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Cinq passionnés du breuvage de Bacchus parlent du vin sous toutes ses facettes.

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Carignan Story n°19, Côté Pinède, les centenaires des Ollieux

C’est un lieu magique, un des premiers qui m’ait interpellé alors que dans les années 80 je découvrais, émerveillé, ensorcelé même, le massif des Corbières. Je sais, on va encore dire que j’exagère. Mais je vous jure que c’est vrai: je suis tombé en arrêt devant cette haute pinède (la Pinada) aujourd’hui considérée comme le fleuron du cru Boutenac, qui domine deux domaines viticoles réputés et réunis depuis peu, les Ollieux tout court et les Ollieux Romanis, les deux châteaux se regardant presque en chiens de faïence forcés qu’ils étaient de partager la même cour, le terroir et la grandeur du site. La colline des Ollieux tient son nom de la forte présence d’oliviers au temps jadis. Beaucoup furent décimés lors du grand gel ravageur de 1956, hormis quelques magnifiques spécimens que l’on contemple tel des reliques. L’olivier figure sur l’étiquette des Ollieux Romanis où il s’emble jaillir d’une couronne dorée.

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J’ai toujours aimé venir aux Ollieux où Jacqueline Bories, en maîtresse femme, avait compris très tôt l’importance du terroir qu’elle avait racheté à sa marraine avec l’aide de son mari, François, notaire du côté de Béziers. Pour ses vignes, elle avait abandonné son métier de médecin et était retournée à l’école telle une jeune viticultrice. Par dessus tout, elle avait compris l’apport qualitatif que ses vieilles vignes apportaient dans l’édification du vin. Aujourd’hui, c’est son fils, Pierre, qui a pris le relais, aidé de ses sœurs, Aude et Florence. Lui se destinait à la haute finance et, comme sa maman, il a tout plaqué pour se consacrer corps et âme au Château Ollieux Romanis. Heureux jeune homme qui a compris qu’un grand Corbières sans carignan ne saurait être digne de l’appellation. Futé, il a même été un des premiers à en replanter plus de 5 hectares au début des années 2000.

 

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Avant cette plantation, le brave carignan, qui occupait presque le tiers de la superficie du domaine – 20 ha sur 56 ha –, pouvait être considéré comme « extra vieux » puisque les plus jeunes avait 50 ans et les plus vieux au-delà de 115 ans ! Le vieux carignan occupe une place de choix dans la cuvée « Prestige » en Corbières, par exemple, mais Pierre a choisi de continuer l’œuvre de sa mère en offrant aux fans des Ollieux et en série limitée (entre 4 à 5.000 bouteilles, entre 15 et 20 €) deux cuvées spéciales en Vin de Pays de l’Aude : l’une Carignan, l’autre issue d’un très vieille vigne d’Alicante. Même si l’Alicante donne un vin rare représentatif d’une époque révolue, c’est le Carignan qui retient l’attention.

 

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Il est vinifié classiquement dans une cave pur jus début du siècle dernier qu’il faut demander à visiter. Robe pourpre bien soutenue, élégance au nez avec des effluves sauvages et boisés qui évoquent la garrigue, grande finesse en dépit d’un bel équilibre, un peu sec, peut-être, mais aussi plein de sève et de matière. Équilibré, frais et minéral en bouche, c’est un vin qu’il convient de boire frais. Je sais, je me répète, mais c’est bigrement important pour saisir toute la minéralité du vin. Pour d’autres détails, aller sur www.chateaulesollieux.com

 Michel Smith

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