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POURQUOI CE BLOG?

Ce blog est né de l'heureux hasard d'une rencontre, en 2010, au Salon des Vins de Loire d'Angers, autour d'un verre de rosé de Bourgueil - celui de Pierre Jacques Druet. Il y avait là cinq "plumitifs" du vin. Le rosé aidant, l'idée a germé de créer un espace commun.
Parce qu'à cinq, on peut aborder plus de thèmes.
Parce qu'on peut débattre.
Parce qu'on peut partager. Des coups de coeur, des coups de gueule, de l'expérience.
Et qu'est-ce que le vin sinon une boisson de partage?
De ces cinq, certains sont déjà des blogueurs confirmés, d'autres non.
Comme il y a les 5 sens, il y  a maintenant les 5 du Vin.

Les 5 du Vin

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QUI SOMMES-NOUS?

David Cobbold (Eccevino) est le plus français des journalistes anglais du vin, ou vice versa. Il a reçu en 2011 le Wine Blog Trophy pour  son blog, More than Just Wine.

Jim Budd, sujet de sa Gracieuse Majesté, est journaliste pour diverses revues britanniques. Amoureux des vins de Loire, il leur consacre un blog, Jim's Loire, primé en 2009 du Wine Blog Trophy.

Hervé Lalau est un journaliste français écrivant pour diverses revues et sites français, belges, suisses et canadiens. Son blog "Chroniques Vineuses" lui a valu le Wine Blog Trophy en 2010.

Michel Smith, PourLeVin, est un journaliste français établi en Roussillon, travaillant pour diverses revues et guides en France. Il s'intitule lui-même "Journaliste en Vins et autres Plats de Résistance".

Marc Vanhellemont est un journaliste belge travaillant pour divers magazines en Belgique et en France. Incontournable, sauf par la face nord.

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Jim Budd's photographs are licensed under a Creative Commons Attribution-Noncommercial-No Derivative Works 2.5 UK: Scotland License.
8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 12:20
En ce 8 mars, comment ne pas penser aux femmes?

On ne compte plus les clubs de femmes dans le vin, les concours de vins de femmes. La femme est à la mode, dans le vin. Le marketing s'en est emparé, les as de cette jeune science de l'à-peu-près s'échinent à trouver des vins qui plaisent à la ménagère, aussi bien par le look que par le contenu. Ils s'imaginent qu'il y a un goût féminin du vin,  les chéris - mais ça, c'est une réflexion personnelle que la gente féminine voudra bien me pardonner.

Je suis né à une époque où l'on prônait déjà l'égalité entre les sexes, j'ai eu la chance de faire mes études dans des classes mixtes, j'ai deux filles que j'élève religieusement dans cette idée d'égalité. Je ne suis pas contre les femmes, ou alors, tout contre.
Je sais qu'il faut lutter encore, que le machisme n'est pas mort, que c'est un combat de tous les jours. Comme celui, beaucoup plus général, contre la connerie humaine.
Mais je me demande  si la recherche forcenée de l'identité féminine n'est pas contre-productive. Soyons clairs: je ne reproche pas aux femmes de faire bloc pour défendre leur différence, mais  je me fiche totalement de savoir si un vin est fait par une femme ou par un homme, de même que je me moque des opinions politiques ou des moeurs de l'oenologue et du propriétaire.

Tous ces clubs me gonflent, de même que me gonfle la féminisation des mots - auteure, gouverneure, etc. Et si encore il y avait une logique: certaines femmes tiennent à ce qu'on leur donne de 'l"Administrateur" ou du "Directeur", plutôt que de "l'Administratrice" ou "Directrice". Allez comprendre...

Au fait, je n'ai jamais entendu les hommes revendiquer la masculinisation des mots exclusivement féminins - à quand le giraf, le fourmi, le souris, le putain?

Mais je m'égare, et cela va certainement me valoir la rancoeur du Beau Sexe.
Peu importe, après tout, car je travaille pour elles: Mesdames, Mesdemoiselles, vos vins valent ceux des hommes, les dépassent même souvent, mais il y a belle lurette qu'on ne s'interroge plus sur vos capacités, pas plus que sur l'existence de vos âmes. Pourquoi vous, pensez-vous avoir encore quelque chose à prouver? D'autant que vos vins sont aussi différents les uns des autres que ceux des hommes entre eux.

Et ne venez pas me parler de vins féminins - c'est une notion aussi éculée que l'accord du rouge et du fromage. D'ailleurs, les femmes que je fréquente aiment les vins puissants...

Hervé Lalau

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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 00:21
Sacrilège ! Là, c’est clair, dans cette affaire il en va de l’honneur national. Inimaginable ! Incroyable ! Insupportable ! Comment a-t-on pu attenter à la dignité de ce sanctuaire ? Qui a osé perpétrer une telle ignominie à la Romanée Conti ? Des seconds couteaux je vous rassure, des coucous ingénieux, des profiteurs de notoriété.

IMG_7119.JPG

Si je lève le lièvre ce matin c’est que ces deux là n’en sont pas à leur premier mauvais coup. Pour ne rien vous cacher ce sont mêmes des stakhanovistes d’une forme de série noire vineuse qui, tel une pandémie grippale, une forme nouvelle du phylloxéra, ravagent les uns après les autres tous nos grands vignobles. Je ne vais pas vous infliger la litanie de tous leurs méfaits, plus d’une quinzaine, mais à titre illustratif, pour vous faire toucher du doigt la vigueur de ces tontons flingueurs : Vengeances Tardives en Alsace, Cauchemar dans la Côtes de Nuits, Coup de Tonnerre dans les Corbières, Le Dernier Coup de Jarnac.

Quand la fiction dépasse la réalité, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Comme vous l’avez, je l’espère, compris tous ces pétards mouillés sont l’œuvre de deux acolytes: Jean-Pierre Alaux et Noël Balen. Sans être trop mauvaise langue, je dois vous avouer qu’étant amateur de vrais polars, je trouve que l’imagination de nos écrivains à 4 mains s’épuise dès la déclinaison de leurs titres évocateurs. C’est l’exploitation d’un bon filon, comme certains peintres qui refont le même style de tableau et qui finissent par occuper les murs des salles d’attente des cabinets dentaires. Tant mieux pour eux puisqu’ils vendent leurs bouquins comme Monsieur Besnier vend des camemberts Président.

La collection chez Fayard est baptisée Le Sang de la Vigne, alors les assassins assassinent là où exerce un hybride de Michel Rolland et de Robert Parker : un certain Benjamin Cooker, œnologue anglais de souche, basé à Bordeaux aux allées de Tourny, amateur de Puros (normal, Alaux et Balen bossent pour l’Amateur de Cigares, ce qui leur permet de nous refiler des fiches techniques à bon compte). Cooker, qui bien évidemment se chausse, non chez André, mais chez Loeb, exerce son art pour des propriétaires aux mains blanches qui paient l’ISF.

Si vous aimez les tartines de «je sais tout sur le terroir, sur les propriétaires, sur les petits rien qui font savoir qu’on en est, qu’on dîne chez la baronne ou le baron ou le dernier qui vient de placer son pognon dans le vignoble, qu’on ragote dans les salons très prout-prout ma chère...» vous serez ravis et ça vous permettra de briller dans les dîners en ville. Ils l’étalent tellement leur culture du vin que par moment on en oublie le ou la trucidée pour se dire tient ce n’est pas con j’irais bien comme Cooker dîner au château de Gilly pour me taper des gorgeons du Clos de la Perrière. 

Morceaux choisis : «Pourtant, quand il avait passé avec succès son diplôme d’œnologue à la Faculté de Bordeaux, il avait bien appris du professeur Ducheyron que ces arômes de noix, caractéristiques de certaines Eaux-de-vie ou de vieux vouvray, résultaient de la présence d’acétaldéhyde. Dans les armagnacs, la persistance de cette odeur était liée à la combinaison du stolon avec les cétones...».

«Le temps pressait. Outre un effet de botrytisation imminent, on n’était pas à l’abri d’une attaque d’alternaria, de penicillium ou de rhizopus, ces champignons de malheur qui pourrissent en deux jours le raisin.»

«Chez Cooker, elle se défiait moins de son savoir que de sa perspicacité à trouver la parade contre le mildiou, l’oïdium, le black-rot ou la pourriture du collet, ces maladies cryptogamiques ou bactériennes, ennemies jurés des vignerons bourguignons. Si la bouillie bordelaise, là comme ailleurs, avait fait ses preuves, force était de constater que Cooker n’avait pas son pareil dans l’art des assemblages et, plus encore, dans la capacité à extraire la quintessence d’un chardonnay, d’un aligoté, d’un gamay, d’un sauvignon ou d’un pinot noir, cépage roi de Bourgogne qui n’exprimait jamais mieux ses vertus que par une rigoureuse maîtrise des rendements.»


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C’est t’y pas beau ça! Mais à propos pourquoi diable en suis-je venu sur le terrain des justiciers? Tout bêtement parce que notre Cooker, non content d’exercer ses talents œnologiques se substitue, tel un Hercule Poirot moderne, à notre pauvre police française pour confondre les criminels. J’ai donc commis cette chronique pour de rire, plutôt que de se prendre la tête. Je signale à Jim Budd que Benjamin Cooker n’est pas membre de l’Union Nationale des Œnologues de France; donc il peut tout se permettre. Bref, à chacun son job, je préfère les flics vérolés du LAPD de James Ellroy à ce snob de Cooker. Reste qu’il faut que je trouve une chute à cette chronique pour ne pas me faire coincer par la patrouille des journalistes d’investigation.

Mon seul recours : Pierre Desproges. Citant l’ouvrage «Soignez-vous par le Vin» du Docteur E.A Maury (un nom prédestiné) dans l’émission culte de Michel Polac «Les Vignes du Seigneur», celui-ci indique que pour soigner la neurasthénie, le seul remède est la Blanquette de Limoux : 2 verres au petit déjeuner, 2 verres au déjeuner, 6 au dîner. Voilà une «positive attitude» chers collègues ! Du Mauzac plutôt que du Prozac ça c’est de la bonne vieille réclame!

Jacques Berthomeau



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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 21:26

De temps en temps sur ce blog, Michel Smith nous présente une facette du carignan, cépage sudiste jadis honni mais dont on retrouve peu à peu tout le potentiel caché grâce à des vignerons de talent…


Le doux Carignan de Berlou

Je connais un Carignan génial qui pour une fois n’est pas planté sur argilo-calcaire, le type de sol où il se complait d’habitude dans le Midi et où il est fréquent de le rencontrer. Ce Carignan-là, on le trouve sur les coteaux de schistes, à l’ombre du Massif du Caroux, au nord de Béziers et plus précisément dans un village cul-de-sac nommé Berlou, à moins de 10 km de Saint-Chinian responsable du nom de l’appellation locale.

Ici, la garrigue est reine et c’est précisément dans ce maquis que la vigne tente de se frayer un chemin depuis plusieurs générations grâce au labeur des paysans. Parmi les aventuriers vignerons ayant posé leur sac dans ces coins reculés du Languedoc, Jean-Marie Imbert est une figure héroïque. Grand, pour ne pas dire immense, massif, la voix caverneuse et l’accent rocailleux teinté de provençal, le jeu de mots subtil et jovial à portée de langage, aussi allumé qu’illuminé, le bonhomme a débarqué de son Ventoux natal en 1996. Sa devise le résume bien : «Croqueur de plaisir plus que buveur de temps».


Carignasse-4-1.jpg
Jean-Marie collectionne les outils et les vélos

Le Domaine Rimbert couvre aujourd’hui près de 30 ha partagés en une quarantaine de parcelles ici appelées « travers ». Une grande diversité s’offre au vigneron qui peut ainsi s’en donner à cœur joie en vinifiant plusieurs cuvées «Typées», cuvées dans lesquelles le vieux Carignan a son mot à dire. La grande fierté de Jean-Marie Imbert est de revendiquer haut et fort son estime pour le cépage qui nous vaut cette chronique à épisodes. Il lui consacre deux cuvées issues de raisins bien mûrs qu’il égrappe (ou pas) et qui fermente dans ses propres levures avant de le laisser macérer en cuve sans oublier de le piger.

 Carignasse-4-2.jpg

Ses vins sont toujours sur la finesse, un rien charmeurs. Que ce soit dans la version «Carignator» ou «Le Chant de Marjolaine», qu’il appelle aussi volontiers «Carignatora» car plus tendre que le premier. Les deux n’ont pas d’autre appellation que  celle de Vin de Table et cette mention leur va comme un gant. Personnellement, j’avoue un faible pour le «Carignator», un vin aussi sombre que costaud, généralement construit sur plusieurs vendanges à partir du fruit des plus vieilles vignes en partie fermenté en fûts puis élevé en barriques.  Pour en savoir plus, allez sur www.domainerimbert.com

J’ai goûté le «Carignator 3», hélas dans le désordre qui marquait la fin de Vinisud, ce qui fait que je n’étais pas assez concentré pour noter dignement ce vin. Mais je me rappelle à la fois de sa fermeté, de son bel équilibre et de sa finale langoureuse. «El Carignator II», son prédécesseur, était de la même trempe, marqué par un velouté de bon aloi et teinté d’une sacrée minéralité.


Carignasse-4-3.jpgCarignator

Ce sont des vins élégants, que l’on réserve aux grandes occasions, qui font merveille sur des plats de gibier; ils étonnent plus d’un amateur si l’on prend la peine de le servir anonymement dans une carafe sans annoncer ni le cépage ni sa provenance. Content de mon piège, je l’ai ainsi fait goûter à un anti -carignanasse primaire qui en est resté sur le cul !


Michel Smith

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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 11:54
Voici quelques semaines,  Laurent Perrier présentait à la presse internationale son Brut Millésimé 2000. L’occasion également de montrer sa toute nouvelle cuverie de Tours-sur-Marne, où la marque vinifie à présent la totalité de sa production.
L’occasion enfin de mettre un visage sur le nouveau patron du groupe, Stéphane Tsassis (venu de Guerlain), et sur les deux filles de Bernard Nonancourt, qui a donné à la marque ses lettres noblesse; j’ai nommé Alexandra et Stéphanie.

Mais revenons au millésime 2000. Le chef de Cave, Michel Fauconnet, nous explique que Laurent Perrier n’est pas «un grand millésimeur» (moins d’une année sur deux ces 50 dernières années)  Ce qui n’en donne que plus de valeur aux millésimes que sort la Maison. Les autres  millésimés récents  chez «LP» sont  88, 93, 97 et 99.

Voici comment se présentait cette année 2000: un mois de juillet pluvieux, assez comparable à 1999, mais avec à l’arrivée, un degré  de plus. Des chardonnays très fins, des pinots noirs puissants et charpentés - c’est ce qui a emporté la décision de millésimer.

LP 2000
LP 2000 (Photo H. Lalau)

Et dans le verre ?


Or soutenu, effervescence fine, fleurs blanches et  miel d’acacia (discret); agrumes et  fruits confits arrivent en rangs serrés à l’agitation, mêlés de pain d’épice. L’acidité est bien présente,  le premier contact, est un peu acerbe, mais le liquide réchauffant, la bouche s’équilibre, on perçoit même un peu de gras. Bonne minéralité en finale.
A noter que le magnum lui sied encore mieux ; servi à bonne température (pas trop frais), il présente une richesse insoupçonnée lors de la dégustation de la bouteille de 75cl.

50% chardonnay (Avize, Cramant, Oger, Chouilly), pas de Mesnil car grêlé
50% pinot noir (Bouzy, Ambonnay, Mailly, Verzy).  11 g de sucre, 5g d’acidité (les moûts étaient à 7).



Hervé Lalau

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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 00:20
Nous poursuivons notre exploration de la garde-robe des tasting-shirts du Jim avec une création clairement d'inspiration asiatique.
Une chemise très pratique pour se fondre dans la jungle des cocktails. On peut  continuer à déguster tout en tournant le dos aux raseurs.

Aucun rapport avec l'affaire Tiger Woods.

Shirt5a-copie-1.jpg

Hervé Lalau
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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 22:58
Voici de quoi passer cette fin de semaine grise et pluvieuse bien au chaud.
Je rencontre de temps à autre Christian Duteil qui comme nous manie la plume vineuse avec grâce dans un magazine à l’écho du patrimoine.
Parallèlement, il fait acte de présence à la fac de philo de la Sorbonne. Endroit où il présentera bientôt sa thèse. Elle nous concerne, en voici donc un aperçu.

Marc Vanhellemont

La question des médias hante la philosophie depuis plusieurs décennies et fait aujourd’hui question. Or, l’idéal de l’intellectuel esquissé par Kant dans «Qu’est-ce que les Lumières ?», a  sans doute vécu pour faire époque et «diagnostiquer notre présent». On n’a pas voulu discerner ici qu’il s’agissait d’un effort vers les Lumières, non de l’affirmation dogmatique d’une «opinion» éclairée contre une autre.
En ciselant la fiction théorique du "reporter d’idées", Michel Foucault  veut effacer ce quiproquo en prônant que «les intellectuels  travailleront avec les journalistes au point de croisement des idées et des événements». Il  désire surmonter - à l’aide de cet inédit et brillant syntagme oxymore  - l’image d’Epinal biaisée de l’intellectuel qui se contente souvent des échafaudages sophistiqués de la pensée discursive sans s’engager dans l’actualité des bruits du monde et sans se soucier de s’adresser au plus grand nombre. Pour pratiquer cette «ontologie du présent», l’artificier Foucault  n’hésite pas à conjuguer la pensée pure avec l’événement mondain ici et là… Créant ainsi une sorte d’hétérotopie (lieu autre qui n’est pas une utopie) qui permet de dépasser  les errances médiatiques du pouvoir journalistique tout en jouant la carte littéraire de l’ «universel reportage».

De Marx à Sartre, de Foucault à Camus en passant par Cavaillès, Tucholsky, Kraus, Benjamin, Arendt, Aron, Nizan, Debord, Hatzfeld, Kapuscinski, Herr, Lévy, etc., nous mettons en scène ces modernes «reporters d’idées», leurs symptômes et leurs dérives, mais aussi leurs temps forts et leurs trajectoires dans une vaste fresque intellectuelle sous la  forme de reportages.

Le problème étant au bout du compte de savoir si le reportage d’idées, notre fiction théorique, peut être un réceptacle réellement efficace pour mettre en scène l’idée, avec «effet du réel», permettant ainsi à la philosophie «moderne» de se mettre à l’épreuve de la réalité et des événements, tout en continuant à dessiner ses constellations et ses idées étoilées.  A savoir de rechercher l’idée dans la réalité elle-même et pas dans un autre monde ou/et un pur système d’abstractions.

Résumé en anglais

The "idea reporter" between the wise man and the insane
The issue of the media has haunted philosophers for several decades and remains today unanswered. The intellectual ideal mentioned by Kant in "What is Enlightenment?" has, without a doubt, served to "diagnose our present". This concerns an effort towards Enlightenment and not the dogmatic affirmation of one well-informed "opinion" versus another.

By dissecting the theoretical fiction of the "idea reporter", Michel Foucault wants to erase this quid pro quo, advocating that "intellectuals will work with journalists at the crossroads of ideas and events". He wishes to overcome, with the help of this original and brilliant syntagm oxymoron, the traditional and skewed intellectual image that often contents itself with sophisticated arrangements of discursive thoughts, without engaging in what goes on in the world and without worrying about reaching the largest population. To practice this "ontology of the present", the provocative Foucault does not hesitate to combine pure thought with mundane events here and there...
Thereby creating a type of heterotopia (a place other than a utopia) that allows surpassing the deviations of journalistic power all the while playing the literary card of "universal reporting".

From Marx to Sartre, Foucault to Camus, passing through Cavaillès, Tucholsky, Kraus, Benjamin, Arendt, Aron, Nizan, Debord, Hatzfeld, Kapuscinski, Herr, Lévy, etc., we are presenting these modern "idea reporters", their deviations, as well as their highlights and their trajectories in a vast intellectual portrait in the form of media reports.

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 01:07

La première pour ce salon presque intimiste malgré les presque 500 exposants. Tous réunis dans le même hall, chacun sa petite table nappée de blanc, ses quelques bouteilles alignées. Pour tout le monde pareil, pas de distinction  de classe, de prestige, de grandeur, de nombre d’hectares… C’était Millésime Bio, au mois de janvier.  J’y ai pris mon pied à déguster, en trop peu de temps, quelques vins bien nés.

Puis, m’y revoilà la semaine passée. Pas dans le même esprit, parce que de visiteur, je deviens exposant dans le palais 6. Le 6, c’était celui des mégalos, mon petit 10m2 heureusement bien coloré ressemblait à Gulliver au pays des Géants (on ne connaît en général que son passage sur l’île de Lilliput, sans «e» bande de…). J’étais donc entouré de «petits faiseurs», de ceux qui font dans la discrétion…  Skalli, Castel, Advini (Ze JeanJean/Laroche connexion), UCCOAR (Union des Caves Coopératives de l'Ouest Audois et du Razès), Vignerons Catalans…, avec ou sans étage.

Marc-Vinisud.jpgMarc expose à Vinisud

Julien, un proche voisin de rangée (nous étions collés au mur) faisait un lien entre attributs (nom médical qui désigne chez l’homme ce qui le différencie de la femme) et proportions pavillonnaires. Si j’ai bien compris, ça veut dire qu’IVV égale petit kiki, mais Skalli gros z..., par exemple. Nous n’irons pas dans la cour de récré pour comparer.

Heureusement, j’ai pu m’échapper de temps à autre. Ce qui m’a permis de remarquer les approches différentes dans la construction des emplacements, sans doute, le reflet de la psychologie des entités exposantes.

Pour Châteauneuf-du-Pape, un espace solaire, radial, avec un bar musical au milieu, convivial; j’y ai dégusté quelques sushis et du Comté avec de vieux blancs.
Chez les Corses, un pavillon bien rangé, aux armatures galbées, mais où chaque producteur recevait le quidam comme dans sa cave, plus deux comptoirs généreux où les Vermentinu, Niellucciu et Sciaccarellu coulaient à flots, accompagnés de charcuteries locales.

Le Rhône et son Interpro avaient imaginé un circuit tournicotant, genre test pour rat de labo; t’y entres, tu mets 2 heures à trouver la sortie, ça c’est du marketing au poil !
Pour rester dans le Rhône, il y avait aussi Rhône Vignoble et ses barriques disposées à la va comme je te jette, avec derrière chacune une pointure du vignoble et devant un attroupement constant, mais le tout, bon enfant; avec, cerise sur le gâteau, le batteur de Trust qui après 5 minutes de tonnerre sur barriques claires, s’est fait houspiller par le voisin Vacqueyras. À côté, pourtant, les filles du Rhône, dans leur enceinte aux angles arrondis, n’avaient d’yeux que pour lui.

La Provence, tout en blanc, certainement pour mieux mettre le rosé en avant, mais sans les cigales ou les crapauds, ni autres sonorisations; à l’époque, ça nous agaçait, aujourd’hui, ça nous manque.

Il y avait d’autres montages plus ou moins heureux ou carrément tristes, des vins à boire, d’autres à pisser, des trop connus, des inconnus. Le tout jeté dans une suite de palais à la remarquable numérotation; si tu veux donner rendez-vous, mieux vaut le faire au parking, enfin, le bon parking.

La série des halls commence avec le 1 mais le 2 n’existe pas, le suivant, c’est le 5 qui donne sur le 13, le 6 permet de passer dans le 11 d’un côté et dans le 12 à l’opposé. Cela doit être un test de QI, j’ai obtenu celui du rat de laboratoire, et je suis retourné dans le 11 où y avait Inter Rhône…

Enfin, les grands salons, ça permet de revoir de vieilles têtes, de serrer des louches, de prendre ou reprendre contact, de se montrer et de montrer ce qu’on a en magasin. C’est utile, et puis, c’est pas trop souvent…

Marc Vanhellemont


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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 15:49
Le 27 décembre dernier, avec mon ami Louis Havaux, j'adressais à la télévision belge, au nom de la FIJEV, une lettre au sujet d'une émission consacrée au vin nature. Emission qui nous paraissait souffrir à la fois d'un manque d'objectivité et d'un manque de fond.

J'espérait naïvement une réaction pratique. Je n'ai eu droit qu'à un petit message me signalant qu'on allait s'informer. Deux mois plus tard, aucune justification, aucun regret, aucune mesure concrète.

Au nom du droit à l'information, je me sens donc libre de diffuser cette lettre. Je n'en attends plus grand chose, si ce n'est de vous prendre à témoin, chers amis lecteurs. Vos réactions m'intéressent.
 

A Monsieur Marc Bouvier
Chef de Rédaction de l’Info Quotidienne
RTBF Télévision

 
Cher Monsieur le Chef de Rédaction, cher Confrère,
 
Le reportage diffusé ce samedi 26 décembre lors du journal de 13 heures de la RTBF, au sujet des vins nature, a retenu toute notre attention.

Il met l’accent sur une  voie nouvelle dans le monde du vin, ce qui est positif.

Il contient cependant trop d’inexactitudes et d’amalgames pour ne pas exiger une réaction.

A entendre les personnes que vos journalistes ont interviewées (sans doute de bonne foi), et à lire les textes mis en surimpression, et qui se veulent explicatifs, un consommateur moyen conclut que seuls les vignerons « nature» n’utilisent ni soufre, ni sucre, ni levures. Ce qui est inexact. Rétablissons les faits.

- L’ajout de sucre (que l’on appelle chaptalisation) se pratique pour augmenter le degré d’alcool. Un grand nombre de vignerons qui ne se revendiquent pas du vin nature ne recourent pas à cette chaptalisation. A terme, compte tenu du réchauffement climatique, qui aboutit à des vins «naturellement» forts en alcool, la chaptalisation est d’ailleurs appelée à perdre de l’importance.

- Le refus de l’ajout de levures sélectionnées en laboratoire n’est pas plus l’apanage des vins nature. Beaucoup de grands vignerons préfèrent utiliser les levures naturelles de leur cave, quitte à voir leurs fermentations démarrer plus lentement, et à devoir les contrôler de plus près, car ils sont conscients des risques de standardisation  du goût que présentent  les levures de laboratoire.

- En ce qui concerne plus spécifiquement l’absence d’ajout de soufre, il est à noter que les vignerons «nature» acceptent un faible ajout de soufre, dont ils se passent cependant lorsque les conditions de la récolte sont optimales. Et rappelons que contrairement à ce qui est soutenu par un de vos interviewés, le soufrage des barriques n’est pas un héritage du tout chimique et du productivisme des années 1960-70: il a été inventé au 17ème siècle par les marchands hollandais, et a toujours été pratiqué depuis, pour éviter que les vins ne s’oxydent et ne prennent de faux goûts. Ce que l’on peut réprouver, œnologiquement, c’est l’excès de soufre, pas le soufrage en lui-même. Rappelons aussi que «nature» ou non, le vin contient toujours du soufre, à très faible dose, il est vrai: celui-ci est issu de la fermentation naturelle du raisin.

 Enfin, dans le reportage, un de vos intervenants émet l’avis (discutable) selon lequel les vins naturels sont les plus proches du terroir.

C’est parfois vrai, parfois pas. Dégustateurs professionnels, nous avons pu observer à plusieurs reprises que certains vins naturels, faute d’hygiène dans la cave, ou de maîtrise de la vinification, présentent les mêmes notes de pomme blette qu’ils viennent d’Alsace ou de Loire, du Jura ou de Provence ; au point qu’on ne reconnaît plus ni le terroir, ni le cépage. On est donc en droit de se demander s’il ne s’agit pas là d’une nouvelle forme (involontaire) de standardisation par le défaut, par la déviation des arômes.

En résumé, pour séduisant que puisse être le concept de vin nature (et certains vignerons qui s’en réclament élaborent effectivement des merveilles), on ne peut opposer, comme l’a fait votre reportage, les bons vins nature d’un côté, et tous les autres dans la même grande cuve. On comprend que les partisans des vins nature soient motivés et convaincus, il ne faudrait pas qu’ils en deviennent sectaires, et que leur force de conviction balaie toute critique journalistique.

Votre reportage manquait d’objectivité; il n’y avait pas de contrepoint aux affirmations  de vos interviewés. Un œnologue aurait pu, aurait dû  apporter cet éclairage.

Cette lacune est d’autant plus dommage que tous les amoureux du vin salueront l’intérêt qu’une grande chaine généraliste porte au vin,  en lui consacrant un sujet à une heure de grande écoute.

Nous ne doutons pas que vous aurez à cœur de réparer cette lacune.

Dans cette attente, nous vous adressons, cher M. Bouvier, nos salutations confraternelles,

 
Hervé Lalau, Secrétaire Général

Louis Havaux, Président d’honneur

Fédération Internationale des Journalistes et Ecrivains du Vin (FIJEV)
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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 10:00
Pour répondre à quelqu’un que je connais bien: non, le merlot ne prend jamais le goût de pinot. Le grenache noir, lui, «pinote» parfois chez nous, en Languedoc, la syrah peut-être aussi, surtout si elle est associée au grenache, au carignan, au cinsault. Cela doit dépendre des terroirs. Mais jamais, ô grand jamais, le merlot… à moins peut-être de le mélanger au pinot.

pinot.jpgPinot, joli pinot du Languedoc...

Cette histoire de pinot-merlot me fait revenir quelques années en arrière. Quand il a été question de donner naissance à une appellation Limoux, pour les rouges - appellation née officiellement en 2004, alors qu’elle existait déjà pour les blancs «natures», c’est-à-dire sans bulles -, j’étais naïvement persuadé que le pinot noir serait mis en avant, en compagnie, éventuellement, de cépages sudistes.

Pourquoi ? Parce que j’avais vu fleurir dans les années 80-90, principalement dans la haute vallée de l’Aude et autour du village de Roquetaillade, d’intéressants flacons de ce cépage, en particulier ceux réalisés par le négociant Bourguignon Antonin Rodet, lequel a quitté la région depuis, ceux du minuscule Domaine de Mouscaillo et ceux d’un duo du Mâconnais confortablement installé au Domaine d’Antugnac. Il y avait d’autres sources intéressantes de pinot noir et, vu les réussites, compte tenu de la domination du sieur merlot dans le registre des Vins de Pays d’Oc, ainsi que dans les appellations voisines Malepère et Cabardès, il eut été normal de penser pinot, ne serait-ce que dans un souci de diversification des offres.

Il va sans dire que sur les terroirs un peu plus élevés qu’ailleurs en Languedoc (on frôle ici les 500m d’altitude pour les vignes les plus hautes), dans une région où les nuits sont encore plus fraîches, le brave pinot avait ses chances. Tu parles !


Les méchantes langues disent que c’est sous la pression de la plus importante des caves coopératives locales (Sieur d’Arques) que s’est imposé le merlot. Plus maniable, plus facile à travailler, il donne un jus docile et régulier et il n’est pas interdit de penser que les adhérents de la-dite cave, bien conseillés, en avaient planté pléthore. Exit le pinot, vive le merlot ! Désormais, le merlot est imposé à 50 % dans le décret, le reste étant composé de 30 % au moins de syrah, grenache ou côt et de pas plus de 10% de carignan, les deux cabernets étant considérés comme cépages accessoires. Il y avait, en 2004 au moment du décret, 60 ha de vignes pouvant prétendre à l’appellation, il y en a près de trois fois plus aujourd’hui. Et le peu de pinot noir planté alimente les grandes cuvées des stars du crémant et de la blanquette.

Conclusion: il est clair que si les dirigeants de Limoux avaient été plus clairvoyants, ils auraient pu fournir sans mal du bon pinot noir dans le monde entier… et sans se retrouver en appel devant une cour de justice.

Mon palmarès d’un jour :

-Le meilleur pinot noir de Limoux, à mon goût bien sûr, est celui du Domaine d’Antugnac www.collovrayterrier.com notamment dans la cuvée « Côté Pierre Lys » élevé en pièces, comme un grand. Ce n’est qu’un simple vin de pays, comme beaucoup de grands vins en Languedoc.

-Pour ne pas décevoir les tenants des cépages aquitains, le meilleur Limoux rouge (merlot majoritaire, puis malbec, syrah et cabernet franc) est le 2005 de Baron’Arques, propriété achetée en 1998 par Philippine de Rothschild et ses deux fils (www.domainedebaronarques.com), lequel rouge, noblesse oblige, coûte autour de 30 € !

-La meilleure Blanquette de Limoux (appellation à ne surtout pas ignorer) est celle d’Alain Cavaillès qui travaille en bio et de façon très modeste dans le petit village de Magrie (Tél. 04 68 31 11 01). Goûter aussi le brut nature de la maison Antech (voir plus bas), un pur mauzac qui ne manque pas de pêche et qui ne dépasse pas 8 €.

-Le meilleur Crémant de Limoux est celui de la famille Antech (www.antech-limoux.fr) qui n’hésite pas à commercialiser de vieux millésimes et qui vient de sortir une cuvée « Héritage » 2008 contenant 10 % de pinot noir donnant un vin à la fois droit et charnu. L’autre maison à suivre de près est le Domaine J. Laurens (www.jlaurens.com), pour son crémant (5% de pinot noir) et pour son rosé dont je raffole.

 Cerise sur le gâteau :

-Retour au pinot avec, pour le meilleur du Languedoc, le Domaine de Clovallon, dans l’Hérault, où la sensible Catherine Roque a fait ses débuts de vinificatrice en donnant naissance à des pinots noirs au vrai goût de pinot («variétal», diraient les pros), des vins frais et denses, un rien mutins, qui se boivent avec grand plaisir. Le pinot, pour elle, est un rebelle et c’est visiblement ce qui l’a séduit dans ce micro climat de l’arrière-pays Biterrois, aux alentours de Bédarieux, où les vignes grimpent jusqu’à 400 mètres, certaines tournées vers le nord. Bon, maintenant, la dame semble prendre du recul et se consacre plus volontiers à son vignoble de l’autre côté de la montagne, sur les schistes de Faugères, au Mas d’Alezon, où il fait plus chaud. Et c’est sa fille, Alix Roque, qui fait ses armes à Clovallon en reprenant le domaine en biologie. La cuvée de pinot que je recommande au plus haut point s’appelle «Les Pomarèdes». Je m’en régale dès que j’en ai l’occasion dans mon petit restau secret proche de la gare de Perpignan. Mais il y a un autre pinot à boire très jeune à moins de 10 €. Je n’ai que le téléphone à vous offrir : 04 67 95 19 72. Puisque je suis de bonne humeur vous aurez aussi le portable de la maman au cas où : 06 11 58 57 20.

(c) Michel Smith
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Published by les5duvin - dans Vu de Perpignan
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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 13:36
Pour votre information, voici le serment que prononcent les oenologues de de L'Union des Oenologues de France. Manifestement, à la lumière de l'affaire du faux pinot, certains en ont oublié une bonne partie...
Gageons que l'Union saura se rappeller à leur bon souvenir, puisqu'ils ont juré de répondre de leurs actes devant la profession...
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Published by les5duvin - dans C'est grave - Docteur
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