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POURQUOI CE BLOG?

Ce blog est né de l'heureux hasard d'une rencontre, en 2010, au Salon des Vins de Loire d'Angers, autour d'un verre de rosé de Bourgueil - celui de Pierre Jacques Druet. Il y avait là cinq "plumitifs" du vin. Le rosé aidant, l'idée a germé de créer un espace commun.
Parce qu'à cinq, on peut aborder plus de thèmes.
Parce qu'on peut débattre.
Parce qu'on peut partager. Des coups de coeur, des coups de gueule, de l'expérience.
Et qu'est-ce que le vin sinon une boisson de partage?
De ces cinq, certains sont déjà des blogueurs confirmés, d'autres non.
Comme il y a les 5 sens, il y  a maintenant les 5 du Vin.

Les 5 du Vin

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QUI SOMMES-NOUS?

David Cobbold (Eccevino) est le plus français des journalistes anglais du vin, ou vice versa. Il a reçu en 2011 le Wine Blog Trophy pour  son blog, More than Just Wine.

Jim Budd, sujet de sa Gracieuse Majesté, est journaliste pour diverses revues britanniques. Amoureux des vins de Loire, il leur consacre un blog, Jim's Loire, primé en 2009 du Wine Blog Trophy.

Hervé Lalau est un journaliste français écrivant pour diverses revues et sites français, belges, suisses et canadiens. Son blog "Chroniques Vineuses" lui a valu le Wine Blog Trophy en 2010.

Michel Smith, PourLeVin, est un journaliste français établi en Roussillon, travaillant pour diverses revues et guides en France. Il s'intitule lui-même "Journaliste en Vins et autres Plats de Résistance".

Marc Vanhellemont est un journaliste belge travaillant pour divers magazines en Belgique et en France. Incontournable, sauf par la face nord.

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 11:16

Avec sa permission, je poste sur ce blog la lettre de Christine Ontivero, une amie commune de la plupart des 5, à Christelle Ballestrero, journaliste à France 2, à propos d'un article que cette dernière signe dans Version Femina (voir ci-dessous).

Version-Femina.jpg

L'article incriminé

 

Bonsoir Madame,

C’est toujours délicat de faire remarquer à un journaliste qu’il est mal informé, mais la lecture de votre article ci-joint intitulé “Vin et Santé, la fin du mythe” ne peut pas rester sans réponse de ma part.
Je suis attachée de presse, spécialisée dans le vin depuis 29 ans, et je pense donc bien connaître le sujet ce qui, si vous le permettez, ne semble pas être votre cas.

Vous écrivez :”aujourd’hui, il est difficile de trouver un vin de table au-dessous de 12°. Et les appellations sont de plus en plus nombreuses à proposer des 13, 14, voire 15° comme les vins du Languedoc”. Jusque là tout va à peu près bien. Mais ... vous dérapez dangereusement dans ce qui suit :
“L’explication ? Pour des raisons économiques, on a considérablement raccourci la durée de macération des raisins“ (où avez vous trouvé cette information fausse et archi fausse?) “avec, à la clé, une moins bonne qualité”.
Depuis combien de temps n’avez-vous pas dégusté de vins du Languedoc ? 
 Le pire et le plus grave qui mérite un rectificatif  de votre part  est cette dernière phrase :
“auquel on doit ajouter des produits chimiques et du sucre de betterave (qui
élève le taux d’alcool) pour le stabiliser et lui permettre de se défendre contre les bactéries, entre autres”.
Vous êtes journaliste n’est-ce pas ? Donc, normalement, vous devriez vérifier vos informations ou alors, je n’ai rien compris au métier.
Si vous aviez vérifié, vous auriez pu apprendre que le Languedoc-Roussillon est l’une des rares régions qui n’a pas le droit “d’ajouter du sucre” comme vous dites, ce qui, en langage professionnel, s’appelle la chaptalisation, autorisée dans bien d’autres régions comme Bordeaux, Bourgogne, etc...

Tout le monde a droit à l’erreur mais quand les erreurs sont aussi graves, on ne peut pas laisser passer.

Concernant le cancer, on lit et on entend bien des choses contradictoires. Je peux en tout cas vous apporter mon témoignage personnel.

Il vaut ce qu’il vaut, mais il est authentique.

Mon mari, journaliste spécialisé en vins, a dû être opéré, voici un an et demi d’un double cancer: prostate + vessie. L’intervention s’est déroulée à Montpellier où les hôpitaux sont très réputés pour leur connaissance de
cette maladie. A force de lire et d’entendre tout et n’importe quoi, vu que mon mari boit en moyenne 3 verres de vin par repas, j’ai fini par me persuader que le vin était peut-être l’une des causes de sa maladie. Sans le lui dire, j’ai appelé le chirurgien en lui demandant s’il ne se mettait pas en danger en buvant “autant” de vin. La réponse a été très claire : “Mais madame, ça n’est pas beaucoup”. Le jour où il a quitté l’hôpital, il a lui-même demandé  au professeur responsable du service urologie, un ponte en la matière : “Est-ce que je peux continuer à boire du vin”. Ce dernier lui a répondu “j’y compte bien”. Les chirurgiens qui opèrent des cancers tous les jours seraient-ils irresponsables ?

Ca fait mal de lire des informations aussi fausses concernant le Languedoc, région où il y a quantité de bons vignerons.
Vraiment, ils ne méritent pas ça !

Salutations

Christine Ontivero

Petit commentaire

Ce genre d'articles illustre à merveille un désolant paradoxe: ce sont les journalistes qui en savent le moins sur le vin qui touchent le plus large public, et colportent ainsi le plus de fausses informations.

Sans aller jusqu'à suivre Coluche et son "pinard obligatoire", on souhaiterait qu'un minimum de "connaissances pinard" soit obligatoire pour ceux qui choisissent de parler du vin - après tout,  personne ne les y oblige, et qu'ils n'en dégoûtent pas les autres en lui faisant de mauvais procès...

Hervé Lalau

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Published by les5duvin - dans C'est grave - Docteur
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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 18:02

Jim+discreetshirts11.10.10

Self-effacing wine presenter@the RSJ restaurant's 30th anniversary dinner on 11th October 2010.

Jim

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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 00:02

Sympa comme les vins de la Vallée du Rhône en général - une provenance avec laquelle on a rarement des prises de tête ou d’autre chose. Des Côtes du Rhône génériques aux Crus, chacun, voire tout le monde, peut y trouver flacon qui lui sied.


Pour encourager cet aspect convivial du vin, l’interprofession lance une campagne de communication en notre beau et pas si plat pays.

Nos abribus vont fleurir, non seulement de rouge rhodanien, l’habituelle couleur communicative de la vallée, mais aussi de noir et blanc, tons d’antan qui "réassurent", comme ils disent du côté d’Avignon; qui réassurent les vieux, c'est à dire nous, les Tontons (c’est comme ça qu’on appelle les 5 du Vin sur le blog du Grand Jury, merci M. Mauss). Des tons qui inspirent aussi confiance à la génération suivante, ces petits cons de 25/35 ans.

 

Si j’en parle, c’est pour critiquer bien entendu, mais la critique, c'est comme les régimes, elle n’est pas systématiquement à la baisse, elle peut être positive, comme la cure grossissante.

 

 visuel 2009 copains

 

Commençons par la fin…

 

J’aime bien ces deux types qui s’embrassent presque, sous un arbre de la forêt de Soignes (c’est le bois bruxellois, l’équivalent du Bois de Boulogne, mais sans les Brésiliennes lippues).

Voilà donc deux vieux potes qui se sont pas vus depuis vingt ans !

Depuis que l’un est parti avec la femme de l’autre, pour être précis.

Ce sont des trucs qui arrivent et qui fâchent.

Mais un verre de Côtes du Rhône les réunit à nouveau, ça c’est beau !

N’essayez toutefois pas avant vingt années bien sonnées, c’est un minimum pour éviter de se faire étriper.

 

 visuel 2009 terrasse

 

Flash back. Ce deuxième visuel nous raconte le début de l'histoire, une tranche de vie. Les deux potes qui trinquent.

Naguère, ils ont rencontré la même meuf, ils se sont tous les deux amourachés d’elle; un seul l’a emporté, c’est classique, en ces temps préhistoriques… Il l’a emportée sur son dos… c'est çui qu'est assis sur la balustrade.
C’est comme ça que ça fonctionne, l’autre était sans doute trop confiant, pas de chance.

 

 

 visuel 2009 table

 

 

Continuons avec une troisième tranche de vie. 

Le mec qui a piqué la Dulcinée de l’autre (Dulcinée pour montrer qu’il était vraiment accroché, c’est comme ça un mec, des fois ça s’accroche, puis ça comprend pas la suite des évènements) invite leur ex-pote qui se morfond. Mais pas tout seul, non, c'est une petite soirée en galante compagnie, look at the two super nanas !! Là, c’est du grand art, parce qu’en regardant bien, on ne sait pas qui est le plus piégé, le blondinet avec son sourire niais ou les deux jouvencelles qui, visiblement, n’en ont rien à battre du copain. Seul le couple le sait et ça les fait se marrer, y z’auraient tort de se gêner.

C’est moche, c’est la vie.

 

 visuel 2009 copains

 

Terminons sur une note plus gaie, rien n’est jamais perdu.

Après vingt ans, les deux anciens amis se retrouvent, boivent un Côtes du Rhône bien rouge, la main sur l’épaule, le rire aux lèvres; la vie semble belle, loin des conflits amoureux.

 

C'est une fin ou c'est une suite?


Plan "Fin": on n'a jamais retrouvé le brun à la houppette rigolarde qui, entretemps, s’était pas mal dégarni. L’éconduit avait une relation bien cachée depuis plusieurs années avec qui vous devinez…


Plan "Suite" : les deux anciens potes sont vraiment redevenus amis, et là, ça c’est très fort en art communicatif, les photos suivantes sont un peu plus colorées, parce qu’on est sorti des drames de la vie quotidienne; elles montrent ces deux garçons avancer en âge avec toujours la même pêche, le même entrain, la même envie de croquer la vie, bref, en forme quoi !

 

Et vous savez pourquoi ? Parce que tous les jours de la semaine, ensemble ou chacun de leur côté, ils boivent avec modération une fraction raisonnable d’un flacon de Côtes du Rhône ;  et puis le samedi, trois verres de Côtes du Rhône Village sans nom de commune; idem le dimanche, mais avec nom de commune.

Les Crus, eux, sont réservés aux anniversaires et aux fêtes.

Là, à vue de nez, ils ont dans les soixante ans, ça veut dire qu’on va encore se les coltiner pendant trente cinq ans au moins

 

Bye

 

Marc

 

 

 

 

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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 00:02

Discrètement jusqu’à ce jour, je milite pour Montpeyroux. Depuis 20 ans ou presque. Soit, mais pour quelle raison ? Lisez plutôt si vous en avez le courage.

Ce n’est en rien de ma faute si des hurluberlus de la hiérarchisation viticole basés à Montpellier et ailleurs ont cru bon de créer des zones (Pézenas, Grès de Montpellier, Terrasses du Larzac…) à celles déjà existantes (Saint-Georges-d’Orques, Saint-Saturnin, Cabrières…) depuis au moins l’ère des VDQS (années 50) et même bien avant, semant un peu la zizanie dans un Languedoc déjà à couteaux tirés avec les technocrates de tous poils. Bien avant ? Il me semble que les négociants soucieux de rajouter une once de qualité dans leurs vins venaient puiser les bons vins là où ils se trouvaient, et particulièrement dans cette zone proche de Clermont-L’Hérault, à Montpeyroux, mais aussi dans les villages voisins, à Jonquières, Aniane ou Saint-Saturnin, précisément là où les bons grenaches et les antiques carignans n’ont pas attendu qu’on les déclare aptes à faire du vin de belle allure pour exister.

Je sais, je rabâche, ou plutôt je radote vu mon look de plus en plus marqué de vieux cep errant. J’en parlais déjà (ICI) dans une chronique qui n’intéressait personne et c’est pour cela que je reviens aujourd’hui à la charge en y mettant un peu plus de conviction et de poil à gratter. Dans ce Languedoc en mal de reconnaissance, les querelles de clochers, de droite comme de gauche, vont bon train et le maquis d’appellations plus ou moins bien contrôlées est en train de bouillonner. Ici, les pontes de l’appellation Languedoc (ex Coteaux) parlent de pyramide et ils en sont à ériger le sommet. Avec à la base, un simple Languedoc comme il est prévu d’avoir des vins Loire, Rhône ou Provence. Faut simplifier les gars vu que le public à l’air con comme la lune…

 sine-hebdo-231.jpg

 Cette simplification, qui complique une situation passablement embrouillée, fait que si l’on n’y prend garde des vins à la qualité aussi évidente que Faugères, Corbières ou Minervois, risquent fort de se trouver relégués au second étage d’une pyramide qui verra des crus plus récents qu’eux et qui plus est créés en leur sein (Boutenac, La Livinière, Pic Saint-Loup et cie) placés au sommet, donc à long terme les plus rentables. Comment peut-on nier l’historicité, la réalité, la qualité d’un terroir comme Faugères qui peut se voir un jour retranché en zone de second ordre face à des mastodontes encore jeunes  comme Terrasses du Larzac ou Grès de Montpellier englobant de nombreuses communes aux terroirs peu uniformes ? Je vous avais prévenu que ce serait compliqué.

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Les nouvelles bouteilles signées Christian Audigier pour la cave de Montpeyroux... des vins de cépages et non d'appellation !

Donc, moi, modeste journaleux de base, un brin franc tireur, Parisien d’origine de surcroît, et donc "estranger", j’ai l’outrecuidance de dire que tout ce micmac ne me plaît guère. J’ose croire dans ma naïve inculture languedocienne que des terroirs qui ont déjà le droit de mettre le nom de leur clocher sur l’étiquette depuis plus de 50 ans et à qui l’on a toléré ce droit dès l’avènement des Coteaux-du-Languedoc dans les années 80 ont raison de penser qu’ils peuvent se distinguer au point de réclamer le droit, justement, à la différence à défaut de demander leur indépendance. C’est d’autant plus normal que cette démarche s’opère logiquement avec les « experts » mandatés par l’INAO, qu’elle s’accompagne d’efforts significatifs grâce à un cahier des charges, plus normal encore si la cave coopérative du village qui assure à elle seule 80 % de la future appellation est en parfaite symbiose avec la vingtaine de caves particulières. Et c’est encore plus logique enfin si de belles terres de marnes bleues sont concernées et que le cépage carignan est relégué à son rôle de bon plant et non point de petit merdeux d'origine espagnole. Intéressante et originale aussi la démarche pour le moins novatrice en France qui consisterait à stipuler dans un décret que tels et tels cépages seraient concernés par l’appellation – quatre, si j’ai bien compris, syrah, carignan, grenache et mourvèdre – sans qu’il y ait pour autant de proportions imposées.

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Sylvain Fadat, maillot jaune du cru Montpeyroux

Puisque j’aime Montpeyroux, il est naturel que je prenne la défense de ce village. Pourquoi ? Pardi, parce qu’un dénommé Fadat, Sylvain de son prénom, m’a prouvé, il y a 20 ans que son terroir faisait de grands vins, que l’on y plante du grenache, du cinsault, de la syrah, du mourvèdre ou du carignan. Aujourd’hui, Sylvain est un des rares vignerons du Languedoc à avoir stocké plus de 8.000 bouteilles de sa production de millésimes vieux de plus de 10 ans, le seul à pouvoir offrir une verticales sur 20 ans. Il l’a fait non pas uniquement pour vendre ou pour frimer, mais pour souligner la qualité de son terroir. Et pourtant ses vins ne sont pas encore reconnus comme faisant partie des grands, du moins dans les guides nationaux. Sylvain est un peu le leader de toute cette bande de vignerons montpeyrousiens qui souhaitent confirmer leur statut de cru. Je serais attristé de constater que d'autres vignerons mal intentionnés voient de travers la volonté des habitants de Montpeyroux de se mettre en avant. Certains, et non des moindres, auraient souhaité qu’ils se conduisent comme les moutons en transhumance qui jadis traversaient les rues du village. Ils auraient aimé les voir rallier en masse l’appellation Terrasses du Larzac qui les enserre, appellation à laquelle les vignerons de Montpeyroux ne sont pas opposés d'ailleurs puisque certains ont des terres classées dans cette zone. Bref, je ne voudrais pas que la jalousie des uns et la méchanceté des autres viennent pourrir le climat.

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André Dominé, journaliste allemand

Avec mon confrère allemand André Dominé nous avons demandé au syndicat des vignerons du cru qui ne l’est pas encore tout à fait - jusque-là, le nom Montpeyroux était "toléré" sur les étiquettes - à ce que l’on organise, spécialement pour nous, une dégustation à l’aveugle de vins rouges arborant la mention "Montpeyroux". Tous étaient en bouteilles, donc conformes à ce que les consommateurs peuvent acheter et les 37 échantillons, exclusivement rouges, allaient du millésime 2009 à 1989, représentant ainsi 20 années de Montpeyroux. D’avance, merci à Jean-Luc Bonnin d’avoir organisé l’anonymat de la dégustation et à la coopérative "artisanale" du village d’avoir mis à notre disposition une salle climatisée pour maintenir les vins à la bonne température.

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Désirée Fadat défend ardemment son cru en l'absence de son mari.

En dehors du Domaine d’Aupilhac (Sylvain et Désirée Fadat) qui proposait à mes yeux un peu trop de cuvées, chacune au meilleur de leur forme en dehors d’un 1989 quelque peu éteint, j’ai été parfois déçu par la rudesse des tannins et la rusticité de l’amertume. Pour en revenir à celui qui reste au sommet du cru, Sylvain Fadat, celui-ci m’a une fois de plus littéralement bluffé avec son 1995 (35 % de carignan et 30 % de cinsault) complet et frais, son « Cocalières » (40 % syrah, 30 % grenache et 30 % mourvèdre) complexe et animé, son rarissime 2000 « Le Clos » (très mourvèdre et carignan) et son joyeux « La Boda » (plutôt mourvèdre et syrah)…

Après Aupilhac, plusieurs vins m’ont impressionné. Les voici, et pour une fois dans l’ordre de préférence :

-Villa Dondona pour son caractère très marqué, sa complexité et sa densité (2008) ;

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Jo Lynch et André Suquet de Villa Dondona

-La Jasse Castel, que l’on doit à la très dégourdie et rusée Pascale Rivière qui présentait son 2002 que je n’aimais guère il y a quelques années mais qui se révèle aujourd’hui structuré, frais et marqué par une belle finale sur le fruit ;

-Divem (Gil Morrot) pour son 2005 sur la finesse, riche, plein, superbe en finale… avec également un beau 2007 ;

-Alain Chabanon, pour son « Esprit de Font Caude » moitié mourvèdre, moitié syrah, joli nez, jolie finale, équilibré et prêt à boire ;

-Saint-Andrieu pour un 2002 « Marnes Bleues » assez dense quoique marqué par l’amertume ;

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Didier et Christophe Crézégut de Puech Auger

-Puech Auger pour son 2008 fin, dense, soyeux d’excellent rapport qualité-prix ;

-L’Aiguelière pour sa « Côte Dorée » 2006, très syrah, fourrure et sous-bois qui ne demande qu’à vieillir;

-L’Hortgrand 2007 « fûts de chêne », un peu rustique certes et austère, mais réservé, plein de sève et long en bouche. 

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Christine Commeyras, aux portes de l'Aiguelière

Pour des raisons de lucidité bêtement pratique qui ne nous permettait pas d’en voir plus au risque de tituber, nous sommes allés visiter deux domaines qui nous étaient totalement inconnus. L’un d’eux, Puech Auger, http://www.puechauger-languedoc.com/ appartient à deux jeunes, Christophe et Didier Crézégut dont on reparlera à coup sûr s’ils savent garder la tête froide. J’ai goûté leur carignan en cuve et me suis autorisé de les inciter à sortir une bouteille dans le genre vin peu compliqué à boire entre potes. On verra. En attendant, avis aux amateurs, les gars sont aussi trufficulteurs !

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L'ancien hôpital, siège de Villa Dondona, un havre de paix et de bon goût

L’autre domaine visité, Villa Dondona, mérite une bonne heure au moins. Jo Lynch est britannique et artiste (c’est elle qui réalise les étiquettes), tandis que son compagnon, ancien médecin à Gignac (beau marché le samedi) s’attache à faire revivre en lui la fibre occitane. Les vignes, au-dessus du quartier du Barry, le vieux Montpeyroux en quelque sorte, juste derrière l’église dans ce qui fut jadis l’hôpital, sont magnifiquement disposées sur des banquettes tournées vers le golfe du Lion, avec vue sur l’ensemble du Languedoc. Les propriétaires sont charmants et sont décidés à tendre vers de grands vins. Leur cuvée de Mourvèdre vaut le détour, leur Grenache aussi, sans oublier le Carignan dont je reparlerai un jour…

Autour de Montpeyroux, les promenades ne manquent pas, à commencer par Clermont-L’Hérault (huile d’olive), Saint-Guilhem-le-Désert et les gorges de l’Hérault. Les Fadat ont deux gîtes superbes qu’ils louent volontiers à la semaine pour des amateurs de vin. Sinon, je vous recommande à côté de Gignac, le mas Cambounet. Fabienne Perret, aidée de son homme, Jean-Charles, se dit cuisinière paysanne et cela lui va comme un gant. Dans son joli mas à 4 km de Gignac, entouré de vignes, d’oliviers, de cyprès, d’amandiers et de touffes de thym, elle n’a qu’un souci : faire plaisir à ses visiteurs qui viennent, sur réservation, goûter sa cuisine aussi légère et fraîche qu’ensoleillée. Cinq chambres d’hôtes. À partir de 75 € la nuit pour deux avec petit déjeuner. Repas : environ 25 € par tête, pain maison, vin et huile de la propriété inclus. Le bonheur !

Michel Smith

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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 06:40

Un peu de psychologie de comptoir...

J'ai coutume de dire que j'ai appris mes lettres sur les étiquettes de Bourgogne, et c'est presque vrai. Mes parents étaient des grands admirateurs des Beaune, des Pommard, des Nuits Saint Georges, des Meursault, et j'ai grandi dans cette dévotion. En blanc, il y avait aussi parfois des Alsace à la maison. Mais des grands Bordeaux, guère.

sigmund-freud.jpg

Hervé, parlez-moi de votre enfance...

Même si, à cet âge, je ne faisais guère que tremper mes lèvres dans les verres, je suis sûr que cette initiation précoce a eu son importance.

D'abord, même si j'ai appris à connaître bien d'autres crus sur la planète vin, par la suite, il m'en reste un respect particulier pour la Bourgogne, sa complexité, ses climats. Suchots, Montrevenots, Rugiens... tous ces noms, c'était autant de prénoms  pour "le" vin de la famille.

Quand je dis "respect", c'est plus dans l'esprit que dans les faits; car faute de retrouver les qualités des vins que je humais à la fin des années 60 dans leurs successeurs, ceux des années 80 et 90, j'ai un temps "décroché" du Bourgogne - au moins du Bourgogne rouge.

Plus fondalement, ma manière d'aborder les vins en a certainement été marquée. Mes souvenirs des jolis pinots de mon enfance m'incitent à demander d'un vin rouge qu'il soit flatteur au nez, voire complexe.

Je suis "nasal" avant d'être "buccal".

Bon, je vous ai dévoilé mes petits secrets. Peut-être mes complices des 5 voudront-ils bien me dévoiler les leurs? Marc est-il tombé dans la gueuze quand il était petit? Jacques a-t-il été initié au Brem ou au Mareuil? Jim était-il Muscadet ou Sherry? Michel était-il Carignan ou Edelberry?

La suite à la prochaine séance, Docteur Sigmund.

Hervé Lalau

 

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 00:09

PPLaPromenades-copie-1.jpgJacky Dallais' La Promenade

On Saturday we had a wonderful lunch at Jacky Dallais' La Promenade in Le Petit Pressigny (tel: 02.47.92.24.83). As is our custom we chose the Menu Tradition – deux plats plus fromages et desserts est 40€, trois plats: 50€. One star in Michelin – ought to be be more but the inspectors probably get lost in the depths of Touraine-Sud!

The food was fabulous from start to finish – inventive but everything worked. The service as usual discreet and efficient. Towards the end of the meal just a brief glimpse of Jacky Dallais at the reception desk before he returned to the kitchen – no celebrity chef antics here!

La Promenade also has an excellent wine list constructed and orchestrated by Xavier Fortin. It is particularly strong on the Loire and Languedoc-Roussillon. Naturally la modération ruled OK! 


XavierFortinas.jpgXavier Fortin

Please do nominate restaurants in France that you think offer similar or better value.

Some photos from the lunch:



Nouveau-Nezs.jpg

Apéro: Nouveau-Nez, Montlouis Pétillant, Damien Delechneau
 NouveauNez-BLs.jpg
Nouveau-Nez: back label

Amusebouches.jpg
Amuse-bouche

09Cendrillons.jpg2009 Cendrillon, François Plouzeau (above and below)

CendBLs.jpg


RizdeChevreaus

Riz de Chevreau

Canardfoiegrass.jpg
Canard et foie gras frais with a glass of Foucault brothers 2005 Saumur-Champigny

05ClosRougeards.jpg

07VincentCaremes.jpg

2007 Le Peu Morier, Domaine Vincent Carême, Vouvray
(Half bottle with the cheese)

Chocolatefeuilletes.jpg

Wickedly rich chocolate dessert

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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 00:09

C’était dans la langueur d’un profond après-midi, le sieur Lalau qui n’aime rien tant que d’allumer des mèches lentes propulsait dans ma boîte à mails une grenade dégoupillée : « Decanter pète les plombs » Ben oui selon lui un dossier signé Andrew Jefford affirmait que le Chardonnay est le meilleur cépage d'Australie. So far so good. Mais notre Hervé tiquait comme une tique fort irritée quand Jefford, ou le rédacteur final de Decanter, affirmait que ce même Chardonnay australien «peut sans effort surpasser le meilleur Bourgogne» (can outperform 'effortlessly' top level Burgundy).

Infamie !

Nouvelle bataille d’Hernani façon postmoderne que je suivis sur le petit écran de mon Iphone, alors que ce vendredi-là, je me portais jusqu’au Musée de la Chasse pour déguster un breuvage bourguignon dont je tairais le nom mais qui en blanc, ne pouvait que magnifier le Chardonnay. Putain ça canardait dans tous les coins comme dans un gabion de Picardie. Du gros calibre. Du un peu chauvin aussi mais bon nous ne sommes pas français pour rien. Même le camarade Charlier, le pauvre, sortait de sa tranchée pour arroser le gros gibier. Moi je trouvais ça beau, épique et alors que je gravissais la Butte Montmartre envahie par des hordes de touristes anglo-saxons pour assister aux enchères du merveilleux Clos Montmartre sponsorisé par Th.Dessauve et E. Bernardo, je ne pouvais m’empêcher de penser que la Toile était belle lorsque de tels guerriers s’y embrochaient.IMG_9203.JPG

Je ne raille pas  je me délectais. Même que le lendemain dans le TGV qui me transportait jusqu’à Saint-Dié pour le Festival International de Géographie, qui s’intéressait à la santé de nos forêts et qu’avait invité la Russie – Hé oui il n’y a pas que le vin dans la vie –, nos vaillants compagnons rompaient encore des lances sur les mérites comparés du Chardonnay d’ici, de là-bas et d’ailleurs. Alors je me disais dans ma petite Ford intérieure «mon gars t’es vraiment pas à la hauteur... t’es un peu niais... t’en ais encore à écrire que t’aime le Picpoul de Pinet... va falloir te recycler, reprendre ton plumier... t’es la honte des 5... comme qui dirait la 5ième roue du carrosse... même pas la roue de secours sauf à ce que le chœur des amateurs crient : au secours... bref la déréliction la plus complète... la descente aux enfers...»

Alors pour me rassurer je me remémorais cette maxime de Talleyrand « Il faut traiter légèrement les grandes affaires et les choses d’importance, et sérieusement les plus frivoles et les plus inutiles. Cette méthode a l’avantage que les esprits ordinaires ne peuvent s’en servir. » De grâce ne lisez pas ça de travers car dans cette affaire de Chardonnay nous n’avions guère affaire à des esprits ordinaires mais à de fins bretteurs qui m’ont fait passé quelques bons ¼ d’heures...

Et puis, comme s’il fallait que le fil de mon propos soit conforté par une grande pointure, alors que ma chronique était en boîte, tombait sur mon écran ce dimanche à 19h30 le commentaire de Robert Tinlot. Je n’en cite que la conclusion « En somme se comparer aux vins français est faire référence à l'étalon de la qualité. Ainsi par une appréciation certes globale c'est rendre les honneurs aux vins de France et reconnaître leur primauté. Merci Monsieur Jefford. Merci à Decanter de continuer à titiller les producteurs des grands vins de France et aussi des autres moins grands, il ne faudrait pas qu'ils s'endorment sur leurs lauriers. »

Chapeau Monsieur Tinlot ! Et dire qu’il y en à des qui affirment que les blogs ne sont peuplés que d’ignares et de mécréants ! Moi mis à part démonstration est faite que sur celui du Lalau l'exilé au royaume de Belgique http://hlalau.skynetblogs.be/archive/2010/10/07/decanter-pete-les-plombs.html  le fameux buzz est plein de bonnes choses...

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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 10:07

Le Corbières 2008, «Aux Temps d’Histoire» du Domaine du Grand Arc fait partie de ces cuvées «à histoires» comme on aime en rencontrer de plus en plus de ce côté-ci de la Méditerranée. «Un Carignan pure race» ! clame son auteur, arrivé dans les Corbières en 1990. Diantre! Les 5 cuvées de Corbières rouges créés par Fabienne et Bruno Schenck sont le fruit d’une passion pour une région – celle qui va de Cucugnan, où sont les vignes, à Padern, où ils résident – dans une partie de l’Aude qui voisine les Pyrénées-Orientales; dans un décor pierreux où seule la vigne peut faire vivre une famille, avec un peu de tourisme, il est vrai. Comme les chambres d'hôtes que proposent les Schenck dans le village de Padern.

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Première histoire, celle d’un conte monté de toutes pièces par Alphonse Daudet dans les Lettres de Mon Moulin. Lisez ICI la petite histoire du Curé de Cucugnan. Et profitez-en pour découvrir ce village insolite où le petit théâtre Achille Mir propose «Le Sermon du curé de Cucugnan» non loin des ruines du Château de Quéribus, une des plus belles ruines Cathares.

La seconde histoire concerne le Corbières «majoritairement carignan» comme il faut dire pour être conforme avec la législation des appellations. Les carignans qui nous concernent ont été plantés par Adrien Coste en 1875, juste après que le phylloxera eut ravagé le Sud. Son fils Louis repris la vigne en 1902, puis son petit fils Lucien qui proposa à Bruno de l’acquérir en 1999 afin d’éviter son arrachage. «Trésor si rare, explique Bruno Schenck, que j’ai apporté à mon tour tous mes soins pour transmettre au 21 eme siècle le vin d’une vigne dont les racines relient trois siècles».

Smith-0490.JPG 

Belle tenue en bouche, le vin est droit, minéral, tendu, très équilibré, il semble boisé, mais c’est souvent les notes de garrigues qui donnent cette impression. Comme toujours, il gagne en majesté une fois décanté ou conservé au frais avec un bon niveau d’air dans la bouteille. Mais si j’étais vous, j’attendrais 5 années de cave, au moins, avant d’ouvrir ce flacon tant il me semble encore pas tout à fait prêt. Environ 3.000 bouteilles ont été produites avec le millésime 2008. Le prix? un peu moins de 13 €, ou un peu moins de 26 € en magnum.

Michel Smith

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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 11:51

Puisque nous avons coutume de marier vin et musique, sur ce blog, je voulais rappeler l'anniversaire de John Lennon, né le 9 octobre 1940.

Voila un type qu'on imagine (sic) difficilement à 70 berges. Quoique, il y a des gens de cet âge qui sont très bien conservés.

Aucune idée de ce que John buvait d'habitude. Je sais juste que pendant l'enregistrement du White Album, il y avait du Liebfraumilch sur un ampli, même que la bouteille a cassé avec les vibrations de la basse de Paul et qu'on l'entend sur Helter Skelter.

Mais si je devais associer un vin à John, je crois que je choisirais plutôt un beau Sancerre sincère et acide. Un peu comme les coups de gueule de notre cher Jim. Sacrés anglais! S'ils n'existaient pas, ils faudrait les inventer.

Côté musique, juste pour le fun, voici mon "best of" perso de l'oeuvre immense de John: In my life. Tomorrow Never Knows. Strawberry Fields Forever.  I am the Walrus. All You Need Is Love. A day in the Life. Dear Prudence. Revolution. Yer Blues. Across The Universe. Come Together. Because. I want You. Working Class Hero. Isolation. God. Imagine. Jealous Guy. Gimme some Truth. Instant Karma.

Hervé

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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 08:33

Après ses chemises de dégustation, qui ont enchanté la planète vin, Jim Budd entame une série sur les chapeaux de vendanges. La mode est décidément partout...Hatpickings.jpg

Domaine de la Butte, Bourgueil

Sombreromans.jpg

Domaine Luneau-Papin, Muscadet de Sèvre-et-Maine

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Pascal Potaire, vallée du Cher


Jim

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