Les accords des fromages et des vins en sont un exemple pertinent !
Il y a encore peu, les combinaisons proposées déclinaient les vins rouges. Ceux-ci, bien puissants, puisque la logique les plaçait à la fin du repas, fonctionnaient parfois sur l’une ou l’autre pâte cuite, sur une croûte lavée, mais se ramassaient un râteau avec les bleus, les chèvres affinés, voire les croûtes fleuries. Les mariages ressemblaient plus à « l’auberge des culs tournés » qu’à une noce prometteuse. Aujourd’hui, dix ans se sont passés, il est de bon ton de proposer du blanc. On en est là, guère plus loin; vous évoquez les bulles, les rosés, les sucrés... «
Ah bon, vous croyez?» vous rétorque-t--on d’un air dubitatif.
Il n’y a rien à croire, il faut essayer… C’est le goût, l’affinité de chacun qui prévaut !
Essayons en exemple une double formule Comté
Accord jeune et spontané Comté fruité et Champagne Cuvée D Veuve Devaux
Le Comté Pâte ivoire. Texture élastique à grains fins. Odeur de lait bouilli avec un trait de chicorée. Moelleux en bouche avec des nuances épicées qui évoluent rapidement vers les gelées de fruits blancs, pomme et poire, relevées de curcuma.
Comté de 7 mois affiné à Poligny en cave chaude.
Le Champagne Robe mordorée. Nez torréfié et grillé qui mélange les agrumes confits aux fleurs blanches et au miel de genêt. La bouche évolue tout de go vers des marmelades aux trois agrumes, les belles amertumes s’adoucissent de fruits secs, abricot et mangue, puis encore d’amande et de noisette.
Assemblage : 60% Pinot Noir, 40% Chardonnay. Vins de réserve : 30% vieillis en foudre de chêne. Vieillissement de 36 mois sur lattes. Dosage : 8g/l
L’accord Il se passe d’entrée sur les fruits secs, le vin développe l’amande et la noix du Comté encore jeune, c’est comme s’il lui donnait quelques mois de plus, une maturité précoce pour qu’ensemble ils puissent se correspondre et converser accompagnés des gelées de fruits et des miels de chacun.
Accord en douceur… Comté 18 mois et Porto Niepoort 10 ans
Les 18 mois d’affinage donnent au Comté une complexité gustative remarquable. Il est à l’intermédiaire de ses possibilités aromatiques. Plus jeune, il offre ses parfums fruités. Plus vieux, il devient plus fort au goût, voire un rien piquant. À la fin de son adolescence, il plaît à la majeure partie des consommateurs avec son reliquat fruité et l’apparition de la torréfaction, des épices.
Le Comté Couleur ivoire moyen. Texture élastique à grains fins, apparition des cristaux. Odeur de lait bouilli au poireau, d’oignons grillés, avec les notes sucrées du caramel et de la vanille, d’abricot et de gelée de poire. Le poireau et l’oignon se retrouvent en bouche, avec la vanille et l’amertume légère de la réglisse, un ensemble curieux et très nerveux, adouci par les fruits.
Le Porto Ambre brun. Nez de caramel brûlé, de réglisse, de poivre noir, de cerise confite, d’orange amère, de quinquina. Bouche au sucre croquant, au caractère capiteux qui offre des cafés caramélisés et vanillés. La douceur ambiante se rafraîchit sur la longueur grâce à la volatilité alcoolique.
Les « 10 ans » correspondent à l’assemblage de différentes années dont la moyenne équivaut à 10 ans. L’élevage long en barriques de chêne usagées d’une capacité de 550 l décolore le vin. Il reste 103 g/l de sucre pour un titre alcoolique de 20°. Les vignes dont est issu le vin atteignent 60 ans.
L’accord Accord très précis, très pointu, dans lequel les quantités jouent un rôle important, il faut plus de fromage que de vin pour bien en apprécier l’alliage. Viennent alors spontanément la garrigue chaude de soleil, les herbes sèches, les épices, le café, l’iode. Le Porto déshabille le Comté, lui enlève tout son galbe, son embonpoint, et met en évidence sa richesse aromatique. En échange, le fromage absorbe le sucre et l’alcool et redessine les contours parfumé du lusitanien.