Cinq passionnés du breuvage de Bacchus parlent du vin sous toutes ses facettes.
Premier jour de dégustation au Concours des Citadelles du vin, à Bourg en Gironde. Ambiance sympa, les dégustateurs sont en majorité des oenologues, mais du genre ouvert, en tout cas à ma table. Marc serait content, lui qui nous racontait vendredi ses déboires à Baux. Notez que cette fois-ci, c'est moi le président de table...
J'aime assez la philosophie générale du concours qui cherche à primer des vins qui donnent du plaisir au consommateur. C'est assez subjectif, évidemment, mais bon, mettre ainsi le consommateur final au centre des préoccupations est pour le moins intéressant.
Que retenir de notre première session?
Une série de rouges du Languedoc, assez disparates, du plus fruité au plus austère. Pas mal de 2007. Et puis, ensuite, une série de rouges grecs d'une belle homogénéité. Malheureusement, pas dans la qualité. Boisés redoutables (vieux foudres?), acidités mal fondues, quelques vins vraiment terribles. Plus intéressants, à mes yeux étaient les écarts entre les dégustateurs. Sur un même vin, certains notent "bel équilibre", et d'autres "déséquilibré". Les notes moyennes vont de "très bon" à "satisfaisant" (ce qui, en langage OIV, veut dire "médiocre").
Je précise que nous ne connaissons pas la provenance des vins avant de les déguster, ce n'est qu'après qu'on nous la donne.
La morale de l'histoire? Heureusement qu'on est 5 à la table, l'unité de compte n'est pas le dégustateur, c'est la table dans son ensemble.
J'aimerais parfois pouvoir rediscuter de tel ou tel vin quand une note le plombe et que les 4 autres s'accordent sur sa valeur, mais le système ne le permet pas, le temps que je reçoive les fiches, on est déjà passé à un autre vin.
Voila, en quelques mots, le vécu d'un président de jury. Ce n'est pas Cannes, ici, nos stars sont anonymes. Je veux parler des vins, dont nous ne connaîtrons jamais l'identité, mais aussi des dégustateurs.
Pas de Parker, pas de Bettane, pas de Johnson, pas de Jancis à ma table, ni même aux autres, mais des praticiens du vin blanchis sous le harnais, et quelques journaleux comme moi qui font de leur mieux pour comprendre les vins et leur donner leur chance.
Bien sûr, on posera la question de la sélection de vins - il n'y en a pas, c'est le producteur qui décide de s'inscrire ou pas, ou encore celle de la sélection des dégustateurs.
Mais vu qu'ils acceptent des gens comme moi...
A plus...
Hervé Lalau