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  • : Cinq passionnés du breuvage de Bacchus parlent du vin sous toutes ses facettes.
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POURQUOI CE BLOG?

Ce blog est né de l'heureux hasard d'une rencontre, en 2010, au Salon des Vins de Loire d'Angers, autour d'un verre de rosé de Bourgueil - celui de Pierre Jacques Druet. Il y avait là cinq "plumitifs" du vin. Le rosé aidant, l'idée a germé de créer un espace commun.
Parce qu'à cinq, on peut aborder plus de thèmes.
Parce qu'on peut débattre.
Parce qu'on peut partager. Des coups de coeur, des coups de gueule, de l'expérience.
Et qu'est-ce que le vin sinon une boisson de partage?
De ces cinq, certains sont déjà des blogueurs confirmés, d'autres non.
Comme il y a les 5 sens, il y  a maintenant les 5 du Vin.

Les 5 du Vin

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QUI SOMMES-NOUS?

David Cobbold (Eccevino) est le plus français des journalistes anglais du vin, ou vice versa. Il a reçu en 2011 le Wine Blog Trophy pour  son blog, More than Just Wine.

Jim Budd, sujet de sa Gracieuse Majesté, est journaliste pour diverses revues britanniques. Amoureux des vins de Loire, il leur consacre un blog, Jim's Loire, primé en 2009 du Wine Blog Trophy.

Hervé Lalau est un journaliste français écrivant pour diverses revues et sites français, belges, suisses et canadiens. Son blog "Chroniques Vineuses" lui a valu le Wine Blog Trophy en 2010.

Michel Smith, PourLeVin, est un journaliste français établi en Roussillon, travaillant pour diverses revues et guides en France. Il s'intitule lui-même "Journaliste en Vins et autres Plats de Résistance".

Marc Vanhellemont est un journaliste belge travaillant pour divers magazines en Belgique et en France. Incontournable, sauf par la face nord.

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The Famous 5

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Sauf mention contraire, les textes et photos sont protégés par le Copyright de chaque auteur, individuellement pour les articles signés, ou collectivement pour les articles coopératifs des 5 du Vin.

Jim Budd's photographs are licensed under a Creative Commons Attribution-Noncommercial-No Derivative Works 2.5 UK: Scotland License.
15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 09:26
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Il a des lettres, notre Berthomeau; regardez ce qu'il nous a déniché dans le XIIIème... Le XIIIème siècle, bien sûr, pas l'arrondissement...

«La libertine ivrogne, elle, en use à peu près ainsi : elle s’arrange pour boire d’abord plusieurs verres de vin afin qu’on le sente sur elle. Puis elle sort dans la rue, prend la démarche de celle qui est prise de boisson et cherche son premier pâturage parmi les hommes  qu’elle rencontre.

Quand elle en voit un qui lui semble apte à lui procurer ce qu’elle désire, elle le suit jusqu’à ce qu’il arrive dans un chemin peu fréquenté. À ce moment, elle l’aborde en face, lui donne un grand coup de poing sur la poitrine, le saisit par le collier. Puis elle chancelle comme les gens ivres jusqu’au dégorgement. Et elle lui crie :
- Toi, un tel…
Elle lui lance n’importe quel nom, comme si elle le confondait avec un autre sous l’emprise de la boisson.
- Traître ! Perfide ! continue-telle. Tu as aimé une telle, comme si elle était meilleure que moi. Tu as cru que je ne le saurais pas, tu as multiplié devant moi les faux serments… Par Dieu, je ne vais laisser aucun vêtement sur toi sans le déchirer sur-le- champ.

- Elle s’agrippe alors à ses habits et les tire, jusqu’à ce qu’il dise enfin :
- Femme, ne fais pas cela ! Tu te trompes sur mon identité.
- Dès qu’elle entend ces mots, elle prend une attitude embarrassée, brisée, comme si elle allait s’évanouir, puis elle chancelle et dit :
- Ô mon frère, couvre d’un voile décent ce que Dieu a caché. Je suis ivre.

Elle s’éloigne alors en marchant péniblement, tombant sur le sol et se relevant à plusieurs reprises. L’homme la voit dans cet état et ne tarde pas à la convoiter. Il se dit : "Voilà une occasion à ne pas manquer. C’est une proie toute prête… on peut la manœuvrer comme on veut". Il s’empresse donc de l’accompagner chez lui. Elle commence par refuser :
- Non, je ne trahirai pas mon ami ! Si je ne t’avais pas confondu avec lui, je ne t’aurais pas abordé.
L’autre s’entête dans son projet, poussé par la convoitise et le désir. Finalement, il offre à la femme beaucoup plus que le prix normal.»

 
Ahmad Al-Tifachi (XIIIe s.)
 
"Les Délices des Cœurs", Editions Phébus,
Traduction de René Khawam


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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 10:04

Suite du feuilleton de Michel. Où l'on découvre une nouvelle facette du carignan...


Un Carignan pas gnan-gnan

Il fait froid. Vraiment pas facile de se réchauffer avec cette putain de tramontane qui donne l’impression de filtrer au travers des pierres de mon bureau pour venir me glacer les os alors que je fixe mon écran. Alors, avant de lancer mon petit morceau de bravoure carignanesque qui n’intéresse que moi, je me réchauffe comme je peux: chauffage à fond et musique planante parfois rockeuse aussi. On devrait tous se repasser les titres des Moody Blues. Que sont devenues ces nuits de blanc satin que je réécoutais sans cesse sur l’album (Decca) Days Of Future Passed entre London et Paris et qui accompagnaient souvent mon printemps 68 alors que mes copains ne juraient que par un plus romantico-engagé du nom de Bob Dylan ? En plus, on m’étiquetait «mod» alors que je me sentais «rocker». Horreurs du passé…

days_of_future_passed.jpg

http://www.deezer.com/music/playlist/the-moody-blues-871401

Sortons vite de ce Blue World aux parfums d’encens et de haschich pour revenir sur les traces du bon Carignan. J’en connais un dans le Minervois qui n’a rien de gnan-gnan et qui, une fois de plus dans la viticulture actuelle, est l’œuvre d’un couple n’ayant pas froid aux yeux. En 1999 je crois, Nicole, une fille du cru, et John Bojanovski, un gars des US, se sont unis sur ces terres caillouteuses où le Carignan est aujourd’hui quasi centenaire. Très vite, ils ont cherché à s’aventurer hors des sentiers battus. Ils sont même allés jusqu’à fonder une association baptisée Carignan Renaissance. Regardez comme ils sont mignons Nicole, John et Sacha, du Clos du Gravillas.

Gravillas.jpgCeux de Gravillas

Je pense à eux en ce jour glacial. La cuvée « Lo Vièlh » dotée du simple titre de Vin de Pays, porte bien son nom. Dédiée aux plus vieilles vignes de Carignan, je l’ai goûté cette année à deux reprises. Si au moins j’avais un flacon à déboucher, là, tout de suite, le vin de 2006 élevé plus d’un an en fûts de chêne de 400 litres pourrait bien faire office de chauffage central dans mes veines transies de froid. Passons. Et relisons mes notes récentes : « beaucoup de chair, tannins réglissés, longueur persistante, superbe équilibre, vite sur une entrecôte à l’échalote » ! Voilà ce que je pensais dans le feu de l’action du Salon des Vins Bios où Nicole et John apparaissaient pour le première fois, je crois.

Que dire de plus? Que ces gens sont charmants au possible, touchants de sincérité, qu’ils sont loin d’avoir la grosse tête, qu’ils ont aménagé un adorable gîte dans l’ancien café de Saint-Jean-de-Minervois également pays du Muscat et que leur voltairienne devise («Il faut savoir cultiver son jardin») leur sied à merveille. Bref, ils me font chaud au cœur.

Michel Smith




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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 01:17
Marc nous emmène aujourd'hui au Nord du Portugal - c'est-y-pas Minho?

La Ramada, pergola de vigne, nous mène jusqu’à la demeure construite au 16e siècle, vieille bâtisse de famille qui fut occupée par la grand-mère de Vasco Croft. Cet architecte Lisboète, aujourd’hui propriétaire du lieu, garde une tendresse émouvante pour son aïeule. Tendresse que l’on retrouve dans la construction de ses vins…

Afros.jpg
Afros, la quinta

Biodynamiste depuis trois ans, il possède 6 ha autour de la propriété, sise à Padreiro, au coeur de la zone de production du Vinho Verde.

Il vient d’en acheter 8 autres et en loue 6 autres, soit 20 ha en tout, dont une grande partie entourée de forêt. Âge moyen des vignes : 17 ans.
Les cépages employés sont le Vinhão pour le rouge et le Loureiro pour les blancs, un effervescent et un tranquille.


Dégustation

Afros Vinho Verde Loureiro 2008
Le premier, Loureiro simple fermenté en cuve.
Robe verte à reflets jaune. Nez légèrement citronné, accompagné d’écorce de pamplemousse et d’absinthe. Bouche très citronnée, mélangée de rhubarbe amplifiée par le léger gaz carbonique. La longueur se tend sur le minéral.

Afros2.jpg
Afros, les vins

Afros Vinho Verde Escolha 2007

À la différence, le vin est élevé pendant 6 mois en barriques usagées. Robe plus jaune, nez plus fermé, la bouche ajoute du grillé, de l’amande et de la noisette. Certes, le passage en bois apporte son gras, mais masque par la même occasion le minéral, ici c’est l’amertume légère qui apporte la fraîcheur.

Afros Vinhão 2008
Le cépage Vinhão est autochtone, sa couleur est foncée, avant il s’élaborait pour la consommation courante. Robe pourpre cramoisi carrément opaque. Nez de raisin sec, de racine de panais et de persil, maculés des jus de prune violette, de framboise, de cassis et de fraise noire. Bouche vive, nerveuse, avec heureusement une densité fruitée qui amortit l’élan acide. En déguster est une expérience forte à déconseiller aux âmes sensibles, mais à énergiquement recommander aux palais qui ont tout bu !

Afros rouge effervescent
Fait en méthode classique, cet effervescent aussi sombre que le tranquille hume la violette, le cassis et la mûre. Les tanins font le palais rogue, cela ajoute à la rusticité, le dosage à 12 g n’entame en rien son caractère. Ça c’est pour quand on a aimé et qu’on en redemande.

Par contre à table, sur place avec quelques sardines grillées, des moules, des légumes à l’escabèche, les blancs passent à merveille et les rouges se civilisent.

www.afros-wine.com

Marc Vanhellemont

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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 16:28
C'est samedi, vous avez peut-être déjà acheté le poulet dominical, alors voici qui vous intéressera.

2,99 euros. c'est le prix d'un poulet Label Rouge ces jours-ci chez Auchan, si j'en crois les pubs qui passent à la radio.

Il y a quelques années, grâce à Sopexa, j'ai visité des élevages Label Rouge. On m'a expliqué la valeur ajoutée du système. Les contraintes librement acceptées par les producteurs pour pouvoir proposer au consommateur des poulets de qualité, élevés en parcours libre (et non en batterie), sans antibiotiques, tués à 90 jours... Tout cela, au prix d'un moindre volume, d'un moindre rendement, et d'un prix plus élevé. Celui que les vrais amateurs sont prêts à payer.

 

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Photo Synalaf

 

Habituellement, j'achète mon poulet de Loué ou des Landes Label Rouge au prix de 7-8 euros.

Le voici à moins de la moitié de ce prix. Je ne vois pas comment c'est possible. Si c'est Auchan qui sacrifie sa marge, attention à la revente à perte. Si c'est le producteur qui déstocke, attention à l'image. Dans les deux cas, je crie cou-nu, ou plutôt,  casse-cou.

Et que le consommateur qui pense réaliser une bonne affaire aujourd'hui ne se fasse pas d'illusion, il y a forcément un perdant dans l'histoire. La qualité, le revenu de l'agriculteur, la crédibilité du label... Et s'il est lui même agriculteur, il le comprendra encore plus vite.

Ce n'est peut-être pas très populaire en ces temps de moins-disant  économique, mais les chiffres sont têtus. Il n'est pas possible de payer la production, tous les intermédiaires et la certification à ce prix-là.

Au Synalaf, les responsables des Volailles Label Rouge que j'ai interrogés n'en peuvent mais; ils réprouvent aussi ce bradage éhonté.

Et je pense que le raisonnement est applicable au vin, bien sûr, où il existe d'autres signes de qualité, souvent tout aussi bafoués.

Longue vie au Label Rouge... à un prix raisonnable.

Hervé Lalau

 

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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 01:07
Les Cinq du Vin accueillent aujourd'hui Christine Ontivero, Attachée de Presse au légendaire franc-parler. Voici qu'elle le met au service de la cause des vins bio, injustement et globalement accusés lors de la dernière émission de Guillaume Durand. Christine n'a fait ni une ni deux, elle a adressé une lettre à l'animateur, que nous publions ici.
Christine, si tu n'existais pas, il faudrait t'inventer.

Hervé Lalau

Bonjour,

J’ai regardé, hier soir, votre émission consacrée au réchauffement climatique dont le principal invité était Claude Allègre. Emission passionnante en ce sens où Claude Allègre mérite d’être entendu et écouté ce qui n’était pas toujours le cas des autres invités, ses contradicteurs. On peut regretter que, dans ce genre d’émission, les gens ne débattent pas vraiment et ne laissent pas s’exprimer ceux qui ont des choses à dire mais… c'est malheureusement souvent le cas. Ce qui me conduit à vous écrire, ce sont les propos que j’ai entendus dans votre bouche « les vins bios sont dégueulasses ».

Vous les avez tenus avec une telle conviction que je me dois de vous demander: « savez-vous vraiment ce que sont les vins bio?». Je crains fort que non. En effet, je pense que, comme d’autres peu ou mal informés sur le sujet, vous faites l’amalgame entre les vins issus de l’agriculture biologique qui peuvent désormais apposer le logo AB sur leur bouteille et les vins sans soufre qui restent une production marginale mais que quelques propriétaires de bars à vins «extrémistes» veulent à tout prix imposer à leurs clients comme étant la panacée, en parlant de vins naturels.

Savez-vous que la plupart des plus grands vignerons français et étrangers produisent leurs vins avec des raisins issus de l’agriculture biologique? Des noms? Cazes à Rivesaltes, Domaine Zind-Humbrecht en Alsace, Alphonse Mellot à Sancerre, Domaine Huet à Vouvray, Domaine des Roches Neuves à Saumur, Chapoutier dans la Vallée du Rhône, Anne Claude Leflaive à Puligny Montrachet, François Chidaine à Montlouis sur Loire, Château Fonroque à St Emilion, Domaine St André de Figuière à La Londe les Maures, Pontet Canet à Pauillac, Domaine Singla dans le Roussillon dont les vins viennent de rentrer à l’Elysée… Je pourrais vous en citer ainsi des centaines. Avez-vous goûté leurs vins? Sont-ils dégueulasses? Savez-vous que ces grands vignerons sont parmi les plus recherchés aussi bien des grands acheteurs étrangers, que des grands sommeliers, que des grands critiques du vin?

Je pense, sincèrement, que vous confondez ces vins dits «bio» - alors que le vin bio n’existe pas puisqu’il n’y a pas vinification bio, du moins pour l’instant - avec ces vins sans soufre qui, effectivement, le plus souvent, présentent des déviances gustatives parce que le soufre est un élément qui permet de protéger le vin de l’oxydation et donc de le faire voyager.
Personnellement, je n’ai rien contre les vins sans soufre mais il faudrait que ceux qui en produisent indiquent sur leur étiquette que ce sont des vins à boire rapidement car, sans soufre, ils ne peuvent pas se garder. Un peu comme l’on indique une date de péremption sur les produits frais. Malheureusement, la plupart du temps, ils ne sont pas buvables et sentent la fiente de volatiles.

J’ose espérer que, à la lecture de ce qui précède, vous vous rendrez compte de votre erreur. L’erreur est humaine. Vous n’êtes pas un spécialiste du vin. Vous avez le droit de vous tromper. En revanche, je pense que vous n’avez pas le droit d’affirmer que «les vins bios sont dégueulasses» comme vous l’avez fait hier soir. Imaginez si les téléspectateurs, demain, se mettaient à affirmer que tous les journalistes de France 2 sont incompétents. Vous apprécieriez?

Je respecte le métier de journaliste, la libre expression, la pluralité des idées car je suis attachée de presse et, dans mon travail au quotidien, j’utilise beaucoup d’énergie pour faire comprendre à mes clients que tous les journalistes ne sont pas à mettre dans le même panier, qu’il y en a beaucoup qui font leur métier avec sérieux, avec passion, avec justesse, avec honnêteté. Il me semble que vous êtes de ceux-là et que vous avez « pêché », si je puis m’exprimer ainsi, par manque d’information sur le sujet. Vu les fausses informations ou idées reçues qui circulent le bio, j’imagine que ce doit être le même cas pour bien d’autres sujets et que en conséquence, si je me fie à ce que j’entends à la télé, je n’ai pas la garantie d’être bien informée.

Puissiez-vous réparer votre erreur soit en vous excusant envers les vignerons qui produisent des vins issus de l’agriculture biologique, soit, pourquoi pas, en organisant une émission sur cette thématique qui passionne de plus en plus les consommateurs? Il faut se garder d’opposer une pratique à une autre. Il y a du bon et du mauvais dans le conventionnel, comme il y a du bon et du mauvais dans le bio. Ce serait rétablir la vérité que de le dire. Je pense aussi que vous êtes un épicurien et que les noms des vignerons que je vous ai cités au début de mon courrier ne vous sont pas étrangers. Ils comptent parmi les plus grands. La plupart des vins issus de l’agriculture biologique sont plus purs, davantage empreints de l’empreinte du terroir. Et ils se gardent tout aussi longtemps que les vins issus de l’agriculture conventionnelle, contrairement à ce que j’ai entendu dire sur une autre chaîne par un journaliste, pourtant de l’univers gastronomique, qui avait clamé cela avec autant de pouvoir de persuasion que vous hier soir.

Le problème est que ces allégations livrées comme ça à l’emporte pièce causent du tort aux vignerons qui ont compris que bétonner la terre avec des désherbants et traiter avec des produits chimiques étaient des pratiques préjudiciables pour la nature, pour leur santé et pour celle des consommateurs. Tout vigneron qui se respecte, fait son vin à la vigne. En cave, il intervient peu. Il se contente d’accompagner le vin qui fermente avec les levures contenues naturellement dans la peau du raisin par des gestes simples, avec bon sens. Grâce à l’agriculture biologique, Il n’a plus besoin d’utiliser les levures industrielles qui ont tendance à uniformiser le goût des vins en «réparant» le mauvais travail fait à la vigne. Je ne doute pas que vous comprendrez le bien fondé de ma démarche et que, parce que vous aimez la vérité, que vous exercez votre métier sûrement avec passion, vous aurez à cœur de reconnaître votre erreur.

Sincères salutations

Christine Ontivéro
ontivero@wanadoo.fr


PS:  le 8 novembre, j’organise, au Pavillon Dauphine à Paris, une dégustation pour 35 vignerons qui cultivent leurs vignes en agriculture biologique ou biodynamique. Prenez le temps de leur rendre visite et de goûteur leurs vins. Je suis certaine qu’ainsi, plus jamais vous ne vous hasarderez à dire que les vins bio sont dégueulasses
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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 05:58
Moi qui suis du signe de la balance, j’ai hérité du jour du poisson!
Alors voici pour ce vendredi - pardon, ce Vanhelday -un accord poissonnier: steak de saumon et cabernet Franc. Un mariage inattendu, ou pour le moins en-dehors des sentiers battus, mais ça marche comme sur des roulettes !
Et puis, c’est chouette, ça change ! Sans toutefois reproduire la mode d’il y a quelques années. Tendance qui voulait acoquiner poissons et crustacés avec des rouges, c’était le chic du moment.

Marc-en-cuisine.jpgMarc, côté cuisine

Mais pourquoi ?

Le saumon, un poisson gras certes savoureux, développe un goût métallique avec la plupart des vins blancs, à l’instar de ses pairs, thons, maquereaux, sardines, …
La parade, un Cabernet Franc !
Ses arômes particuliers plaisent énormément au saumon cuit, vapeur ou grillé, et par voie de conséquence à celui qui le mange.
L’essayez, c’est l’adopter !
Des Cabernet Franc, on en trouve le long de la Loire, Chinon, Bourgueil, Saumur Champigny, …ce n’est pas le choix qui manque.

Cabernet Franc, 2007 de préférence
Exemple type du cépage ligérien
Rubis violet, le nez en bourgeon de cassis, la bouche sauvage, vineuse, riche avec un corps tout frais et bien plein. Construit pour plaire, il offre des accents de sureau, de violette, de cassis et de mûre, qui s’adoucissent de framboise et de groseille. Il a en plus, et ce n’est pas négligeable, du croquant ! Ce dernier dynamise l’accord avec le saumon qui même cuit avec exactitude n’est pas un monstre de fermeté. Les tanins bien présents, mais serrés et bien mûrs, donnent du ressort à la chair cuite. Enfin, le fruité floral du vin entre en harmonie avec l’iode du poisson et fourre sa chair d’une délicate succession aromatique.

La cuisson du saumon : faites chauffer la poêle comme pour un steak (de bœuf). À poêle bien chaude, versez un filet d’huile d’olive, attendez quelques secondes et déposez le filet côté interne, juste un bref instant, le temps de le colorer. Retournez-le et laissez griller le côté peau jusqu’à l’obtention d’une petit croûte. Celle-ci apporte un croustillant agréable à la dent. La préparation dépend évidemment du goût de chacun, qui préfère moins cuit le retire plus tôt de la poêle.

Quelques références vins…

Yannick Amirault   info@yannickamirault.fr    www.yannickamirault.fr
Catherine et Pierre Breton   domainebreton@yahoo.fr   www.domainebreton.net
Domaine La Taille aux Loups   la-taille-aux-loups@wanadoo.fr  www.jackyblot.fr
Pascal Lambert  lambert-chesnaies@wanadoo.fr  www.chinonlambert.com
Domaine de la Chevalerie caslot@wanadoo.fr
Lamé Delisle Boucart lame.delisle.boucard@wanadoo.fr   http://lame-delisle-boucard.com/
Domaine David Sébastien davidseb@wanadoo.fr  http://patrimoinesd.canalblog.com/
Domaine Hureau philippe.vatan@wanadoo.fr  www.domaine-hureau.fr
Les vins d’Alliance Loire www.allianceloire.com
Et bien d’autres…

PS : Pour le fun, rien n’interdit de rechercher d’autres rouges, de les unir au saumon et de trouver sa préférence, son plaisir.

Marc Vanhellemont




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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 01:03
Vieux. Rien que le mot me fait gerber vu que j’ai dépassé la soixantaine et que déjà, à cinquante ans, on me prenait pour le vieux que je ne suis pas prêt d’être et que je n’ai pas l’intention de devenir.

Mais revenons au vrai sujet de la chronique de ce «Smithday» : le muscat.
Quelque soit sa génétique, ce raisin généreusement sucré et parfumé a quelque chose du passé, un je-ne-sais-quoi sorti d’un film genre «Arsenic et Vieilles Dentelles» avec ces filles enrubannées qui papotent entre elles et papillonnent autour d’un cake tandis que les messieurs d’un certain âge dégustent un porto forcément vieux, lui aussi. Cela sent la bourgeoisie douillette, les culs serrés et les fausses manières.

-Vous prendrez bien quelque chose ?
-Deux doigts de muscat, s’il vous plaît.

Cazes-copie-2Les Cazes en mêlée ouverte

Chez nous, dans mon Sud, deux variétés tiennent le haut du pavé : le muscat d’Alexandrie et le muscat à petits grains. Des raisins que l’on retrouve sur tout le pourtour méditerranéen depuis les Grecs, bien avant les conquêtes romaines. À Rivesaltes, bourgade pépère qui a donné son nom à l’aéroport de Perpignan, les deux muscats sont présents avec une préférence parfois affichée dans les assemblages pour l’un ou pour l’autre. Chez les Frères Cazes, aujourd’hui Maison Cazes, on associe les muscats à égalité et l’on pratique trois types de vinification pour un résultat étonnant. Une visite sur leur site www.cazes-rivesaltes.com vous en apprendra plus.
Je n’ai pas la science infuse, mais à mes yeux, le plus beau des muscats, le plus régulier aussi, est sans conteste celui des Cazes. En plus, ce sont des gars que j’adore : franchise, honnêteté, gentillesse, amour sincère de leur métier, ils ne m’ont jamais rien caché sur leur façon de faire. Un jour qui remonte à Mathusalem, alors que nous devisions muscat, André me récitait la version officielle de Comité Interprofessionnel de l’époque comme quoi il était préférable de boire le muscat dans l’année. Aimant la contradiction, je me suis mis à conserver chaque année un ou deux flacons de muscat de Rivesaltes Cazes au plus profond de ma cave. Six ou sept ans après, lors d’un de ces pénibles repas de Noël où il faut se forcer de goûter un foie gras archi cuit, j’ai débouché un flacon de 1990, juste pour voir, en lieu et place du sempiternel Sauternes et le miracle vit le jour : l’enfant Jésus – normal le jour de Noël – en culotte de velours !

Cazes2.jpgDans la cave de Michel Smith

Depuis ce jour, je ne jure que par les vieux muscats. Ni une ni deux, les frères Cazes, qui sentaient comme moi le vent tourner, avaient mis de côté quelques bouteilles. Ils éditèrent alors un coffret de Muscat en vieux millésimes avec des perles comme 1988, 1998 ou 1993 qui se goûtent divinement aujourd’hui, notes de figue, de mirabelle confite, d’abricot sec, de raisin de Corinthe et même de truffe, le tout habillé d’une chatoyante parure d’ambre et d’or. Ils ne le crient pas sur les toits, mais si vous téléphonez de ma part et que vous y mettez le prix, je suis sûr qu’ils vous garderont quelques flacons de derrière les fagots. Vous irez ainsi les chercher dans leur boutique qui a quelque chose d’une caverne d’Ali Baba. Ils ont même ouvert un petit restaurant à côté.

Michel Smith
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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 02:34
Sur mon blog, voici plus d'un an, j'ai publié ce post que je croyais édifiant

Le Champagne, c'est pas cher

Mon copain Frédéric Galtier, de Barcelone, m'indique un bon tuyau pour faire fortune rapidement et légalement.

Je vous fais un plan.

1° Prendre une camionnette et foncer à Barcelone avec toda la familia (si vous y êtes déjà, c'est encore mieux).

2° Remplir la camionnette de Champagne Comte de Brismand dans un Lidl de Barcelone, où il ne coûte que 6 euros aujourd'hui (un vrai prix de Cava).

3° Le revendre en Belgique ou aux Pays-Bas, où il est proposé chez Lidl à 12,99. 

Une solution alternative, peut-être encore plus pratique: le revendre directement à son producteur, Vranken, qui pourrait toujours faire un petit profit dessus et assurer lui-même le transport.

Trève de plaisanterie, cette histoire secoue pas mal le petit monde du Cava, me dit Frédéric. On comprend les producteurs catalans!

Et en Champagne? On peut quand même se poser quelques questions sur les coûts de production, sur la notion de la revente à perte, sans parler de l'impact en termes d'image.

On avait déjà eu une affaire semblable en Angleterre l'an dernier, sur une autre marque. Quelques Anglais s'étaient émus, mais on n'en a plus entendu parlé depuis.

Comme l'an dernier, on se demandera si Vranken a été abusé ou pas par Lidl. Même si c'est le cas, le groupe belgo-champenois ne va sans doute pas se mettre à dos le discounter pour si peu, d'autant qu'il lui vend aussi du Brismand en Angleterre, aux Pays-Bas, en Allemagne...

Mais au fait, Champagne et discount, c'est vraiment compatible? 

Hervé Lalau

 

Tout fier de moi, à l'époque, je me dis que j'ai bien travaillé pour le redressement de l'image du Champagne, et contre le hard discount que j'abhorre. Patatras, regardez ce que je reçois hier sur ce même blog:

 

08-03-2010, 17:05:36


"Bonjour svp pouviez vous me faire parvenir le prix de campagne et du vin rouge et rosé. je voudrais faire une commande pour mariage; pour le mois de juin 2010; Je vous remerçi. J A"

 

Je précise que je n'ai jamais vendu de vin, et que  je me présente bien comme journaliste sur mon blog.

A ce demander si "les vrais gens" lisent vraiment ce que l'on écrit.


 

 

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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 12:27
Voila qui devrait faire plaisir à notre ami Michel Smith: un Carignan Club vient d'être fondé au Chili, c'est notre confrère Eduardo Brethauer qui nous l'apprend. Voici le faire-part de naissance, où la fierté se mêle de pas mal de tristesse à l'évocation des ravages du tremblement de terre. Mais les Chiliens sont des gens résistants, durs à la peine, et pensent déjà à l'avenir...

The almighty strength of rainfed areas

The Carignan Club was officially established at Maule-based Viña Tabontinaja on last February 25, 2010. This club consists of a group of vintners who have joined not only efforts but also their manly and valiant wines to promote Chile’s rainfed winemaking all over the world. Needless to say that this heritage-loaded endeavor is also filled with sacrifice and perseverance, will and common interests.

 Two days later, an earthquake ravaged our country, devastating mostly the south and causing serious structural damages among wineries, including Viña Tabontinaja, the very same winery that hosted the establishment of our Club and entertained us with spit-roasted lamb and some of Chile’s best bottlings (Carignan among them). Our host winery is now devoting its best efforts to helping its workers, who lost their ancient adobe houses. Who lost it all.

More than 300 people lost their lives in the earthquake and the subsequent tsunami. 75% of those casualties occurred in the Maule valleys and coastal areas. Regrettably, most of them died in the tsunami that the navy authorities failed to alert. As a result, hundreds of thousands of families in the south of Chile are in desperate need of food, water and a roof.
René Merino, Chairman of Wines of Chile, confirmed that the wine sector lost as many as 125 million liters or roughly USD 250 million. However, given the plentiful 2009 harvest, the volume of wine lost accounts for 12.5% of that yearly production.

In other words, the situation for Chile’s wine industry is not that hopeless. Those who are most severely affected and living an actual tragedy are small and medium size vintners from the central and southern regions in Chile.
The Carignan Club member wineries agreed that the wines they will produce and promote must consist of a minimum of 65% Carignan while the remainder 35% is free of choice, as long as grapes originate in head-trained, rainfed, old Maule vines (older than 30 years).
The rainfed requirement -which was the matter of a long debate during our last meeting- is particularly relevant today, for the Maule region alone is home to close to 9 thousand hectares of the rustic País grape variety that coexist with the noble Bordeaux varieties.

This unanimously adopted decision will undoubtedly foster a grafting policy that will directly favor the thousands of families that today –and even before the earthquake- cannot make a living out of their grapes. An interesting fact: last year, País grapes were sold for less than 10 cents a kilo, i.e., less than a kilo of charcoal and even worse, below their production costs.

I am convinced we will get back on our feet and overcome this tragedy with renewed strength. I am certain our industry will grow closer together and common interests will prevail. Chilean wine and Chilean people are heirs to rainfed areas and uncompromising efforts. A lineage whose history speaks of constant perseverance and endeavor. Both our country and our viticulture were ravaged by a natural disaster but I have no doubt that, as an association, we will not rest until we will see our dear Maule region rebuilt.

Until we will taste again those sweet, generous grapes that will continue to give the world pleasure and hope.


Plus d'info: Eduardo Brethauer, eduardo.brethauer@vitismagazine.cl
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Published by les5duvin - dans Le coup de coeur
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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 01:09
A gold plated vehicle for potential fraud

BMWEnPas.jpgA scamster's dream...

At the end of this month many of the world’s fine wine merchants and wine journalists will be in Bordeaux to taste pre-pubescent 2009 Bordeaux en primeurs. The Bordeaux hype machine, already cranking up, will accelerate though the gears and the annual en primeur waltz will be underway.

A waltz, so bizarre and ritualised, that even the most convoluted animal courtship dance (http://www.freeradicalsmag.com/2009/12/02/love-on-the-wing/) looks natural.

All great fun, of course, for this amused spectator who has no intention of buying – why would I want to extend the Bordelais a two-year interest free loan?

It will be a lot less fun for those, who two years from now find themselves ripped off. For let’s be clear if you wanted to design the perfect vehicle for fraud it would be Bordeaux en primeur. I should add – perfect for potential fraud – for many who pay up front for their 2009 Bordeaux en primeur will, in due time (2012), receive their wine.

Sadly there will be some wine lovers whose interest free two-year loan will turn into a donation. Their certificate of ownership will turn out to be worthless because the company they dealt with either failed to pass on their money or didn’t even bother to order the wine.

The two years, while your 2009 Bordeaux matures, whether in historic cellars or in the new palaces of bling, will give criminals plenty of time to bank your money, buy a supercharged motor and be over the hills and far way by the time you realise you have been royally stuffed.

Just in case you think I’m scaremongering a court case starts in early June at St Albans County Court. The prosecution will allege that the defendants pocketed over £2 million in a simple scam: they sold 2005s Bordeaux en primeur and just trousered the money.

There is inherent risk in Bordeaux en primeur – much can change in two years. Even the most sympathetic liquidator cannot identify your dozen prized bottles in the liquid in a 225-litre barrique Bordelais and title doesn’t pass from the producer until the wine leaves the château.

If you must buy Bordeaux en primeur buy from established wine merchants – but make sure you check them out – and never listen to a cold calling snake oil salesman.        
 
(c) Jim Budd
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