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Cinq passionnés du breuvage de Bacchus parlent du vin sous toutes ses facettes.

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Le Gros Plant vu par Jean Rouaud prix Goncourt 1990

1371990-1813105.jpg«Je viens d’une région où les hommes claquent la langue d’un air approbateur en avalant une sorte de vitriol vert et acide. Or personne ne peut prétendre honnêtement que le Gros Plant est un bon vin. Je viens d’un pays où les fidèles allaient chercher des chaises dans les cafés pour s’installer au fond de la nef, le dimanche à la grand-messe, où toutes les places  étaient prises.  Je viens d’une famille de buveurs d’eau. Même si j’ai découvert bien plus tard une carte de la croix d’or où mon père s’engageait à ne plus boire d’alcool. Il n’eut pas longtemps à tenir parole. Il est mort.»

Jean Rouaud est né en Loire-Inférieure quatre années après moi. C’est donc un voisin du Nord qui, comme moi, a fait ses études secondaires dans une boîte catho et a fréquenté le campus de la Jonelière après mai 68 dans une Fac de Lettres que j’ai connu comme un haut lieu du graffiti et de la fornication. Ensuite, petits boulots, pompiste, vendeur d’encyclopédies médicales, puis en 1978 il travaille à Presse-Océan l’ex-Résistance de l’Ouest. Il part ensuite à Paris où il bosse dans une librairie puis comme kiosquier. En 1988, il rencontre Jérôme Lindon des Éditions de Minuit et son premier roman Les Champs d'honneur publié en 1990 aux Éditions de Minuit obtient le prix Goncourt.

Son jugement sur le Gros Plant de sa jeunesse peut paraître dur mais il reflète pourtant la réalité des chopines et des fillettes que «l’on baisait»* dans les cafés après la foire ou la messe en tapant le carton d’une belotte ou d’une aluette (lire: Un vrai jeu de bandits http://www.berthomeau.com/article-5185569.html . C’est donc sur ce terreau que La Croix d’or prospérait et que nos amis prohibitionnistes, avec l’appui des femmes recrutaient leurs troupes (cf. chronique http://www.berthomeau.com/article-534935.html  )

* «baiser une fillette» étant l’expression consacrée dans ma Vendée confite de bondieuseries.

Tout ça c’est du passé, et le Gros Plant dont le terroir s’étend sur l’ensemble du vignoble nantais d’Ancenis à Pornic, sur 92 communes et 1400 ha, a fait, comme aiment à le déclarer les présidents face au sous-préfet, « beaucoup de progrès. Son cépage, la folle blanche, s’est raciné au 16ième siècle et c’est l’allure épaisse de son cep qui est à l’origine du nom de l’appellation Gros Plant.

Comme ici je travaille dans une coopérative, même si je suis en cave particulière sur www.berthomeau.com, je sollicite mes collègues qui eux sont «des longs becs et des gorges profondes» patentés de bien vouloir défendre la réputation du « Gros Plant » bafoué par des fils du pays. Allez Jim qu’est 100% Val de Loire, Michel qu’est un fan du Salon des Vins d’Angers, Hervé et Marc habitants d’un pays saucissonné en communautés linguistiques que j’ai rencontré pour la première fois à Angers, à vos claviers. Merci de rajouter depuis notre plate-forme logistique commune le Gros Plant de vos amours. Merci à vous !   

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J
<br /> Cher Luc<br /> <br /> Depuis longtemps j'ai pense que il faut faire une dégusation comparative avec des huîtres de Bouzigues et quelques flacons de Picpoul de Pinet et des huîtres de l'Atlantique et aussi des flacons de<br /> Gros Plant. Bien sûr avec mon perruche – modération!<br /> <br /> Cordialement<br /> <br /> Jim<br /> <br /> <br />
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L
<br /> Dear Jim,<br /> <br /> Although I alluded with emphasis to oisters originating from hot and rather salty water (from the Mediterranean), your opinion concerns probably atlantic oisters - I think they are better. Yet you<br /> share my view. So, let's save private Gros Plant, and let's have a piss up!<br /> <br /> <br />
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J
<br /> Oui il faut sauver le gros plant – rien mieux avec les huîtres au nature.<br /> <br /> <br />
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L
<br /> Défunt, le Gros Plant ?<br /> Halte-là. Demandez à Martine Lafitte (Domaine de Boingnères à La Frèche, en Armagnac) si elle veut autre chose que cette chère folle blanche pour ses sols d’argile siliceuse (socle de sable et de<br /> boulbènes). Toutes les foudres (au féminin, pour les incultes) de feu son papa tomberont du ciel sur vos têtes indécentes et impies ! Et plus jamais elle n’ouvrira ses foudres (au masculin cette<br /> fois) à vos papilles. Or, que je sache, les phytogénéticiens ont montré<br /> 99,9999 % de similitude génomique entre ces deux cultivars : c’est donc le même raisin !<br /> En outre, sur une huitre d’eau chaude et salée (mes voisines de l’étang de Crau ou de Leucate, par exemple, même si leurs naissains sont arcachonnais), quoi de meilleur qu’un gros plant bien acide,<br /> surtout si l’on n’a pas de sylvaner tout craquant ou d’elbling ... tout dilué pour se rincer le gosier ?<br /> J’arrête ici, car je sens remonter le vieux prof. à la retraite et ses péroraisons : vive le gros, vive la folle !<br /> <br /> <br />
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M
<br /> Puisque mon ami Jacques s’apprête à enfourcher un nouveau canasson de bataille, celui de la défense et de l’illustration du presque défunt Gros Plant, j’apporte bien volontiers de l’eau à son<br /> moulin… ou plutôt de l’avoine à son cheval.<br /> J’ajoute d’emblée que, s’il existe une appellation Gros Plant, c’est que les vignerons du coin le méritent quand même un peu. Je sais, c’est vieux jeu que de parler ainsi. Mais s’il n’y a pas de<br /> grands vins sous ce nom, cela ne veut rien dire puisque, en cherchant bien, on en trouve quand même d’excellents.<br /> Voici texto ce que j’écrivais, il y a 4 ans, dans l’une de mes publications (un hors série vins) dans le magazine Cuisine & Vins de France :<br /> <br /> -Gros Plant 2004, 2,50 € 16/20<br /> Dans le registre du bon rapport qualité-prix, on avait presque oublié l’existence de ce V.D.Q.S. parent pauvre des vins de Nantes. L’oubli est réparé avec ce blanc de folle blanche ferme, dense,<br /> droit et vif, parfait pour les parties de campagne avec huîtres et charcuteries. Jeune vigneron, Christian Jaulin est aussi l’auteur d’un superbe Côtes de Granlieu 2002. Profondeur, minéralité,<br /> clarté, amplitude, il ne coûte que 5 € !<br /> -Domaine du Grand Poirier, 44310 Limouzinière. Tél. 02 40 05 94 47.<br /> <br /> Vous vous rendez compte ? Le Gros Plant d’alors ne valait que 2,50 € ! Et il était sacrément bon ! Christian Jaulin, dont j’ai gardé le souvenir d’un gars vaillant et sympathique, a désormais son<br /> site : www.christian-jaulin.com<br /> Et son gros plant 2008 est commercialisé à 3 € le flacon par carton de 6 ! Je vous engage tous à vous précipiter !<br /> Merci Jacques de continuer à t’intéresser aux sans grades proches de tes racines.<br /> <br /> <br />
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