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  • : Cinq passionnés du breuvage de Bacchus parlent du vin sous toutes ses facettes.
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POURQUOI CE BLOG?

Ce blog est né de l'heureux hasard d'une rencontre, en 2010, au Salon des Vins de Loire d'Angers, autour d'un verre de rosé de Bourgueil - celui de Pierre Jacques Druet. Il y avait là cinq "plumitifs" du vin. Le rosé aidant, l'idée a germé de créer un espace commun.
Parce qu'à cinq, on peut aborder plus de thèmes.
Parce qu'on peut débattre.
Parce qu'on peut partager. Des coups de coeur, des coups de gueule, de l'expérience.
Et qu'est-ce que le vin sinon une boisson de partage?
De ces cinq, certains sont déjà des blogueurs confirmés, d'autres non.
Comme il y a les 5 sens, il y  a maintenant les 5 du Vin.

Les 5 du Vin

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QUI SOMMES-NOUS?

David Cobbold (Eccevino) est le plus français des journalistes anglais du vin, ou vice versa. Il a reçu en 2011 le Wine Blog Trophy pour  son blog, More than Just Wine.

Jim Budd, sujet de sa Gracieuse Majesté, est journaliste pour diverses revues britanniques. Amoureux des vins de Loire, il leur consacre un blog, Jim's Loire, primé en 2009 du Wine Blog Trophy.

Hervé Lalau est un journaliste français écrivant pour diverses revues et sites français, belges, suisses et canadiens. Son blog "Chroniques Vineuses" lui a valu le Wine Blog Trophy en 2010.

Michel Smith, PourLeVin, est un journaliste français établi en Roussillon, travaillant pour diverses revues et guides en France. Il s'intitule lui-même "Journaliste en Vins et autres Plats de Résistance".

Marc Vanhellemont est un journaliste belge travaillant pour divers magazines en Belgique et en France. Incontournable, sauf par la face nord.

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 00:20

En réponse à l'article de Marc sur les accords bière et mets, notre ami alsacien Philippe Durst (un nom prédestiné, pour ceux qui ont fait allemand première ou deuxième langue), nous fait parvenir une photo apparemment prise au Royaume de la Choucroute, et qui pourrait bien susciter de nouvelles vocations pour le breuvage de Gambrinus. A quand Les5delabière?

Hervé Lalau

Bière

Photo Philippe Durst

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Published by les5duvin - dans En goguette
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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 00:14

Et comme j’aime beaucoup les accords, voici celui d’une bière belge fort particulière, la Rodenbach Grand Cru (à ne pas confondre avec sa petite sœur édulcorée) accompagnée d’un seigneur transalpin, le Parmigiano Reggiano

La Rodenbach Grand Cru et le Parmesan

Présentation des acteurs


La Rodenbach Grand Cru
L’âme des foudres, on l’appelle comme ça parce qu’elle est élevée en foudres tronconiques, la Grand Cru exhale ses parfums lactés de crème aigre, ses senteurs de tabac brun. Une superbe impression de fraîcheur s’installe dès la première gorgée. Sur l’assise acide éclosent en rythme cadencé des pépites de chocolat noir, des zestes de citron vert, la mirabelle, la griotte et la compote de rhubarbe, un concert vif que contraste une ligne fine et douce qui rappelle le sirop de Liège (le sirop de Liège, le vrai est une gelée très concentrée de poire et de pomme).
La Grand Cru plaît aux amateurs, il faut être aficionado des acidités pour en apprécier pleinement les qualités.

Glas-Rodenbach.jpgUne bière d'amateurs

 


Le Parmesan
Autrement que râpé sur les pâtes ou en chips, ce fromage véritable trésor de goût mérite d’autres traitements.
Pâte ivoire à texture granuleuse, grasse et cassante en écaille, parfumée d’ananas confit, de lait à la chicorée, d’une miette de toast, de gelée de citron jaune, de pamplemousse et de kumquat. Goût fruité comme le nez, complété d’herbes aromatiques, thym et laurier. Une fraîcheur de bon aloi équilibre gras et complexité.
Ceci pour un Parmesan pas trop vieux  entre18 et 24 mois, donc encore un rien moelleux, qui s’écrase entre les doigts pour y laisser une trace légèrement grasse. À cet âge, il possède un goût plus fruité et vaut vraiment la peine d’être dégusté.
Plus vieux, j’admets qu’on le consomme plus volontiers moulu, comme condiment.

Parmigiano_reggiano_factory.jpg
Le Parmesan


L’accord


Les parfums d’ananas se mélangent au citronné de la bière. La base acide sert de support au grillé, au fruité et au floral, produits des deux partenaires. Quelques épices complètent l’assemblage et poursuivent leur taquine progression jusqu’en fin de bouche.


Grand Cru ou l’acidité
Le mélange de levures de hautes fermentation et de bactéries lactiques génère le goût suret de la bière, saccharomyces  cerevisiae et lactobacillus s’entendent  aussi pour installer dans la bière les précurseurs d’arômes fruités. Mais le processus ne s’arrête pas en si bon chemin ! Une maturation de 24 mois, en foudres de chêne, suit cette originale fermentation mixte. Les deux années passées dans le bois permettent une oxydation fine qui se traduit par une estérification du milieu acido-alcoolique. Ces mutations moléculaires sont à l’origine des arômes fruités de la bière.
Chaque foudre mûrit sa bière différemment, les maîtres brasseurs déterminent les assemblages  au moment des mises, pour garder constant le goût spécifique de la Rodenbach Grand Cru. La Rodenbach courante mélange des brassins jeunes à des bières maturées.
En définitive, hormis le malt, c’est presque du vin…


Marc Vanhellemont

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Published by les5duvin - dans Marions-les!
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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 01:55

Marre. Envie de changer, envie de cesser de critiquer à tout va, envie d’être sage, pour une fois, de me poser, de m’en tenir à l’essentiel, c’est-à-dire au vin.


Et dans le vin je mets le Champagne. À la place d’honneur même. Crise ou pas, ça bouge entre Reims et Épernay. Sur les étiquettes, de plus en plus d’identifications de terroir – de cru, qu’on dirait en Italie, de single vineyard qu’on dirait en Californie –, de plus en plus de conscience que la vigne est vivante, de plus en plus de sélection, d’identification, de vinifications séparées, de bois savamment utilisé. Bref, que du bonheur. Témoin, cette belle cuvée goûtée récemment en dilettante un soir de cafard. Un pur meunier, vous vous rendez compte ? Et vieilles vignes qui plus est. Et millésimé par-dessus le marché. Du meunier ? Hé oui, rien de plus normal puisque nous sommes au cœur de la Vallée de la Marne, en plein dans son terroir.

ChampagneLoriot.jpg

 

Dieu que c’est bon ! Ca pète la forme, ça chante, ça frétille. Robe blonde légèrement cuivrée, on a l’impression de croquer dans une poire bien mûre. Du fruit à gogo, du croustillant, un zeste de gras, une pointe de pomme caramel, une touche d’épices douces, de la fraîcheur, de l’allégresse. L’architecture est lumineuse. Et ça ne manque ni d’élégance, ni de ferveur.
Martine et Michel Loriot possèdent 7 ha de vignes qu’ils bichonnent. Leur cave est à Festigny, bien à l’intérieur de la vallée de la Marne. C’est de cette commune que viennent les pinot meuniers âgés en moyenne de 40 ans qui font la richesse de cette cuvée. Quand j’allais en Champagne dans les années 80, le simple fait d’errer de parts et d’autres de cette vallée était considéré, y compris par mes employeurs, comme une pure perte de temps. Je considère désormais que j’ai eu raison de désobéir une fois de plus et de traîner mes guêtres dans ce secteur méprisé pour cause, justement, de présence trop importante et jugée presque envahissante de pinot meunier. Heureusement, les temps ont changé. Merci les Loriot !
Pour la petite histoire, comme le souligne le site du Champagne Loriot en nous montrant la photo ci-dessus, le loriot est un oiseau siffleur et discret… qui se moque bien du qu’en dira-t-on et des idées reçues. Visitez donc www.champagne-michelloriot.com


Et en parlant d’oiseau, puisque la musique adoucit les mœurs, ce «Loriot» me fait penser  à «Ornithology», un morceau d’anthologie créé par le «Bird» du jazz, Charlie Parker. Écoutez-le, en compagnie de Miles Davis (je redeviens très Miles en ce moment...), c'est ici 

Michel Smith
 

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Published by les5duvin - dans Vu de Perpignan
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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 01:59

Je n'ai jamais autant parlé de Bordeaux que ces derniers temps.

Mais j'ai une bonne raison: je rentre d'une dégustation des vins de la Baronne Guichard. N'allez pas imaginer une vieille rombière. Sous ce nom se cachent en fait deux jeunes gens, Aline et Paul Goldschmidt - Aline étant l'héritière des domaines viticoles d'Olivier Guichard. Oui, l'ancien ministre du Général.

A savoir: trois vignobles à Saint Emilion (Château Le Prieuré), Pomerol (La Vray Croix de Gay) et Lalande (Château Siaurac).

Enfin, quand je dis héritière, il ne faut pas le prendre trop au pied de la lettre, car du temps de l'illustre parent, qui avait d'autres préoccupations, une bonne partie de la production allait grossir le flot du négoce bordelais.

Mais le jeune couple a crânement joué sa chance, investi, remodelé les vignes, replanté, et réorganisé ses circuits de vente. Ce qui nous vaut le plaisir de les rencontrer de temps à autre à Paris ou à Bruxelles.

Si je vous en parle, c'est non seulement parce qu'ils sont bien sympathiques - authentiques, serait le mot juste - mais aussi parce que je n'ai pas eu l'occasion de descendre à Bordeaux pour les Primeurs. Et leurs trois 2009 sont donc les premiers exemplaires de Bordeaux de ce millésime qu'il m'a été donné de goûter à ce jour.

Résultat de la joyeuse autopsie (réalisée au Seagrill, restaurant étoilé de Bruxelles, il y a donc pire endroit pour exercer ses talents de légiste): pas mal du tout. Fruités, gourmands, friands, les vins ont tout de même assez de matière et de complexité sousjacente pour présager une bonne garde. Mais Dieu qu'ils sont déjà plaisants aujourd'hui... Seigneur, donnez-nous la patience, qui est une grande vertu.

Ah oui, j'oubliais. Il paraît qu'on veut obliger les Goldschmidt à construire un chai à Pomerol s'ils veulent garder l'appellation pour leur Vray Croix de Gay.


CHT-VRAY-CROIX-DE-GAY-2008.jpg

Le Pomerol de la Baronne - sans chai, mais pas sans charme...


C'est la politique du syndicat local, qui veut y voir un gage de qualité. Il y a un recours devant le Conseil d'Etat, mais on ne sait pas encore ce que cela donnera.

Moi, je n'ai aucune compétence juridique particulière, aucune attache à Pomerol, aucun a priori. Mais je constate que d'autres Pomerol avec chai sur Pomerol sont... moins bons que celui des Goldschmidt.

Je ne peux pas généraliser à partir d'un seul exemple, mais à qui profite, non pas le crime, mais la nouvelle réglementation?

Pas au consommateur, à l'évidence, puisque la qualité n'en sort pas forcément grandie. 

Ni à son portemonnaie. Car qui dit construction de chais dit investissement, qui devra bien se répercuter dans le prix du vin.

Pas à l'environnement non plus, puisqu'on devra bétonner encore un peu pour loger les nouveaux chais.

Quoi qu'il en soit, cette sorte de guerre de religion entre gens "installés" et SDF de la vinif me semble assez mal venue.

D'ailleurs, je ne suis pas le seul à le penser. Voyez ici ce qu'en dit un certain JB.

Hervé Lalau

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Published by les5duvin - dans Le coup de coeur
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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 00:51

The UK General Election is now entering its final stages. We have the last leaders televised debate to come this Thursday and then on Thursday 6th May we will cast our votes – or rather those of us that bother to do so. Actually the percentage of the population voting may well be higher than in recent elections due to the interest in the three leadership debates.

LeadersEl10s.jpgPoster advertising the Leaders’ debate

For the first time ever, our leaders have agreed to a televised debate and to many people’s surprise the debates have proved to be compelling television.

But enough of the politics, this post is about selecting appropriate wines for the three major parties according to their colours red (Labour), yellow-gold (Liberal Democrats) and blue (Conservative). This means that the first two are relatively straightforward.

Traditionally Labour would have been a full-bodied red – perhaps a Shiraz from Australia’s Barossa Valley, a Nero d’Avola from Sicily or an Alicante Bouchet from either Languedoc or Roussillon. But New Labour rather changed that moving towards a much lighter red – a light Gamay from the Beaujolais or a Pinot Noir from Alsace or the German Ahr Valley.

Our decision to kick off the 1997 results night when Tony Blair was swept to power with a bottle of Pommery Rosé proved to be all too prophetic! Some would argue that now under Brown the appropriate red should be a little more full-bodied – a Valpolicella Classico perhaps?

The Liberal-Democrats golden yellow points towards a sweet wine as it is too highly coloured for a Sauvignon Blanc, Muscadet or a Pinot Grigio. I fancy the choice to be between a minerally Coteaux du Layon with enough acidity to carry off the sugar or a more cloying Sauternes. A decision on that may have to wait until after the election when we see what the Lib-Dems do if there is indeed a hung parliament.

Deep blue for the Conservatives inevitably poses problems narrowing the choice to Blue Nun – another brand that has been given a make-over!

Cheers!

(c) Jim Budd

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Published by les5duvin - dans Vu d'Albion
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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 01:20

Dans son roman noir et gastronomique à Paris au Moyen Âge, «Souper mortel aux étuves», Michèle Barrière, membre du conseil scientifique de Slow Food France, journaliste culinaire fait parler Jacques Deshaies, docteur de l’Université de Paris, auteur d’un Régime de santé et spécialiste de la doctrine diététique de l’école de Salerne. Nous sommes sous en janvier 1393.


"L’homme qui pense, et le roi est de ceux-là, est l’être qui digère le plus mal, continua le médecin avec componction. Le cerveau pompe toute la chaleur vitale, il faut donc diminuer le travail de la digestion. L’homme de rang élevé doit se nourrir de pain de froment, de vin blanc, de blancs de poulet et de volailles.
-    Ce qui signifie que les autres peuvent se nourrir comme ils l’entendent? demanda Constance.
-    Certainement pas! Disons que les rustiques, les gens lourds, ceux qui effectuent des travaux pénibles peuvent tout avaler sans que cela nuise à leur santé. Leur estomac brûle mieux les aliments. Les grosses viandes leur sont familières. Ils peuvent avaler abats, tripailles, tendons, os et nerfs et boire du vin rouge. Quand aux pauvres, on peut leur donner sans souci du vin aigre, des fruits pourris et de vieux fromages. Mais nous nous éloignons de notre sujet."

etudiant2.jpg

L'étudiant en Médecine

 

Un peu plus après, Constance l’héroïne du roman, continue d’interroger le jeune Diafoirus :
-    "Mais il faut aussi tenir compte de l’âge et de la saison pour bien se nourrir, n’est-ce pas ?
-    Bien entendu. En hiver, vous allez faire des sauces au vin, à l’ail, à la roquette, à la moutarde, alors qu’en été vous les préférerez au jus de citron ou de grenade. Votre brouet d’Angleterre, vous le réchaufferez de persil sauge et hysope en hiver ; en été vous vous contenterez de verjus et de safran.
-    C’est vrai. Mon mari m’a enseigné qu’en hiver, la sauce cameline se fait avec du vin et en été avec du verjus. Alors, justement, parlons des épices, s’enflamma Constance qui trouvait cette conversation de plus en plus passionnante. Sont-elles des médicaments ?
-    Ce sont elles qui permettent de corriger le caractère malfaisant de certains aliments. Toutes sont chaudes et sèches. Mais attention, elles sont là pour préserver la santé. Les malades doivent éviter d’en consommer, surtout ceux qui souffrent de fièvre."

C'est passionnant - et pour ceux que ça intéresse, voici une chronique  plus complète, c'est ici

Jacques Berthomeau

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Published by les5duvin - dans Un peu d'histoire
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25 avril 2010 7 25 /04 /avril /2010 11:50

Soudain, la honte s’abat sur moi. Très vite, mon visage porte tous les stigmates de la panique. L’ai-je bu, l’ai-je point bu ? Suis-je brouillon au point de perdre toute trace d’une note de dégustation ? Suis-je sénile au point de ne plus savoir si oui ou non, j’ai goûté un jour cet échantillon ? A-t-il été livré ? A-t-il été oublié ? Tant de questions sur ce vin mystérieux. Et sur mon professionnalisme sérieusement remis en cause. Aucune excuse. Virez moi !

Le mystère se désépaissit un peu. «Ka» évoque bien sûr le Carignan. Quant à la lettre « K » à laquelle on pense inévitablement, elle désigne le géniteur du vin, le sieur Marc Kreydenweiss. Un Alsacien dans les vignes, cela n’a rien d’extraordinaire pour qui a navigué plus d’une fois de cave en cave entre Marlenheim et Guebwiller. Marc, je le connais. Comme moi, il est de la classe 48. Grand, placide, le geste lent, le verbe assuré, l’homme n’a rien du vigneron rêveur. Même s’il a parfois la tête dans les étoiles, il a aussi les pieds bien ancrés sur les pentes de sa terre d’Andlau, aux pieds des Vosges. Peut-être est-ce parce que ses ancêtres livraient les raisins aux moines de l’abbaye locale, toujours est-il que l’ami Marc a toujours eu une vision quasi religieuse du travail de la vigne. Du moins c’est l’impression qu’il me donnait, il y a 20 ans déjà, lorsqu’il me parlait de ses convictions agriculturales. Il disait : «C’est ma philosophie».

K.jpg
Marc Kreydenweiss dans ses vignes d’Andlau


Car Marc Kreydenweiss est un chantre de la biodynamie, parmi les premiers en Alsace (et donc en France) à se lancer dans cette aventure qui pouvait paraître étrange de prime abord et qui, aujourd’hui, a fait ses preuves en dépit des sceptiques de tous poils dont j’ai moi-même, un temps, je l’avoue, fait partie. Je glisse volontairement, faute de place, sur le débat de la biodynamie qui déclenche encore des cris d’orfraies, d’autant plus que Marc résume tout cela sur son site : www.kreydenweiss.com. Ce qui compte à mes yeux, c’est que l’homme, comme bon nombre de mes amis vignerons Alsaciens, est un type civilisé, hédoniste, passionné d’art, épicurien, amateur de grande cuisine et de grands vins.

Un jour, à la toute fin du siècle dernier, Marc Kreydenweiss décide de s’installer au Domaine des Perrières, du côté de Manduel, dans le Gard, sur une belle croupe en pente douce, en plein cœur des Costières. Il construit une cave à base de matériaux écologiques. Un vignoble fait pour des vacances actives qu’il partage avec son épouse, Emmanuelle, laquelle, formée à l’œnologie, s’est acheté ses propres vignes pour vinifier un subtil mais généreux Costières rouge du nom de «Grimaudes» associant grenache, carignan et cinsault. Visiblement envoûtés par le grenache noir, le couple s’éprend aussi de carignan. Ils plantent aussi du mourvèdre et mettent un pied à Châteauneuf-du-Pape. Ayant laissé son vignoble Alsacien aux mains de son fils, Antoine, Marc semble vouloir prendre une retraite paisible dans ses vignes gardoises.

 Carignan2.jpg
Emmanuelle et Marc sourient au carignan

Pour la première fois peut-être sur la toile, compte tenu de ce que j’ai expliqué au début de mon article, je vais tenter un exercice périlleux: une dégustation aussi originale que virtuelle. Je vais donc vous parler d’un vin imaginaire puisque je n’ai pas souvenance de l’avoir goûté. Attention, le «Ka», puisque tel est son nom, existe bel et bien. C’est un rouge millésimé 2006, élevé deux années en barriques de plusieurs vins. Natif des Costières, il est le fruit de carignans centenaires plantés sur un sol qui ressemble à s’y méprendre à celui de Châteauneuf-du-Pape.

La robe est dense, solide, et le nez exubérant, à fond porté sur les notes de garrigue et d’olive noire avec pour fond un tapis d’épices douces. En bouche, le vin est musclé, long, complet, marqué par des notes de fruits rouges archi mûrs et une belle minéralité. Il n’y a qu’un millier de bouteilles mises sur le marché au prix de 25 €.

Pour le reste, c’est promis: dès que je retrouve mes notes, ou si mes pas me conduisent du côté de Manduel, je publierai une «vraie» dégustation.

Michel Smith

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25 avril 2010 7 25 /04 /avril /2010 01:12

La saga du Petit Pol Hochon va mieux au dimanche où, après le rosbif familial, le vin bouché et le cigare, juste avant de se taper une bonne sieste ou sitôt après, se laisser-aller à la légèreté me semble de rigueur. Méfiez-vous tout de même ce qui peu aujourd’hui vous sembler une bluette digne des romans-photos des années 60 pourrait bien se révéler un véritable brûlot capable d’enflammer le Landerneau des grands chefs de bande du vignoble. Suspens ! Bonne lecture du 5ième épisode.

L'exposé de l'affaire qui les rassemblait était simple. La demoiselle Fougère, prénommée Claire, ici présente, devait faire, dans le cadre de son diplôme de 3ième  cycle, un stage en entreprise, mais, pour des raisons trop longues à exposer en ce lieu, sa charmante mère, qui vous le comprendrez aisément cher monsieur Hochon, a estimé plus convenable que cette chère enfant le fisse au plus prêt d'un lieu de pouvoir, et elle a suggéré à notre Monsieur le Ministre que nous l’affection en l'un de nos bureaux. L'austère peinait comme un diesel poussif à mi-pente. Bon samaritain le petit Pol Hochon venait à son secours: «Si je vous suis bien, monsieur le chef du cabinet du Ministre des Commodités, vous sollicitez mon soutien pour que je puisse guider la charmante Claire Fougère, ici présente, au travers des méandres de votre belle administration...»

Soulagé, le comprimé opinait du bonnet. Perfide, même s'il subodorait déjà la réponse, Pol ajoutait: «cependant, si ça n'est pas indiscret et prématuré, à qui dois-je l'honneur de cette si agréable sollicitation?»
La réponse du comprimé asthmatique fusait: «à votre père qui à fait part à notre Ministre de vos éminentes prédispositions pour tout ce qui touche aux choses de l'informatique...» Cet hommage paternel, aussi insincère qu'intéressé, tirait au petit Pol Hochon un sourire carnassier avant qu'il n'ajoutât pince sans rire: «et où donc devrais-je exercer mes talents monsieur le chef de cabinet du cabinet du Ministre des Commodités?» Peu sensible à l'humour ce dernier, tout entier habité par l'ampleur de ses hautes fonctions, très jugulaire, jugulaire, lui répondait sans sourciller: «au bureau des interventions et des décorations qui est, vous vous en doutez cher monsieur Hochon, un lieu hautement stratégique de notre vénérable maison».

Afin de ne pas chagriner le titulaire d'une aussi lourde charge, le petit Hochon opinait en se fendant d'un large sourire et d'une oeuillade appuyée en direction des fondamentaux de sa nouvelle protégée.


La Claire Fougère, ravie, lui décochait un sourire force 7 appuyé d'un battement de cils aérien qui l'élevait au-dessus du commun. Alors, sur son petit nuage, le jeune Pol Hochon, bercé par les propos convenus du chef de cabinet, se laissait aller à penser, non aux charmes exquis de sa nouvelle protégée, mais à la propension de son géniteur à prendre ses semblables pour de vulgaires pions que l'on place et déplace à sa guise, en fonction de ses intérêts, sur le vaste échiquier de l'influence ; du calcul,  rien que du calcul, jamais une parcelle d'attention affectueuse. Dans sa petite tête enluminée par l'irruption de la belle Claire, il répertoriait l'art et la manière avec lesquels Paul Hochon senior avait su décrocher trois cravates de commandeur, légion d’Honneur, Mérite National et Mérite Agricole, donnant au revers de son veston des allures de maréchal de l'ex-empire des soviets, remettre une foultitude de décorations à une cotriade de récipiendaires béats, délivrer autant de discours, passer son temps à déjeuner et à dîner en ville dans les meilleurs restaurants, être toujours du bon côté du manche, conseiller l'un, appuyer l'autre, ménager la chèvre et le chou, pour en définitive se tromper souvent et, tout compte fait, n'avoir jamais vraiment agi pour son compte laissant ainsi aux autres le soin de se mouiller.

à suivre...

Jacques Berthomeau

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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 10:51

Notre confrère britannique John Radford nous transmet cet étrange communiqué anonyme - il dit lui-même l'avoir reçu d'un ami américain...

Il concerne le lancement par le géant américain de la distribution Wal-Mart d'une ligne de vins à sa marque, en entrée de gamme (2 à 5 dollars US), et dont l'approvisionnement serait confié à Gallo.

Le communiqué insiste également sur le fait que le choix du nom serait un élément important du succès. D'après notre informateur anonyme, des tests consommateurs réalisés dans cette optique ont donné les résultats suivants (par ordre décroissant d'attractivité):

10. Château Traileur Parc
9. White Trashfindel
8. Big Red Gulp
7. World Championship Riesling
6. NASCARbernet
5. Chef Boyardeaux
4. Peanut Noir
3. I Can't Believe it's not Vinegar
2. Grape Expectations
1. Nasti Spumante

Et pour faire bonne mesure, l'auteur d'ajouter: "The beauty of Wal-Mart wine is that it can be served with either white meat (Possum) or red meat (Squirrel).

P.S. Don't bother writing back that this is a hoax. I know possum is not a white meat."

Et vous, si vous deviez choisir, quelle marque préfèreriez-vous?

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Published by les5duvin - dans Mieux vaut en rire
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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 00:13

Samedi dernier, j’étais à Gigondas, donc, pas de blanc sec puisque lors de la création de son appellation, l’aréopage assemblé n’a pas estimé utile d’en élaborer, alors que du côté de Romane, dans les terres élevées et marneuses…

Bon bref, parlons des rouges 2009, dégustés en primeur, une cinquantaine, histoire de se faire une bonne idée du millésime. Je ne sortirai aucune bouteille, aucun domaine, le but, du moins le mien, est d’avoir un instantané sur la qualité générale de l’appellation.

Auspices-de-Gigondas-035.jpgAllez, on commence...


Impression d'ensemble


2009 est un millésime relativement homogène avec de très belles réussites. Celles-ci offrent un vin gourmand, du moins aujourd’hui. De la fraîcheur et des tanins bien présents mais de grande finesse. Un bon équilibre malgré les degrés assez hauts, la matière apporte sa balance. Voilà pour les plus construits, une fin d’élevage les arrondira. Quelques autres, plus légers, plus aériens, donnent un plaisir plus immédiat. Je ne parlerai pas des troisièmes couteaux.
Les couleurs sont foncées, les acidités agréables, même quand elles sont légèrement rectifiées, les tanins serrés, les matières denses, les vins semblent combiner le caractère terrien des 2005 avec la gourmandise des 2007 sans la sucrosité de ces derniers.

Y avait pas que ça


Il y a eu aussi la rencontre avec un Australien aficionado du Solex et maladroit avec ça. Ce Lincoln Siliakus nous a renversé tout une bouteille qui ne lui avait rien fait. Une maladresse bien sympathique, allez voir son blog, il y a la preuve de son forfait:

http://terredevins.com/blogs/vinosolex 

Auspices-de-Gigondas-004.jpgLe solex marche au rouge qui tache



Z’après


Il y avait aussi des ateliers, le genre de truc qu’on aime, surtout quand c’est Georges qui nous déballe toute la géologie de l’endroit: la formation des Dentelles comme si on y était, depuis avant les dinosaures jusqu’après la première arrivée du Tour de France en passant par la Méditerranée qui, un temps, encercla les Alpes, ça vous intrigue, renseignez-vous. Georges, c’est Georges Truc, géologue de son état ou mieux, oenogéologue. Explication des sols illustrée par un vin selon chaque terroir, tout est prévu et bien étudié.

Pour la soif, une verticale commentée par un sommelier américain, de retour de Las Vegas, Kelly McAuliffe, avec quelques beaux restes - pas lui, les vins: Domaine de la Gardette 1996, encore très frais et bien plus que la peau sur les os comme beaucoup de 96; Haut de Montmirail 1990, plein d’épices, de cacao et de cuir et de thé, avec une longueur suave; Domaine des Tourelles 1988, à l’odeur d’encens et au goût prononcé de garrigue; plus proche,  Clos du Joncuas 1998, un vin à la dynamique qui nous apporte de la vie en bouche.

Et pour finir, un atelier truffe, on ne se refuse rien.

Tout ça, c'était aux Auspices du Gigondas, manifestation un moment délaissée remise au goût du jour par les jeunes vignerons de l’appellation. Réservée aux "pro", soit les prothésistes, les Prosper youpla boum, les proctologues, les procéduriers (ça, il y en beaucoup), les profiteurs (il y en a encore plus), et aussi les provocateurs, mais pas les prohibitionnistes. Moi, j’y étais comme pro... duit belge importé.

Bye!

Marc Vanhellemont


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Published by les5duvin - dans Dans le vignoble
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