Cinq passionnés du breuvage de Bacchus parlent du vin sous toutes ses facettes.
Plusieurs choses frappent au premier coup d’oeil. Le Vin de Pays du Mont Baudille d’abord, qui me rappelle un autre carignanophile du nom de Fadat. L’étiquette «MA» qui, même si le graphisme n’a aucune similitude, évoque le Mas Amiel. Et pourtant, tout est bien différent dans la présentation de cette bouteille: l’étiquette d’un rose satiné, la forme bourguignonne du flacon, le petit mot doux que laisse Amélie sur la contre étiquette et qu’il faut prendre le temps de lire… Une histoire simple, comme je les aime, à mille lieues de ces revendications «nature» lancées à tort et à travers, un vin qui se présente tel qu’il est, «Vieux Carignan», point.
Je ne connais pas Amélie, 31 ans, qui travaille dans le monde du vin, côté marketing, mais j’aimerais bien la rencontrer. Qui sait? Peut-être lors d’une prochaine virée à la Terrasse du Mimosa, à Montpeyroux ? C’est là que l’on m’a confié cette bouteille que je goûte aujourd’hui.
«Amile» et non Amélie, telle fut la destinée de cette enfant qui vint au monde alors que son Papi Paul espérait un garçon. Ce dernier fut comblé un an plus tard, lorsque naquit Sébastien.
Aujourd’hui, Amélie est revenue dans les vignes du village d’à côté, à Lagamas. À cause d’un coup de foudre pour un vieux carignan qu’elle a sauvé avec l’aide de son frère, lequel travaille de son côté chez Alain Chabanon, un vigneron de fort belle réputation installé à Lagamas. Depuis deux millésimes, Sébastien et Amélie vinifient dans le garage de Papi Paul, un complice de toujours qui ne néglige aucun conseil. Tel un vieil olivier robuste sur lequel on s’appuie volontiers.
De cette parcelle de moins d’un hectare, de cette complicité, il résulte un vin à la robe bien soutenue et au nez bien en place sur des notes boisées et crayeuses avec des touches de maquis et de petits fruits rouges. C’est chaud en bouche, rond, soyeux, puissant, mais sans excès, avec une finale bien cadrée sur le fruit. Bref, ça se laisse boire « avé » plaisir comme on dit ici. Entre 7 et 9 € chez tous les cavistes du coin ou auprès d’Amélie : masdamile@orange.fr.
Pour info, le vin a été vinifié traditionnellement et élevé un an et pour 60% en barriques d’occasion. Un rosé est en gestation, avec l’apport de vignes supplémentaires.
Michel Smith