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Cinq passionnés du breuvage de Bacchus parlent du vin sous toutes ses facettes.

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Carignan Story, Episode numéro 4

De temps en temps sur ce blog, Michel Smith nous présente une facette du carignan, cépage sudiste jadis honni mais dont on retrouve peu à peu tout le potentiel caché grâce à des vignerons de talent…


Le doux Carignan de Berlou

Je connais un Carignan génial qui pour une fois n’est pas planté sur argilo-calcaire, le type de sol où il se complait d’habitude dans le Midi et où il est fréquent de le rencontrer. Ce Carignan-là, on le trouve sur les coteaux de schistes, à l’ombre du Massif du Caroux, au nord de Béziers et plus précisément dans un village cul-de-sac nommé Berlou, à moins de 10 km de Saint-Chinian responsable du nom de l’appellation locale.

Ici, la garrigue est reine et c’est précisément dans ce maquis que la vigne tente de se frayer un chemin depuis plusieurs générations grâce au labeur des paysans. Parmi les aventuriers vignerons ayant posé leur sac dans ces coins reculés du Languedoc, Jean-Marie Imbert est une figure héroïque. Grand, pour ne pas dire immense, massif, la voix caverneuse et l’accent rocailleux teinté de provençal, le jeu de mots subtil et jovial à portée de langage, aussi allumé qu’illuminé, le bonhomme a débarqué de son Ventoux natal en 1996. Sa devise le résume bien : «Croqueur de plaisir plus que buveur de temps».


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Jean-Marie collectionne les outils et les vélos

Le Domaine Rimbert couvre aujourd’hui près de 30 ha partagés en une quarantaine de parcelles ici appelées « travers ». Une grande diversité s’offre au vigneron qui peut ainsi s’en donner à cœur joie en vinifiant plusieurs cuvées «Typées», cuvées dans lesquelles le vieux Carignan a son mot à dire. La grande fierté de Jean-Marie Imbert est de revendiquer haut et fort son estime pour le cépage qui nous vaut cette chronique à épisodes. Il lui consacre deux cuvées issues de raisins bien mûrs qu’il égrappe (ou pas) et qui fermente dans ses propres levures avant de le laisser macérer en cuve sans oublier de le piger.

 Carignasse-4-2.jpg

Ses vins sont toujours sur la finesse, un rien charmeurs. Que ce soit dans la version «Carignator» ou «Le Chant de Marjolaine», qu’il appelle aussi volontiers «Carignatora» car plus tendre que le premier. Les deux n’ont pas d’autre appellation que  celle de Vin de Table et cette mention leur va comme un gant. Personnellement, j’avoue un faible pour le «Carignator», un vin aussi sombre que costaud, généralement construit sur plusieurs vendanges à partir du fruit des plus vieilles vignes en partie fermenté en fûts puis élevé en barriques.  Pour en savoir plus, allez sur www.domainerimbert.com

J’ai goûté le «Carignator 3», hélas dans le désordre qui marquait la fin de Vinisud, ce qui fait que je n’étais pas assez concentré pour noter dignement ce vin. Mais je me rappelle à la fois de sa fermeté, de son bel équilibre et de sa finale langoureuse. «El Carignator II», son prédécesseur, était de la même trempe, marqué par un velouté de bon aloi et teinté d’une sacrée minéralité.


Carignasse-4-3.jpgCarignator

Ce sont des vins élégants, que l’on réserve aux grandes occasions, qui font merveille sur des plats de gibier; ils étonnent plus d’un amateur si l’on prend la peine de le servir anonymement dans une carafe sans annoncer ni le cépage ni sa provenance. Content de mon piège, je l’ai ainsi fait goûter à un anti -carignanasse primaire qui en est resté sur le cul !


Michel Smith

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