Cinq passionnés du breuvage de Bacchus parlent du vin sous toutes ses facettes.
Avec un nom comme ça, «La Friandise», on s’attend à être séduit. Que dis-je, à succomber.
Surprise: le premier nez est très discret. Avec un peu de patience, pourtant, les fruits arrivent, en rangs serrés. Framboise acidulée, un peu comme ces bonbons « La Pie Qui Chante » de mon enfance. Et puis des notes de sous-bois de réglisse et d’épices. Vous avez dit «épices» ? C’est ce qui domine justement en bouche, avec le cuir. Celle-ci n’est pas très longue, le vin finit un peu sur l’alcool, mais sans déchoir.
La Friandise des Bouzons, millésime 2008
Alors, le «contrat» est-il rempli, le friand est-il au rendez-vous ? Oui et non.
Certes, l’aération lui donne du nez – ce type de vin est toujours meilleur le deuxième jour. Mais la bouche manque un petit peu de peps à mon goût.
Je m’attendais à un bon gros poutou gourmand à pleines lèvres, je n’ai eu droit qu'à une petite bise sur la joue. Ce n'était pas "Friandise", c'était plutôt "Coquetterie".
Bon, attention, ça n’a rien de désagréable… D'ailleurs, ma femme et moi avons vidé la bouteille en trois repas, et avec un peu plus de plaisir à chaque fois. Vous n'avez qu'à regarder la photo ci-dessus, non seulement la bouteille est vide, mais l'étiquette a été bien baptisée...
Quelques jours plus, tard, avec Alain Leygnier, mon confrère français, et nos familles respectives, nous faisons un sort à sa grande soeur - la grande soeur du vin, pas celle d'Alain, je vous rassure. Une cuvée qui, pour n'être pas "officiellement" friande sur l'étiquette, nous semble pourtant l'être dans le verre. Réglisee, fruits noirs bien mûrs, boisé très léger, un ravissement général
Ah, j’oubliais, amis lecteurs, ces deux vinx, c’est un peu grâce à vous que nous les avons dégustés (et bus, en l’occurrence). Les propriétaires du Domaine des Bouzons (Côtes du Rhône) sont des aficionados de ce blog, et c’est en lisant un de leurs commentaires que j’ai eu l’envie de connaître leur vin au nom affriolant…
Je leur devais bien ce petit commentaire, non? D'autant que le vin, ça va moins vite à faire qu'à boire et à commenter...
80% grenache, 15% syrah, 5% counoise.
Hervé Lalau