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POURQUOI CE BLOG?

Ce blog est né de l'heureux hasard d'une rencontre, en 2010, au Salon des Vins de Loire d'Angers, autour d'un verre de rosé de Bourgueil - celui de Pierre Jacques Druet. Il y avait là cinq "plumitifs" du vin. Le rosé aidant, l'idée a germé de créer un espace commun.
Parce qu'à cinq, on peut aborder plus de thèmes.
Parce qu'on peut débattre.
Parce qu'on peut partager. Des coups de coeur, des coups de gueule, de l'expérience.
Et qu'est-ce que le vin sinon une boisson de partage?
De ces cinq, certains sont déjà des blogueurs confirmés, d'autres non.
Comme il y a les 5 sens, il y  a maintenant les 5 du Vin.

Les 5 du Vin

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QUI SOMMES-NOUS?

David Cobbold (Eccevino) est le plus français des journalistes anglais du vin, ou vice versa. Il a reçu en 2011 le Wine Blog Trophy pour  son blog, More than Just Wine.

Jim Budd, sujet de sa Gracieuse Majesté, est journaliste pour diverses revues britanniques. Amoureux des vins de Loire, il leur consacre un blog, Jim's Loire, primé en 2009 du Wine Blog Trophy.

Hervé Lalau est un journaliste français écrivant pour diverses revues et sites français, belges, suisses et canadiens. Son blog "Chroniques Vineuses" lui a valu le Wine Blog Trophy en 2010.

Michel Smith, PourLeVin, est un journaliste français établi en Roussillon, travaillant pour diverses revues et guides en France. Il s'intitule lui-même "Journaliste en Vins et autres Plats de Résistance".

Marc Vanhellemont est un journaliste belge travaillant pour divers magazines en Belgique et en France. Incontournable, sauf par la face nord.

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Jim Budd's photographs are licensed under a Creative Commons Attribution-Noncommercial-No Derivative Works 2.5 UK: Scotland License.
12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 00:03

C’est incroyable comme cet automne a été pour moi consacré aux pâtes molles et dures, aux croûtes fleuries ou lavées. Voyages, concours, dégustations, dossiers, tout y est passé.

 Swiss Cheese Awards 2010 149

Neuchâtel vu du lac de Neuchâtel évidemment

Le moment le plus important ?

Neuchâtel, sur le lac, le Swiss Cheese Awards libellé en anglais certainement pour éviter les tensions linguistiques, on connait ça aussi chez nous. Bref, un concours de fromages où toute la production suisse est représentée, des AOC, y z’ont pas encore changé en AOP, aux pâtes plus anonymes. Avec une catégorie curieuse qui répond au nom de « innovations en matière de fromage », tu vois ça t’as pas envie de goûter. Il est vrai que le suisse, c’est un peu différent du français standard… nous n’étions pas réunis pour une notation comme on dit en France ou pour une cotation comme on dit en Belgique, mais pour une taxation comme on dit à nous étonner en Suisse !

Swiss Cheese Awards 2010 077

Tout est en place, y k'a commencer

Le « taxateur » reçoit un équipement, un callot et un gilet bleus, un tablier blanc, et outil indispensable un couteau à fromage qui coupe bon sang on l’a vu couler de plus d’un doigt !!

Tout blanc bleu comme une vache belge (c’est not’ race, on n’est pas fier), armé d’une lame, on rejoint son jury. J’ai échappé à la catégorie bizarre pour me retrouver dans celle des Vacherin Fribourgeois AOC, faut toujours indiquer AOC derrière le nom de l’appellation, le Suisse est très pointilleux là-dessus !

Swiss Cheese Awards 2010 086

Attention, ça coupe!

Soit 29 pâtes demi-dures à évaluer, excusez, à taxer. Avec, attraction des media, un système électronique tout juste pour notre jury, expliqué avec trois mots de français et le reste en  swisser deutsch par l’inventeur du système. Débrouille-toi mec !

 Swiss Cheese Awards 2010 089

Y a pas que moi hésite

La grosse différence entre une dégustation de vins et une de fromages, c’est ???? On ne crache pas le fromage, on avale tout !!

Et même si l’on se prend la dose minimale pour estimer le Vacherin Fribourgeois AOC (sont chatouilleux), après 29 doses, on commence à caller un peu. On ne s’arrête pas là, le chef de table, un Suisse alémanique très gentil, mais germaniquement intransigeant, estime qu’il faut redéguster quelques fromages, histoire d’affiner la taxation.

Swiss Cheese Awards 2010 080

À qui est le bras ?

Bonnes pâtes, mon copain suisse francophone producteur de Gruyère AOC et moi, retournons aux turbins pour éliminer définitivement certains Vacherin Fribourgeois AOC et élire les trois meilleurs.

 Swiss Cheese Awards 2010 084

Close up de talon de Vacherin Fribourgeois AOC

Le soir, il y  a la remise officielle, cela coule de source, mais k’es ki suit ? Après un repas avec musique et tralala, devinez quoi ? Après l’apéro, l’entrée et le plat ?

Tous les fromages primés en buffet, soit 30 mètres de meules alanguies attendant nos assiettes. On regoûte tout, il faut s’en douter ! Taxateur de fromage, c’est plus éreintant que dégustateur de pinard.

Puis, le lendemain, pour nous remercier fondue au fromage au déjeuner. J’appelle ça recevoir !

Swiss Cheese Awards 2010 164 

Fondue peinarde quand il n'y a pas le feu au lac

Je vous avais parlé de mon pote élaborateur de Gruyère AOC, je l’avais rencontré lors du concours du Premier Fromager de Belgique. Ce concours, c’est un peu notre MOF à nous, mais entendez par fromager, marchand de fromage ou crémier.

Meilleur fromager de Belgique 2010 512

La salle de l'hôtel de ville d'Audenarde où se déroulait le concours

Cinq participants wallons et flamands enchaînent les épreuves. Ça dure toute une journée. Madame La ministre nous rejoint vers la fin pour la proclamation des résultats, moment très officiel quoique bon enfant, on est en Belgique. Pascal Fauville, crémier émérite d’Hannut, petite ville entre Bruxelles et Liège, a remporté l’épreuve 2010. Si vous habitez dans le coin, allez le féliciter, son magasin s’appelle  À Table !

 

Meilleur fromager de Belgique 2010 426

Pascal Fauville en pleine action

Puis, encouragez-le, il participera à l’épreuve internationale l’année prochaine, il y rencontrera plusieurs nationalités, même des Suisses.

Fondue 

J’ai mangé ma deuxième fondue de l’année cette semaine, elle était suisse, la boucle est bouclée !

 

Le bonjour ou le bonsoir

 

Marc

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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 00:10
Humeur rétro, rayon "trésors nostalgiques de la chanson française"...

Pour moi, c’est une des plus belles chansons de ce maestro des années 60 que fut Gainsbourg. Elle n’est pas longue, alors, je vous en conjure, écoutez-là !

 

Ce n'est qu'un moyen un peu facile, j'en conviens, de vous entretenir du monde du vin vu par ma petite lorgnette.

Ainsi, j’ai reçu un vin noir par la poste. Non, pas un Cahors et encore moins un Malbec gaucho. Un «Noval Black» devrais-je dire pour rentrer dans le vif du sujet. La noble Quinta du Duro chercherait-elle à surfer sur la vague du « Vin Noir » chère à Cahors ? Pour en avoir le cœur net, j’ai ouvert la bouteille, miré la robe (pourpre oui, mais pas si intensément noir que cela...) et saisi un verre idoine. C’était chaud (19,5°), normal pour un vin de Porto, épicé au nez, avec une pointe de purée de myrtille et de mûre. À défaut de Valrhona, j’ai instinctivement saisi mon «Noir Prodigieux», chocolat Lindt à 90 % cacao, afin de tester l’animal. Et ça marche, indéniablement. Pour autant, il serait juste de dire que ce nouveau Porto noir ne m’a pas séduit, il m’a simplement intrigué. Il m'a aussi laissé sur ma faim.

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La sortie de cet animal très cadré marketing me rappelle avec tristesse la période du déclin des Vins Doux Naturels dans le Roussillon. Jusqu'au seuil des années 80, seuls les pépés et les mémés en buvaient, entre deux parties de cartes, l’après-midi tout en grignotant une langue de chat. Les Experts se mirent en tête de changer le look des VDN dans l'espoir de leur faire passer le cap d'une génération, d'une époque. Les gastronomes s’en sont mêlés, les barmen, les grands chefs et leurs sommeliers aussi, les journalistes de bonne volonté, mais rien n’y fit: le tocsin sonnait déjà depuis la pub Rivesaltes (la Ballade des gens heureux...) et ce qui était annoncé arriva. Amen. Il reste assurément de grands vins doux à se mettre sous le gosier (j'en reparlerai, c'est promis), mais seuls les initiés en achètent au compte goutte et d’un vin de masse avec ses marques et ses réseaux de vendeurs, le VDN reste moribond.

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Mais après ? Après, comme le souligne Christian Seely, le patron de la Quinta, il ne faut pas rechercher dans ce vin la complexité des portos d’anthologie : «J’ai toujours voulu faire, dit-il, un vin de Porto qui soit une expression sans artifices du style Noval, un vin facilement accessible que l’on pourrait servir au verre sans qu’il soit nécessaire au préalable de le faire vieillir et de le décanter. Pas de complications, juste un grand verre de Porto». Ce vin s’appuie donc sur le résultat d’un long programme de replantation entrepris au cours de ces 15 dernières années, en se concentrant sur de nobles cépages tels le Touriga Nacional, Touriga Franca, Tinto Cao, etc. Il passe deux années en fûts avant d’être mis en bouteilles.

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Pour le lancement, un site Internet a été mis en place (voir ICI) et j’ai été favorablement séduit par sa réalisation. On y trouve même des idées de cocktails. Seul hic, le mot Porto se fait discret, il est presque masqué. Lancé à New York avec succès, puis à Londres, il fait son entrée en France et l’on peut même suivre son aventure sur Facebook http://www.facebook.com/noval.black?ref=ts&v=wall

Est-ce qu’il séduira les jeunes consommateurs ? C’est une question à laquelle je n’ose répondre… tant je suis persuadé que non. Pourquoi ? Parce que l'identité du vin me semble évaporée alors qu'il s'agit à mes yeux d'un repère primordial. Alors, la marque ? Le prestige de Noval est assuré, certes, mais uniquement dans le cercle étroit des initiés. Il est vrai que je ne suis plus jeune et que, pour cette raison, je sens que mon jugement risque fort d'être à la fois biaisé et, qui sait ?, démenti. Ils ont tout essayé à Banyuls, par exemple, pour relancer la mécanique. On a même sorti un "Pink" que mes amis de Porto ne tarderont pas à mettre sur le marché un jour, si ce n'est déjà fait. Jerez à lui aussi du mal avec son fino depuis plus de 20 ans alors qu'il me paraît être une des boissons les plus modernes. Bref, je ne peux m'empêcher de songer que ces "grands vieux et nobles vins du passé" qui veulent à tout prix rester jeunes et dans l'air du temps comme Mamie Liliane qui veut à tout prix montrer qu'elle sait grimper les marches de son escalier, finissent tôt ou tard par perdre l'essence même de ce qu'ils représentent : leur âme.

Ouf! C'est dit. En attendant, malgré mon âge avancé, j’ai vidé allègrement le flacon de "Black" sans me faire prier. Prix de vente : 24 € au Lafayette Gourmet ou au Chemin des Vignes à Paris.

PS Puisque c'est mon jour, j'en rajoute. Mais ce qui suit, vous l'aurez compris, n'a strictement rien à voir avec le Porto...

Que c'est bon d'être demoiselle
Car le soir dans mon petit lit
Quand l'étoile Vénus étincelle
Quand doucement tombe la nuit

Je me fais sucer la friandise
Je me fais caresser le gardon
Je me fais empeser la chemise
Je me fais picorer le bonbon

Je me fais frotter la péninsule
Je me fais béliner le joyau
Je me fais remplir le vestibule
Je me fais ramoner l'abricot

Je me fais farcir la mottelette
Je me fais couvrir le rigondonne
Je me fais gonfler la mouflette
Je me fais donner le picotin

Je me fais laminer l'écrevisse
Je me fais foyer le cœur fendu
Je me fais tailler la pelisse
Je me fais planter le mont velu

Je me fais briquer le casse-noisettes
Je me fais mamourer le bibelot
Je me fais sabrer la sucette
Je me fais reluire le berlingot

Je me fais gauler la mignardise
Je me fais rafraîchir le tison
Je me fais grossir la cerise
Je me fais nourrir le hérisson

Je me fais chevaucher la chosette
je me fais chatouiller le bijou
Je me fais bricoler la cliquette
Je me fais gâter le matou

Et vous me demanderez peut-être
Ce que je fais le jour durant
Oh! cela tient en peu de lettres
Le jour , je baise, tout simplement

Paroles de Colette Renard, chanteuse réaliste, décédée hier à 98 ans.

Michel Smith

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 00:02

Comment le journalisme, fut-il un tant soit peu spécialisé dans le vin, arrive-t-il à monter en épingle un sujet à partir d’une compétition sans intérêt faisant l’objet d’un sérieux papier dans l’Express, suivi d’un reportage encore attendu dans Envoyé Spécial ? Comment diable un évènement d’apparence aussi étroit et sans importance, une aimable farce en quelque sorte, peut-il susciter autant de débats au point que moi-même je m’y colle aujourd’hui ? Cela commence par un « vous allez voir ce que vous allez voir puisqu’on vous le dit » et ça s’achève par une magistrale pantalonnade. Du moins, tel est mon avis.

Tout a été dit et écrit sur cette rocambolesque initiative. Jacques Berthomeau himself s’est fendu, il y a peu, d’un questionnaire en plusieurs points que je vous invite à lire ICIEn oubliant de noter que la date du 18 septembre annoncée pour la diffusion du « vous allez voir ce que vous allez voir » était déjà passée sans que l’on ait vu quoi que ce soit à la téloche. On dit que ce serait pour ce jour, mais rien n’est moins sûr… Idem pour Catherine Bernard, vigneronne et journaliste (Vitisphère) qui, dans sa très pertinente revue de presse sur le site de Terre de Vins évoque un « simulacre ». Et jusqu’à Facebook où les trublions des Pi(c)rates ont ouvert une page spéciale où ils s’en donnent à cœur joie ICI.

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Le Jugement Dernier, selon Michel Ange...

Sûr, le débat reste ouvert. Il continue et va durer, vous pouvez en être persuadé. Jusqu’à ce qu’une autre revue en mal de reconnaissance, en France ou à l’étranger, n’organise son propre « Jugement de Paris », de Paris ou d’ailleurs. Nous avons toutes nos vies pour juger, alors allons-y ! En attendant, pour ceux qui veulent prendre connaissance du palmarès du ridicule, lisez CECI. En plus des questions posées par l’ami Jacques, questions dont certaines me sont également venues à l’esprit et que je partage, je m’autorise une entrée un peu rageuse dans le débat. Avant toute chose, à la manière d’un Maigret de bas étage, je me suis demandé à qui profitait le « crime » ? À Lavinia ? Au couple Bettane-Dessauve ? à L’Express ou à France 2 ? À mon avis, tous les protagonistes de cette histoire sont peu ou prou coupables. Coupables de quoi ? D’une forme d’excès de zèle publicitaire, pardi ! Ce que je vais déballer par la suite n’est guère aisé pour moi, vu que je suis ami avec au moins trois des « juges ». D’abord avec Marie-Louise Banyols (je l’adore !), puis Michel Bettane et Thierry Desseauve avec lesquels j’ai travaillé par le passé. Les autres « juges » de l’Express, étroitement liés semble-t-il avec Bettane et Desseauve, me sont moins familiers.

Commençons par Lavinia, gros magasin – pour ne pas dire grande surface du vin (je n’ai rien contre) - à deux pas de Fauchon, Hédiard et Nicolas, belles enseignes toutes situées Place de La Madeleine, toutes dotées d’une grande cave riches en grands crus. Les temps sont durs pour ceux qui exploitent le filon du vin. On a besoin de buzz, de com, de promotion comme on disait jadis. Face à la concurrence, en ce secteur du luxe et du glamour Parisien, il faut bouger, trouver des idées originales, se creuser les méninges, se faire violence pour exister en pleine période de crise. Je ne vois que cette banale explication pour expliquer l’implication de Lavinia dans cette triste « affaire » qui n’est pas faite, contrairement à qu’ils disent, pour redorer le vin « made in France ». Signe d’une collaboration sérieuse, sur son site, Lavinia affiche le soutien qu'elle a de www.bettane&desseauve.com.

Viennent donc Bettane & Desseauve, des amis, je le répète, des gars que je respecte, des dégustateurs chevronnés, des journalistes enfin que je m’autorise parfois à critiquer un peu durement j’en conviens. Mais comme on dit « qui aime bien châtie bien ». Toujours est-il que mes deux confrères ont une boîte, un business, un concept qui tourne avec des employés qu’il faut faire vivre entre ventes de chroniques, de spéciaux vins complets et ficelés le plus souvent avec publicité incluse. Ils organisent aussi divers « tastings » et autres pinces fesses événementiels qui rapportent gros. Ils écrivent des ouvrages sur la dive bouteille, publient un guide où ils étalent leur « expertise » et alimentent parfaitement leur site Internet. Dans un tel contexte, la complicité avec Lavinia s’imposait et s’imposera encore : on ne sait jamais, Lavinia peut devenir client, jouer les sponsors, comme la société peut aussi prêter ses locaux idéalement situés sur le Boulevard de la Madeleine et mettre la main à la patte pour un lancement médiatique de grande envergure.

L’Express, quant à lui, est certes un journal connu et sérieux. Mais on le sent un peu à la traîne côté pinard, surtout depuis que son « homme du vin », Éric Conan, est passé à la concurrence, c’est-à-dire à Marianne. Dans la famille des hebdos, où tous les scoops semblent permis, en même temps que tous les coups, d’autres magazines, à l’instar du Point, sont nettement plus en pointe que L’Express quand on aborde l’univers juteux du vin. Et cette constatation est d’importance lorsqu’il s’agit de glaner l’indispensable oseille du filon publicitaire. Déjà Paris-Match, le Nouvel Observateur ou le Figaro Magazine sont postés en embuscade avec des spéciaux vins noyés dans la publicité. On a effectivement peu de mal à imaginer, en ces temps difficiles, combien cette manne est vitale. C’est même le nerf de la guerre. Lorsqu’un « Spécial Vins » est bien mené, quand les chasseurs de pub sont bien rôdés et bien payés, les annonceurs (grandes surfaces, maisons de Champagne, constructeurs automobiles, banques et autres) se bousculent au portillon. Il suffit d’un brouhaha médiatique savamment orchestré par un tandem de spécialistes érudits ; il suffit d’avoir la complicité d’une grande boutique du vin avec antennes à Genève, Madrid et Barcelone en plus de Paris ; et, pour finir, d’avoir l’assurance d’un passage qui tarde à venir sur une grande chaîne nationale à une heure de large écoute, pour que l’affaire devienne aussi alléchante qu’un gamay bien mûr dans mon cru favori, à Juliénas.

On en arrive à Envoyé Spécial qui passera (pas si sûr…) ce soir la séquence tant attendue sur le fameux « Judgement of Paris » revu, corrigé et amélioré à la sauce tricolore. On va lever les couleurs et hurler la Marseillaise. Un peu de chauvinisme dans les chaumières, ça ne fait de mal à personne par les temps qui courent. L’heure du Jugement Dernier arrive et le vin Français (Bordelais) peut enfin triompher des amerloques. En prime, l’assurance d’une promo gratis pour mes deux confrères, leurs ouvrages et leurs futures opérations, promo aussi pour la filière vins qui en a bien besoin, pour les GCC du Bordelais, pour les GCC des Amériques, pour Lavinia, bien fournie en vins étrangers, L’Express, et tutti quanti.

Fin heureuse de l’opération du Dernier Jugement de Paris. Rappelons au passage que la vraie dégustation de Paris, celle de 1976, était organisée à l’initiative de Steven Spurrier alors marchand de vin aux Caves de la Madeleine où l’on donnait en sous-sol des cours de dégustations très prisés dans le cadre de l’Académie du Vin. J’ai bien connu Steven à cette époque. Aujourd’hui, il est éditorialiste à Decanter, l’équivalent de la RVF en Grande-Bretagne, et il exploite un domaine dans la campagne anglaise où l’on cherche à imiter les champagnes, semble-t-il avec succès. Je ne vais pas faire la genèse de cette dégustation devenue historique puisque l’on trouve tout désormais sur Wikipédia, mais il y avait parmi les organisateurs Patricia Gastaud-Gallagher, une Américaine qui dirigeait l’Académie du Vin. Aujourd’hui, si mes sources sont exactes, elle est à la tête du département Vins de la section parisienne de l’institut américain Le Cordon Bleu après s’être occupé du Who’s Who du Vin.

Le jury d’alors était alors astucieusement constitué de « juges » bien de chez nous et quelque peu incompétents en matière de vins, allant d’Odette Khan, directrice à l’époque de la Revue du Vin de France, à Raymond Oliver le chef bien connu de la télé d'alors. Les notes de Spurrier et de Gallagher n’étaient volontairement pas prises en compte afin que l’on ne puisse leur reprocher quoique ce soit. Lire la suite - très croustillante et édifiante – ici même, surtout quand on sait que Spurrier s’attendait à ce que les Bordeaux dominent.

À l’époque, Michel Bettane, était peut-être trop jeune pour participer. On peut parier que s’il avait été présent dans le Jugement, en compagnie de dégustateurs chevronnés comme Bernard Burtschy, Didier Bureau ou Michel Dovaz, le résultat eut probablement été tout autre. Régulièrement de nouvelles dégustations sont organisées de par le monde, souvent sur le même thème France/Californie. On aimerait qu’une manifestation plus sérieuse, plus scientifique aussi, puisse rassembler les grands vins de l’ancien monde, d’Italie, d’Espagne, du Portugal, de Grèce, pour ne parler que de ces pays, face aux vins du nouveau monde, Australie, Argentine, etc. Ironie du sort, la plupart de ces grands vins sont commercialisés à Lavinia. Mais il n’y a rien de plus con que les compétitions. Bref, en matière de vins, le jour du Jugement Dernier est loin d’être arrivé. Qui s’en plaindra ? Pas moi.

 Michel Smith

 

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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 06:41

Je crois avoir déjà affirmé et affiché à maintes reprises ici même ma passion sincère et inébranlable pour le Beaujolais. Et c’est dans cet esprit d’aficionado pur et dur que je me suis rendu l’autre lundi, jour de Fête de la Musique, jusqu’à Paris à l’invitation des instances officielles (Inter Beaujolais) de cet autre fleuve Lyonnais, le troisième selon Léon Daudet, un homme que je ne porte pas en mon cœur, mais ça c’est une autre histoire. D’emblée, je regrettais de ne point voir dans cette assemblée aux faux airs de symposium le docte nez de notre maître, Jacques Berthomeau. Mais peut-être bronzait-il à la terrasse d’un café de village du Luberon…

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Le carnet de dégustation annonce la couleur...

On me pardonnera à ce stade une légère digression. Cela concerne l’amateurisme ou la légèreté désormais habituelle dans ce genre de manifestation qui consiste  à ne servir que des vins tièdes alors que la logique d’une bonne logistique, justement, suppose que l’on mette à la disposition du vin un simple rafraîchissoir composé de beaucoup d’eau et de quelques glaçons. C’est visiblement trop demandé et trop ruineux quand on a les moyens de réserver le service d’un grand hôtel de la rue de Rivoli. Mais je ne vais pas me lancer ici dans un énième plaidoyer pour le vin frais…

Passé ce moment d’incrédulité et de manque de réaction de la sommellerie, si tant est qu’elle existe encore, j’ai entrepris de visiter une par une les tables qui s’offraient au visiteur. Elles proposaient 4 à 6 vins censés montrer la grandeur beaujolaise dans un non moins grand millésime. D’où l’intitulé de la manifestation : « Fabuleux Beaujolais 2009 ». À ce petit jeu, je n’étais pas le seul : en loyal Zinzin, le sieur Egmont Labadie (http://zinzinsduzinc.over-blog.com) m’a semblé aussi actif que je l’étais. Et c’est peu dire ! Chaque table représentant un cru, elles étaient donc 10, plutôt 12 s’i l’on ajoute les tables Beaujolais et Beaujolais Villages. En conséquence, pas mal de pain sur la planche.

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Un magnifique bouquet de pivoines sur chaque table

N’en déplaise aux jaloux et mauvais coucheurs, j’attaquais par un excellent Brouilly de Georges Duboeuf dont j’allais apprécier aussi le Villages, ample, structuré et long tout en rejetant son Régnié (trop simple et léger), son Moulin à Vent (mauvais bois) et, dans une moindre mesure son Beaujolais qui, en dépit de sa franchise, brillait tout de même par l’éclat de son fruit. Pour en revenir à Brouilly, même si vous n’en avez rien à foutre, je vous livre mon préféré : celui de Jean Baronnat, à Gleizé, auteur d’un vin dense, structuré, complet et long.

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Passons à la table Chénas – le désordre est volontaire, car c’est mon cru préféré ! – et retenons le Château des Jacques au nez floral et à l’élégance altière et persistante. Il surpasse d’un poil le « Quartz » de Dominique Piron et la « Hante » de l’Alliance des Vignerons. Arrive Chiroubles avec une belle fraîcheur affichée par le Domaine des Marrans (Belleville), une franche longueur et fraîcheur côté négoce chez Henry Fessy et de superbes tannins fruités/poivrés chez Patrick Bouland (Villié-Morgon). 

Côte de Brouilly ne manque pas de vedettes, mais, en dehors des Maisons Neuves d’Emmanuel Jambon (Saint-Lager), nez fin, solide en bouche, belle acidité, longueur et fruit en finale, je préfère filer sur Fleurie avec un Henry Fessy souple mais structuré, poivré et long. Important cette notion de structure trop souvent négligée au profit du gras et de la lourdeur. Le Château de Fleurie, quant à lui, se distingue par sa matière, son équilibre et son élégance. Intéressante prestation de Coudert-Appert, sans plus, et je retrouve un autre de mes crus préférés, à cause du Canard, j’ai nommé le Juliénas.

Belle occasion de signaler le renouveau de la maison Ferraud (Belleville) à la fois négociant et propriétaire, comme ici avec ce Juliénas « Les Ravinets » au joli nez de bois brûlé, à la bouche prenante, vive, équilibrée et longue. Un peu plus fort cependant, Mommessin se distingue avec ses « Burlats », vin dense, serré, puissant, rocailleux, très cerise (burlat, of course) capable et devant, à mon sens, vieillir. Dernier vin intéressant dans cette appellation, le Clos de Haute Combe de Vincent Audras, tannins serrés et grillés, lui aussi fruité et capable de résister à 10 années de garde.

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David Cobbold retrouve ses amies du Beaujolais

Morgon arrive avec le Château du Chatelard, cuvée « Les Roches », sérieux au possible, bien balancé, très joliment fruité et long. Le Morgon de Marcel Lapierre apparaissait plus simple, bien que sympathique. J’arrive côté Moulin à Vent avec une « Cuvée des Hospices » (Romanèches-Thorins) de Collin Bourrisset, peut-être le vin le plus net, le plus clair de la dégustation : fermeté en attaque, mais superbe finesse et longueur. Autre découverte morgonnaise : Gérard Charvet à Chénas, toujours surprenant côté matière et finesse. Déçu par le Château des Jacques, austère, violent et trop boisé.

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La belle Lydie et son Régnié

Arrivé à Régnié (jadis aussi Durette), je fus séduit par le Château de La Terrière (Ciercé) au fruité frais, mais également par le Domaine Thierry Robin, certes souple en attaque, mais bigrement fruité, intense et long. Également un beau vin à la table de Lydie Nesme, la sémillante directrice des Hospices de Beaujeu qui livre un vin fin, ample et marqué par de beaux tannins. À Saint-Amour, j’ai retenu un intéressant « Albert Bichot » d’’Albéric Bichot (Beaune) et surtout un beau vin frais et très violette de chez Louis Max (Nuits-Saint-Georges). Mais la plus belle cuvée dans ce cru est peut-être celle du Domaine des Billards (Pontanevaux), un vin dense, épais, tannique et long, à la garde assurée.

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Le joyeux Bettane n'a qu'une hâte : discourir sur le Beaujolais

Le problème de la température du vin commençait à être pris en compte par certains producteurs jusqu’ici discrets – le Beaujolais d’Henry Fessy, par exemple, révélait enfin son aspect joyeux -, lorsque démarra sur les chapeaux de roues une conférence animée par Michel Bettane. Ce dernier, non content de posséder une maison dans la partie nord du Beaujolais, est de plus en plus mis en avant comme étant le chantre d’un vin qu’il connaît et qu’il boit volontiers.

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Parmi les groupies de Michel Bettane, ces jambes ne sont pas celles d'un Morgon... 

J’avoue avoir apprécié ce moment où, tandis qu’il nous expliquait « son » Beaujolais (entre parenthèse, il m’a semblé déceler qu’il n’était pas contre une étiquette « Bourgogne Beaujolais » ou « Bourgogne Gamay »), mon œil était fixé sur une paire de fort belles jambes… Les questions fusèrent sur le fait de savoir si oui ou non le Beaujolais pouvait s’offrir une nationalité bourguignonne. Il semblerait que oui, du moins telle fut mon interprétation. Historiquement, les grands négociants de la Côte d’Or ont toujours eu un pied en Beaujolais. On relève aussi qu’au vieillissement surtout, le gamay noir à jus blanc prend facilement des airs de pinot noir. Pour Michel Bettane, la macération beaujolaise n’est plus aussi uniforme que ce qu’on voudrait nous faire croire. « Elle compte des dizaines de variantes » et elle n’a que peu de différences avec ce qui se pratique traditionnellement en Bourgogne ou dans le Nord de la Vallée du Rhône. « La saturation d’une cuve en gaz carbonique n’est plus la règle », explique en génial observateur du terrain, Michel qui déplore au passage que l’on ait par trop simplifié la nature du terroir en Beaujolais, alors que l’on découvre grâce aux techniques nouvelles qu’il y a « des centaines de sous granites ». Il note aussi que, selon l’état de décomposition, de ces granites, la rétention d’eau s’opère différemment d’une appellation à l’autre et que cela ne correspond pas toujours « au découpage politique du début des appellations ». Comme je suis d’accord !

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Voici venir en magnum le très grand vin du jour...

La discussion s’est poursuivie tandis que des « vieux » millésimes nous étaient servis. Déception avec le Morgon 2002 de Marcel Lapierre : déjà trop vieux, simple, creux, un exemple de ce que peut donner la pratique du sans soufre. Superbe Moulin à Vent 2000 des Hospices de Romanèche-Thorins : riche, dense, beaux tannins, joli fruit et allure très Bourgogne. Moulin à Vent 1999 de Georges Duboeuf : joli nez, notes animales, puissance. Talentueux Côte de Brouilly 1999 de Georges Viornery : on sent le raisin hyper mûr, un peu cuit peut-être, prêt à boire, long. Autre Côte de Brouilly 1998 du Château Thivin, un peu sec et vieillot, mais qui se révèle frais et persistant quand on prend le temps de le réveiller. Une série de vins notés deux étoiles, c’est-à-dire moyens : Moulin à Vent 1993 Château des Jacques, Saint Amour 1989 de Loron (Vignes des Billards), Brouilly 1983 Château de la Terrière, Fleurie 1976 de Loron (Château de Fleurie). Pour finir, un inattendu Morgon Côte du Py 1976 du Domaine Louis et Claude Desvignes : un poil dur côté tannins, mais on a tout de suite l’idée d’un grand vin, à la fois minéral et au fruité grillé, mais qui ne masque pas la fraîcheur encore présente. Bon sang ne saurait mentir, ce domaine aujourd’hui dirigé par la jeune Claude-Emmanuelle Desvignes (huitième génération) vinifie trois lieux-dits de Morgon commercialisés à des prix très raisonnables. Le Côte du Py est issu de vignes de plus de 65 ans sur 5 ha. Voir le reste sur le site http://www.louis-claude-desvignes.comFinir sur ce grand vin de plus de 30 ans, vous l’avez compris, j’étais aux anges. 

Michel Smith

 

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Et pour finir, Georges Duboeuf retrouve Michel Bettane.

 

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 01:22
Ça fait du bien aux articulations, ça dégrippe les rouages, ça nous fait baigner le cerveau, ça donne du goût, ça rend vraiment service.
Le «ça», c’est l’huile, d’olive d’une façon préférentielle.
Provenance, toutes, mais pour cette fois, le sud de l’Espagne et plus précisément… Marc Vanhellemont est un véritable aficionado.

L’Andalousie, la région de Jaén, la mer d’oliviers. Voici l’olive la plus répandue dans cette partie du monde, la Picual. Avec toutefois une précision importante: l’huile présentée est issue d’un verger biologique. Ce qui n’est guère courant au bout de la péninsule.

fleurs-de-Picual--1-.jpgFleurs de Picual

Soler Romero

Une propriété de famille, créée en 1850 et qui cultive ses oliviers de façon naturelle.
C’est quoi ça naturel ?
C’est se balader dans l’oliveraie, c’est se promener parmi les fleurs sauvages et les herbes folles. Ici, pas de désherbant, ni d’arrosage au goutte à goutte, pas d’engrais chimiques, mais du compost. Au milieu de ces 600 ha de verdure se logent les bâtiments d’exploitation. Une proximité qui voit se presser les olives dans les 2 heures après leur cueillette. Après le pressurage, le jus d’olive n’est pas centrifugé, mais mis en cuve inox pour une décantation sous atmosphère inerte. Un procédé doux qui permet une meilleure conservation des arômes, des antioxydants et des complexes vitaminés. Chaque jour l’almazara* est nettoyée jusque dans les moindres recoins. ¡Tu manges par terre, mec!
De la propreté, comme dans toutes productions alimentaires, la qualité finale du produit est tributaire.

huile-bio.jpgSoler Romero

Aceite de oliva virgen extra

Couleur : vert aux reflets doré éclatant.
Odeur : un mélange de fruits mûrs et d’herbes fauchées, d’écorce de pamplemousse et de banane verte, d’amande et de poivre blanc.
Texture : onctueuse et très aérienne.
Goût : on retrouve l’amertume typique de la variété Picual adoucie de chair de pomme, de banane plus mûres et de vanille nuancée de foin fraîchement coupé.
Ardence : importante.

Usage : à froid sur les carpaccios tout azimut, dans la confection de vinaigrettes pour légumes refroidis. Tiède sur les légumes grillés, sur les coquillages et les soupes un peu épaisses. 

www.soler-romero.com


Marc Vanhellemont

*Almazara est le terme d’origine arabe qui désigne le moulin à huile et employé dans le Sud de l’Espagne; ailleurs, le vocable plus évident de "molino de aceite" est usité.

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 01:17
Marc nous emmène aujourd'hui au Nord du Portugal - c'est-y-pas Minho?

La Ramada, pergola de vigne, nous mène jusqu’à la demeure construite au 16e siècle, vieille bâtisse de famille qui fut occupée par la grand-mère de Vasco Croft. Cet architecte Lisboète, aujourd’hui propriétaire du lieu, garde une tendresse émouvante pour son aïeule. Tendresse que l’on retrouve dans la construction de ses vins…

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Afros, la quinta

Biodynamiste depuis trois ans, il possède 6 ha autour de la propriété, sise à Padreiro, au coeur de la zone de production du Vinho Verde.

Il vient d’en acheter 8 autres et en loue 6 autres, soit 20 ha en tout, dont une grande partie entourée de forêt. Âge moyen des vignes : 17 ans.
Les cépages employés sont le Vinhão pour le rouge et le Loureiro pour les blancs, un effervescent et un tranquille.


Dégustation

Afros Vinho Verde Loureiro 2008
Le premier, Loureiro simple fermenté en cuve.
Robe verte à reflets jaune. Nez légèrement citronné, accompagné d’écorce de pamplemousse et d’absinthe. Bouche très citronnée, mélangée de rhubarbe amplifiée par le léger gaz carbonique. La longueur se tend sur le minéral.

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Afros, les vins

Afros Vinho Verde Escolha 2007

À la différence, le vin est élevé pendant 6 mois en barriques usagées. Robe plus jaune, nez plus fermé, la bouche ajoute du grillé, de l’amande et de la noisette. Certes, le passage en bois apporte son gras, mais masque par la même occasion le minéral, ici c’est l’amertume légère qui apporte la fraîcheur.

Afros Vinhão 2008
Le cépage Vinhão est autochtone, sa couleur est foncée, avant il s’élaborait pour la consommation courante. Robe pourpre cramoisi carrément opaque. Nez de raisin sec, de racine de panais et de persil, maculés des jus de prune violette, de framboise, de cassis et de fraise noire. Bouche vive, nerveuse, avec heureusement une densité fruitée qui amortit l’élan acide. En déguster est une expérience forte à déconseiller aux âmes sensibles, mais à énergiquement recommander aux palais qui ont tout bu !

Afros rouge effervescent
Fait en méthode classique, cet effervescent aussi sombre que le tranquille hume la violette, le cassis et la mûre. Les tanins font le palais rogue, cela ajoute à la rusticité, le dosage à 12 g n’entame en rien son caractère. Ça c’est pour quand on a aimé et qu’on en redemande.

Par contre à table, sur place avec quelques sardines grillées, des moules, des légumes à l’escabèche, les blancs passent à merveille et les rouges se civilisent.

www.afros-wine.com

Marc Vanhellemont

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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 11:54
Voici quelques semaines,  Laurent Perrier présentait à la presse internationale son Brut Millésimé 2000. L’occasion également de montrer sa toute nouvelle cuverie de Tours-sur-Marne, où la marque vinifie à présent la totalité de sa production.
L’occasion enfin de mettre un visage sur le nouveau patron du groupe, Stéphane Tsassis (venu de Guerlain), et sur les deux filles de Bernard Nonancourt, qui a donné à la marque ses lettres noblesse; j’ai nommé Alexandra et Stéphanie.

Mais revenons au millésime 2000. Le chef de Cave, Michel Fauconnet, nous explique que Laurent Perrier n’est pas «un grand millésimeur» (moins d’une année sur deux ces 50 dernières années)  Ce qui n’en donne que plus de valeur aux millésimes que sort la Maison. Les autres  millésimés récents  chez «LP» sont  88, 93, 97 et 99.

Voici comment se présentait cette année 2000: un mois de juillet pluvieux, assez comparable à 1999, mais avec à l’arrivée, un degré  de plus. Des chardonnays très fins, des pinots noirs puissants et charpentés - c’est ce qui a emporté la décision de millésimer.

LP 2000
LP 2000 (Photo H. Lalau)

Et dans le verre ?


Or soutenu, effervescence fine, fleurs blanches et  miel d’acacia (discret); agrumes et  fruits confits arrivent en rangs serrés à l’agitation, mêlés de pain d’épice. L’acidité est bien présente,  le premier contact, est un peu acerbe, mais le liquide réchauffant, la bouche s’équilibre, on perçoit même un peu de gras. Bonne minéralité en finale.
A noter que le magnum lui sied encore mieux ; servi à bonne température (pas trop frais), il présente une richesse insoupçonnée lors de la dégustation de la bouteille de 75cl.

50% chardonnay (Avize, Cramant, Oger, Chouilly), pas de Mesnil car grêlé
50% pinot noir (Bouzy, Ambonnay, Mailly, Verzy).  11 g de sucre, 5g d’acidité (les moûts étaient à 7).



Hervé Lalau

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