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POURQUOI CE BLOG?

Ce blog est né de l'heureux hasard d'une rencontre, en 2010, au Salon des Vins de Loire d'Angers, autour d'un verre de rosé de Bourgueil - celui de Pierre Jacques Druet. Il y avait là cinq "plumitifs" du vin. Le rosé aidant, l'idée a germé de créer un espace commun.
Parce qu'à cinq, on peut aborder plus de thèmes.
Parce qu'on peut débattre.
Parce qu'on peut partager. Des coups de coeur, des coups de gueule, de l'expérience.
Et qu'est-ce que le vin sinon une boisson de partage?
De ces cinq, certains sont déjà des blogueurs confirmés, d'autres non.
Comme il y a les 5 sens, il y  a maintenant les 5 du Vin.

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David Cobbold (Eccevino) est le plus français des journalistes anglais du vin, ou vice versa. Il a reçu en 2011 le Wine Blog Trophy pour  son blog, More than Just Wine.

Jim Budd, sujet de sa Gracieuse Majesté, est journaliste pour diverses revues britanniques. Amoureux des vins de Loire, il leur consacre un blog, Jim's Loire, primé en 2009 du Wine Blog Trophy.

Hervé Lalau est un journaliste français écrivant pour diverses revues et sites français, belges, suisses et canadiens. Son blog "Chroniques Vineuses" lui a valu le Wine Blog Trophy en 2010.

Michel Smith, PourLeVin, est un journaliste français établi en Roussillon, travaillant pour diverses revues et guides en France. Il s'intitule lui-même "Journaliste en Vins et autres Plats de Résistance".

Marc Vanhellemont est un journaliste belge travaillant pour divers magazines en Belgique et en France. Incontournable, sauf par la face nord.

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 00:07

RIP-shirts

RIP!

It is indeed a sad moment when a favourite shirt reaches the end of its wearable life. There was one such moment on Saturday morning when I stretched rather too enthusastically only to hear a substantial ripping sound. OK the shirt in question has a certain discretion and in terms of symphonic shirts would fit neatly into the second movement Beethoven's 6th Symphony, provided camels were allowed to roam the gentle landscape, while serenaded by colourful tropical birds.

The shirt was silk and thus sadly irreparable as it was very comfortable to wear. It is an emotional rather than a financial loss as I guess I paid around £4 ( 4.66 € at today's commercial rate). Bought as most of my shirts are from a charity shop. 

As a mark of respect I need now to open something suitable to register its passing. On our return from Inverness this evening I opened a Sancerre – 2008 Domaine du Nozay, a property in Sainte-Gemme owned by Barons Philippe and Cyril de Benoist. The Sancerre is a sample from Corney & Barrow and is an agreeable and characterful Sancerre with gooseberry and asparagus aromas and the steely acidity of 2008. Sainte-Gemme-en-Sancerrois is right at the northern limit of the appellation. 

 

RIP-shirtas


However despite this wine's aristocratic lineage it is rather too foursquare and lacks the necessary subtlety to fit the shirt. I think something a little more exotic is required and am considering the 1997 Château de la Guimonière, 2 ans en barriques, that dates from the time when Bernard Germain was in his pomp. But this is far too important decision to rush into. Perhaps to be continued in a future posting. Do I feel a new series coming on....? 

PS: Continuing to ponder the ideal wine for the 'wake', while greatly enjoying the film of the Stones making Exile on Main Street.

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 00:09

Si vous ne l'avez pas encore lu : lisez-le ! Ce livre est paru fin 2008. Ma chronique date de novembre 2008. Elle toujours lue sur mon blog alors je vous la propose en ce lundi de Pentecôte. Bonne lecture et pour une fois, réagissez ! Commentez !

 

Olivier Ameisen, l’auteur du livre «Le dernier verre» chez Denoël, est un médecin sensible et talentueux. Deuxième enfant d’une famille parisienne aisée, d’origine juive polonaise, son parcours scolaire est fascinant : en 2de à l’Ecole Alsacienne il sollicite une dérogation, qu’il obtient d’Edgard Faure lui-même, pour passer son bac et le réussit brillamment. «C’était la première fois dans les annales, m’a affirmé le Ministère, qu’un élève réussissait son bac en classe de seconde.» Il veut être pianiste. Il a hérité du don de son père capable de jouer tout ce qu’il voulait au piano, «d’oreille car il n’avait jamais appris à lire la musique». À sept ans, il dit à son père «Regarde, papa j’ai composé quelque chose de très beau, regarde. 

-         C’est très bien, mais je crois que quelqu’un l’a composé avant toi, à dit son père.

-         Impossible !

-         - Bien sûr que si : c’est le Concert pour piano n°1 de Tchaïkovski.»


Bac en poche, ses parents ne sont pas très disposés à le voir «passer tout son temps à travailler le piano». Médecine alors, à l’exemple de l’ami de la famille, le Pr Jean Bernard. Olivier décroche son premier job d’été comme pianiste à la Closerie des Lilas. Comme il fait plus vieux que son âge, les clients lui offraient des verres qu’il ne buvait pas. Un jour il décide sa mère à écrire à Arthur Rubinstein, "le pianiste des pianistes" pour qu’il le reçoive. Le maître accepte. Olivier joue, au 22 square de l’avenue Foch, sur le Steinway de son idole. Il confie à Rubinstein son intention de mener de front ses études de médecine et une carrière de concertiste et s’entend répondre «C’était possible du temps de Moritz Rosenthal, qui avait je crois un doctorat en philosophie, mais aujourd’hui c’est exclu. Il faut travailler comme un fou. Vous êtes un pianiste fabuleux, cher monsieur, vous êtes l’un des meilleurs. Vous me faites penser à moi-même, mais aussi à Samson François lorsqu’il a joué sur ce même piano.» Il choisit donc la cardiologie car «L’école française de "rythmologie" a une réputation mondiale, et ce sont les professeurs Slama et Coumel, mes maîtres à l’hôpital Lariboisière, qui ont guidé mes premiers pas.»

 

Je dois avouer que ces références me touchent au cœur, au propre comme au figuré, car c’est à Lariboisière dans le service du Pr Slama que le Pr Coumel a soigné mon syndrome de Kent.  Olivier est médecin-aspirant à Matignon au temps de Raymond Barre. New-York exerce sur lui «une singulière fascination» et, en octobre 1983, il choisit le service de cardiologie du prestigieux New York Presbyterian Hospital-Cornell University Medical Center. Quand l’alcool déboule dans sa vie, il exerce aussi dans son propre cabinet de cardiologie à Manhattan.

 

Car, dixit Olivier, «Je suis hanté depuis toujours par un sentiment angoissant d’inadéquation, d’imposture. Alors que je dégage – selon ce qu’on me dit – une impression de force et d’assurance et même, pour beaucoup, de charisme, je me sens en totale inadéquation avec cette image. Pour moi, cette personne dont le CV épate tout le monde n’a rien à voir avec la personne que je suis réellement. Je vis dans la crainte d’être découvert. Un jour, forcément, quelqu’un comprendra que tout ce que j’entreprends, tous mes succès ne sont qu’une escroquerie, et le château de cartes s’écroulera en quelques secondes.» Là est la racine de sa maladie. Ce livre, vous devez le lire. Je ne vais donc pas vous le résumer mais vous confier, dans l’ordre chronologique, des passages que j’ai soulignés lors de ma lecture.

 

«Mes parents n’ont jamais été buveurs ; à la maison, il n’y avait jamais de vin à table ; mes parents ont donc failli car ils ont omis de m’enseigner comment boire convenablement. Ils ont commis une faute importante car ils auraient dû prévoir que cela me handicaperait sur le plan social et professionnel» page 14

 

«La dépendance met les médecins mal à l’aise parce qu’ils n’ont aucun traitement efficace à proposer. Cela explique aussi la stigmatisation morale qui accompagne la dépendance. Chaque fois que la médecine ne parvient pas à guérir ou à contrôler une maladie, elle en rejette la faute sur le patient, en l’accusant de manquer de force de caractère, de volonté, etc.» page 17

 

«J’ai découvert que l’alcool calmait mes angoisses comme jamais les benzodiazépines ne l’avaient fait, et sans effet secondaires. L’alcool me donnait de l’assurance. Je me sentais serein, extraverti, lucide, complètement à l’aise. Je pouvais bavarder sans retenue avec un parfait inconnu.» page 58

 

«Le grand avantage de la cure, c’est que ce n’est pas la « vraie » vie. Mais c’est également son grand inconvénient, et c’est la raison pour laquelle ses résultats sont si fragiles.» page 111

 

«Les racines non biologiques de cette maladie qu’est la dépendance sont à rechercher dans le besoin de changement individuel, de grandir, et surtout de se comprendre soi-même et surtout de comprendre son rapport à autrui. Encore une fois, il est crucial de comprendre le terrain qui prédispose certaines personnes à l’addiction (…) En d’autres termes, tout le monde ne peut pas devenir alcoolique.» page 137

 

«Personne ne semblait comprendre que je n’avais aucune envie de me détruire. Même dans les moments les plus atroces, j’avis envie de vivre.»

«Ce que j’ai toujours pensé, ce que je continue de penser, c’est que l’alcool, s’il a failli me tuer à d’innombrables reprises, m’a permis d’aller mieux, de survivre. C’est l’alcool qui m’a permis de vivre et je pense que je serais mort, ou bien fou.» page 141

 

«Dans l’addiction, en revanche, les symptômes sont la maladie. Le principal symptôme de la dépendance c’est la dépendance, c’est-à-dire le craving, l’envie obsessionnelle de fumer, de boire, de prendre de l’héroïne et ainsi de suite. Si le patient refume, reboit, etc., c’est à cause de ce symptôme. Pour dire les choses autrement, si le patient est dépendant de la substance, la maladie, elle, est dépendante de ses symptômes. Supprimez les symptômes, et vous supprimez la maladie.» page 214

 

«Mais le baclofène était tombé dans le domaine public depuis des années. On pourrait penser que c’est une bonne chose, mais ce n’est pas le cas: n’importe quel laboratoire peut fabriquer et vendre un générique du baclofène, et donc aucun laboratoire n’investira le moindre centime dans une étude sur ses effets. Comme ce sont les laboratoires qui financent l’essentiel de la recherche sur le traitement de la dépendance…» page 237

 

«Les traitements contre la dépendance ont toujours pour but déclaré de ramener les patients à leur vie d’avant l’addiction, à leur état de «préaddiction». Non seulement cette méthode ne marche pas, mais elle comporte en outre une faille importante. L’état qui précède la plongée dans la dépendance n’est rien d’autre qu’un état d’extrême vulnérabilité à l’addiction : ce n’est pas un « avant » vers lequel on peut vouloir retourner. C’est pour cela que lorsqu’on me disait : "C’est bon de se retrouver comme avant" , je répondais invariablement : "Ce n’est pas du tout comme avant. Avant, j’avais peut-être l’air normal, mais je me sentais extrêmement mal. Aujourd’hui, je ne me suis jamais senti aussi bien".» page 247

 

Allez sur le site d’Olivier Ameisen  http://olivierameisen.e-monsite.com/ et bonne lecture avec des commentaires…

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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 12:05

Comme dans les pubs de Londres : «Last call, ladies and gentlemen» ! Le dernier verre, le dernier calice…

Dernier arrêt donc dans ce carignesque village qu’est Calce, une commune que je vous ré-invite à découvrir ou redécouvrir toutes affaires cessantes. N’oubliez pas Gauby qui, à défaut de mettre de l’eau dans son vin, y colle pas mal de vieux carignans…

 Padié-1

Jean-Philippe Padié, par lui-même

Face au bistrot du village, le Presbytère, bistrot qui fait d’ailleurs partie d’une chaîne formidable (VOIR ICI) www.bistrotdepays.com baptisée « Les Bistrots de Pays », se trouve la cave de Jean-Philippe Padié, un p’tit gars venu de la région toulousaine un beau jour du début de notre millénaire pour tâter de la vigne sur les marnes et les schistes de ces bords de Corbières. Aujourd’hui, ainsi qu’il le raconte si bien dans son site (ICI), il possède 10 ha éclatés en une trentaine de parcelles. Faut l’faire, comme disait l’ami Fernand !

 Padie.JPG 

Il suffisait d’un « i » bien droit ajouté au nom de Calce pour que naisse un matin sous la douche une cuvée cent pour cent Carignan. Oh, ce n’est pas le genre de vin à ranger au plus profond de sa cave. Juste un de ces p’tits vins juteux et fruités à souhait, à un prix raisonnable (8,50 €) un Vin de Pays des Côtes Catalanes 2009 à boire frais avec les amis un soir d’été autour d’une grillade de sardines fraîchement ramenées d’un petit métier de Port-Vendres, de celles que l’on mange en s’aidant des deux mains pour ne laisser que la tête, l’arrête et la queue. Je parle de la queue, mais si vous aimez la saucisse allez-y !

Et pour accompagnement musical, essayez Archie Shepp. Moi, j’adore.

Bon dimanche estival !

Michel Smith

 

 

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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 08:43

Au risque de vous surprendre j’ai même rencontré la semaine passée une lectrice de mon feuilleton dominical, alors ça encourage à perdurer, à continuer de creuser le sillon, à vous faire progresser dans la connaissance du terroir profond.


 

La première fois qu'il sortit du bois, lors d'une paisible assemblée générale de la cave coopérative, le petit Hochon le fit avec doigté, sobrement, par la bande. En l'occurrence, la bande, c'était Bourré, le directeur de la cave, avec qui il avait su nouer des liens de confiance, un petit service par ci pour le gamin, un petit cadeau par là pour l'intéressé, amateur de semences potagères oubliées. Pol lui suggéra de glisser dans le discours du président une petite phrase qui ferait grand bruit: dans la prochaine promotion du poireau, l'infatigable José Tournassant, le promoteur pugnace des vins de pays de la croupe schisteuse du Val-Perdu-et -Oublié, depuis toujours membre du conseil d'administration sans jamais avoir brigué le moindre poste, se verrait attribuer la croix de chevalier. Stupeur dans les rangs assoupis !

Applaudissements nourris des ventres qui criaient famine.

 

Petit à petit, toujours dans l'ombre, le petit Hochon tissait sa toile avec une volupté intérieure, araigne patiente mais sans pitié. En dépit de cette stratégie couleur de muraille, et c'était là le but recherché, dans tout le canton et au-delà, tous murmuraient que malgré son air con, ce Pol Hochon il avait le bras long. Plus les jours passaient, à chacune de ses apparitions, le ballet des frelons se mettait en action, tournoyait dans tous les espaces où le nouvel homme d'influence se mouvait affublé de son inaltérable discrétion. Lucienne, plus Lucienne que jamais, distillait dans les petits commerces des informations de première main, lâchait à la moindre occasion que son jeune Pol, fort occupé dans ses sphères élevées saurait le moment venu trier entre le bon grain et l'ivraie. Elle alla jusqu'à confier aux dames huppées qu'ils allaient sans doute se Pacser. Bref, l'annonce d'une venue de Pol provoquait de quasi-révolutions, tous voulaient tuer le veau gras pour le retour de l'enfant prodigue, sauf les chefs de tribus qui s'inquiétaient en secret de la popularité de ce trublion.


Pol calma le jeu en déclarant le soir du banquet du club des boulistes, avec décontraction et une once de sérieux, que son unique ambition était d'aider ce beau pays où il avait trouvé chaussure à son pied. Lucienne avait rougi. Sa popularité en fut encore grandie. Le clan du TGV prit peur, se réunit en catimini pour décider de ne rien décider vu que, en dépit du souci causé par ce petit con de Pol Hochon, la seule stratégie était d'attendre et voir jusqu'où son bras long irait se nicher. Même les plus remontés craignaient un retour de bâton du Hochon si on allait lui chercher noise. Les conjurés se jurèrent d'être muets. Le soir même, le petit Hochon fut à peine surpris de voir grimper dans son wagon, à la première station sur le chemin du retour, Alceste Paillard tripatouillant sa casquette comme un collégien surpris à la sortie d'un claque. 

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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 17:13

Nos confrères d'In Vino Veritas s'interrogent (et c'est un euphémisme) sur la crédibilité des concours de vins, dont les consommateurs peuvent admirer les macarons dorés ou argentés sur les bouteilles, et auxquels nous autres journalistes prêtons souvent notre... concours. Enfin, je parle pour moi.

J'aurais tendance à dire qu'il y a concours et concours. D'ailleurs, il y en a auxquels je ne participe plus.

Parce qu'on y perd son temps, souvent; et aussi un peu de son âme (pour les journalistes qui en ont une ;-)))...

Mais les arguments d'IVV sont autrement percutants. Enfin, à vous de juger, c'est ici

Hervé Lalau

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 00:27

J’aime bien prendre le relais, surtout quand il est gourmand à souhait.

Plus près de chez toi cher Michel, à Collioure exactement, existe un restaurant nommé le 5ème Péché.  

 Les Baux en Provence 191

 le 5 ème Péché

 

Les Baux en Provence 223-copie-1

Masashi Iijima



Son chef Masashi Iijima y propose une cuisine mixte reliant les parfums catalans aux saveurs d’orient.

 

J’y ai fait quelques accords que je présenterai avec lui aux Musaïque de Collioure qui se dérouleront au milieu du mois prochain.

En voici un extrait :

 

Collioure tataki, keskidi ?


La cuisine japonaise ou de forte influence nippone trouve difficilement accord qui lui sied. Toutefois rien n’est impossible et de temps à autre une combinaison subtile se crée. Pourquoi nous en priver ?

 

Les Baux en Provence 218

 

Tranche de bonite* rôtie comme un « tataki », purée d’avocat au cumin, gaspacho de petits pois à la menthe

 

Originalité du poisson tranché comme des côtelettes aux reflets argentés de la peau caramélisée. La pâte d’avocat aux nuances subtiles de cumin oppose sa structure onctueuse au croquant salé épicé de la bonite. Un plat goûteux et sapide.

C’est façon tataki, c à d le filet de poisson ou la viande saisi fortement mais très brièvement de chaque côté puis recouvert d’une pâte aromatique et mariné pendant 2 à 3 heures dans la sauce soja. Cela se mange froid.

 

Qu’est-ce qui va là-dessus ? Ben le rouge subtil et délicat de Laetitia !


Sine Nomine 2008 Collioure rouge Domaine Pietri-Géraud


Rouge grenat au ton intermédiaire et à l’éclat de velours tendre.

Un nez délicat de fraise au poivre, nuancé de thym, de cerise bigarreau à peine confite relevé d’un rien de cumin. La bouche légère étale ses baies et se régale de gariguette, groseille et framboise. Les baies colorent joyeusement la structure au recherché port altier. Les tanins aux grains très fins tissent leur enveloppe fraiche, tissu soyeux qui emballe ce rouge à la gouaille superbe.

 

Les Baux en Provence 231

 

Accord: le vin à l’allure raffinée booste le plat comme pas un ! Les parfums marins et orientaux s’en retrouvent sublimés, les papilles en détaillent chaque subtilité, des notes salines aux épicées, du cumin en passant par l’acidulé du soja. Avec le gaspacho et la menthe, la gorgée de vin devient gourmandise.

 

Faut juste oser, ça marche, venez goûter.

 

Bye

 

Marc Vanhellemont

 

 

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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 06:40

Et si on parlait un peu de sommellerie ? 

Vous en connaissez vous beaucoup des sommeliers qui restent attachés à la même maison pendant plus de 30 ans? Engagé à l’âge de 26 ans par l’ancien directeur autrichien du Laurent, Philippe Bourguignon a gravi tous les échelons au sein d’un restaurant aux abords ultra classiques, très napoléonien de style et très élyséen par sa situation, à 200 mètres de la Grille du Coq, la sortie discrète de la Présidence de la République. L’endroit est réputé pour son calme et sa discrétion: Delon, BHL, Arditi, comptent parmi les célébrités qui viennent se réfugier au Laurent. J’y suis passé un soir d’hiver et de folies parisiennes pour une «rave-party» proposée par le chef Alain Pégouret.

Voilà ce que j’ai trouvé dans mon assiette et dans mon verre :

 Le-raves-colorees-du-Laurent.JPG.jpgUn-plat-de-raves--moderne-et-colore-avec-le-Chablis-de-Rav.jpg

 Les raves du Laurent : un plat coloré avec un Chablis de Raveneau en accompagnement

 Inutile de préciser que je me suis éclaté ! Et je ne peux que recommander l’actuel menu de saison (141 €) où l’on goûte entre autres plats d’étonnantes morilles farcies, accompagnées de l’écume d’une sauce poulette au savagnin. Ouais mon poteau, que du beau ! Et j’te parle pas du pigeon rôti en cocotte, navets farcis aux abats et petits pois. Quant au vin, surveillé par maître Lair, Patrick de son prénom, un gars que l’on verrait bien dans un film de Chabrol, y’a plus de 30.000 flacons en réserve ! Tiens, je m’suis juré ce soir là que si un jour je gagnais au Loto, je me réserverais un service en terrasse avec une brochette d’amis invités.

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Philippe Bourguignon, l'homme-orchestre du Laurent, sommelier de base...

 Retour au patron du Laurent. Un sacré cas que ce Bourguignon ! De simple sommelier, Philippe est passé chef au bout de 3 jours, puis directeur général en 2002 sous la houlette du propriétaire des lieux, Isidore Partouche. Et voici texto ce qu’il me disait un jour où je l’interviewais sur l’art et la manière de composer une carte des vins :

« Dans nos restaurants, on construit des grandes caves bien étoffées remplies d’icônes parmi lesquelles on retrouve des collections de millésimes de Pétrus, de Margaux ou d’Yquem. Je me demande si on est sur la bonne voie, s’il ne faudrait pas introduire des cartes plus « passionnelles » où l’on devinerait l’amour d’un sommelier pour l’Hermitage ou pour Châteauneuf-du-Pape, par exemple. Pour autant, chaque maison est différente. Ici, quand un client débarque, il a une raison bien spéciale de s’attabler, comme celle de négocier l’achat d’un Airbus, par exemple. Faudrait pas lui casser son coup !  C’est pourquoi certaines étiquettes historiques ont encore un rôle primordial à jouer sur notre carte et que les vins que l’on aime le plus demeurent difficilement vendables au Laurent, sauf à tomber sur une frange marginale de la clientèle.  Aujourd’hui, avec notre chef sommelier Patrick Lair, on est obligé de composer une carte réaliste, à l’image de notre restaurant ».

C’est ainsi que le Laurent a ses habitués, comme moi (une fois tous les dix ans !) qui font une confiance aveugle au sommelier. Reste que la majorité de la clientèle vient pour affaires et s’attend à boire de grandes bouteilles.

« Ici, on ne se déplace pas que pour l’œuf en meurette glacé avec ses girolles marinées à cru, une délicieuse entrée du chef, Alain Pégouret. On vient aussi pour la discrétion du lieu. Il faut donc jauger le client, savoir l’attaquer si j’ose dire un peu en dessous d’une fourchette de prix qui lui correspond, sans le massacrer comme on le faisait autrefois en vendant ce qu’il y avait de plus cher. Après, on peut toujours le faire voyager sur des chemins de traverses ».

Les chemins de traverse, il les prend le week-end en passant par un bistrot pour faire comme dans la chanson de Brassens «Les Copains d’abord». Mais il aime aussi courir les marchés à la recherche de produits authentiques. En saison des asperges, il lui arrive d’aller les chercher directement en Sologne ! S’il admet qu’il revient vers ses premières amours, la Bourgogne, de préférence en rouge - on ne s’appelle pas Bourguignon pour rien -, Philippe voue depuis longtemps une passion sans faille envers le riesling qu’il vienne de Moselle ou d’Alsace, mais aussi pour le savagnin.

S’il pouvait tracer «sa» route idéale des vins, elle irait de la Côte d’Or, à l’Allemagne en passant par l’Alsace, avant de rejoindre Château-Chalon ou Arbois. Alors, comment cet ancien Meilleur Sommelier de France (en 1978) aime-t-il servir le vin quand il est chez lui ? «Rouges ou blancs, j’ai toujours préféré boire frais et je n’hésite pas à ranger mes bouteilles au frigo avant de les ouvrir. Je sers rarement le vin en carafe et je décante très peu. Je ne suis pas un buveur solitaire, j’aime bien la compagnie et il arrive qu’avec les copains, je me lâche en débouchant tout ces flacons que l’on n’emportera pas au paradis» !

Son jardin secret se trouve aussi quelque part sur l’île de Ré. «Nous avons acheté une maison ce qui nous met un fil à la patte. Je me suis aménagé une petite cave histoire de déboucher quelques trésors en compagnie de mon ami Jean-Marie Raveneau avec lequel on partage les belles soles de Monsieur Bordin, le poissonnier. Sinon, je vais me ressourcer chez des copains éleveurs de moutons près de Limoux. Chez eux, nous avons une tradition : une grande omelette de Pâques que l’on mange dans les champs. Les bouteilles qui nous restent, on les enterre pour les retrouver plusieurs années après en ayant oublié jusqu’au nom du vin». Le vin, encore et toujours. La vraie cave de Philippe, une «cave de pays», est chez lui, à Nemours. Elle abrite sa passion pour le vin jaune. Même si les très vieux flacons sont aujourd’hui bus, il reste des 1976 qu’il partage avec un groupe d’inconditionnels qui lui font parfois la surprise de débarquer avec des écrevisses. Autres passions : les collections. Les tire-bouchons, on s’en doutait un peu, mais aussi, et surtout, les livres. « J’aime toucher le papier », témoigne Philippe qui se révèle un bibliophile averti avec près de 3.000 ouvrages anciens… traitant du vin, bien sûr. Sacré Bourguignon !

Glenat-L.jpg

Le dernier ouvrage sur le Laurent, chez Glénat


Et pour finir, quelques bons tuyaux glanés auprès de l’ami Philippe Bourguignon :

-Son bistrot à vins : Les Enfants Rouges, 9 rue Beauce, 75003 Paris. Tél. 01 48 87 80 61.

-Son restaurant à vins : Le Severo, 8 rue des Plantes, 75014 Paris. Tél. 01 45 40 40 91.

-Sa grande table : L’Espérance (Marc Meneau), à St-Père-sous-Vezelay.

-Son poissonnier : Bernard Bordin, au marché couvert de Saint-Martin-de-Ré (Tél. 05 46 09 18 57).

-Son champagne d’apéritif : le Champagne Saint-Chamant, de Christian Coquillette, à Épernay.

-Son rouge à mettre au frigo : Le gamay de Touraine d’Henry Marionnet, à Soings, en Sologne.

-Son vin fétiche : celui du Domaine Raveneau à Chablis.

-Ses rieslings : ceux de Moselle, mais aussi les Alsace d’André Kientzler et de la Maison Trimbach, à Ribeauvillé.

Trimbach.JPG

Rieisling, un des vins préférés de l'ami Bourguignon

-Ses vins jaunes : celui de Jean Macle, à Château-Chalon, de Lucien Aviet et de Jacques Puffeney, à Montigny-les-Arsures.

-Ses livres : visiter les catalogues de la librairie de Gérard Oberlé, son ami poète, gourmand et collectionneur, au Manoir de Pron, à Montigny-sur-Canne dans la Nièvre (www.galaxidion.com/manoirdepron) ou le blog dédié à Gérard Oberlé (www.gerardoberle.over-blog.com).

 Michel Smith

 

 

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 00:05

Je continue mon exploration des vins à bulles entamée avec la jolie Clairette de Die, cap cette fois au Nord-Est, en Alsace. Une région dont on jurerait qu'elle en a toujours produit. Rien n'est plus faux...

Une histoire mouvementée

L’éclosion d’une production notable d’effervescents dans la région date de l’occupation allemande, entre 1870 et 1918. Essentiellement pour des raisons de taxes: l’Alsace annexée étant exemptée de droits de douanes pour les expéditions vers l’Allemagne, quelques maisons champenoises s’installent dans la région et y élaborent des effervescents.
Mais les Alsaciens eux-mêmes s’y intéressent : en 1900, à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris, le jeune Julien Dopff, fils de vigneron à Reichenweier (aujourd’hui Riquewihr) assiste à une démonstration pratique de méthode champenoise; passionné, il convainc son père de le laisser suivre un stage de deux ans à Epernay et d’adapter les techniques acquises en Alsace. C’est chose faite dès les années suivantes.
Le retour à la France, et l’effondrement du marché allemand, voit le départ des maisons champenoises; fidèle à la tradition familiale, Dopff «Au Moulin» continue cependant sa production; la maison de Riquewihr sera longtemps le seul porte-drapeau de l’effervescence alsacienne.

 

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Un des pionniers de la bulle alsacienne: Dopff  "Au Moulin"

 

Le renouveau se fera attendre jusqu’aux années 1970, sous l’impulsion d’une poignée de passionnés comme Dopff, mais aussi Pierre Hussherr, alors directeur de la Cave d’Eguisheim (mieux connue aujourd’hui pour sa marque Wolfberger). Des contacts entre la coopérative alsacienne  et sa consœur de Saint-Pourçain, qui, à l’époque, «champagnise» avec bonheur, aboutissent à des tests de prise de mousse de vins d’Alsace. Les essais sont plus que concluants, aussi l’idée germe bien vite de doter la région d’une véritable capacité de production d’effervescents de qualité.


Rapidement (les Alsaciens sont des gens déterminés), plusieurs caves s’équipent d’un outil de production adapté ; des normes de production sévères sont instituées (aire délimitée, liste de cépages autorisés, limite de rendements, pressurage, refermentation en bouteille…). Mais pour bien identifier cette qualité, et différencier cette production des mousseux de cuves closes et autre pétillants, il convient d’abord de lui trouver un nom ! La mention «méthode champenoise» vient juste d’être interdite. Ce sera donc «Crémant», qualificatif ancien réservé à certaines cuvées de Champagne, justement. Un accord est trouvé avec les Champenois, et le 24 août 1976, l'A.O.C. Crémant d'Alsace est officialisée par décret.

Une pionnière

L’Alsace ouvre ainsi la voie aux autres régions d’effervescents de qualité  aujourd‘hui, on compte huit AOC Crémants: Crémant d’Alsace, Crémant de Loire, Crémant de Bourgogne, Crémant du Jura, Crémant de Limoux, Crémant de Die, Crémant du Luxembourg et Crémant de Bordeaux. A chacun son style, sa personnalité – tout en sachant que ceux d’Alsace figurent toujours parmi les meilleurs. La preuve : au dernier Concours  National des Crémants, qui s’est tenu à Bordeaux en juin 2009, les Crémants d’Alsace ont raflé 41 médailles dont 26 Médailles d’Or, ce qui place la région largement en tête du palmarès.


A noter que depuis les années 1990, les normes de qualité et les conditions d’utilisation de la mention «Crémant» sont même protégées au plan international par une loi du Parlement européen.  Chaque région postulant à l’emploi de cette mention doit pouvoir prouver une antériorité dans cette production.

(A suivre)

Hervé Lalau

 

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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 00:05

Jancis.jpgJancis Robinson MW: a vice-president of the Circle


It is going to be a busy few days. Monday is the AGM and then the annual dinner of the Circle of Wine Writers. Then Tuesday it is the madness of the London International Wine Trade Fair, which is celebrating its 30th edition.

The Circle of Wine Writers was founded back in 1960 by Cyril Ray and it may be the longest, still active organisation of wine writers in the world. From a dozen or so initial UK based members the organisation has grown to around 275 members around the globe.


Articles would have been by hand or using a typewriter – either manual or electric. A couple of decades before rudimentary personal computers started to make an appearance and even longer before websites and blogs would see daylight.

HughJohnsonsHugh Johnson a former president of the Circle 

Not even the most far-sighted on the small group founders could have envisaged how far things would change over the next 50 years. Whatever the advantages of modern communications and having drinkable wine from all around the world, they would certainly have found the price of top Bordeaux more agreeable than it is now.


The Spring 1960 list from J.L.P. Lebèque shippers of French wine based at 9-10 Railway Approach, London Bridge, London offered a case (12 bottles) of the 1955 Château Margaux at 290/– (shillings) duty paid or £14.50 (17.05€) in today’s currency. Farr Vintners, now one of the UK’s leading fine wine brokers, has a case of 2005 Château Margaux – the equivalent vintage in time to the 1955 in 1960 – for £7500 in bond, so before excise duty and sales tax. By the time these are added on the price has hit £8836 for the case.

 

The price of one case of Château Margaux now would have bought you 609 cases of the 1955 in 1960!

If you felt like splashing out, then a case of 1955 Romanée Conti at 800/- (shillings) or £40 would have been good for high days and birthdays. Then why not add some white wine to drink with oysters and potted shrimps? A case of Muscadet from Ackerman-Laurance, bottled in Lebèques' cellars in London was 88/- or £4.40 – nine cases of Muscadet for a case of Romanée-Conti. The differential has widened a bit since then! 

 Hopefully the Circle of Wine Writers will still be going in another 50 years but in what form and how the message will be delivered I have no idea. Whatever happens I very much doubt if a case of Château Margaux will just £14.50 in 2060.

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Published by les5duvin - dans Vu d'Albion
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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 00:09

Je dédie ce sketch, politiquement incorrect, sanitairement passible de la censure, devenu une pièce inoubliable dans l’anthologie de l'humour, à notre nouvelle amie Miss Glou Glou http://www.berthomeau.com/article-lettre-ouverte-au-president-de-l-universite-du-vin-de-suze-la-rousse-a-propos-de-miss-glou-glou-50442183.html   

Il a été créé par Pierre DAC et Francis BLANCHE en Janvier 1957, à l'occasion du 10ème anniversaire du music-hall «Les Trois Baudets». La version la plus fameuse sera enregistrée en 1960 à Lyon au cours de l'émission «Musicorama» d'Europe N°1. Juste avant de passer en scène, Pierre et Francis sortaient d'un gueuleton particulièrement «arrosé», d'où les fous rires et certains trous de mémoire devenus  célèbres. Les deux compères ayant un peu forcé sur le divin nectar avant leur spectacle sont gais, gentiment bourrés, joyeusement déjantés, ce qui donne à leur prestation une saveur inoubliable.

Honnêtement, Miss Glou Glou, c’aurait été un crime contre la bonne humeur qu’ils recrachassent le vin de leur gueuleton dans un vil seau en zinc émaillé. S’il en avait été ainsi ils n’eussent point émaillé leur sketch de traits inoubliables...

La version visuelle est bien moins savoureuse mais elle permet d'apprécier le look des 2 compères lors d'une autre représentation.


 Allez, offrez-vous quelques minutes de bonne humeur (l'audio en priorité) chers lecteurs à la santé de tous les bonnets de nuit qui nous pourrissent la vie...

Jacques Berthomeau

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Published by les5duvin - dans Le coup de coeur
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