Cinq passionnés du breuvage de Bacchus parlent du vin sous toutes ses facettes.
Samedi dernier, j’étais à Gigondas, donc, pas de blanc sec puisque lors de la création de son appellation, l’aréopage assemblé n’a pas estimé utile d’en élaborer, alors que du côté de Romane, dans les terres élevées et marneuses…
Bon bref, parlons des rouges 2009, dégustés en primeur, une cinquantaine, histoire de se faire une bonne idée du millésime. Je ne sortirai aucune bouteille, aucun domaine, le but, du moins le mien, est d’avoir un instantané sur la qualité générale de l’appellation.
Allez, on commence...
Impression d'ensemble
2009 est un millésime relativement homogène avec de très belles réussites. Celles-ci offrent un vin gourmand, du moins aujourd’hui. De la fraîcheur et des tanins bien présents mais de grande finesse. Un bon équilibre malgré les degrés assez hauts, la matière apporte sa balance. Voilà pour les plus construits, une fin d’élevage les arrondira. Quelques autres, plus légers, plus aériens, donnent un plaisir plus immédiat. Je ne parlerai pas des troisièmes couteaux.
Les couleurs sont foncées, les acidités agréables, même quand elles sont légèrement rectifiées, les tanins serrés, les matières denses, les vins semblent combiner le caractère terrien des 2005 avec la gourmandise des 2007 sans la sucrosité de ces derniers.
Y avait pas que ça
Il y a eu aussi la rencontre avec un Australien aficionado du Solex et maladroit avec ça. Ce Lincoln Siliakus nous a renversé tout une bouteille qui ne lui avait rien fait. Une maladresse bien sympathique, allez voir son blog, il y a la preuve de son forfait:
http://terredevins.com/blogs/vinosolex
Le solex marche au rouge qui tache
Z’après
Il y avait aussi des ateliers, le genre de truc qu’on aime, surtout quand c’est Georges qui nous déballe toute la géologie de l’endroit: la formation des Dentelles comme si on y était, depuis avant les dinosaures jusqu’après la première arrivée du Tour de France en passant par la Méditerranée qui, un temps, encercla les Alpes, ça vous intrigue, renseignez-vous. Georges, c’est Georges Truc, géologue de son état ou mieux, oenogéologue. Explication des sols illustrée par un vin selon chaque terroir, tout est prévu et bien étudié.
Pour la soif, une verticale commentée par un sommelier américain, de retour de Las Vegas, Kelly McAuliffe, avec quelques beaux restes - pas lui, les vins: Domaine de la Gardette 1996, encore très frais et bien plus que la peau sur les os comme beaucoup de 96; Haut de Montmirail 1990, plein d’épices, de cacao et de cuir et de thé, avec une longueur suave; Domaine des Tourelles 1988, à l’odeur d’encens et au goût prononcé de garrigue; plus proche, Clos du Joncuas 1998, un vin à la dynamique qui nous apporte de la vie en bouche.
Et pour finir, un atelier truffe, on ne se refuse rien.
Tout ça, c'était aux Auspices du Gigondas, manifestation un moment délaissée remise au goût du jour par les jeunes vignerons de l’appellation. Réservée aux "pro", soit les prothésistes, les Prosper youpla boum, les proctologues, les procéduriers (ça, il y en beaucoup), les profiteurs (il y en a encore plus), et aussi les provocateurs, mais pas les prohibitionnistes. Moi, j’y étais comme pro... duit belge importé.
Bye!
Marc Vanhellemont