Chaque première fin de semaine de février, le Vin Jaune attire la liesse populaire. Un curieux rendez-vous, nommée la Percée du Vin Jaune, rassemble quelque 50.000 personnes. Elles viennent fêter la naissance d’un millésime déjà vieux... de 7 ans.
Cette année, la ville de Poligny, capitale d’une autre vedette du Jura, le Comté, en était l’hôte.
Effet de foule à Poligny Le Vin Jaune et son clavelinage Ce vin particulier qui s’élève au minimum 6 ans et 3 mois en barrique sous un voile de levure possède son propre concours agréé par l’OIV. Une dizaine de jurys dégustent à l’aveugle le samedi matin de la Percée entre 6 et 8 clavelins (le flacon de 62 cl réservé au Jaune). Sont choisis, ceux qui offrent les meilleures caractéristiques, sans dépasser le quota d’1/3, en conformité avec le règlement de l’organisme. Ce clavelinage n’est pas obligatoire, mais le prestige du Vin Jaune claveliné rejaillit sur la gamme entière du vigneron récompensé !
La session 2010 a primé des Jaune des 4 appellations, Château Chalon, Arbois, L’Étoile et Côtes du Jura, dans les millésimes 2003, 2002 et 1999.
Liste complète : www.percee-du-vin-jaune.com/clavelinage Un coup de cœur parmi les lauréats Parmi l'aréopage de la vingtaine de Jaunes clavelinés, voici celui de Daniel Dugois, des Arsures, un petit village au nord d’Arbois.
Le Jaune de Daniel Dugois
Vin Jaune Arbois 2003 Domaine Dugois La robe jaune dorée éclatante avec de jolis reflets cuivrés témoins d’un été des plus ensoleillés.
Au nez, le confit des fruits exhale ses parfums de gelée de coing et de poire, la note grillée des noix et des amandes effilées augmente l’impression de torréfaction.
On pourrait croire la bouche chaude et sèche, le contraire s’opère. Une fraîcheur inattendue jaillit dès la première gorgée, elle sinue au travers de l’opulence voluptueuse de ce Jaune 2003.
Année de la canicule ! Qui a vu les Savagnin de celui-ci se cueillir le 12 août, soit avec un bon mois d’avance. Toutefois, si la chaleur a accéléré la maturité et dopé les sucres, elle a aussi concentré l’acidité. Un équilibre particulier en est né. Ample et volumineux, les Jaune 2003 équilibrent leur caractère capiteux grâce à une vivacité bien installée.
Essayez-le avec le sempiternel Comté, ça marche presque toujours, choisissez un 24 mois, ça sera plus opulent. Quoiqu’un Roquefort (de chez Carles ou Vieux Berger), certes plus inattendu, apporterait un meilleur équilibre. Puis, le Jaune, ça fonctionne avec des tas d’autres choses, on y reviendra.
Pierrot, à ta santé! J’oubliais !
Chaque Percée a son parrain. En ce beau début de février, Pierre Perret est venu troquer son zizipouëtpouët contre un hanap de Jaune. Il n’a pas perdu au change et nous non plus. Fidèle à son image, du moins celle qu’on a de lui, il s’est montré bon vivant et semblant apprécier au plus haut point l’étrange breuvage. L’assemblée au grand complet peut en jurer, le Jaune, il l’a bu et s’en est délecté ! Du coup les édiles présents ont suivi son exemple. C’est bien, quand un politique ose brandir son verre face à la foule et faire plus qu’y tremper ses lèvres. Il est vrai que le contraire eut déclenché l’ire populaire, avec lynchage à la clé. Ou il y aurait-il un vrai changement d’attitude face au bachique liquide ?
Venez-y tous l’an prochain, ce sera en Arbois.