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POURQUOI CE BLOG?

Ce blog est né de l'heureux hasard d'une rencontre, en 2010, au Salon des Vins de Loire d'Angers, autour d'un verre de rosé de Bourgueil - celui de Pierre Jacques Druet. Il y avait là cinq "plumitifs" du vin. Le rosé aidant, l'idée a germé de créer un espace commun.
Parce qu'à cinq, on peut aborder plus de thèmes.
Parce qu'on peut débattre.
Parce qu'on peut partager. Des coups de coeur, des coups de gueule, de l'expérience.
Et qu'est-ce que le vin sinon une boisson de partage?
De ces cinq, certains sont déjà des blogueurs confirmés, d'autres non.
Comme il y a les 5 sens, il y  a maintenant les 5 du Vin.

Les 5 du Vin

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QUI SOMMES-NOUS?

David Cobbold (Eccevino) est le plus français des journalistes anglais du vin, ou vice versa. Il a reçu en 2011 le Wine Blog Trophy pour  son blog, More than Just Wine.

Jim Budd, sujet de sa Gracieuse Majesté, est journaliste pour diverses revues britanniques. Amoureux des vins de Loire, il leur consacre un blog, Jim's Loire, primé en 2009 du Wine Blog Trophy.

Hervé Lalau est un journaliste français écrivant pour diverses revues et sites français, belges, suisses et canadiens. Son blog "Chroniques Vineuses" lui a valu le Wine Blog Trophy en 2010.

Michel Smith, PourLeVin, est un journaliste français établi en Roussillon, travaillant pour diverses revues et guides en France. Il s'intitule lui-même "Journaliste en Vins et autres Plats de Résistance".

Marc Vanhellemont est un journaliste belge travaillant pour divers magazines en Belgique et en France. Incontournable, sauf par la face nord.

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Jim Budd's photographs are licensed under a Creative Commons Attribution-Noncommercial-No Derivative Works 2.5 UK: Scotland License.
8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 00:07

Beaucoup de Brunello dégustés en Belgique, que ce soit au sein du jury de dégustation e notre cher IVV ou dans des salons, se sont révélés « plus secs que ça tu meurs » !

Mais on se dit que sur place, on va trouver l’exception qui nuance la règle. J’y suis allé et y ai trouvé plus d’une exception. Autant en Rosso di Montalcino, plus sur le fruit puisque moins longtemps élevé ou alors en cuve, que de Brunello. Je peux vous garantir qu’un Sangiovese brunellien pas desséché par le bois, qui offre fruit et complexité épicé, ça vaut le coup.

Parmi les Tiezzi, les San Carlo, les Cupano, … pas connus, c’est plus fun que de parler des vedettes qui souvent ne sont pas à la hauteur de leur réputation, voici un premier jet toscan sur la Fattoria La Gerla


 foto nuova2

 

Montalcino, c’est où, c’est quoi?


Situé à 40 km au sud-ouest de Sienne, Montalcino se perche sur une haute colline de 564 mètres. Le gros village domine toute l’appellation. Il tire son nom de  Monte Lecci, la montagne aux chênes verts. Proche de la mer, son climat combine influences maritimes et variations continentales. Le vignoble culmine à 500 mètres ou colore les pentes généralement douces jusqu’à 150 mètres. Les expositions explorent les quatre points cardinaux. Le vignoble occupe un territoire de 3100 ha. Le cépage roi et seul autorisé pour le Brunello, ainsi que pour le Rosso, est le Sangiovese. Rosso pour le rouge friand, moins structuré, à boire plus rapidement. Brunello, nom local du cépage Sangiovese, propose des vins de garde, souvent austères les premières années.


 Montalcino 2010 114

 

Trio

rosso 2007 

 

Rosso di Montalcino 2008 Fattoria La Gerla

D’une agréable couleur rubis tirant sur le vermillon, il sent la cerise écrasée, relevée d’épices où l’on remarque la cannelle, le poivre et la réglisse, quelques notes grillées et une fragrance de toffee. La bouche offre une souplesse de tanins qui laisse le fruité savoureux. Le vin glisse sans accroche sur les papilles et les comblent de joie. Allégresse de baies qui semblent sucrées, les fraises s’allient aux griottes, les groseilles aux grenades, le tout sur un mode velouté et frais.

 

Les vignes dont est tiré ce vin sont les mêmes que pour le Brunello, mais lors de la cueillette manuelle, une sélection se fait, les plus belles offrent leur jus au prestigieux breuvage, les autres nous comblent plus vite de leur fruité.

Le vin s’élève 6 mois en barriques et s’affine encore 6 mois en bouteilles.

 

À Montalcino, on le consomme avec les charcuteries, ou avec les pâtes à la viande, les spaghetti par exemple avec une légère sauce tomate, un rien de Parmesan, quelques petites boulettes d’un mélange porc et veau bien assaisonné.

 

brunello 2005

 

Brunello di Montalcino 2005 Fattoria La Gerla

Grenat de ton intermédiaire, il faut l’aérer pour qu’il libère quelques notes d’eucalyptus et de menthol, des parfums de gelées de mûre, de cassis et de cerise, teintées d’amande et de noisette. La bouche est certes austère, le millésime veut ça, mais elle s’en libère assez vite et offre en friandise du chocolat noir parsemé d’éclats d’orange confite, viennent ensuite, les fruits rouges et noirs adoucis de caramel légèrement salé.

Le vin s’élève durant 4 ans dont 3 années en foudre de 50 à 100 hl.

Une pièce de viande rouge convient particulièrement bien, l’hémoglobine adoucit les tanins et permet au fruit un coming out des plus réussi. Sur place, le bœuf florentin apparaît comme une merveille de tendreté et de goût. Difficile à trouver chez nous, il se remplace par l’Angus, le Charolais ou la Limousine. Si vous passez à Montalcino, j’ai une adresse pour vous, un boucher extra maceleria artigiana Daniele e Dimitri di Sonia via Matteotti, 10 dimitri83@hotmail.it c’est dans la rue « principale » qui traverse la ville par le centre.

 

Vigna gli angeli 2004Le must!


Vigna gli Angeli Brunello di Montalcino riserva 2004 Fatoria La Gerla

Grenat sombre profond, le nez légèrement torréfié, il respire le sous-bois, les champignons, les aiguilles de pins, le cuir mouillé, puis, les fruits se réveillent et viennent en pagaille parfumer l’atmosphère ensoleillée d’une clairière, tout se déroule d’abord au ralenti, puis s’intensifie. Les tanins apparaissent moelleux en bouche, ils ont perdu cette austérité particulière aux Brunello. Au contraire, ils donnent de l’ampleur au bouquet floral,  rendent plus dense le fruité, arrondissent les épices. Le riserva sélectionne ses grappes, il choisit les plus concentrées, les plus mûres. La texture s’en retrouve plus volumineuse, plus gourmande, impression encore amplifiée par cette douceur (non sucrée !) due à la maturité des raisins et à l’élevage plus affiné.

Comme le gibier est de saison, profitons-en, même les viandes fortes comme le lièvre se pâment devant autant de raffinement.

 cantina nuova7

La Gerla

Le domaine a été fondé en 1976 par Sergio Rossi, il s’étend sur 11,5 ha et dans deux parties différentes de l’appellation, l’une au nord-est et l’autre au sud-est.

 

www.lagerlamontalcino.com

 

Grazie Michèle per la organizazzione del viaggio

 

Ciao

 

Marc

 

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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 00:10
Humeur rétro, rayon "trésors nostalgiques de la chanson française"...

Pour moi, c’est une des plus belles chansons de ce maestro des années 60 que fut Gainsbourg. Elle n’est pas longue, alors, je vous en conjure, écoutez-là !

 

Ce n'est qu'un moyen un peu facile, j'en conviens, de vous entretenir du monde du vin vu par ma petite lorgnette.

Ainsi, j’ai reçu un vin noir par la poste. Non, pas un Cahors et encore moins un Malbec gaucho. Un «Noval Black» devrais-je dire pour rentrer dans le vif du sujet. La noble Quinta du Duro chercherait-elle à surfer sur la vague du « Vin Noir » chère à Cahors ? Pour en avoir le cœur net, j’ai ouvert la bouteille, miré la robe (pourpre oui, mais pas si intensément noir que cela...) et saisi un verre idoine. C’était chaud (19,5°), normal pour un vin de Porto, épicé au nez, avec une pointe de purée de myrtille et de mûre. À défaut de Valrhona, j’ai instinctivement saisi mon «Noir Prodigieux», chocolat Lindt à 90 % cacao, afin de tester l’animal. Et ça marche, indéniablement. Pour autant, il serait juste de dire que ce nouveau Porto noir ne m’a pas séduit, il m’a simplement intrigué. Il m'a aussi laissé sur ma faim.

 Smith-0487.JPG

La sortie de cet animal très cadré marketing me rappelle avec tristesse la période du déclin des Vins Doux Naturels dans le Roussillon. Jusqu'au seuil des années 80, seuls les pépés et les mémés en buvaient, entre deux parties de cartes, l’après-midi tout en grignotant une langue de chat. Les Experts se mirent en tête de changer le look des VDN dans l'espoir de leur faire passer le cap d'une génération, d'une époque. Les gastronomes s’en sont mêlés, les barmen, les grands chefs et leurs sommeliers aussi, les journalistes de bonne volonté, mais rien n’y fit: le tocsin sonnait déjà depuis la pub Rivesaltes (la Ballade des gens heureux...) et ce qui était annoncé arriva. Amen. Il reste assurément de grands vins doux à se mettre sous le gosier (j'en reparlerai, c'est promis), mais seuls les initiés en achètent au compte goutte et d’un vin de masse avec ses marques et ses réseaux de vendeurs, le VDN reste moribond.

 Smith-0485.JPG

Mais après ? Après, comme le souligne Christian Seely, le patron de la Quinta, il ne faut pas rechercher dans ce vin la complexité des portos d’anthologie : «J’ai toujours voulu faire, dit-il, un vin de Porto qui soit une expression sans artifices du style Noval, un vin facilement accessible que l’on pourrait servir au verre sans qu’il soit nécessaire au préalable de le faire vieillir et de le décanter. Pas de complications, juste un grand verre de Porto». Ce vin s’appuie donc sur le résultat d’un long programme de replantation entrepris au cours de ces 15 dernières années, en se concentrant sur de nobles cépages tels le Touriga Nacional, Touriga Franca, Tinto Cao, etc. Il passe deux années en fûts avant d’être mis en bouteilles.

 Smith-0486.JPG

Pour le lancement, un site Internet a été mis en place (voir ICI) et j’ai été favorablement séduit par sa réalisation. On y trouve même des idées de cocktails. Seul hic, le mot Porto se fait discret, il est presque masqué. Lancé à New York avec succès, puis à Londres, il fait son entrée en France et l’on peut même suivre son aventure sur Facebook http://www.facebook.com/noval.black?ref=ts&v=wall

Est-ce qu’il séduira les jeunes consommateurs ? C’est une question à laquelle je n’ose répondre… tant je suis persuadé que non. Pourquoi ? Parce que l'identité du vin me semble évaporée alors qu'il s'agit à mes yeux d'un repère primordial. Alors, la marque ? Le prestige de Noval est assuré, certes, mais uniquement dans le cercle étroit des initiés. Il est vrai que je ne suis plus jeune et que, pour cette raison, je sens que mon jugement risque fort d'être à la fois biaisé et, qui sait ?, démenti. Ils ont tout essayé à Banyuls, par exemple, pour relancer la mécanique. On a même sorti un "Pink" que mes amis de Porto ne tarderont pas à mettre sur le marché un jour, si ce n'est déjà fait. Jerez à lui aussi du mal avec son fino depuis plus de 20 ans alors qu'il me paraît être une des boissons les plus modernes. Bref, je ne peux m'empêcher de songer que ces "grands vieux et nobles vins du passé" qui veulent à tout prix rester jeunes et dans l'air du temps comme Mamie Liliane qui veut à tout prix montrer qu'elle sait grimper les marches de son escalier, finissent tôt ou tard par perdre l'essence même de ce qu'ils représentent : leur âme.

Ouf! C'est dit. En attendant, malgré mon âge avancé, j’ai vidé allègrement le flacon de "Black" sans me faire prier. Prix de vente : 24 € au Lafayette Gourmet ou au Chemin des Vignes à Paris.

PS Puisque c'est mon jour, j'en rajoute. Mais ce qui suit, vous l'aurez compris, n'a strictement rien à voir avec le Porto...

Que c'est bon d'être demoiselle
Car le soir dans mon petit lit
Quand l'étoile Vénus étincelle
Quand doucement tombe la nuit

Je me fais sucer la friandise
Je me fais caresser le gardon
Je me fais empeser la chemise
Je me fais picorer le bonbon

Je me fais frotter la péninsule
Je me fais béliner le joyau
Je me fais remplir le vestibule
Je me fais ramoner l'abricot

Je me fais farcir la mottelette
Je me fais couvrir le rigondonne
Je me fais gonfler la mouflette
Je me fais donner le picotin

Je me fais laminer l'écrevisse
Je me fais foyer le cœur fendu
Je me fais tailler la pelisse
Je me fais planter le mont velu

Je me fais briquer le casse-noisettes
Je me fais mamourer le bibelot
Je me fais sabrer la sucette
Je me fais reluire le berlingot

Je me fais gauler la mignardise
Je me fais rafraîchir le tison
Je me fais grossir la cerise
Je me fais nourrir le hérisson

Je me fais chevaucher la chosette
je me fais chatouiller le bijou
Je me fais bricoler la cliquette
Je me fais gâter le matou

Et vous me demanderez peut-être
Ce que je fais le jour durant
Oh! cela tient en peu de lettres
Le jour , je baise, tout simplement

Paroles de Colette Renard, chanteuse réaliste, décédée hier à 98 ans.

Michel Smith

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 00:07

A Fronton, pour faire très simple, il y a deux sortes de vins.

Il y a d'abord les vins de négrette pure (et pas verte), vinifiée sur le fruit, la violette, et un petit côté brut de cuve qui réjouit les palais toulousains – voire au-delà. Et puis il y a des cuvées plus travaillées, souvent des assemblages, et passées sous bois.

Au Château Bellevue la Forêt (toujours un des phares de l’appellation) la cuvée «Optimum» appartient à la deuxième catégorie. Malgré tout, l’élevage a préservé le caractère sauvage de la négrette (ici mêlée à du cabernet). Le nez allie fruit noir et herbes de la garrigue, la bouche est épicée, mais arrondie par le bois. Parfait à boire aujourd’hui, mais garde encore un beau potentiel.

Bref, si, comme ma fille Joëlle et moi, vous passez par Fronton, vous chercherez peut-être longtemps le Château, mais ne manquez pas Bellevue!

Bellevue.jpg

Le "Château" de Bellevue

 

Hervé Lalau

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 00:03

CPmissingviness
'Joyau du Sancerrois'

ClosdelaPoussies.jpg 


We have now reached Sancerre in our three-week journey along the Loire to see how the 2010 vintage is shaping up. On Sunday we took a stroll along a track by the Clos de la Poussie.

The Clos is a spectacular natural amphitheatre that dominates the village of Bué. Along with other sites such as Les Monts Damnés, la Grande Côte, Les Romains and La Belle Dame this is one of the most famous vineyards of Sancerre and probably the most impressive. It is now part of Domaine de Ladoucette owned by Le Baron Patrick de Ladoucette.


CPmissingvinesaas 
Western end of Le Clos de la Poussie; 'vignoble mythique'... ou presque !

 
Il faut laisser la parole au site internet de Domaine de Ladoucette:


CPjoyaubs 

"La Poussie, joyau du Sancerrois, vin de Sancerre voluptueux et parfumé. Parmi tous les crus qui assurent la séculaire renommée des vignobles qui dominent la Loire royale, la réputation de La Poussie a gardé toute son intégrité originelle".

CPexposedrootss.jpg  
Erosion and exposed roots: 'son intégrité originelle'  


CPdrainages.jpg 
Drainage channel in risk of being eroded


‘Quelques années plus tard, le Clos de la Poussie, vignoble mythique de Sancerre se trouvant à vendre, le Baron Patrick de Ladoucette en fit l’acquisition. Cet amphithéâtre naturel exposé plein sud permet de réaliser une cuvée particulière, le Haut de la Poussie.’


ClosdelaPraviness.jpg 

  ClosdelaPs
 

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Recently planted with already signs of erosion

         CPenherbes
A solution?: much less erosion in this small grassed over section of La Poussie


Jim  

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 08:04

Mon raccourci pourra choquer les esthètes mais le beau texte de Ch. F. Ramuz, hymne vibrant aux vignerons, va très bien à deux sympathiques, souriants et avenants vignerons valaisans : Fabienne Cottagnoud et Robert Taramarcaz croisés dans un corner au Saint-James & Albany.  

 

«Vignerons, hommes d'une chose, vignerons, je vous salue.

Il y a des gens qui écrèment, ils se contentent du plaisir du dessus; vous, vous avez été profond. Vous voilà contre la terre.

 Vignerons, chers amis, vous savez bien: cette terre, il faut d'abord avoir sué contre, avoir peiné, avoir pleuré contre, avoir juré contre, avoir gémi contre, lui avoir dit : «Non», plusieurs fois, l'avoir reniée comme a fait saint Pierre : c'est qu'il y a certains jours où l'amour se retourne et où l'amour agit à rebours. L'amour dit parfois non... Puis tout à coup il dit oui de nouveau, car l'amour est persévérance.» 

Fabienne Cottagnoud et Marc-Henry (son mari), c’est «La cave des  Tilleuls» www.fabiennecottagnoud.ch. Pour un panorama complet de leur vin, je vous recommande la lecture d’une excellente  chronique d’un confrère La Pipette aux 4 Vins http://pipette.canalblog.com/archives/2009/10/12/14978254.html 

Moi qui suis plus un homme de mots que de vin, je vous propose deux textes:

"Si je suivais mon intuition ?

Et si...je devenais vigneronne ?

Et si je vinifiais le plus naturellement possible ?

Et si on plantait du Diolinoir ?

Et si je vinifiais nos rouges en barriques

sans les filtrer ni les coller ? 

Et si j'avais la patience d'attendre six ans 

mon premier vin jaune ?  

Et si je réalisais quelque chose d'encore plus fou ?

Et si j'essayais encore d'autres méthodes ?

Marcus, ...et si on prenait au sérieux la part des anges?"

Fabienne Cottagnoud  

Et aussi

"J'aime l'aspect minéral du vignoble valaisan planté sur des terrasses de pierres sèches quasiment arrachées à la montagne par nos ancêtres. Sur ce sol âpre, mosaïqué de schiste, de gneiss et de granit égrenés des sommets, la vigne travaille toute seule, pour peu qu'on ait planté le bon parchet au bon endroit. Chaque goutte de pluie, chaque rayon de soleil, chaque parcelle de son terroir donne son caractère au raisin et donc sa couleur au vin".

Marc-Henri Cottagnoud

 

Robert Taramarcaz, a repris en 2002 le Domaine des Muses www.domainedesmuses.ch    créé par ses parents. C’est un œnologue formé en Bourgogne qui parle avec précision de son pays, Granges, situé au cœur de ce Valais situé au Sud de la Suisse et qui s’étend du Glacier du Rhône jusqu’au Lac Léman. Vignoble de montagne sculpté par le glacier, protégé des influences venues de l’Atlantique et de la Méditerranée par les hautes chaînes de montagne qui l’entoure. Robert est aussi a ses heures poète, comme le prouve cet autre texte:.

"Eveillés par un murmure étrange,

 Appel à l’écho envahissant,

 Ils ont bravé l’espace et le temps,

 Jusqu’au pied des collines de Granges.

* * *

Dans ce décor sévère, imposant,

Un vieux tambour roule sa colère;

Un flutiau folâtre dans les airs,

Attisant le feu des conquérants.  

* * *

Terre ingrate sous leur corps brisé

Que caches-tu donc dans tes entrailles?

Ciel ardent sur leur front exalté,

Quel mystère, quel secret les tenaille?"

  

J’ai dégusté – oui, oui, ne vous fendez pas la gueule, ce serait le cas de le dire ici – deux petits bijoux : 

-         Le Chardonnay Réserve 2008 25€ aérien, des notes de fruits exotiques, d’une fraîcheur exceptionnelle, beau très beau.

-         La Marsanne Blanche Réserve 2008 25€ d’une rare complexité, de celle dont on souhaite pénétrer chaque faille, l’explorer, un tirer la quintessence, vin de lenteur pour les sages et les esthètes, ceux qui aiment les femmes...

Jacques Berthomeau

 

 

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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 11:35

Je ne sais pas si ça vous arrive aussi, mais en période de vendanges, je tombe souvent sur des vins que je débouche et qui, dès le premier nez, embaument les effluves de vendanges, du raisin frais et bien mûr, aux parfums de griotte, de crème de mûre ou de baies de cassis. Étrange, n’est-ce pas ? C’est ce que je ressens aujourd’hui avec le verre quasi plein du «Vieilles Vignes» 2009 de l’ami Pierrot, un Carignan dont les vignes voguent vers l’éternité, pas très loin de Marseillette (village connu aussi pour son riz…); sur les terres des Aspres, aux pieds de la Montagne Noire, à dix bons kilomètres des tours de Carcassonne.

 Smith-5552.JPG

Commencez par un verre, comme ça, juste pour voir. Puis ayez la sagesse d’attendre et de saisir de nouveau le flacon au bout de deux jours de frigo - «Quelle horreur !», j'entends d'ici les cris d'orfraies des traditionalistes nostalgiques des années 40 - et allez-y, buvez-le, videz-le. Équilibré, linéaire, finement serré, sans aucun signe ostentatoire, puissance contenue, persistance, ça se boit sans retenue et avec soif, on tient là le grand vin au creux du palais, sincère ni plus ni moins. Et après ? Après, on se sent bien, réconforté, lucide tout simplement. Le «Vieilles Vignes» de Pierre est un Carignan d’école, un antidépresseur à vider entre potes sur une palombe, ou une bécasse, par exemple, pour ceux qui ont la chance d’avoir un bon chasseur près de chez eux. Le vin, issu de raisins en partie éraflés et d’une macération carbonique, a séjourné 2 à 4 mois en fûts. Il affiche à ma grande surprise 14°5, mais cet alcool ne se ressent pas le moins du monde en bouche et encore moins dans la tête. Le prix du plaisir ? 9,50 € départ.

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 Pierre, à droite, avec ses premiers vendangeurs à l'heure du casse-croûte...

S’il y a un gars qui dit toujours ce qu’il pense – et sans détours oratoires – c’est bien lui, Pierre Cros, prononcez «crosse». Son Minervois «Vieilles Vignes» est un Carignan, un point c’est tout. Et il n’a pas peur de l’affirmer jusque sur la contre étiquette. Nulle question de tergiverser : «Pour moi, c’est un Minervois, tu peux l’écrire» !

DSCN0279.JPG

Un Vigneron brut de cuve...

Pierre est un vigneron brut de cuve, un pur, un vrai, Languedocien de surcroît. Un travailleur avant tout. Fils de boulanger, il a quitté l’école à 16 ans pour rejoindre son père à la boulangerie de Bandens, son village. Dans le même temps, il pratique le rugby (troisième ligne aile) à Carcassonne. Pour lui, au départ, la vigne n’était qu’un simple bien de famille dont il hérite en 1985, alors que le raisin allait à la coopérative. «Avec la vigne, tu poses les pieds dans la terre et ça fait du bien» m’a-t-il lâché un jour. Vous voyez le genre de bonhomme. Une chose est sûre: l’homme est un collectionneur de cépages. Outre les carignan, alicante, aramon et piquepoul qu’il conserve jalousement entre autres pour sa cuvée «Les Mal Aimés» (vin de table), il a planté du pinot noir, du merlot, du touriga nacional et du nebbiolo, histoire de s’amuser un peu.

Allez le voir de ma part, vous ne le regretterez pas. Facile, il habite rue du Minervois, à Badens.

Michel Smith

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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 14:18

«A bon vin point d’enseigne», dit le dicton. C’était peut-être vrai au temps des hommes des tavernes. Aujourd’hui, faire du bon vin ne suffit plus, il faut savoir le vendre.
Certains vignerons ont la bosse du commerce et des relations publiques, d’autres moins. D’autres, encore, ne voient pas le problème. A tous les niveaux – viticulture, commerce, sommellerie, on peut se poser la question de la formation. Mais une anecdote vaut mieux qu’un long discours.

Caveau d'attente et de dégustation

Voici quelques mois, j’accompagnais dans le Midi une petite cohorte de journalistes vineux de la FIJEV, pour un voyage centré sur l’oenotourisme. Les visites s’enchaînaient, sans problème, jusqu’à ce que nos pas nous conduisent au «Caveau de vente & de dégustation» d’une coopérative locale.
Il faut d’abord que je vous décrive l’endroit. Nous sommes au bord de la nationale, dans une vague zone artisanale de style giscardo-mitterrandien. Pas une vigne à l’horizon, mais sur le parking, face à l’entrée du «caveau», une caravane de friterie. C’est sans doute pour bien marquer qu’on a affaire à des vins de gastronomie.

Poussons la porte: nous avons été annoncés à l’avance par le bureau de tourisme local (la visite est arrangée depuis un mois); malheureusement, le responsable n’est pas encore là. Le temps qu’il arrive, nous méditons sur la relativité du temps dans l’espace occitan. Le voici. Il n’a rien préparé. Il nous ouvre les bouteilles, un peu au hasard, genre «Qu’est-ce qui ferait plaisir à ces Messieurs-Dames?».

Evidemment, les blancs sont chauds. Les rouges mériteraient d’être aérés. Plus grave, le «caveau» (un bâtiment préfabriqué, sans cave) s’ouvre sur un entrepôt et des toilettes d’où nous arrivent des effluves de javel et de chlore (au mieux).

Et ce n’est pas fini : nous demandons au responsable quelques détails sur la production, la localisation des différentes appellations. Il ne sait pas répondre, «Il faut demander au syndicat». Par contre, il nous propose un vin bio. Nous le goûtons. Il nous paraît beaucoup moins expressif que la cuvée conventionnelle du même vin. Il s’en explique : «Nous n’avons pas beaucoup de parcelles en bio, ça se ressent; on peut plus facilement faire des sélections qualitatives en conventionnel». Belle franchise. Mais alors, pourquoi proposer ce bio-là à des dégustateurs professionnels ?

Bref, une dégustation mémorable. Attention, notre hôte n’était pas méchant, il a fait ce qu’il a pu. Le problème, c’est qu’il n’était pas formé. Il ne sait sans doute pas ce qu’attendent des professionnels. Notez que même des particuliers auraient trouvé à redire. Pour eux aussi, le laisser-aller de l’accueil augure toujours mal de la qualité des vins.

Il y a pire, me dit-on: mon copain belge Eric Boschman effectue de temps à autre des descentes de caves avec des copains sommeliers, au titre de la formation. En Bourgogne, l’an dernier, il s’est fait carrément fait insulter parce qu’au sortir d’une dégustation, le sympathique propriétaire trouvait que le groupe n’avait pas acheté assez – bref, il avait perdu son temps. Il est vrai que les vins n’étaient pas très bons, d’après Eric. Alors, en définitive, tout le monde avait perdu son temps, et celui du client n’est pas le moins précieux…

Morale de ces deux histoires ? Aujourd’hui où le travail est si difficile à trouver, personne ne devrait être obligé de remplir une fonction qui ne lui convient vraiment pas. Si le vigneron n’aime pas vendre, qu’il ne vende pas. Si la cave ne sait pas recevoir des professionnels, qu’elle ne le fasse pas.

A chacun son métier

Toute l’année, nous remontent les plaintes de vignerons méritants, de caves qualitatives, qui peinent à subsister sur des marchés de prix. Nous compatissons parce que nous avons le sens des valeurs. Nous nous insurgeons de temps à autre. Comment peut-on trouver dans le hard discount  du rosé à 69 centimes d’euros la bouteille? On a d’autant plus de mal à justifier cette production qu’elle alimente les soirées biture des étudiants bretons -voir à ce propos l’excellent article paru dans Ouest France du 24 mai 2009.
Bref, nous trouvons toutes les circonstances atténuantes possibles aux sans-grade de la viticulture qui se donnent du mal pour produire bon.

Mais comment assurent-ils la fonction «vente» ? Choisissent-ils le bon personnel? Le bon circuit de vente ? Savent-ils expliquer leur produit à ceux qui seront chargés, en aval, de le vanter puis de le vendre ?  «Vaste programme», comme aurait dit de Gaulle. Alors, autant commencer tout de suite.

Hervé Lalau

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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 12:09

Désolé, je n'étais pourtant pas bourré mais je me suis pris les pieds dans le tapis des feuilles d'octobre et j'ai programmé par erreur mes écrits qui vous passionnent - ne riez pas - ce samedi. Bonne journée, bon week-end, à lundi sur mes lignes...

Jacques Berthomeau

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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 00:06

C’est un choix, on cryogénise, ça fait longtemps qu’on le fait, on peut même revendre la flotte, comme le font certains châteaux pour le résidu membranaire: "Eau de Merlot 100% osmosée".

Tout ça fait du vin sucré, aujourd’hui très peu marchand, tellement peu qu’une douzaine d’appellations bordelaises se sont regroupées sous le concept «Sweet Bordeaux». Une bonne idée au départ, aujourd’hui paraît-il phagocytée par la rive droite, mais c’est un autre débat. Mais que faire pour écouler ces douceurs? Les cocktails branchés façon «Sweet»? Ou réfléchir vraiment ?

 

Heureusement, il y en a qui voient plus loin que le bout de leur chai. Et voici le résultat...


 raisin pouris noble

Ca peut faire peur!

 

Non le résultat, le voici...


Un Sauternes « de soif »


LE Sauternes, vin Liquoreux par excellence, tout le monde le connaît, personne n’en boit ! Ou parfois au restaurant, quand le menu l’impose inévitablement sur le foie gras confit en début de repas.  Pourquoi vin aussi prestigieux ne se boit-il pas plus couramment? Bernard Sirot, du Château Closiot à Barsac, nous répond. Voilà plusieurs années qu’il s’est interrogé et qu’il a même imaginé une solution.

 Françoise et Bernard

Françoise et Bernard au Château Closiot

 

Le bilan


«Les nombreuses dégustations réalisées avec les clients, les consommateurs rencontrés sur un salon ou ailleurs, les amis de passage, montrent toute l’importance de l’écoute pour un producteur. Ces échanges d’idées nous apprennent comment le consommateur perçoit notre produit, comment il le voit. Témoignages édifiants, voire déstabilisants, le consommateur n’hésite pas à nous dire que :

c’est un vin pour papi et mamy, qu’on ne le boit qu’en fin d’année, ou alors avec le fois gras… qu’il est trop sucré, pâteux même, voire écœurant, avec des arômes parfois bizarres, que c’est un vin trop compliqué, qu’après un Sauternes à l’apéro plus rien ne passe, qu’il est trop cher surtout comparé à un Muscat de Rivesaltes, que beaucoup contiennent trop de SO2, qu’il est imbuvable dès qu’il fait chaud, … la liste s’allonge encore.

Même les aficionados nous disent qu’il n’est vraiment bon qu’après un élevage très long.»


 Château Closiot

La biodiversité aux abords du Château

 

La réaction


«Une fois intégrées toutes ses remarques, la réflexion s'impose mais pas seul dans son coin ! Il faut s’allier à une personne qui est également en contact avec le consommateur, mais d’une façon différente. C'est ici qu'intervient le metteur en marché - en l'occurrence, notre importateur Alain Vercouter.

Il partage notre analyse, ensemble nous réalisons le protocole de production d'un Sauternes inédit, moderne, non conventionnel, pouvant être consommé toute l'année, sur une foule de produits solides, qui soit bien évidemment de qualité et à un prix très étudié...

Ce vin devra présenter un équilibre d'environ 12,5° avec maximum de  80g de sucres résiduels. Il doit être frais, fruité, fin, minéral, notre terroir calcaire y pourvoit.

Élevé une dizaine de 10 mois en cuves ciment au frais avant l'embouteillage en septembre de l'année qui suit sa production. Le 2009 est embouteillé depuis peu.

Le concept des Brumes est né, premier millésime des Premières Brumes de Closiot en 2003.

Si nos cibles au départ étaient les non consommateurs de Sauternes, les femmes et la catégorie des nouveaux arrivés dans le monde du vin, après 6 ans de production, la «sauce»  commence à prendre. Aujourd'hui, même nos consommateurs traditionnels trouvent dans ce Sauternes un nouvel intérêt de consommation. Notamment l'été, entre copains, sans chichi. Les sommeliers et les restaurateurs s’y mettent aussi, le qualifient de vin innovant».


Brumes et Comté 001 

 

Premières Brumes de Closiot 2006 Sauternes Château Closiot


Sorti de sa bouteille, elle coule espiègle, heureuse de sa robe dorée qui froufroute de vert, d’éclats moirés. Son nez joliment retroussé respire les fruits confits, il nous rappelle les brioches chaudes croquées au petit matin, moment où le soleil se lève et semble nous promettre la plus belle des journées. Ses lèvres bien dessinées gardent le goût de la cassate respirée. Elle est friandise, douce comme la liqueur de mirabelle, onctueuse comme la pâte d’amande, avec le trait amer et rafraîchissant des oranges et des clémentines. Avec beaucoup de grâce, elle envahit le palais pour y loger fleurs et fruits. Nous voilà tout décoré de l’intérieur, près à fondre pour la belle. Alors, consciente de notre ultime reddition, elle nous emporte loin du commun des mortels.

 

C’était bien bon… mais comment qu’elle est faite ?

La cueillette, toujours en début de vendanges, se fait sur des raisins moins botrytisés, moins riches en sucres.  La cuvée se compose de 90% de Sémillon et 10% de Muscadelle et Sauvignon. Les jus fermentent en cuves inox et sont élevé 10 mois en cuves ciment.

www.closiot.com

 

Ce Sauternes « léger », je le présente en accompagnement d’un Comté de 34 mois. Ce costaud jurassien subit rapidement le charme de la girondine, voici ce que cela donne :

 Brumes et Comté 002

 

Transcendance


Tout devient aérien. Gras et sucre s’envolent. Fromage et vin libèrent en mille feux fleurs et fruits de chacun, ascension sans fin propulsée par les épices, encouragée par le minéral, tendue par cette amertume qui les a séduit qui nous séduit, qui induit un apport supplémentaire de fraîcheur, de croquant… final dans les étoiles.

 

 

Bye

 

Marc

 

 

 

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 00:04

Prenez note, car je ne le dirai pas souvent : pour une fois, oui pour une fois seulement, écoutons un œnologue. Écoutons-le religieusement et plutôt deux fois qu'une.

Il s’agit en l’occurrence de la voix de ce chimiste un peu vieille France qui dirigea pendant longtemps le Laboratoire Départemental de Tours, et cette voix-là est pour moi toujours d’actualité. Écoutez donc le Professeur Jacques Puisais :

http://www.youtube.com/watch?v=LpLXFLOOie0&feature=player_embedded#! 

« Un parterre de plaisirs. Il suffit de se pencher dessus pour le cueillir ». Son discours simple et poétique est connu. On dira même archi connu. Pourtant, on l’a oublié. Il nous dit aujourd’hui ce qu’il affirmait il y a déjà 30 ans, car Jacques Puisais, pur produit de la Rablaisie, fut l’un des premiers à organiser des « safaris terroirs » pour que les vignerons de Touraine puissent constater leur diversité. De rares journalistes, dont je faisais partie, se pressaient  alors pour entendre Jacques Puisais parler de l’homme, de l’action du vent, du climat, de la terre. On se moquait parfois de son côté poète, de son noeud pap', de ses mariages mets et vins un peu cocasses, de son goût prononcé pour la grande cuisine. Mais on en a pris de la graine et moi le premier quand je songe aujourd’hui à mon Carignan battu par les vents.

Pour une fois qu’un œnologue évoque le terroir avec les images qu’il convient – même s’il s’agit là de Cahors -, j’ai pensé, grâce à Sabine, une amie qui m’a lancé sur la piste, que ce petit film de moins de dix minutes pouvait remettre les pendules à l’heure. Bien sûr, certains y verront la manifestation d’une pensée un peu passéiste. Mais il suffira d’en discuter entre nous pour que le Terroir redevienne le mot clé dans la conception du vin. Un mot et une vision modernes.

Michel Smith

 

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