Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de les5duvin.over-blog.com
  • Le blog de les5duvin.over-blog.com
  • : Cinq passionnés du breuvage de Bacchus parlent du vin sous toutes ses facettes.
  • Contact

POURQUOI CE BLOG?

Ce blog est né de l'heureux hasard d'une rencontre, en 2010, au Salon des Vins de Loire d'Angers, autour d'un verre de rosé de Bourgueil - celui de Pierre Jacques Druet. Il y avait là cinq "plumitifs" du vin. Le rosé aidant, l'idée a germé de créer un espace commun.
Parce qu'à cinq, on peut aborder plus de thèmes.
Parce qu'on peut débattre.
Parce qu'on peut partager. Des coups de coeur, des coups de gueule, de l'expérience.
Et qu'est-ce que le vin sinon une boisson de partage?
De ces cinq, certains sont déjà des blogueurs confirmés, d'autres non.
Comme il y a les 5 sens, il y  a maintenant les 5 du Vin.

Les 5 du Vin

Recherche

QUI SOMMES-NOUS?

David Cobbold (Eccevino) est le plus français des journalistes anglais du vin, ou vice versa. Il a reçu en 2011 le Wine Blog Trophy pour  son blog, More than Just Wine.

Jim Budd, sujet de sa Gracieuse Majesté, est journaliste pour diverses revues britanniques. Amoureux des vins de Loire, il leur consacre un blog, Jim's Loire, primé en 2009 du Wine Blog Trophy.

Hervé Lalau est un journaliste français écrivant pour diverses revues et sites français, belges, suisses et canadiens. Son blog "Chroniques Vineuses" lui a valu le Wine Blog Trophy en 2010.

Michel Smith, PourLeVin, est un journaliste français établi en Roussillon, travaillant pour diverses revues et guides en France. Il s'intitule lui-même "Journaliste en Vins et autres Plats de Résistance".

Marc Vanhellemont est un journaliste belge travaillant pour divers magazines en Belgique et en France. Incontournable, sauf par la face nord.

Archives

Le Calendrier des 5

Retrouvez vos chroniqueurs préférés grâce à notre fameux Calendrier

Lundi: Cobboldday
Mardi: Buddday
Mercredi: Lalauday
Jeudi: Smithday
Vendredi: Vanhellemontday

Pages

The Famous 5

Vous voulez-en savoir plus sur nous? Nos portraits se trouvent en rubrique The Famous 5.

Responsabilité

Les textes signés n'engagent que leur auteur.

Copyright

Sauf mention contraire, les textes et photos sont protégés par le Copyright de chaque auteur, individuellement pour les articles signés, ou collectivement pour les articles coopératifs des 5 du Vin.

Jim Budd's photographs are licensed under a Creative Commons Attribution-Noncommercial-No Derivative Works 2.5 UK: Scotland License.
16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 12:00

On a gagné !

Vous l’avez peut-être vu ? Moi, je l’ai vu et entendu, puis revu tôt ce matin. Je m’explique. 

Comme tous les samedis matins, je suis allé faire mes course au marché (minable à côté de celui de Narbonne, par exemple, mais ça c’est une autre histoire…), Place de la République à Perpignan. Dans les ruelles du centre ville comme sur les terrasses des bars, il y avait les restes, pour ne pas dire les vestiges, laissés par les supporters du match.

Quel match? Comment, j’espère que vous n’ignorez pas que Perpignan et son club historique, l’USAP, champion de France actuel – il s’agit de rugby, bande d’ignares – rencontrait Toulouse hier soir, son ennemi juré avec Biarritz, dans un stade archi plein, à Montpellier, notre capitale?

Eh bien, c’est l’USAP qui une fois de plus a remporté le match avec vaillance et pragmatisme contre des Toulousains un peu trop dominateurs et faiseurs de fautes. Je sais, vous vous en fichez. Mais c’était tout de même une demi-finale et si Perpignan continue sur sa lancée, nous garderons le Bouclier de Brennus pour la deuxième année consécutive.

 jerome-porical-a-inscrit-tous-les-points-de-l-usap

Jérôme Porical : à lui seul, il a marqué tous les points pour Perpignan. Ce sera dur pour Morgan Para de Clermont Ferrand qui affrontera les "sang et or" en finale.

Et le Carignan, là-dedans ? Souvenez-vous de Calce, mon petit village du post dimanche dernier (voir ici) et souvenez vous des vignerons du village. Moi, ils me faisaient penser à une moitié d’équipe catalane de rugby. Mieux, l’un d’entre eux, j’ai envie de dire le premier d’entre eux, en la personne de Gérard, dit Gauby, fut en son temps un vaillant rugbyman et il en a gardé la physionomie parfaite. C’est pour ces raisons que vous qualifierez de stupides, j’en conviens, que j’ai décidé, de nouveau, d’écrire sur le Carignan de Calce.

Smith-3984.JPG

Car il y a de la matière à Calce ! Celui-ci est à l’image du club « sang et or » et il est issu de vignes aussi vieilles que l’arrivée du rugby à Perpignan, en 1889. Ce vin porte un nom de prime abord exotique : Matassa, qui est également le nom du domaine. Il est l’œuvre de Tom Lubbe, un gars vaillant venu d’Afrique du Sud  qui a, un peu, le physique d’un pilier des Springboks (il y a aussi des Sud Africains, des Australiens et des Néo Zélandais dans le rugby Catalan…) et qui plus est, le gars est associé à la jeune sœur de Gérard (Gauby), Nathalie, avec laquelle il vit… au-dessus de l’ancienne cave occupée par son frère à ses débuts. Le couple Nathalie-Tom a aussi un autre associé, Sam Harrop, mais c’est une autre histoire.

 Smith-3982.JPG

Tom Lubbe : pilier ou première ligne ?

Matassa, donc. Non, ce n’est pas un cri de guerre Zulu. Matassa (www.matassawine.com) est un mot catalan qui désigne un sous-bois dense. Et Tom revendique cette identité au point de préférer la mention Vin de Pays des Côtes Catalanes à celle de l’appellation Côtes du Roussillon. De même qu’il revendique la biodynamie (Ecocert), les vendanges manuelles, le tri, etc. Le millésime goûté est le 2008, un rouge pourpre foncé qui tâche, un nez sauvage, chaleur et puissance en bouche avec une belle trame et des tannins bien mûrs. Comme beaucoup de ses frères, c’est un vin que l’on peut volontiers boire dès aujourd’hui tout en sachant qu’il sera superbe d’ici 10 ans. À moins de ne garder le flacon pour célébrer la victoire que j’espère proche. Son prix est de 30 €. Je sais, on va me dire que c’est cher… mais il s’agit là de petits rendements dans un vignoble presque montagnard. Et puis, j’ai de plus en plus tendance à penser que nous sommes, par endroits dans le Sud, un peu comme la Bourgogne, avec des poches, parfois même des clos, de vignes donnant des choses extraordinaires en très petite quantité.

Par la force des choses, ce qui est rare est cher…

Michel Smith 

 

Repost 0
16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 00:14

Je sais, tout le monde se tamponne des histoires de Pol Hochon mais, que voulez-vous , je suis ainsi fait, quand j'ai commencé l'ouvrage je le termine quoi qu'il m'en coûte. Alors vous aurez droit pour encore un bon bout de dimanche à la résistible ascension du petit Pol Hochon vigneron d'occasion.

 

Pol Hochon se levait de bonne heure. Le café était prêt. Il en but un grand bol, chaussa des pataugas et, suivi de Nestor le chien de la maison, il partit dans les vignes. Lui l'habitué du macadam se sentit de suite écrasé par la splendeur du lieu, le silence profond mais léger renforçait son sentiment de n'être qu'un tout petit homme sans grand intérêt. Plus il progressait dans l'océan de ceps plus il trouvait son projet dérisoire et vraiment sans intérêt. Quand il atteignait le sommet du coteau les paroles de Lucienne lui revenaient en mémoire et il reprenait courage. Le lendemain soir, lorsqu'il reposa le pied sur le quai de la gare de Lyon, toutes ces images, tous ces effluves, il les transmit à sa Clairette qui était venu le réceptionner. Ils papotèrent pendant une longue tranche de la nuit. Les dés étaient jetés. Le petit Hochon, fils du gros Hochon, propulsé par ses rêves, boosté par son pacte avec Lucienne, heureux d'éblouir Clairette par sa témérité, s'engageait le cœur léger dans une résistible ascension, une geste inutile, une forme d'élégance morale, un esthétisme gratuit, pour le meilleur et le pire. Le pire pour l'heure étant pour le présent narrateur de savoir ce qu'il va bien pouvoir inventer pour vous passionner et vous tenir en haleine.


Les premiers temps, dans toutes les manifestations où Lucienne l'emmenait, le jeune Hochon adoptait un profil bas, attentif et discret sur sa chaise, fondu dans l'anonymat des rangs du milieu pendant les AG des multiples organismes, agent dormant dans le deuxième cercle des conversations, nul ne faisait attention à lui. Lui s'imprégnait des règles non écrites du lieu, cherchait le bon bout des fils des nombreuses pelottes ou écheveaux, hochait la tête d'un air entendu aux dires des influents, applaudissait lorsqu'il fallait applaudir les envolées des orateurs, glanait avec son air de pas y toucher les rancœurs des opposants, levait son verre à bon escient. Il se fondait dans le paysage, chemise blanche ouverte, pantalon de Tergal gris de gris acheté chez Armand Thiery et, bien sûr, des grolles ringardes de chez ringard bien avachies. Dans cette parcelle de la France profonde, ce qui vient de Paris n'a que peu de crédit.

 

Et pourtant, à Paris, au Ministère des Commodités, flanqué de la petite Fougère, la Clairette, notre petit Hochon pénétrait sans vergogne le système des honneurs et des prébendes, mettait en place des bretelles de dérivation, pervertissait les fichiers; hacker soft, il investissait au  cœur du business le plus rentable, jamais obsolète, celui de la vanité des hommes. Méthodique, il emmagasinait, hiérarchisait, triait l'embrouillamini des ambitions, comptabilisait les points forts et les faiblesses des petits et gros caïmans, dressait la carte des parcours rêvés par ceux qui ambitionnaient d'avoir dans leur poche une carte d'abonnement au TGV, celui qui monte à Paris, l'Olympe des costumes gris, le Saint des Saints des parrains, loin du train-train du quotidien du terrain. Faire sa pelote des petitesses et des bassesses des présidents, petits et grands, plutôt petit que grand mais tous pensaient occuper un rang important, constituait l’acte fondateur de sa stratégie de pénétration, d’entrisme discret et efficace du milieu. Restait pour lui à se jeter à l’eau.

 

à suivre...


Jacques Berthomeau

Repost 0
16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 00:09

Premier jour de dégustation au Concours des Citadelles du vin, à Bourg en Gironde. Ambiance sympa, les dégustateurs sont en majorité des oenologues, mais du genre ouvert, en tout cas à ma table. Marc serait content, lui qui nous racontait vendredi ses déboires à Baux. Notez que cette fois-ci, c'est moi le président de table...

J'aime assez la philosophie générale du concours qui cherche à primer des vins qui donnent du plaisir au consommateur. C'est assez subjectif, évidemment, mais bon, mettre ainsi le consommateur final au centre des préoccupations est pour le moins intéressant.

Que retenir de notre première session?

Une série de rouges du Languedoc, assez disparates, du plus fruité au plus austère. Pas mal de 2007. Et puis, ensuite, une série de rouges grecs d'une belle homogénéité. Malheureusement, pas dans la qualité. Boisés redoutables (vieux foudres?), acidités mal fondues, quelques vins vraiment terribles. Plus intéressants, à mes yeux étaient les écarts entre les dégustateurs. Sur un même vin, certains notent "bel équilibre", et d'autres "déséquilibré". Les notes moyennes vont de "très bon" à "satisfaisant" (ce qui, en langage OIV, veut dire "médiocre").

Je précise que nous ne connaissons pas la provenance des vins avant de les déguster, ce n'est qu'après qu'on nous la donne.

La morale de l'histoire? Heureusement qu'on est 5 à la table, l'unité de compte n'est pas le dégustateur, c'est la table dans son ensemble.

J'aimerais parfois pouvoir rediscuter de tel ou tel vin quand une note le plombe et que les 4 autres s'accordent sur sa valeur, mais le système ne le permet pas, le temps que je reçoive les fiches, on est déjà passé à un autre vin.

Voila, en quelques mots, le vécu d'un président de jury. Ce n'est pas Cannes, ici, nos stars sont anonymes. Je veux parler des vins, dont nous ne connaîtrons jamais l'identité, mais aussi des dégustateurs.

Pas de Parker, pas de Bettane, pas de Johnson, pas de Jancis à ma table, ni même aux autres, mais des praticiens du vin blanchis sous le harnais, et quelques journaleux comme moi qui font de leur mieux pour comprendre les vins et leur donner leur chance.

Bien sûr, on posera la question de la sélection de vins - il n'y en a pas, c'est le producteur qui décide de s'inscrire ou pas, ou encore celle de la sélection des dégustateurs.

Mais vu qu'ils acceptent des gens comme moi...

A plus...

Hervé Lalau

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by les5duvin - dans En goguette
commenter cet article
15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 00:23

De temps en temps, le métier a du bon. Je dirai même du grandiose.

Invité par l'agence Rouge Granit , de Lyon, à venir juger les rosé des Baux pour l'annuel concours Noël Michelin, j'ai bien sûr accepté pour plusieurs raisons :

1) J'adore les Alpilles

2) J'avais besoin de changer d'air

3) Je voulais faire mon marché en Arles

4) Je voulais revoir de vieux amis

5) Je souhaitais bavarder avec mon complice de blog, Marc

6) D'autres raisons encore que je ne vais pas énumérer ici faute de place.

Plutôt que d'aller à l'hôtel, on nous a logé chez le Vigneron. J'adore. Je suis tombé à Dalmeran, ravissante bastide sise sur la voie romaine, ancien chemin d'Arles, en bordure d'un canal par endroit taillé à même la pierre, entre Saint-Étienne-du-Grès, pour être précis, et Saint-Rémy, petite ville charmante qui change chaque année pour devenir de plus en plus la résidence secondaire des tous les bobos d'Europe. Passons. Voici quelques images, histoire de vous faire rêver...

IMG_3934.jpg

IMG_3972.jpg

IMG_3936.jpg

Je suis tombé fou amoureux de Dalmeran. L'accueil, en dépit d'un inévitable côté VIP, a été des plus charmants. Béatrice, une ancienne juriste, et Neil, un anglais capitaine d'industrie parlant un français impeccable, Sarah, leur jeune fille, ainsi que tout le personnel, Myriam, Mohamed et les autres, ont été avec nous - je n'étais pas le seul invité - adorables. Je ne vous parle pas de ma chambre dans le château: un véritable pied-à-terre de palace, avec lit king size, lustres antiques, vues fuyantes sur le parc et les tuiles romanes, salle de bains de star, j'en passe et des meilleurs. Voici encore quelques clichés. Et si vous voulez en savoir plus, allez sur www.dalmeran.fr

Smith-3935.jpgSmith-3971.jpgSmith-3969.jpgSmith-3970.jpg

Des arbres morts transformés en sculptures, une calade conduisant à l'escalier de pierres du pays... on pourrait passer des heures dans le parc qui débouche sur les vignes lesquelles s'enfoncent entre les collines de calcaire gris coiffées de pinèdes. Si vous passez par là cet été, allez goûter les vins et profitez-en pour visiter, cela vaut le détour comme dirait Michelin.

Que demander de plus ?

Michel Smith

Repost 0
Published by les5duvin - dans En goguette
commenter cet article
14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 00:18

...quand les vignerons se font remonter les bretelles…

 

Le week-end dernier, je participais au concours des Baux en Provence. Un challenge convivial qui vise à récompenser un vin par catégorie : rouges, rosés et blancs de cuve et d’élevage. Ma table jugeait ces deux derniers. Tout d’abord, les 2009, frais, enjôleurs, floraux, au fruité élégant, se départagèrent avec difficulté, chacun ayant son favori, un vrai concours quoi, tout semblait aller pour le mieux…

 

Les Baux en Provence 044

  C'est ça qu'on gagne, ça roule pas très bien et pas bien droit...

 

Arrivent les suivants, blancs élevés pour la plupart en barriques, chaque juré les évalue, puis on en discute. Lors de tour de table habituel, tout le monde les considère tous oxydés, et je dois acquiescer. En effet, ces 2008 présentaient une pointe d’oxydation, certes, certes, certes, mais avec un ressort et une fraîcheur qui sous-tendaient les matières riches, les arrondis suaves, les densités fruités et confites. C’est un style, après on aime ou on n’aime pas, Éloi en fait du comme ça, p. ex.

 

Pas de chance, notre cher président de table est œnologue.

Calmos, ses pairs! Je n’ai rien contre cette utile profession, mais comme chaque corporation, elle a son lot d’exécuteurs scrupuleux de la règle établie. Bref, quand un blanc présente une petite oxydation toute mignonne, eh bien môssieur, ça ne lui va pas du tout. On lui rajoute de l’éthanal, tant qu’on y est, et puis de la volatile. On assène tous ces défauts impardonnables en place publique et en pleine remise des prix, devant un aréopage de qualité, parmi lesquels, les vignerons incriminés. Personne ne moufte, moi pas plus qu’un autre, l’affaire est close, mais ennuie…

 

 

Les Baux en Provence 009 Avouez que c'est Baux!

 

Tout le monde peut se tromper, moi le premier. Pour en avoir le cœur net, j’en demande une bouteille que j’emmène le lendemain chez une copine œnologue, qui possède un domaine en Roussillon. Vous voyez que je n’ai rien contre ce noble et utile métier. Bref, nous dînons avec quelques-uns de ses amis et j’ouvre le vin incriminé, bon étalon des échantillons dégustés la veille.


Eh bien les copains, rien que des commentaires positifs ! Et quand enfin, je pose la question de l’oxydation, la réponse est: certes, mais ce n’est pas gênant, ça fait partie du produit, c’est un style, ça fonctionne bien avec ce qu’on mange, j’aime bien… Elle m’a même dit : «C’est une oxydation qui me plaît beaucoup »

 

Les Baux en Provence 169

 C'est elle, la Réserve du Mas qui nous a beaucoup plu

 

Conclusion


Ne faites pas comme moi, volez vraiment dans les plumes de ces oiseaux à la blouse blanche des doctes qui, bardés de leur connaissance scientifique et de leur expérience technique, vous persuadent qu’ils détiennent la vérité. Et puis, les vins des Baux valent un beau détour, même si les blancs sont en Coteaux d’Aix…

 

Bye

 

Marc Vanhellemont

 

 

Repost 0
Published by les5duvin - dans Mieux vaut en rire
commenter cet article
13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 00:15

Manifeste à ma Nouvelle Star

« Luce, tu m’as enlucé » ! C’est ainsi que s’adresse un admirateur sur son blog « dédié », comme l’on dit aujourd’hui, à Luce, une des jeunes concurrentes de la Nouvelle Star, émission qui passe le Mercredi sur M6.

017A00D503111464-photo-prime-1.jpg

Au début je regardais à cause de Virginie Guillhaume, pulpeuse brune présentatrice au décolleté souvent intrigant et pigeonnant.

395858-virginie-guilhaume-dans-la-nouvelle-star-0x414-2.jpg 

Et puis il y a ces jeunes apprentis chanteurs et chanteuses. Certains sont un peu gauches, d’autres sont vraiment mauvais, mais tous ont cette sincérité créatrice et ce besoin de réussir qui force le respect. Je sais, vous êtes déjà en train de rire sous cape, de vous moquer du vieux qui zyeute ces p’tits jeunes à la télé. Mais je vous fiche mon billet que vous vous laisserez prendre aussi un soir. On parie ? Moi, j’en suis à ma troisième ou quatrième «saison», et je me suis surpris à planer en écoutant Camilla Jordana, Amandine Bourgeois, Julien Doré ou Christophe Willem, quelques unes des précédentes « stars » de l’émission.

Bon, à ce stade, si vous ne suivez pas, pas la peine de continuer : retournez donc à vos misérables notes de dégustation. Vous serez pardonné… un jour.

Retour à Luce, Luce Ô ma Luce. On la croit de Montpellier parce que c’est dans cette ville que se sont passées les sélections. Mais en réalité, cette « meuf » dont je suis « fan » et qui est « trop forte », « trop top » comme l’écrivent sur les blogs des milliers de filles et garçons qui sont loin d’avoir mon âge, est née à Perpignan, il y a tout juste 20 ans. Oui Monsieur, à Perpignan, dont la gare est déjà le Centre du Monde de par la volonté de Dali. Bon, d’accord vous allez dire : « Ouais, le vieux, là il débloque, il en fait trop. Déjà qu’il nous gonfle avec son Carignan et son Canigou, avec ses asperges et ses poireaux de vigne, voilà qu’il va nous ressortir Dani, Cali et Charles Trénet simplement parce qu’ils ont traîné leurs guêtres du côté du Castillet et de la Place Arago… »

Tout cela n’est vraiment pas de ma faute. C’est Pépé Jacques (Berthomeau) qui m’a soufflé l’idée de son bureau Parisien, un soir où il devait s’emmerder. Il est vrai qu’un jour, pour me rendre intéressant, avant de signer ma carignanesque story, j’avais cru bon de lâcher dans l’espoir de trouver un écho complice : «Revenons-en au plus important : moi, je suis pour Luce à la Nouvelle Star. Et vous ?». Vous vous rendez compte ? Le seul à réagir ça a été Jacques qui, comme moi, doit être de la classe 48 ! Et encore, ça lui a pris quelques semaines.

Alors voilà, je vais vous présenter celle qui, à mes yeux, est la dernière petite merveille du PAF.

Oh c’est pas un canon de beauté. Elle n’est pas non plus spécialement sexy : juste une fille simple, bien dans sa peau, rigolote, qui sait s’habiller et qui use de son look à bon escient. En quelques mots, j’aurais aimé l’avoir pour fille. En plus d’un talent fou - allez la voir les mercredis soirs (ce jeudi 13 exceptionnellement, à cause du foot) sur M6 ou sur http://www.nouvellestar.fr/candidat/luce/ -, la môme a de la gouaille et de la répartie à revendre. À une question un peu niaise posée par un fan «Qu’est-ce que ta maman dirait de toi?», voilà ce qu’elle rétorque : «Ma maman dirait qu’elle m’aime beaucoup mais qu’elle m’échangerait volontiers contre un poisson muet plus connu sous le nom de carpe». Tout est à l’avenant : À la question «Ton rêve le plus fou?» , réponse de celle qui aurait pu faire les beaux jours de Pigalle ou de Kings Road : «Marcher sur l’eau tout en buvant un whisky glacé, le tout en compagnie de Serge Gainsbourg». Ou encore : «Quel est le meilleur cadeau que l’on puisse te faire?» Réponse : «M’acheter un lot de papier toilette ultra doux». Lisez la suite, ça vaut son pesant de bouteilles de vins, catalans, bien sûr. Moi j’aime. Certains vont faire la moue – je les vois déjà – mais que voulez-vous, tout ce qui est un peu rebelle me sied à merveille...

Mon interprétation favorite de ce grand cru de la chanson américaine... reprise par Luce et que l'on peut écouter sur le site de M6.

 

Et puis son interprétation de Dream A Little Dream Of Me, tube de 1931 relancé dans les années 70 par les Mamas and Papas, même si ce n’était pas parfait, avait quelque chose de touchant. Je ne sais pas ce que ça va donner dans les prochains jours car les autres concurrents ne manquent pas de piquant. Allez, je parie, même si elle se fait sortir avant la grande finale par un Dave, un Benjamin, un François, une Annabelle ou une Lussi, que l’on reparlera de ma Luce.

Je l’aime tellement cette petite, que j’ai ouvert un blog en son honneur sur Skyrock. Ouais, que voulez-vous, mais Blogspot, ça faisait un peu ringard… D’autant que la place était déjà prise par un fan qui use et abuse du mot qu’il a inventé, enlucé, et qui a ouvert un formidable blog que je vous invite à parcourir :

http://amoureuxdeluce.blogspot.com

Et je ne voulais pas non plus concurrencer les5duVin ! Pour l’instant, je ne lui ai consacré qu’un petit post traitant d’une de ses dernières prestations. Courrez-y voir sur :

http://pourlevin.skyrock.com

 017A00D503111466-photo-prime-1.jpg

  Michel Smith

Repost 0
Published by les5duvin - dans C'est grave - Docteur
commenter cet article
12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 00:04

Le saviez-vous ? Die compte parmi les plus anciens terroirs de vin à bulles au monde. Laissez donc Tonton Hervé vous en conter l'histoire...

 Il était une fois au bord des Alpes un peuple qui s'appelait les Voconces, et qui produisait du vin selon une curieuse méthode; d'après Pline l’Ancien, qui les cite dans son Histoire Naturelle, ces Gaulois plongeaient les récipients contenant le vin en début de fermentation dans les rivières de leurs montagnes pour lui conserver son pétillant - le principe même de la Méthode Dioise. Pline écrivait ceci en 77 après JC, ce qui ne nous rajeunit pas. Et  des outils à vocation bachique retrouvés sur le site d'une ancienne villa viticole de Pontaix confirment le passé viticole antique de la région.

 

Diois.jpg

Au bout du Diois

Vive le chemin de fer!

Preuve supplémentaire de la qualité des vins: au 14ème siècle, un édit interdit l’apport de vins extérieurs dans l'aire de production de la Clairette de Die.

Celle-ci connaît un premier essor au 18ème siècle, avec la création de nombreuses caves. Avec l’arrivée du chemin de fer, à la fin du 19ème siècle, elle part à la conquête du marché français; dès 1910, elle est reprise dans le classement des futures appellations. Ce statut d’AOC lui est conféré en 1942.
La production connaît un nouveau développement avec la création de la cave coopérative, en 1950. Développement qui se traduit par un accroissement de la superficie viticole.
Dans le même temps, les procédés de production sont mieux encadrés: en 1971, la Méthode Dioise Ancestrale -utilisée pour cette seule AOC- est précisée.

La méthode Dioise

Dans cette méthode, différente de celle utilisée pour les Crémants, la première fermentation est volontairement incomplète. Elle est ralentie ou arrêtée par le refroidissement du moût à basse température. Le moût est par la suite mis en bouteille, sans ajout de liqueur de tirage, et le processus de fermentation est relancé par une augmentation de la température,  le dioxyde de carbone généré lors de cette fermentation en bouteille créant l’effervescence. La fermentation s’arrête  naturellement lorsque le vin  atteint un degré d’alcool proche de 7° à 9°. Les vins produits par la méthode rurale sont parfois troubles à cause de la présence de sédiments. A Die, on utilise un filtrage sous pression qui permet de clarifier le vin sans pour autant nuire à son effervescence.

Outre la Clairette de Die, les 31 communes de l’aire d’appellation du Diois produisent aussi le Crémant de Die (appellation reconnue en 1993). Il s’agit d’un vin effervescent élaboré selon la méthode dite traditionnelle.

En parlant de tradition, et pour ne pas rester la bouche sèche après toutes ces explications, j'ai débouché une Clairette Bio Tradition de chez Jaillance (alias Cave de Die). Voici mes notes de dégustation.

Robe : Brillant, or pâle, bulle fine. Nez: Pâte de coing, herbe fraîche, notes de fruits exotiques. Bouche: équilibrée, notes d'infusion (tilleul, camomille...) et belle nervosité, de l'élégance - il y a une vie après la touche sucrée.

Accords gourmands:  tout seul, en milieu d’après-midi. Ou bien au dessert, sur des glaces, des tartes, des crumbles au fruits, ou un moelleux au chocolat.

Hervé Lalau

 

PS. Aucun rapport, mais j'ai tout de même envie de vous poser la question - je m'adresse à mes lecteurs français, encore sous le coup de l'annonce par Raymond Domenech de l'équipe de France de foot (et handball réunies). Quelle serait pour vous la composition idéale de l'Equipe de France... de Vin? Vos trente bouteilles, les mieux à même de représenter la France du vin à une hypothétique coupe du Monde - attention, pas des vins pour dans trente ans, des vins pour le mois de juillet...

Repost 0
Published by les5duvin - dans Un peu d'histoire
commenter cet article
11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 00:15

 

There is no doubt that the ‘social media’ – blogs, facebook, twitter YouTube etc. – has opened up a plethora of new ways of communicating about wine. When anyone with a wireless connection can join in, the days of the omniscient wine critic are now surely numbered if not already over.

 

Naturally this time of change is exciting – just as it is exciting watching what is going on in British politics following our deadlocked election. (Difficult, incidentally, to concentrate on this post as the UK political landscape keeps changing!)


However, there are times when our excitement or infatuation with the new media leads to the medium becoming both the message and the medium. We put on blogging opportunities just because it can be done without asking to what purpose.

 Last September I was at The Boutique Wineries tasting in London. During the walk-round tasting there was a blogging broadcast of the Port harvest going on in the Douro that day. Very few of the tasters appeared to take much notice of the scenes on the screen showing workers picking grapes. Hardly surprising as the Douro harvest, fascinating though it might be, was not why people had come to the tasting. It had no relevance.

Ccfadinglights.jpgFading light@Cortes de Cima

Then in late October I was at the Cortes de Cima on the eve of the Second European Wine Bloggers Conference in Lisbon. It was thought a good idea to do a simultaneous tasting with the small group of us who were at Cima (nearest train station Cuba but this is another story) with other bloggers who had already arrived in the conference hotel in Lisbon.

 It was potentially a good idea to use a video but unfortunately no one had thought through how such a tasting would be meaningful. It had just been assumed that the medium without any tailored message would work by itself. Of course it didn’t as tasters hove in and out of view.

Whatever the medium there has to be a clear purpose, which is why I’m also somewhat skeptical about a new development at this year’s London International Wine Trade Fair – The Access Zone: 

"The Access Zone" @ The 2010 London Wine Fair
At the London International Wine Fair 2010 Catavino will with the help of WineConversation.com, the EWBC, and Wineblogger.info bring you "The Access Zone" a place to meet up, and talk about wine online.

Stay tuned for updates and exciting announcements about what we'll be doing, and how you can get involved! Anyone can stop by to learn or teach, just let us know!

 With 60+ meters to hang out at, there will be tastings, seminars, and plenty of interactive excitement for all of you to take part in. Free WIFI, powerpoints, and places to sit for all of you who want to blog, tweet, upload, or otherwise.

On top of this, we'll be making some big announcements this year, and you won't want to miss it!’

ExcelConstas.jpg

2009 Excel (exhibition centre) expands  by 60%

I’m only at the fair for one day this year and I’ll try to drop by but I’m not convinced that people come to the fair to blog and tweet (or twat perhaps). Don’t they go to taste wine and meet people whether they are winemakers or importers etc. 

In case all this makes me look anti social media this is far from the case – after all I do have two blogs and am a member of this fivesome! You can't, however, have the medium alone you have to have a worthwhile message.

Repost 0
Published by les5duvin - dans Vu d'Albion
commenter cet article
10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 00:09

«Il s’est donc avéré que cette vie «divine» en France bénéficiait toujours d’un attrait magique» écrit Étienne Van Steenberghe. À propos de qui ce magique attrait s’exerçait-t-il ? De vignerons belges, mais c’est bien sûr, et plus précisément  flamands, normal lorsqu’on est doté d’un patronyme qui sonne comme celui du mythique rouleur de ma jeunesse Rik Van Steenbergen. Dans un très bel album, «Vignerons belges en France», aux éditions Lanoo www.lanoo.com Étienne Van Steenberghe constate dans sa préface qu’à l’aube du nouveau millénaire «pas moins de septante-cinq» de ses compatriotes «étaient actifs sur la scène viticole française». Il ajoute que «les années nonante ont en effet constitué le cadre d’une véritable invasion des nouveaux dieux du vin. Ils sont apparus comme des dei ex machina. The Big Belgian Boom in France.» Et d’énumérer les Frère (Cheval Blanc), Bonnie (Malartic-Lagravière), Pauwels (domaine du Théron à Cahors), Onclin (Prieuré-Lichine), Fourcroy (Franc-Mayne), Vranken (champagne éponyme) et «de nombreux autres candidats vignerons disposant de moyens financiers importants ont vu généreusement pleuvoir la manne viticole. Un milliard de plus ou de moins ne représentait qu’une question de détail». L’étendard noir jaune rouge flottait donc principalement sur le vignoble bordelais et «sur le front viticole international, la présence viticole belge est particulièrement bien illustrée par quelques valeurs établies, comme le Pin de Jacques Thienpont qui n’a fait qu’une bouchée du Petrus aux prix prohibitifs». Mais il y a aussi des originaux tel « le prodige » Jean-Marie Guffens "aux créations parfaites". Donc, comme l’écrit très justement Étienne Van Steenberghe «une chose est bien établie dans le panorama du vin français: la présence belge dans le paysage français n’est plus un « fait-divers » mais est devenu un fait bien enraciné.»

De toute cette belle brochette, dans ma vie, j’en ai croisé quelques-uns mais c’est avec l’un d’eux, Jean-Marie Guffens, «le prodige», que grâce à l’ami Jean-Louis Piton, par une belle soirée aptésienne, juste après la publication de mon rapport, j’ai pu discuter un très long moment autour d’un verre (réemplissable comme il se doit). C’était décapant car l’homme, comme le note Étienne Van Steenberghe a «son style bien à lui, parsemé d’humour, de sérieux, d’ironie et de sarcasme». Comme le Piton du Lubéron n’est pas lui non plus dépourvu de répondant, ce fut chaud. Moi ça m’allait bien car JM Guffens avait tout compris de ce que j’essayais de dire à la France viticole. J’en garde un excellent souvenir. D’ailleurs, dans mes projets de chroniques futures, un «duel» Guffens-Piton est programmé. Reste à coincer ces deux grands voyageurs pour les faire causer.


Sans reprendre toute la notice (page 45 à 49) de l’ouvrage, je me permets de vous proposer quelques extraits de ce qu’écrit Étienne Van Steenberghe sur Jean-Marie Guffens pour vous mettre « le vin » à la bouche. Pour plus de précisions sur les affaires de JM Guffens voir www.verget-sa.com/

«C’est dans une 2CV bancale que Mainke Heynen, Jean-Marie-Guffens et Martha, le berger malinois, ont pris la route de France en ce 5 septembre 1976. Ils comptaient y vivre d’amour, de fromage et de vin. Deux enfants amoureux à la recherche d’un avenir en rose […] Ils ont trouvé une petite maisonnette dans le village voisin de Vergisson, une bourgade viticole dominée par deux géants de pierre, La Roche de Solutré et La Roche Vergisson. Des raisins Chardonnay poussent aujourd’hui tranquillement autour du nid d’amour au lieu-dit «En France».

«Une rencontre avec JM Guffens, le Flamand relativiste de Bourgogne, est toujours un évènement. Il n’est jamais à court de l’une ou l’autre affirmation téméraire. Son sourire enjoué et ses yeux pétillants cachent toutefois un sens de la perfection quasi maniaque. Pour lui, la viticulture est une passion. Il maîtrise parfaitement tous les paramètres de la viticulture et n’hésite pas à prendre des risques calculés. Un seul objectif occupe son esprit : produire des vins passionnants et harmonieux.»

«JM Guffens est un homme de défis. Il cerne très rapidement une situation et fait ensuite reculer ses limites sans le moindre problème. C’est dans ce contexte qu’a vu le jour son entreprise commerciale Verget à Soligny. Les maisons commerciales fournissaient trop peu d’efforts pour acquérir de bonnes matières de base. C’est convaincu de l’assertion «  le meilleur vin est fait à partir des meilleurs raisins » qu’il est allé à la rencontre des vignobles de la région de Bourgogne. Il a pu les convaincre – autrement dit, le prix était suffisamment élevé – de fournir des raisins de bonne qualité. Il a été l’un des pionniers dans ce domaine… »

« Son nouveau défi s’appelle le Château des Tourettes dans le Luberon (…) Les règles de l’AOC ne lui permettent pas la plantation de cépages modernes et ces vins sont donc vendus sous le label vin de pays. Le Château des Tourettes abrite donc des cépages liés à la région tels que marsanne, roussane, grenache et syrah. En tant qu’enfant de la Bourgogne, JM Guffens a toutefois fait planter des pieds de vigne de Chardonnay car il reste un amoureux inconditionnel de cette variété. Il connaît à fond les qualités de ce cépage. »

Voilà très chers lecteurs, le hasard des rencontres, des voisinages Aptésiens et de ce que la compagnie assidue du vin, de ceux qui le font, permet de nouer comme liens amicaux après des débats passionnés et arrosés puisque, comme chacun sait : la vérité est fond ses verres.

Je vous assure, et vous ne serez pas difficiles à persuader, que Jean-Marie Guffens et Jean-Louis Piton sont d’un commerce bien plus agréable que le sieur Patrick Elineau, DG de l’ANPAA (j’en parle en connaissance de cause car, par des hasards familiaux, nos vies se sont croisées il y a fort longtemps chroniquedu 6 juillet 2006 Des mots plutôt que des maux http://www.berthomeau.com/article-3202480.html  lettre au directeur de l'ANPAA.

Repost 0
Published by les5duvin - dans Le coup de coeur
commenter cet article
9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 09:34

C'est quoi au juste une fête autour du vin ?

Un orchestre de bénévoles qui soufflent dans des cuivres fatigués et qui tambourinent à tout va, des gens de bonne humeur qui déambulent le verre à la main, des enfants qui courent joyeux, des vieux qui éclusent leurs souvenirs, des sourires échangés, des marchands d’amandes et d’huile d’olive du pays, un restaurant qui reste ouvert un jour de fête chômée…. Une fête du vin, c'est que du bonheur !

Calce-se-rebiffe.JPG

Je rentre tout juste de la joyeuse fête du vin à Calce, fête baptisée « Les Caves se rebiffent », la cinquième du nom et un monde fou. Monter à Calce est un peu comme s'extraire du stress de la ville : sur la place, au pied de l’horloge, je retrouve les charmes du vieux village où tout le monde s’interpelle. Merci au maire, Paul Schramm, ancien prof de l’école hôtelière de Perpignan, défenseur ardent des vignes patrimoniales, de s’occuper avec autant de ferveur de la préservation de l’âme de ce village vigneron dont la notoriété ne cesse de croître.

À ce stade, quelques questions et réponses s’imposent …

-Primo : C’est où Calce ? Au bout du monde et tout de même assez proche de Perpignan, à 20 km environ. Faut passer par l’aéroport, Peyrestortes, puis par Baixas (prononcez « bachas ») ou alors, via Saint-Estève.

-Deuxio : Pourquoi Calce ? Because « Calcinaires », la cuvée « ordinaire » de Gauby, prénom Gérard. On y va parce que c’est lui qui a mis le nom de Calce sur la carte vigneronne du Roussillon. On y va parce que Calce veut dire calcaire et que ce dernier par endroits affleure le sol. Mais comme le territoire de Calce est assez vaste, on y va aussi pour sa diversité d’expositions, de terroirs, ses zones de schistes, ses poches de microclimats souvent froids puisque c’est de là que vient la « Petite Sibérie, » cuvée mythique d’Hervé Bizeul.

-Tertio : Et le Carignan dans tout ça ? Eh bien, dans ces terres essentiellement argilo calcaires où terrasses et coteaux tutoient la garrigue, le Carignan est en son royaume. Il est présent dans quasiment tous les vins rouges et compose parfois l’essentiel d’une cuvée. 

LePiloudePithon.JPG

C’est le cas de ce «Pilou», cuvée cent pou cent Carignan de Calce. Son auteur, Olivier Pithon, sieur d’Anjou, va bientôt fêter ses dix ans d’installation sur le territoire de cette commune. Hormis son grand frère, Jo du Layon, mis à part son entrée à Calce via la cave de Gérard Gauby, son mentor en matière de vin, c’est Stéphane Derenoncourt, l’autodidacte vinificateur de Saint-Émilion qui lui a fait comprendre qu’amour et plaisir font partie intégrante de la vie vigneronne.

Franchement, Olivier ne fait pas partie de la secte des grands bavards, et c’est tant mieux ainsi. Car on se prend à penser que plus on le fréquente, plus il vous jauge à petites doses, et mieux il vous laissera pénétrer l’univers de ses vins. J’aime quand le personnage est mystérieux et que l’on prend du temps à aller à sa rencontre.

Sur son site (ICI), le gars se  souvient de son premier jour passé dans ses vignes de Calce, en compagnie d’un Carignan planté en 1940 par un dénommé Saturne. Peut-être le plus beau jour de sa vie. Aujourd’hui, on peut rencontrer ce vigneron sensible arpentant barbe au vent son vignoble bio en épandant ses tisanes de prêle ou d’ortie. J’ai découvert ses vins en 2004 à l’occasion de la première édition des « Caves se Rebiffent » et, après en avoir fait une sorte de coup de cœur dans le hors série vins de Cuisine & Vins de France du même millésime, je redécouvre avec bonheur sa production.

PithonCarignan.JPG 

«Pilou» 2007 est un réel bonheur car il met en vedette des carignans - certains centenaires - plantés sur schistes et sur calcaires. On sent qu’Olivier vénère ces vieux ceps et le jus qu’il en tire. L’élevage, plusieurs mois en demi-muids, est des plus soignés. Il en résulte un 2007 tout en profondeur et en complexité qu’il convient de boire à température cave, 14 ° maximum. On pourrait alors le croire réservé, mais il n’en est rien, bien au contraire puisque, au bout de 5 minutes dans le verre, le vin jubile avec grâce dans le palais offrant toute la palette de parfums sauvages rencontrés lors de flâneries sur les sentiers vignerons de Calce. Certes, le flacon n’est pas donné, mais il est rare. Et tellement beau que l’on est prêt, en se cotisant à plusieurs fondus carignanisés, à supplier le vigneron pour qu’il nous en mette quelques magnums de côté. Que ne ferait-on pas pour l’amour du vin ?

Michel Smith

 

Repost 0