amour-haine tout à fait particulière. Nul ne doute, aux pieds du Larzac, du Rocher des Deux Vierges et du Mont Saint-Baudille, que ce village est bourré de charmes : la garrigue constituée de chênes verts trapus et d’essences méditerranéennes descend en douceur jusqu’à rejoindre les premières maisons et les terrasses de vignes parfois entrecoupées d’oliviers qui faisaient jadis la réputation du village pour ceux qui descendaient des hauts cantons afin de troquer ou vendre leurs marchandises. J’apprends que, 4 jours après mon passage, 10 ha de cette précieuse garrigue sont partis en fumée dans le premier gros incendie de l’été du département de l’Hérault.

Smith-4541.JPGSmith-4527.JPGSmith-4525.JPG

La mairie, l'hôtel Le Mimosa, une superbe glycine et un hommage au poète Occitan Max Rouquette qui vivait ici.

Évacuons cette triste nouvelle pour mieux évacuer aussi la part de haine qui me tenaille au moment où j’arrive sous les platanes devant la mairie et l’hôtel qui se touchent. Quel est l’objet de mon ire ? La tour de l’église dudit village, pardi, située à 20 mètres à peine des chambres de mon petit hôtel créé il y a quelques années par Bridget et David Pugh, deux musiciens amoureux du vin et du Languedoc, chose parfaitement logique quand on y songe… J’ai, en ce village que j’adore, des souvenirs de réveils brutaux et de sommeils de plus en plus brefs. Je hais les cloches ! Et pourtant je me plais dans cette maison désuette aux tomettes déglinguées mais au confort moderne. En ce jour d’été triomphant, alors que j’attendais mes amis, j’ai décidé de faire la paix avec cette maudite tour de pierre et son modeste clocher en campanile. Arrivé en premier, j’ai pu choisir la chambre la plus calme où l’on entend la cloche qui sonne toutes les 30 minutes, certes, mais avec bien plus de douceur.

 

Smith-4538-copie-1.JPG

Smith-4515.JPG

Je sillonne alors le village endormi à l’heure de la sieste. Même les quelques Anglais qui ont judicieusement investi le village depuis une décennie, se sont mis à l'heure du Midi : ils se replient à l’intérieur de leurs maisons le fauteuil pliant sous le bras pour fuir la chaleur. Je passe faire un tour à la cave coopérative pour voir si le vin est toujours aussi délicieusement rustique que dans les années 70, mais si les gens du coin passent pour faire le plein de « cubis », le vin me paraît manquer d’âme et de relief. Je sais qu’il y avait pléthore d’antiques Carignans, mais ils semblent avoir disparu à jamais dans les arrachages successifs laissant la place aux très « améliorateurs » cépages recommandés, la Syrah en prima dona. De ce passé bienheureux où les familles du village étaient toutes adhérentes à la cave, il reste quelques vieux qui, sur le banc de fer troué, à côté du lavoir-fontaine, viennent respirer un peu de fraîcheur. Ils parlent volontiers du bon vieux temps sans occulter pour autant les difficultés d’alors. Malgré toutes les vicissitudes du vin Languedocien, St-Saturnin, de par sa situation et à cause de son terroir, a su garder son image d’Épinal de parfait petit bourg vigneron. Toutes les maisons sont blotties autour du clocher comme dans un élan de parfaite solidarité. Les ruelles sont étroites et les chais des plus grands propriétaires et peut-être même des négociants de l’époque faste mais trop brève du Languedoc, se trouvent en périphérie du village, à deux pas des vignes et des routes. Les rues de St-Saturnin évoquent la vigne et il n’est pas rare qu’elles portent le nom d’un négociant illustre ou d’un président de cave coopérative.

 Smith-4523.JPGSmith-4542-copie-1.JPG

À part de rares jeunes vignerons qui survivent dans le village, hormis quelques coopérateurs et la présence de retraités encore dynamiques, on sent comme une atmosphère de village-fantôme semblable à ceux des westerns de mon enfance. Il faudrait peu pour que la vie revienne. Faudrait que le vin se vende, qu’il fasse vivre les gens sur place, que les oliveraies se multiplient aussi comme avant 1956 où le gel décima presque tous les oliviers. Le petit restaurant qui survivait juste en face de la mairie et de l’Hôtel Mimosa vient de fermer ses portes. Il est à vendre, paraît-il. Mais qui va venir se perdre ici loin de tout ? Pour l’heure, le seul signe de vie vient des barbecues disposés çà et là dans les ruelles aux pieds des maisons. On a beau vivre à la campagne, la rue est le seul jardin qui vaille. En plus, il est commun.

Smith-4550.JPGSmith-4529.JPGSmith-4534.JPG

 

L'église de Saint-Saturnin, la croix de mission et le barbecue dans la rue, derrière l'église.

Pendant que les vignes des anciens s’arrachent, la nouvelle donne du vin attire quelques jeunes des quatre coins du monde. En compagnie de quelques vignerons locaux, ils se lancent sans complexe dans l’aventure et, paradoxe, ils replantent avec enthousiasme. Le Languedoc revit. Il sourit même un peu, malgré la crise. Ce même Languedoc toujours connu pour la qualité de ses vins l’est aussi pour ses terroirs : Gignac, St-Saturnin, Montpeyroux, Aniane, Octon, Jonquières, Pégairolles-de-l’Escalette, j’en passe et des meilleurs. Dans les années 50 des VDQS, c’est l’espoir qui tombe du ciel et les appellations pleuvent, sur le papier du moins, avec un découpage parfois communal. C’est le règne de la politique politicienne le plus souvent lié au poids électoral des coopératives : Saint-Georges-d’Orques, Saint-Drézéry, Saint-Christol, La Méjanelle... Après le passage en AOC des Coteaux du Languedoc dans les années 80, des communes revendiquent leur clocher et le font savoir en toutes lettres (en toute irrégularité aux yeux de certains) sur les étiquettes. C’est le cas de Saint-Saturnin ou de Montpeyroux. Avec le millénaire, ces « faux crus » se retrouvent face à de nouvelles donnes : la mise en place d'une hiérarchie et d’une vison élargie des terroirs. À l’image de Pic Saint Loup, de Grès de Montpellier, de Pézenas ou de La Clape, ces appellations ont des règles précises, un terroir clairement délimité et elles englobent plusieurs villages. C’est le cas des Terrasses du Larzac, une zone qui concerne aussi bien les communes prestigieuses comme Aniane (La Grange des Pères, Mas Daumas Gassac) et Montpeyroux (Aupilhac, Alin Chabanon) que des vignes de villages en devenir avec des vignerons prêts à en découdre.

Problème, Montpeyroux, pour ne citer que ce clocher, appuyé par la coopérative, ne se sent guère concerné par les Terrasses du Larzac et se lance (enfin, oserait-on dire...) dans la revendication d'un cru au nom du village. Se pose alors un dilemme pour certains vignerons: choisir son clocher, Montpeyroux, en l'occurrence, ou s’accrocher à la dynamique locomotive des Terrasses du Larzac. Un choix cornélien pour certains, évident pour d’autres.

Michel Smith

Smith-4521.JPG


      Le monument aux Morts de Saint-Saturnin-de-Lucian, devant une belle cave du siècle dernier. Le Languedoc, lui, ne veut pas mourir.

Published by les5duvin - dans En goguette
commenter cet article
7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 01:21

A la Circulade des Terrasses du Larzac, samedi dernier, trois des 5 du Vin ont payé de leur personne - et de week-end, encore. Sous une chaleur de plomb, ils ont souffert pour vous.

Heureusement, aux six étapes, ils ont pu se rehydrater aux guinguettes tenues par les vignerons. Parmi les préférés de nos trois larrons, Michel Smith, Marc Vanhellemont et Hervé Lalau, il y avait justement le Domaine de La Réserve d'O - ça ne s'invente pas!

Reserve-d-0.jpg

Réserve d'O pour marcheurs assoiffés


Au fait, cette Circulade a eu un grand succès - près de 1000 participants. Et si l'on en juge par les vins présentés, la qualités augure bien de l'avenir de cette dénomination, "au deuxième étage de la fusée Languedoc", comme dit son Président Vincent Goumard, un estranger particulièrement bien acclimaté, qui a oublié d'être bête, et qui ne manque pas de conviction.


Circulade.jpg

Marc en action (toujours dans le sens contraire)


Quelques découvertes (ou confirmations): Cal Demoura, Mas Conscience, Domaine de Montcalmès, Domaine du Pas de l'Escalette, Mas des Chimères, Mas de la Séranne, Mas Brunet, Domaine d'Anglas, Château Capion, Mas du Pountil, Domaine des Conquêtes, Domaine des Orjouls, Château de Jonquières... bref, une belle brochette de vins qui "nous parlent" et de vignerons apparemment heureux de partager leur enthousiasme avec le public.

Parler de vins de terrasse, ce n'est pas toujours très flatteur. Mais ces Terrasses-là, vous m'en direz des nouvelles...


Circulade2

Je vous installe en Terrasses, Messieurs-Dames?


Le plus curieux, dans l'Espace viticole, c'est que le deuxième étage de la fusée arrive parfois avant le troisième... Ah, si tous les gars de ce coin du Languedoc voulaient se donner la main...

 Hervé Lalau

Published by les5duvin - dans En goguette
commenter cet article
3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 01:00

Ce soir, à Saint Jean de Fos (Hérault), Michel, Marc et moi participerons à la fameuse la Circulade des Terrasses du Larzac.

Imaginez la Jurade de Saint Emilion, mais sans les costumes, et sans Saint Emilion. C'est une fois autre Chooz, comme on dit à Givet.

Bref, Trois des Cinq du Vin réunis en un seul lieu, je crois que ça ne s'était pas vu depuis la fondation, à Angers, sauf peut-être sur Vinisud, et encore, brièvement. Alors que là, nous allons nous promener ensemble entre les vignes, ces lianes de folie, et déguster ensemble. Sans doute même avec des gens du cru, des professionnels et des néophytes, des producteurs et des attachées de presse, ça va être follement occitant - je vieux dire excitant. Surtout attachées.

Et puis, ça nous changera de nos 62 Chablis, hein, Marc!

Bon, je vous laisse, je vais profiter de quelques heures de fraiche (j'ai pas dit Frèche) pour réviser mes notes de dégustation - pas question d'être ridicule face à mes deux confrères, et puis, j'avais justement commencé la méthode de désapprentissage du Dr Quénioux - hiboux, choux, cailloux, Quenioux... Ca tombe mal... Je vais devoir repiquer au truc.

Si vous êtes bien sage, public aimé, on vous racontera, et on fera même des photos pour vous. L'été s'annonce bien, nicht wahr?

Hervé Lalau

Published by les5duvin - dans En goguette
commenter cet article
27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 21:07

Je ne sais pas le quel de nous deux dégaine le plus vite, Marc, mais toi, tu assures, comme le prouve ce dernier cliché sorti de mes archives provençales.

Smith-3941.JPG 

Histoire de montrer que l'on ne s'emmerde pas dans les dégustations...

Ciao !

Michel

Published by les5duvin - dans En goguette
commenter cet article