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POURQUOI CE BLOG?

Ce blog est né de l'heureux hasard d'une rencontre, en 2010, au Salon des Vins de Loire d'Angers, autour d'un verre de rosé de Bourgueil - celui de Pierre Jacques Druet. Il y avait là cinq "plumitifs" du vin. Le rosé aidant, l'idée a germé de créer un espace commun.
Parce qu'à cinq, on peut aborder plus de thèmes.
Parce qu'on peut débattre.
Parce qu'on peut partager. Des coups de coeur, des coups de gueule, de l'expérience.
Et qu'est-ce que le vin sinon une boisson de partage?
De ces cinq, certains sont déjà des blogueurs confirmés, d'autres non.
Comme il y a les 5 sens, il y  a maintenant les 5 du Vin.

Les 5 du Vin

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David Cobbold (Eccevino) est le plus français des journalistes anglais du vin, ou vice versa. Il a reçu en 2011 le Wine Blog Trophy pour  son blog, More than Just Wine.

Jim Budd, sujet de sa Gracieuse Majesté, est journaliste pour diverses revues britanniques. Amoureux des vins de Loire, il leur consacre un blog, Jim's Loire, primé en 2009 du Wine Blog Trophy.

Hervé Lalau est un journaliste français écrivant pour diverses revues et sites français, belges, suisses et canadiens. Son blog "Chroniques Vineuses" lui a valu le Wine Blog Trophy en 2010.

Michel Smith, PourLeVin, est un journaliste français établi en Roussillon, travaillant pour diverses revues et guides en France. Il s'intitule lui-même "Journaliste en Vins et autres Plats de Résistance".

Marc Vanhellemont est un journaliste belge travaillant pour divers magazines en Belgique et en France. Incontournable, sauf par la face nord.

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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 10:50

Lettre à Charles Trénet, membre honoraire de l’AAACA (Association Amicale des Amateurs de Carignans Authentiques) du triangle d’or Perpignan/Narbonne/Carcassonne. 

Cher Ami, cher Poète,

Tu me demandes des nouvelles de notre Terre, et plus précisément de ce coin de France que tu affectionnes, je veux dire Carcassonne et environs. Jusque-là, hormis une pléiade de festivals, il ne se passait pas grand-chose de bachique aux pieds des murs de la Cité chère à Eugène Viollet Le Duc. J’ai enfin des nouvelles fraîches pour toi. Grâce, je dois le préciser, à un ami caviste officiant à Limoux (Aude), et à qui tu peux rendre visite (ICI) ou (LÀ). Olivier Zavattin, c’est son nom, m’a fait parvenir l’autre jour un vin extraordinaire que je me suis empressé de goûter comme tu t’en doutes. Il résonne aujourd’hui dans ma tête un peu comme le «Jardin Extraordinaire» qui résiste au béton près de chez moi et que tu as bien connu en ton temps quand tu vivais à Perpignan.

Il s’agit-là d’un Vin de Pays de la Cité de Carcassonne millésimé 2007, Plô Boucarels, titrant 13°. Que peut-il y avoir de si extraordinaire dans ce vin sudiste en diable à la robe soutenue, me demanderas-tu avec raison? C’est drôle, mais avec toi, je fais ce que je ne peux faire avec les autres: les questions et les réponses. Tiens, lis le commentaire griffonné et corrigé trois fois de suite (trois verres, goûtés à trois moments différents et sur trois jours) alors que j’étais à deux doigts de vider la bouteille, seul dans mon coin. Avant que je n’oublie, son prix de vente est de 8,50 € départ cave.        

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C’est onctueux, savoureux, léger, bien dessiné. Les tannins sont présents : ils tapissent le palais avec suavité. Bref, ils sont très supportables. Le fruit est du genre réjouissant. Il tire un peu sur la myrtille, mais peu importe le détail puisque l’on a la jouissance du plaisir. L’ensemble s’étire longuement et la finale se dessine sur la fraîcheur, avec un côté « je persiste, donc je signe » qui ne trompe pas. Que demander de plus ? Je ne sais pas mais, franchement, cela faisait longtemps que je n’avais pas goûté un Carignan aussi bien foutu !

Du beau travail et une belle surprise, car je pensais que le Carignan avait été arraché de ce côté-là de l’Aude au profit du cabernet, du merlot et de la syrah réunis bien plus rémunérateurs. L’œuvre est celle de Julia Hubrich et de Julien Gil et ces deux jeunes auteurs franco-allemands ne se privent pas de raconter leur histoire, ainsi que celle de leur parcelle de Carignan, ici même.

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Bon, maintenant tu vas me demander ce que signifie ce mot bizarre: «Plô». Non, il ne s’agit pas de Domaine, mais plutôt d’un petit plateau agricole en un lieu généralement surélevé par rapport à ce qui l’entoure. D’ailleurs, tu devrais le savoir mieux que moi puisque tu as erré une bonne partie de ton enfance dans ce Sud où tu naquis, ballotté que tu étais entre Narbonne et Perpignan. Je crois bien que du Plô Roucarels (plateau rocailleux) on a une vue d’enfer sur la chaîne des Pyrénées, mais j’ignore en revanche si l’on distingue Carcassonne. 

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Bref, tout cela ne te donne-t-il pas envie de redescendre un peu vers chez nous? Tu pourrais ainsi prendre ma superbe auto pour filer sur la route de Narbonne en faisant vrombir le moteur jusqu’à l’horizon de Barbeira pour voir de près les tours de Carcassonne, qu’en dis-tu? Bien sûr, si tu le veux, je te suivrais à bicyclette «en freinant bien pour ne pas te dépasser ». Je répète : «en freinant bien pour ne pas te dépasser».

 À bientôt

Michel

PS deux cadeaux et un verre de Rivesaltes Aimé Cazes 1978 au talent de Claude Chabrol.

http://www.youtube.com/watch?v=9gt6zqEgxSw

250px-Charles_Trenet-1977.jpg

http://www.youtube.com/watch?v=a8xEDLQ_VzQ


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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 11:00

Chroniquer avec régularité un dimanche – jour creux s’il en est - sur le sieur Carignan peut, à terme, devenir ennuyeux pour le Lecteur et barbant pour l’auteur. Aussi faut-il parfois prendre les chemins de traverses…

Regards sur l’étiquette du Tessellae : « Carignan Vieilles Vignes » et « Vignobles d’altitude » sont deux mentions qui retiennent l’attention en dehors du mot latin qui, si j’ai bien pigé, se rapporte à des carreaux composés de petites pierres de couleur formant mosaïque.

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Mais revenons à la mention « Vieilles Vignes » désormais couramment utilisée sur presque toutes les étiquettes de cépage Carignan tout simplement parce que les seuls plants encore en production dans cette variété d’origine espagnole implantée sur nos sols sudistes sont forcément anciens ce qui ne veut pas toujours dire "de qualité". Encore faut-il s’entendre sur l’âge des vignes en question. Les miennes, selon l’acte d’achat, sont de 1968. Est-ce que 40 ans, c’est vieux ? Quand j’y pense, vu que je suis de la classe 48, cela me glace de penser que je suis (déjà) vieux. Bon, à la réflexion, je vais m’y faire. Soit, mais beaucoup de nos chers carignans sont plus anciens. Certains sont même centenaires et je connais des vignerons qui ne se privent pas de l’écrire sur leur contre étiquette. À l’inverse, j’en connais d’autres qui, sur d’autres cépages, n’hésitent pas à décrire leurs vignes « vieilles » alors qu’elles ont tout juste 20 ans. Il serait temps, à mon humble avis, de mettre de l’ordre dans tout cela et de se mettre d’accord une bonne fois pour toute sur un « degré de vieillesse » en matière de vignes. Encore une codification allez vous me rétorquer. Peut-être, mais on pourrait, à l’échelon européen, ne serait-ce que pour respecter le consommateur décréter trois catégories, preuves à l’appui, bien sûr.

Je vous les propose ci-dessous :

-Vieilles Vignes = vignes de 40 ans au moins ;

-Très Vieilles Vignes = vignes de 80 berges au moins ;

-Vignes Ancestrales = vignes centenaires.

 Autre chose. La mention «Vignes d’altitude», «Vignes de Montagne» ou «Terroir d’altitude» commence à fleurir sur les étiquettes et les brochures de vins sudistes. L’idée? Promouvoir la fraîcheur (même quand elle n’apparaît pas dans le vin…) et les faibles degrés (souvent pas si faibles...). Qu’entend-t-on au juste par «altitude»? Certes, on a tous en tête de rares exemples de vignes d’altitude, c’est-à-dire implantées au-delà de mille mètres et protégées des courant froids, comme à Visperterminen, en Valais, où l’on cultive à 1150 m le cépage blanc Heida, du moins c’est ce que j’ai cru lire quelque part. Dans le Val d’Aoste, on dit que la vigne peut grimper jusqu’à 1200 m d’altitude. Mais c’est semble-t-il en Cerdagne, dans mes Pyrénées-Orientales, à Sainte-Léocadie plus précisément, et à 1300 m d’altitude, que se trouve la vigne la plus haute d’Europe : 450 souches de chasselas, riesling et muscat à petits grains au sein du Clos Cal Mateu qui a donné moins de 400 bouteilles en 2006. Il s’agit-là de vraies vignes de montagne.

Or, voilà que plus bas, vers les rives de la Méditerranée, dès que la vigne frise les 100, 200 ou 300 mètres de hauteur, on parle de vigne «d’altitude». N’est-ce pas exagéré ? C’est vrai pourtant qu’au niveau des températures, le soir surtout, on a une vraie différence entres les vignes du haut et les vignes du bas. Reste que, là aussi, on devrait songer à un règlement européen – un de plus – pour stipuler ce que je propose ci-dessous :

-Vignes de très haute altitude ou de Haute Montagne = vignes situées au-delà de 1000 mètres au-dessus du niveau de la mer ;

-Vignes d’Altitude ou de Montagne = entre 500 mètres et 1000 mètres ;

-Vignes de Collines = entre 100 et 500 mètres.

Comme celà, plus d'équivoque...

Tout ce cheminement pour en venir au nouveau Vin de Pays des Côtes Catalanes du Domaine Lafage (ICI) qui, sur plus de 138 ha répartis en trois terroirs bien différents, aime propager l’idée qu’il constitue une « mosaïque » de terroirs. D’où l’étiquette de ce « Tessellae » issu d’un vignoble « d’altitude » sis dans la vallée de l’Agly vers laquelle se tournent désormais tous les yeux des investisseurs grands et petits en quête du graal Catalan. Nous sommes proches du village de Maury, donc pas si haut que ça, tout compte fait, 250 mètres à tout casser. C’est mon pote Jean-Pierre Rudelle, caviste de Perpignan (voir ICI) qui me l’a fait découvrir, amoureux qu’il est du Carignan. Il le commercialise sur place à 9 € la bouteille.

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Passons sur la robe de ce millésime 2009, qui est des plus sombres évidemment, pour retenir le fruit du nez, proche de la mûre, enrobé de fortes touches de poivre, bois brûlé et garrigue.  Souplesse en bouche, belle matière, un soupçon de rusticité, notes de cerise, de pruneau et de bois sec, finale correcte quoique un peu brutale et chaude. Je ne pense pas que ce vin ait intérêt à se garder plus de 2 à 3 ans, mais il convient, à mon avis de l’attendre encore un peu, disons jusqu’à la fin de l’année. Je le recommande chaleureusement sur des magrets de canard grillés au feu de bois (avec des cèpes de préférence) à 16° de température. Mieux, sur des brochettes de cœur de canard! À dimanche prochain, si le coeur vous en dit...

Michel Smith

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 12:00

Eh oui, ce vin a du tempérament, du relief, du poids. C’est un gagnant. Il a la niaque, ou la gnac si vous êtes Gacon, en ce sens qu’il agit un peu comme une morsure bienfaisante. Robe noire et nez minéral, on sent le poivre doux, on devine aussi le schiste chaud à plein nez, puis des notes de café et enfin de gibier. En bouche, l’attaque est souple mais puissante, avec une tonalité rustique qui n’est pas faite pour me déplaire, une bonne texture tannique où l’on retrouve la fameuse « niaque » du début et un aspect un tantinet sec, un peu terreux en finale. Cela donne envie d’aller plus loin, d’attendre encore, de le ranger en cave avant de lui faire subir un joli sort avec des amis sur une belle viande saignante, un magret de canard bien cuit sur la peau et quelques cèpes que l’on commence à voir sur les étals des marchés du Sud.

Je voudrais bien ne pas y songer, mais c’est ainsi : depuis que j’ai revu Faugères (voir un de mes articles précédents), j’ai comme qui dirait attrapé le virus. Je me suis converti au goût du schiste. Pas facile à aborder au début, c’est fou pourtant comme on s’y fait. Euh, c’terroir là, m’sieurs-dames, eh ben j’lai dans la peau ! Au passage, j’ignore pourquoi subitement je me mets à employer ce langage gouailleur. Peut-être l’aspect rustique de tout à l’heure, à moins que ce ne soit la rocaille schisteuse. Tenez, allez-y voir !

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Ce Faugères, donc, est un 2007, cuvée « Le Penchant du Cerisier », de la Grange d’Aïn. « Le cerisier trônant sur ce coteau ensoleillé, avec ses vieux carignans en gobelet, procure à cette parcelle un air désuet...», raconte Cédric Saur sur la contre étiquette. Comme il ne peut le déclarer Faugères avec cent pour cent de carignan, il s’est résolu à accorder à son assemblage 20 % de grenache noir. Bon, moi, décret ou pas (sous réserve d’être démenti par Jacques Berthomeau, il me semble que le décret concerne surtout les vignes « plantées » et non ce qu’on met dans une cuvée), il y a longtemps que j’aurais mis la totalité de la cuvée en Carignan tout en disant qu’il y a quand même du grenache... pour être réglo. Mais c‘est une autre histoire.

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L’auteur de cette jolie cuvée, Cédric Saur, 36 ans, qui s’est occupé longtemps de la propriété familiale, le Château Haut-Fabrègues, à Lenthéric, a fondé à proximité un domaine de 10 ha baptisé La Grange d’Aïn, propriété qu’il cultive en biologie. Ses vins commencent à attirer pas mal d’adeptes. Le Faugères qui nous intéresse est autour de 14 €. A vous de le contacter au 04 67 09 35 84 ou via son courriel : cedricsaur@hotmail.com

Michel Smith

 

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22 août 2010 7 22 /08 /août /2010 12:08

Plusieurs choses frappent au premier coup d’oeil. Le Vin de Pays du Mont Baudille d’abord, qui me rappelle un autre carignanophile du nom de Fadat. L’étiquette «MA» qui, même si le graphisme n’a aucune similitude, évoque le Mas Amiel. Et pourtant, tout est bien différent dans la présentation de cette bouteille: l’étiquette d’un rose satiné, la forme bourguignonne du flacon, le petit mot doux que laisse Amélie sur la contre étiquette et qu’il faut prendre le temps de lire… Une histoire simple, comme je les aime, à mille lieues de ces revendications «nature» lancées à tort et à travers, un vin qui se présente tel qu’il est, «Vieux Carignan», point.

 

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Je ne connais pas Amélie, 31 ans, qui travaille dans le monde du vin, côté marketing, mais j’aimerais bien la rencontrer. Qui sait? Peut-être lors d’une prochaine virée à la Terrasse du Mimosa, à Montpeyroux ? C’est là que l’on m’a confié cette bouteille que je goûte aujourd’hui.

«Amile» et non Amélie, telle fut la destinée de cette enfant qui vint au monde alors que son Papi Paul espérait un garçon. Ce dernier fut comblé un an plus tard, lorsque naquit Sébastien.

Aujourd’hui, Amélie est revenue dans les vignes du village d’à côté, à Lagamas. À cause d’un coup de foudre pour un vieux carignan qu’elle a sauvé avec l’aide de son frère, lequel travaille de son côté chez Alain Chabanon, un vigneron de fort belle réputation installé à Lagamas. Depuis deux millésimes, Sébastien et Amélie vinifient dans le garage de Papi Paul, un complice de toujours qui ne néglige aucun conseil. Tel un vieil olivier robuste sur lequel on s’appuie volontiers. 

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De cette parcelle de moins d’un hectare, de cette complicité, il résulte un vin à la robe bien soutenue et au nez bien en place sur des notes boisées et crayeuses avec des touches de maquis et de petits fruits rouges. C’est chaud en bouche, rond, soyeux, puissant, mais sans excès, avec une finale bien cadrée sur le fruit. Bref, ça se laisse boire « avé » plaisir comme on dit ici. Entre 7 et 9 € chez tous les cavistes du coin ou auprès d’Amélie : masdamile@orange.fr.

Pour info, le vin a été vinifié traditionnellement et élevé un an et pour 60% en barriques d’occasion. Un rosé est en gestation, avec l’apport de vignes supplémentaires.

Michel Smith

 

 

 

 

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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 12:02

Et un retour aux sources, un! Celui de Geneviève et Laurent Vidal, revenus dans leur village potier de Saint-Jean-de-Fos d’où ils vinifient en cuves bois tronconiques un Terrasses du Larzac, «L’As», fort apprécié des commentateurs. Oh, ils ne se sont pas foulés pour rentrer au bercail. C’est en 2003 qu’ils ont quitté le Mas d’Auzières, proche du Pic Saint Loup, pour se ressourcer quelques kilomètres à l’ouest sur les bords de l’Hérault. D’emblée, peut-être inspirés par les vins de leur voisin, Sylvain Fadat, ils ont eu la bonne idée de se lancer dans une cuvée Carignan, en Vin de Pays de l’Hérault, que, jeu de mots oblige, ils se sont empressés de baptiser « Le Cas »… de Conscience, bien entendu.


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Au passage, signalons que le mot «conscience», au-delà du fait qu’il exprime une conscience vigneronne, est aussi le nom que l’on donne à une jarre typique de Saint-Jean-de-Fos. Une chose est sûre: ce «Cas» à la robe opaque prononcée est un vrai cas, qui déclenche bien des débats. À la fois chaud et bizarrement un peu vert au nez, il est marqué en bouche par une certaine austérité, des tannins un peu durs et une finale axée vers des accents poivrés. Goûté à plusieurs reprises et sur plusieurs jours, le vin m’apparaît simple, mais original, en ce sens qu’il n’a rien à voir avec les carignans bus depuis que je m’intéresse à ce cépage. 

Je ne sais si j’ai raison, mais je préconise une garde d’au moins 5 ans pour voir si cette dureté constatée s’estompe. Mais je ne puis m’empêcher de me poser la question : ce vin, vendu autour de 10 € sur place, a-t-il vraiment du cœur ? Il semble que je ne sois pas le seul à me poser cette question et cela me rassure. À signaler: le même couple est aussi l’auteur d’une cuvée «Ciel-Cieux» 2009 de pur cinsault que j’ai adoré et bu sans retenue !

Michel Smith

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8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 12:02

Au prime abord, cela peut paraître banal. Un gars, une fille, en l’occurrence Christine et Nicolas Dornier. Confortablement installés dans leur vie de tous les jours, tous deux œnologues rattachés à un éminent cabinet perpignanais, ils se mettent en tête un beau jour d’avoir leur propre vignoble. Jusque-là, rien d’anormal. Des œnologues qui veulent prouver leur attachement à la terre, on en rencontre pas mal dans nos pérégrinations journalistiques. Mais voilà, ces deux-là ont quelque chose de touchant. D’abord, ils ont baptisé leur domaine schisteux de 21ha aux abords de Maury, sans cesse surveillé par l’ombre ruinée de Quéribus, d’un nom qui résume peut-être toute leur histoire. Le Clos des Vins d’Amour, c’est son nom VOIR ICI, a été créé en 2004 et il est désormais exploité en famille puisque Christophe, le frère des Nicolas, a rejoint l’exploitation avec son épouse, Laurence. Le grenache noir, présent à 70% sur le domaine, donne un Maury déjà fort apprécié tandis que les Côtes du Roussillon Villages et autres Vins de Pays des Côtes Catalanes se forgent une belle réputation.

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De gauche à droite : Christophe, Laurence, Christine et Nicolas Dornier

Vous vous en doutez, c’est un Carignan pour l’heure confidentiel (environ 3.000 quilles, comme on redit de nos jours pour faire branché) qui a retenu mon attention. Planté sur 4 ha, il entre d’habitude pour une bonne part dans l’une des cuvées des Dornier vinifiée en macération carbonique en compagnie des grenaches. «Pour faire court, nous sommes tombés sur une cuve de carignan qui aurait dû être associée au grenache. Nous avons trouvé ce vin génial et avons décidé de le vinifier à part. Si les clients adhèrent, c’est sûr, on va continuer…», me déclare Nicolas en me livrant, tout fiérot, son Vin de France à 6,90 € départ cave.

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Le Carignan de l'amour avec mes petits lutins qui font la sieste...

Baptisé «Carignan en Famille» - les trois fils Dornier donnent volontiers un coup de main à la vigne -, simple dès l’approche, équilibré, armé d’un texture douce et d’une longueur en bouche conséquente, c’est un vin moderne, l’exemple type du Carignan de plaisir, facile à boire, tout en restant frais et élégant. Je l’ai goûté au sortir du frigo, dans un large verre, en compagnie de petits maquereaux poêlés sur le ventre avec des lardons, des oignons et des tomates. C’était délicieux ! Allez viens, Simone. Y'a trop de vent à la plage. Monte dans la bagnole, on file à Maury!

Michel Smith

 

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1 août 2010 7 01 /08 /août /2010 12:04

J'ai retrouvé un pote, Bruno Peyre.

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Un gars jovial et sincère, originaire d'Octon, un village aux pierres rousses que je vous invite à découvrir fissa, non loin du lac de Salagou, à l'ombre du Larzac. Dans une autre chronique, je reviendrai  plus en détail sur son domaine et sur ses vieux carignans noirs implantés sur ce sol roux composé de ruffe, un grès ferrugineux qui envahit le secteur donnant à voir des paysages inédits où le vert plus ou moins tendre des feuilles de vignes tranche sur la terre aux couleurs oscillant entre le roux, le marron et le noir.

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Si je parle en avant première de son vin blanc, c'est qu'il est issu d'un cépage carignan blanc que quelques carignanesques vignerons redécouvrent et tentent de remettre au goût du jour.

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Je viens de déboucher pour l'apéro un flacon de ce Clos des Clapisses. Un vin de pays des Coteaux du Salagou 2009, tiré à 4.000 exemplaires, commercialisé à 8€ départ cave, mais à ce jour presque épuisé (pas le vin, je vous rassure...), voilà un vin bien sympathique, plutôt léger (12,5°), mais plein, charnu et armé d'une grande fraîcheur et agissant avec efficacité puisqu'il balaie le palais et laisse une bouche nette. Ce n'ai pas d'une longueur immense, mais je serais curieux de le goûter dans quelques années pour voir... En attendant, c'est super sur des olives du pays (la lucque notamment) et sur de très fines tranches de jambon sec. Parfait donc pour l'été !

Michel Smith

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25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 12:00

Lorsque j’ai débarqué dans le Roussillon, je me suis installé à Villemolaque, sur la route du Perthus, en bordure des Aspres, face au Canigou. J’étais à 2 ou 3 km de Tresserre et qui aurait dit qu’un jour, j’allais partager une vigne dans cette commune hautement viticole ? Pas moi en tout cas. J’étais persuadé, à l’époque, que seules les vignes de Collioure et de Banyuls avaient de l’intérêt. J’ai bien changé depuis, fort heureusement. En 1988, donc, j’avais pris rendez-vous avec le seul vigneron des Aspres qui bénéficiait d’une certaine notoriété locale, Fernand Vaquer, citoyen de Tresserre. Un caractère que ce bonhomme qui refusait l’appellation, vouant un culte sans faille aux deux cépages détestés par les instances viticoles, le Carignan et le Macabeu. Par-dessus le marché, à chaque visite, il commençait par engueuler le visiteur en lui disant : « J’espère que vous n’allez pas fumer dans ma cave » ! Je n’en avais nulle intention…

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Fernand, qui a toujours bon pied bon œil, est lui-même le fils d’un autre Fernand, rugbyman bien connu d’une équipe de France des années 20. Est-ce de lui qu’il tient ce sacré caractère ? Au début des années 90, Bernard, le fils de Fernand 2, prend la relève avec sa jeune épouse, Frédérique, rencontrée sur les bancs de l’université d’œnologie de Dijon. Ils sont beaux, ont deux beaux enfants, Aude et Julien. Dix années passent et voilà qu’un jour, au moment des vendanges, Bernard est enlevé aux siens. Plutôt que de craquer, Frédérique décide de continuer seule, pour ses enfants, le travail entrepris par Bernard. Aujourd’hui, en dépit des hauts et des bas de la vie, elle continue à se battre pour que perdure le domaine et qu’il reste à ses enfants. 

Au domaine Vaquer, depuis toujours, le sieur Carignan est bien présent dans presque toutes les cuvées, excepté il est vrai dans une cuvée de pur grenache baptisée « Exigence ». Le pur carignan, quant à lui, dont plus d’un hectare a été planté en 1999, met en scène de très vieilles vignes. Baptisé « Expression », vendange éraflée, le vin n’est pas forcément vinifié tous les ans (ce fut le cas en 2001 et en 2003) et 20 % du vin est élevé en barriques. Il existe en bouteille classique, mais il est toujours mis en magnum. Ainsi, il reste dans ce format des flacons de 2004, 2005, 2006, ce dernier millésime étant également proposé en jéroboam (85 €).

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La vérité est dans le verre de ce 2004 dont il ne restait que quelques exemplaires lors de mon passage. Le vin s’ouvre de plus en plus si on lui laisse le temps de se réveiller. La robe est foncée, presque opaque. Le nez est discret, s’ouvrant avec réserve sur des notes terreuses et épicées. En bouche on sent l’épaisseur du vin, les tannins sont affinés, la fraîcheur est là appuyant la finesse des vieilles vignes. L’équilibre caractérise le vin et la longueur honorable vient signer l’ouvrage en beauté. Toutes les autres cuvées, la plupart Vin de Pays des Côtes Catalanes, du domaine sont à goûter, sans oublier le blanc de macabeu et le rosé. Frédérique assure, comme toujours.

Michel Smith

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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 12:00

Oui ! Quelques fois, je l'avoue, mon cher Carignan frise la démesure. Il peut avoir l’allure d’un monstre de vin. Massif, puissant, corsé, concentré, il peut avoir l’aspect d’un bloc. Mais même quand il atteint cette dimension, il livre quantité de secrets et trouve toujours le moyen, lorsqu’il est bien vinifié, d’afficher une élégance propre aux grands cépages. Monstre peut-être, mais un monstre avec un gant de velours. Le tandem Denis Ferrer et Bruno Ribière l’a bien compris.

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 Denis Ferrer : il a une belle descente...

Ces deux gars, de véritables poètes à mes yeux, cela se sent rien qu’en parlant avec eux, se battent quotidiennement pour rester sur leurs vignes des Aspres. Ils ont eu l’intelligence d’entretenir les vieilles vignes et ils vouent à ce cépage un amour particulier. Tandis qu’ils conduisent leur domaine en vue d’une certification, bio histoire de confirmer ce qu’ils ont toujours faits depuis qu’ils se sont associés, les deux complices commencent leur aventure carignanesque par un assemblage de vignes centenaires provenant de trois terroirs différents, l’un de graves sur sous-sol marneux, l’autre argilo-sablo-caillouteux et un troisième argilo-caillouteux, des sols typiques des Aspres, zone aux terrasses arides tournées vers la Méditerranée entre Albères et Corbères.

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Bruno Ribière : il rit dans ses bacchantes.

« Nous ne voulons pas de vins ennuyeux et c’est pourquoi nos vins sont aimés par beaucoup ou pas apprécié du tout », s’amuse Bruno, le plus bavard et le plus facétieux des deux. Il s’empresse d’ajouter : « Nous sommes des chasseurs de terroirs, ce qui explique pourquoi il nous arrive parfois d’élever 18 cuvées d’un même millésime ». Et avec 40 parcelles étalées sur un rectangle de 40 km sur 15 km, mes amis ont fort à faire. D’où l’intérêt de cette première cuvée composée pour moitié de raisins vinifiés en macération carbonique et pour l’autre de raisins égrappés et macérés plus longuement. C’est le vin facile par excellence, à condition de bien l’aérer, ami des grillades et du porte-monnaie puisqu’on l’achète à 8 € à la propriété pour un millésime 2008 assez classique, mais frais, alerte et capable d’une dizaine d’années de garde tout en étant bon dès maintenant.

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Encore plus sérieux, mais guère plus onéreux (10 €), toujours en Vin de Pays Catalan ou Vin de Pays des Côtes Catalanes, selon les étiquettes, mais peu importe, la cuvée « Empreinte du Temps » concerne les carignans « hors d’âges » d’une parcelle unique au sol argilo-caillouteux-gravelleux. À chaque millésime, nos vignerons annoncent sur l’étiquette l’âge des vignes des vignes concernées. Je défie de trouver plus vieux, certifié par un acte, bien sûr. En 2007, la vigne en question avait 130 ans ! Les choses sont ainsi faîtes que j’ai, au prime abord, trouvé le vin un peu vert, un chouya âpre (aspres…). À ce stade, il faut savoir que le sieur Carignan, non content d’être encore méprisé par les ignorants – attention, la roue tourne -, a quelques  difficultés à mûrir uniformément. Je veux dire que, même sur les grappes de vignes ancestrales, il n’est pas rare au moment de la récolte (en général plutôt tardive) de tomber sur des grappes avec beaucoup de grains noirs et un certain nombre de grains verts. Un tri rigoureux et coûteux éliminerait peut-être ce goût. Va savoir…

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Reste qu’au bout de 48 heures, le vin, qui paraissait réservé jusque-là, se montre plus aimable au palais La « rêchitude » (merci Ségolène) du début se transforme en une forme de rusticité, mélangeant fruits confits, tannins et alcool assez présent mais fort heureusement équilibré puisque conduisant à une finale chaude, certes, mais langoureuse et non brutale. Enfin, telle est mon analyse et il est sûr qu’envisagé sur un lièvre rissolé dans l’âtre, ce vin aurait un effet quasi paradisiaque, si tant est qu’un rouge, carignan de surcroît, puisse atteindre un quelconque degré d’extase. Le 2008, actuellement en vente, était tout autre : plus avenant, toujours aussi balaise, mais comme magnifié par l’acidité du cépage et la fraîcheur du millésime, ayant visiblement bien profité du soleil de fin de saison, riche d’une saveur sucrée persistante, gourmand en diable. Si on l’attend, il va s’endormir, c’est sûr.

Concurrent de l’Agly, l’Aspre, secteur méconnu entre Perpignan et l’Espagne, nous donne visiblement des vins sans pareil et je suis bigrement fier d’avoir choisi ce secteur pour mes vignes. D’ailleurs, je vais continuer à explorer.

Michel Smith

 

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11 juillet 2010 7 11 /07 /juillet /2010 12:00

Luc était accompagné ce jour-là de sa belle compagne, Christine, une brune Languedocienne pure souche. Tous deux sont passés à l’heure de l’apéritif, chose convenue entre nous, pour honorer mon invitation à déjeuner. L’idée était aussi qu’ils me présentent leurs vins. Je suppose que je vous barbe déjà en vous infligeant un morceau de ma vie sociale, mais tant pis : vous êtes allé jusque-là, donc continuez !

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Luc Charlier, commentateur de blog, Belge et Vigneron

Il faut savoir que je donne rarement de rendez-vous professionnels chez moi. Sauf si j’ai envie de discuter avec un personnage dont je sens qu’il va m’apprendre un peu de la vie, m’instruire comme on disait jadis. Que voulez-vous, je suis un ours un tantinet snob et par-dessus tout je n’aime pas perdre mon temps. Et puis Luc Charlier, qui nous fait souvent dans ce même blog l’honneur de ses commentaires percutants et éclairés - parfois un peu longuets, mais on lui pardonne car ils sont émis dans un Français toujours brillant -, méritait plus qu’un «Bonjour, comment ça va ? Allez, merci et au revoir, oui, bien sûr, je vous enverrai un commentaire de dégustation».

Luc, donc, est à l’origine un Flamand « élevé en Français », comme il dit, un temps médecin et pharmacien («toubib-vigneron», résume notre Marc Vanhellemont) puis défroqué pour la cause de Bacchus. Devenu par la suite journaliste en Belgique (In Vino Veritas) il décide, en 2005, de finir vigneron dans un improbable trou du Roussillon, au numéro onze de la rue de l’Église, sis à Corneilla-la-Rivière. Le parcours intrigue en même temps qu’il force le respect.

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Luc est attablé, les choses sérieuses vont commencer...

À vrai dire, j’avais fait les choses simplement. Foie gras de canard mis en conserve par Jean-Marc Boyer, talentueux cuisinier de Lastours (sis entre Minervois et Cabardès), chapon au Jurançon d’une fermière installée du côté de Pau chez qui j’avais couché en chambres d’hôtes et dont le nom m’échappe, une bête (le chapon, pas la fermière) que je me suis empressé d’améliorer aux girolles, carottes, pommes de terre, et d’accompagner d’une espèce de mixture au sarrasin, quinoa, oignon haché, basilic. Bref, tel était le menu, bizarre, j’en conviens, mais imposé. Pas de fromages ni de desserts. Si encore j’avais un bon fromager pour voisin, je ne dis pas, mais chez moi c’est comme ça et pas question de discuter. Les premiers puent et je ne prise guère les autres.

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Heureusement j’avais, en l’honneur du Belge, quelques grandes bouteilles. Dans l’ordre de débouchage : Gewurztraminer Furstentum 2006 de Collette Faller et ses filles, moelleux «première trie» Le Mont 1996, Côtes du Roussillon «Vieilles Vignes» 2005 de Gérard Gauby, deux cuvées «La Loute» (voir plus bas) Vin de Pays des Côtes Catalanes 2007 et 2008 de la Coume Majou (le domaine de mon invité, bouteilles livrées par ses soins), Corton Les Maréchaudes 2004 de Capitain-Gagnerot, et pour finir, Porto Noval «over forty years old». Démarré à midi, le repas s’est achevé à l’heure du thé et il restait heureusement un peu de Carignan au fond des flacons de la Coume Majou afin que je puisse les goûter et les commenter 48 heures après leur ouverture en bon journaliste vicieux que je suis.

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Précisons à ce stade que les bouteilles de Carignan sont bouchées vis ce qui devrait garantir au vin une bonne protection. Il convient de dire aussi que la cuvée est rare puisque son tirage ne dépasse guère 600 bouteilles, à condition que Luc Charlier juge que le millésime soit digne d’une mise en avant. Résultat, le vin n’est pas donné : 23,10 € la bouteille. Pourquoi les 10 centimes ? Je l’ignore. Passons. La bouteille est ornée du portrait de «Loute », affectueux surnom donné à la fille de Luc, forcément adorée puisque unique. La couleur de l’étiquette change à chaque nouvelle cuvée, ce qui revient à dire peu souvent, puisque il n’y a pas eu de cuvée en 2005, en 2006, ainsi qu’en 2009. La vigne de Carignan en question a été plantée en 1922, face à la tramontane sur des couches profondes de schistes noirs au sommet de la Coume Maujou (voir photo). Elle n’est plus traitée depuis la venue de son nouveau maître. Les raisins sont éraflés, foulés aux pieds puis pigés pendant les premiers jours de la vinification, remontages régulier et macération sous chapeau de marc pendant 25 jours (pour 2007), puis fermentation malolactique spontanée en hiver et repos sur lies fines jusqu’au printemps avant une mise en bouteilles à la fin de l’année sans collage ni filtration.

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 La parcelle plantée en 1922

Le 2007, robe d’un pourpre foncé et opaque, est prêt à boire, ample, minéral, frais, lisse, juteux. Il n’est plus à la vente. Le 2008, qui vient d’être mis en vente, se livre déjà sans encombre avec enthousiasme sur de belles envolées fruitées (guigne, cassis, mûre sauvage) et toujours cette belle sensation de fraîcheur que l’on souligne en servant le vin à température cave (13 ou 14°). Ce sont des vins joyeux et optimistes que l’on peut boire sur dix ans au moins. Parmi les nombreux plats possibles sur ce vin, Luc Charlier propose le boeuf, le kangourou et l’autruche... Moi, je veux bien, mais j’opte plus volontiers pour un canard de Challans aux cerises dans lequel je verserais un soupçon de vin blanc, j'ai bien dit "blanc" car je ne veux pas un canard noir.

Merci, Christine et Luc, pour cette belle leçon de vie ! J’attends avec impatience la suite de vos aventures vigneronnes. Et que vive le Carignan !

Michel Smith

 


 

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