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POURQUOI CE BLOG?

Ce blog est né de l'heureux hasard d'une rencontre, en 2010, au Salon des Vins de Loire d'Angers, autour d'un verre de rosé de Bourgueil - celui de Pierre Jacques Druet. Il y avait là cinq "plumitifs" du vin. Le rosé aidant, l'idée a germé de créer un espace commun.
Parce qu'à cinq, on peut aborder plus de thèmes.
Parce qu'on peut débattre.
Parce qu'on peut partager. Des coups de coeur, des coups de gueule, de l'expérience.
Et qu'est-ce que le vin sinon une boisson de partage?
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Hervé Lalau est un journaliste français écrivant pour diverses revues et sites français, belges, suisses et canadiens. Son blog "Chroniques Vineuses" lui a valu le Wine Blog Trophy en 2010.

Michel Smith, PourLeVin, est un journaliste français établi en Roussillon, travaillant pour diverses revues et guides en France. Il s'intitule lui-même "Journaliste en Vins et autres Plats de Résistance".

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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 12:00

Oui ! Quelques fois, je l'avoue, mon cher Carignan frise la démesure. Il peut avoir l’allure d’un monstre de vin. Massif, puissant, corsé, concentré, il peut avoir l’aspect d’un bloc. Mais même quand il atteint cette dimension, il livre quantité de secrets et trouve toujours le moyen, lorsqu’il est bien vinifié, d’afficher une élégance propre aux grands cépages. Monstre peut-être, mais un monstre avec un gant de velours. Le tandem Denis Ferrer et Bruno Ribière l’a bien compris.

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 Denis Ferrer : il a une belle descente...

Ces deux gars, de véritables poètes à mes yeux, cela se sent rien qu’en parlant avec eux, se battent quotidiennement pour rester sur leurs vignes des Aspres. Ils ont eu l’intelligence d’entretenir les vieilles vignes et ils vouent à ce cépage un amour particulier. Tandis qu’ils conduisent leur domaine en vue d’une certification, bio histoire de confirmer ce qu’ils ont toujours faits depuis qu’ils se sont associés, les deux complices commencent leur aventure carignanesque par un assemblage de vignes centenaires provenant de trois terroirs différents, l’un de graves sur sous-sol marneux, l’autre argilo-sablo-caillouteux et un troisième argilo-caillouteux, des sols typiques des Aspres, zone aux terrasses arides tournées vers la Méditerranée entre Albères et Corbères.

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Bruno Ribière : il rit dans ses bacchantes.

« Nous ne voulons pas de vins ennuyeux et c’est pourquoi nos vins sont aimés par beaucoup ou pas apprécié du tout », s’amuse Bruno, le plus bavard et le plus facétieux des deux. Il s’empresse d’ajouter : « Nous sommes des chasseurs de terroirs, ce qui explique pourquoi il nous arrive parfois d’élever 18 cuvées d’un même millésime ». Et avec 40 parcelles étalées sur un rectangle de 40 km sur 15 km, mes amis ont fort à faire. D’où l’intérêt de cette première cuvée composée pour moitié de raisins vinifiés en macération carbonique et pour l’autre de raisins égrappés et macérés plus longuement. C’est le vin facile par excellence, à condition de bien l’aérer, ami des grillades et du porte-monnaie puisqu’on l’achète à 8 € à la propriété pour un millésime 2008 assez classique, mais frais, alerte et capable d’une dizaine d’années de garde tout en étant bon dès maintenant.

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Encore plus sérieux, mais guère plus onéreux (10 €), toujours en Vin de Pays Catalan ou Vin de Pays des Côtes Catalanes, selon les étiquettes, mais peu importe, la cuvée « Empreinte du Temps » concerne les carignans « hors d’âges » d’une parcelle unique au sol argilo-caillouteux-gravelleux. À chaque millésime, nos vignerons annoncent sur l’étiquette l’âge des vignes des vignes concernées. Je défie de trouver plus vieux, certifié par un acte, bien sûr. En 2007, la vigne en question avait 130 ans ! Les choses sont ainsi faîtes que j’ai, au prime abord, trouvé le vin un peu vert, un chouya âpre (aspres…). À ce stade, il faut savoir que le sieur Carignan, non content d’être encore méprisé par les ignorants – attention, la roue tourne -, a quelques  difficultés à mûrir uniformément. Je veux dire que, même sur les grappes de vignes ancestrales, il n’est pas rare au moment de la récolte (en général plutôt tardive) de tomber sur des grappes avec beaucoup de grains noirs et un certain nombre de grains verts. Un tri rigoureux et coûteux éliminerait peut-être ce goût. Va savoir…

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Reste qu’au bout de 48 heures, le vin, qui paraissait réservé jusque-là, se montre plus aimable au palais La « rêchitude » (merci Ségolène) du début se transforme en une forme de rusticité, mélangeant fruits confits, tannins et alcool assez présent mais fort heureusement équilibré puisque conduisant à une finale chaude, certes, mais langoureuse et non brutale. Enfin, telle est mon analyse et il est sûr qu’envisagé sur un lièvre rissolé dans l’âtre, ce vin aurait un effet quasi paradisiaque, si tant est qu’un rouge, carignan de surcroît, puisse atteindre un quelconque degré d’extase. Le 2008, actuellement en vente, était tout autre : plus avenant, toujours aussi balaise, mais comme magnifié par l’acidité du cépage et la fraîcheur du millésime, ayant visiblement bien profité du soleil de fin de saison, riche d’une saveur sucrée persistante, gourmand en diable. Si on l’attend, il va s’endormir, c’est sûr.

Concurrent de l’Agly, l’Aspre, secteur méconnu entre Perpignan et l’Espagne, nous donne visiblement des vins sans pareil et je suis bigrement fier d’avoir choisi ce secteur pour mes vignes. D’ailleurs, je vais continuer à explorer.

Michel Smith

 

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commentaires

Luc Charlier 18/07/2010 13:22


Corrections :

1).... fier de tirer d’elles quelque chose de bon, ....
2)..... sont TOUS vins d’auteur et non vins de terroir ...

Pour quelques « S » en plus ou en moins.


Luc Charlier 18/07/2010 13:15


Avertissement : cette chronique est à prendre avec un peu d’humour et contient une part de provocation. Elle pourra énerver les indigènes à sang chaud.

Aïe, aïe, aïe : il dit tout et bien, le Michel, puis il nous lance une contre-vérité !

Bruno Ribière, tout d’abord. Vous connaissez son histoire ? Il travaillait – oui, oui, certains ronds de cuir le font, peut-être même plus souvent qu’on ne le pense ! – au CIVR (Conseil
Interprofessionnel des Vins du Roussillon) dans les années ’90. Un midi, il est parti prendre le lunch (ce qui dure normalement 3 heures dans ce genre de structure ... avec des clients, bien sûr).
Il n’a jamais regagné son bureau, dit la légende. Ce qui est sûr, c’est que sa décision de s’associer avec Denis Ferrer fut inébranlable. Et combien justifiée. Je connais moins bien Denis, mais ils
sont complices et complémentaires. Tout - ou presque – est bon chez eux. Bruno vinifie un carignan très intéressant ; il faut dire que la vigne est vieille, avantage indéniable pour ce cultivar.
Mais il m’a dit un jour, alors qu’il vendangeait de très jeunes syrahs, être beaucoup plus fier de tirer d’elles quelques chose de bon, car c’est plus difficile. Un grand bon point pour le bonhomme
! Dernière anecdote : l’Empreinte du Temps existe en grenache gris en 2001, si je ne m’abuse. Ce vin est subtil, puissant et baroque à la fois ... mais une bouteille sur trois est bouchonnée. Le
vigneron le sait, les restaurateurs le savent et c’est la faute à personne. Je suis sûr que Bruno a acheté d’excellents bouchons, je suis sûr qu’il les a payés cher, je suis sûr qu’il les a
contrôlés; et pourtant. Vous comprenez pourquoi j’ai opté pour des capsules à vis, même si la clientèle de l’hexagone réchigne encore un peu. En même temps, vous avez été une majorité à voter pour
le gnôme, et pour son programme, car il l’applique avec opiniâtreté. Vous avez donc gagné Bachelot, et Woerth, et Hortefeux, et Kouchner (pire que les autres, car parjure et traître à
Danny-le-Rouge et à Serge July, ses copains d’alors). Aiment pas trop le progrès, les Franceuzes !

L’Aspre (les Aspres ?) ensuite. Il ne s’agit pas d’un concurrent de l’Agly, mais alors pas du tout, même si l’argent disponible dans les P.O., et le CIVR, et l’Indépendant, et France Bleu
Roussillon, et le Conseil Général ont tendance à accréditer cette idée. Vous voyez, là je me mets tout le monde à dos en une fois !
Il s’agit d’autre chose. Il existe de très bons vins dans l’Aspre (j’ai goûté ta bouteille hier, Michel) : ils sont TOUS vins d’auteur et non vin de terroir. Quelques exemples parmi mes préférés:
Ferrer-Ribière (plein de cuvées), Jacques Mossé (son muscat sec, son carignan), la coopérative de Terrats (Pierres Plates) et certains des vins produits in illo tempore par l’excellent Thierry
Cazach quand il officiait à Trouillas ... Et puis, on a une multitude de vins bien vinifiés, propres, formatés, ... « boring ».
L’Aspre, c’est tout juste trop sec que pour faire du blé (alors que ce serait très fertile sinon). D’ailleurs, certains y encaissent les aides céréalières de la PAC, sans jamais avoir de récolte
digne de ce nom.
L’Aspre, par contre, cela devrait faire de grands VDN en appellation Rivesaltes ou muscat de Rivesaltes (un comble, vu la distance jusqu’à la bourgade éponyme). D’ailleurs, regardez les monstres
(connotation admirative) du Domaine Puig-Parahy à Passa, splendides !
L’Aspre, c’est plat comme la main ; l’Aspre, c’est sablo-limono-argileux ; l’Aspre, ça se réchauffe vite.
Alors, pour qu’on ne vienne pas saler mes vignes, sucrer le gasoil de mon chenillard, arracher mon C. sativa, lancer toutes les ACCA à mes trousses : tu as raison de continuer à prospecter par là,
Michel. Les gens comme toi et tes comparses, et comme Bruno, feront toujours des bons vins pour peu qu’on leur donne de bons raisins. Et moi, j’aurai toujours plaisir à les boire. Je ne suis pas un
« anti-Aspre », je suis simplement un amoureux inconditionnel de l’Agly. Jamais l’USAP ne battra les All Blacks (et hop, encore 6.000 détracteurs de plus).

Et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté.


les5duvin 18/07/2010 16:14



Merci, cher Luc, de compléter si utilement ma chronique qui était déjà bien longue à mon goût. je ne vais pas lancer ici un débat sur la concurrence
Aspre/Agly qui n'existe d'ailleurs pas vraiment autrement que dans le crâne de quelques journalistes en mal de guérilla viticole. Mais de là à dire que l'Aspre n'a pas de terroir... Bon, je ne
vais pas rentrer dans un gué-guerre inutile par les temps qui courent, mais le secteur est loin d'être plat comme un crêpe : il y a des ravins, des terrasses de diverses hauteurs et expositions,
quelques belles croupes et des pieds ou entames de coteaux amorçant les Aspres, justement, montagnettes disposées en amphithéâtre que je ne te ferai pas l'affront de décrire. Il y a même un route
de crêtes fort belle qui rejoint Céret, route où dans certains villages, on fait sécher les cèpes en fin d'été sur les murets ou les rebords de fenêtres. Il y a autant de vins chiants dans les
coopératives des Aspres que dans celles de l'Agly, mais les noms que tu as cité - et j'en ai d'autres en réserve... - sont pour beaucoup synonymes de longévité et de régularité. J'aime aussi
l'Agly, mais j'ai toujours un faible pour les sans grades. Enfin, peu importe si on ne bat pas les All Blacks. Ca, c'est le boulot de l'équipe de France. Paix sur l'Agly, l'Aspre, les
Fenouillèdes, la Salanque et cie.


MS