Cinq passionnés du breuvage de Bacchus parlent du vin sous toutes ses facettes.
Certains ont aimé ma tirade beaujolaise, eh bien je remets le couvert puisque voici encore un superbe Beaujolais. Cuvée Rochebonne, maison Trénel (www.trenel.com).
Avec lui, on va de surprise en surprise: d’abord, on l’aime pour sa robe soutenue, plus en tout cas que celle la plupart de ses frères, on en pince pour son petit nez confit, évidemment pour son fruit, pour sa gaieté, pour sa franchise, bref, pour son côté beaujolpif. Puis, par un heureux concours de circonstances, on décide de l’oublier un peu. Pratique, la vis: un p’tit tour et hop au frigo !
Trénel
Deux jours plus tard c’est le moment de ranger le binz qui règne dans mon réfrigérateur. Toi, la plaquette de beurre, tu restes. Toi, le fond de lait, tu pues, donc tu dégages. Toi, le pot de confiture de fraise, tu vas avoir affaire à moi: j’enlève la couche de moisissure pour mieux te consommer avec mon pot de yaourt. Toi, la vieille moutarde, tu vas me servir de base pour ma future vinaigrette: tiens, voilà un peu d’huile de pépin de raisin et un chouïa de mon vinaigre maison. Et toi le Beaujolais ? J’ai déjà 5 ou 6 bouteilles de vins divers entamés, j’vais quand même pas te garder. Y’en a marre du pinard.
«Hep, hep, pas si vite!» m’engueule mon ange gardien que j’appelle Vincent, rapport au saint patron des Vignerons. Tiens, on va voir où il en est, ce vaurien du Beaujolais.
Surprise, le vin est délicieux, encore plus fin et envoûtant qu’à la première tétée. Alerte, plein d’entrain, de sincérité, de fruit, de fraîcheur, je crois même qu’il s’offre le luxe de pinoter un poil. Je suis seul ce soir et sa conversation sera brillante. Superbe !
Ainsi, pour la seconde fois en quelques jours (voir un de mes posts récents), et sans le chercher spécialement, je me régale avec grand plaisir d’un «simple» Beaujolais. J’en suis très heureux car, quand je lis certains discours, le Beaujolais serait mort, ou sur le point de l’être. Belle occasion pour moi de vanter d’abord la modernité du Beaujolais et ensuite la simplicité qu’offre système de bouchage vis.
Alors comme ça le Beaujolais serait bon. Ben oui. Nettement meilleur en tout cas qu’on voudrait nous le faire croire. Renseignements pris auprès de mes potes de la maison Trénel, jadis plus connue pour ses liqueurs, cette cuvée est composée à partir de Gamays issus de plusieurs caves privées du sud Beaujolais, le pays des Pierres Dorées. Tiré à plus de 60.000 exemplaires, il cartonne dans certains pays d’Europe du Nord, tandis que pour nous, il est accessible au prix de 5 € TTC départ cave. Si si, vous avez bien lu : 5 €.
Au passage, j’ai vidé la bouteille avec un grand classique de Miles Davis, So What ? tiré de son opus Kind of Blue (1959) que je recommande chaudement :
http://www.deezer.com/fr/music/miles-davis/the-complete-miles-davis-featuring-john-coltrane-75225?song=585561#music/result/all/kind%20of%20blue%20miles%20davis
Miles Davis
Puis j’ai regardé un des derniers Chabrol à la télé. Rien de franchement génial, mais la bouffe, les vins et les femmes étaient omniprésents. Alors… Alors, vive la vis, pardon, la vie !
Michel Smith
Claude Chabrol