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POURQUOI CE BLOG?

Ce blog est né de l'heureux hasard d'une rencontre, en 2010, au Salon des Vins de Loire d'Angers, autour d'un verre de rosé de Bourgueil - celui de Pierre Jacques Druet. Il y avait là cinq "plumitifs" du vin. Le rosé aidant, l'idée a germé de créer un espace commun.
Parce qu'à cinq, on peut aborder plus de thèmes.
Parce qu'on peut débattre.
Parce qu'on peut partager. Des coups de coeur, des coups de gueule, de l'expérience.
Et qu'est-ce que le vin sinon une boisson de partage?
De ces cinq, certains sont déjà des blogueurs confirmés, d'autres non.
Comme il y a les 5 sens, il y  a maintenant les 5 du Vin.

Les 5 du Vin

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David Cobbold (Eccevino) est le plus français des journalistes anglais du vin, ou vice versa. Il a reçu en 2011 le Wine Blog Trophy pour  son blog, More than Just Wine.

Jim Budd, sujet de sa Gracieuse Majesté, est journaliste pour diverses revues britanniques. Amoureux des vins de Loire, il leur consacre un blog, Jim's Loire, primé en 2009 du Wine Blog Trophy.

Hervé Lalau est un journaliste français écrivant pour diverses revues et sites français, belges, suisses et canadiens. Son blog "Chroniques Vineuses" lui a valu le Wine Blog Trophy en 2010.

Michel Smith, PourLeVin, est un journaliste français établi en Roussillon, travaillant pour diverses revues et guides en France. Il s'intitule lui-même "Journaliste en Vins et autres Plats de Résistance".

Marc Vanhellemont est un journaliste belge travaillant pour divers magazines en Belgique et en France. Incontournable, sauf par la face nord.

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 00:15

Si Portos s’écrivait Porthos, on le verrait bien en compagnie du sieur d’Artagnan. Sauf que Porthos était Béarnais, tandis que mon Portos à moi, Michel de son prénom, est un Marseillais pure souche pour l’heure naturalisé Bordelais après avoir été Toulousain puis Perpignanais.

Michel_Portos_en_action.jpg

Le chef, à l'ouvrage...

C’est d’ailleurs à Perpignan que j’ai fréquenté pour la première fois et très régulièrement la cuisine ensoleillée de cet échalas qui, ayant fait ses classes à Roanne chez les Troisgros, chatouille le palais de ses convives en jouant des épices, des croquants, des amertumes et des acidités. Depuis qu’il a quitté le Roussillon pour la planète Bordeaux, je ne rate jamais la sortie n° 23 de Bouliac sur le périph de la cité girondine. Et je n’ai qu’une hâte, atteindre au plus vite ce village chic et haut perché qui se signale par son antenne géante. Dès que j’atteins le sommet je me gare.

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Derrière l'entrée sur la place du village, la vue sur Bordeaux est unique

Donc aucune excuse : cassez vos tirelires et filez comme moi au Saint-James à Bouliac (www.saintjames-bouliac.com). Je sais, on va me dire que j’ai des goûts de luxe. Ma foi, c’est vrai. So what ? À moins d’être mal léché, ou embrumé, vous y trouverez une vue sublime sur la ville, la vigne en premier plan (16 ares, guère plus), Bordeaux oblige, vigne soignée par l’équipe de Stéphane Derenoncourt, face à la Garonne avec le vert des Landes naissantes en arrière-plan. Cela commence par le sourire complice d’un personnel qui reconnaît le visiteur. Même l’occasionnel que je suis, surtout présent lors des repas huppés auxquels je me laisse inviter quand je me rends à Vinexpo. Vient ensuite le passage obligé par la porte de la cuisine, juste histoire de glisser un « bonjour chef ! », de jeter un sourire gourmand, de dire que je meurs de faim, que je viens me refaire une santé. Puis je débouche dans cette salle lumineuse conçue comme un théâtre ouvert sur la nature, les rosiers à peine déplumés après l’orage, les tilleuls qui commencent à songer à la fleur, les pieds de vignes impeccablement alignés et l’immensité du regard de suite attiré par le paysage de Guyenne lourd, ce jour-là, de nuages gris illuminés de rayons solaires du plus bel effet. 

J’ai beau me contenir, mais j’aime Bordeaux. J’aime ce pays où je sais l’importance que l’on attache au bien manger. Alors, on y va. Me voilà assis dans mon fauteuil, prêt pour le spectacle des plats qui vont défiler et du vin qui va se verser. Passons sur ce que j’appelle ces riquiqui que l’on pique pour préparer le palais en attendant d’ouvrir encore plus la bouche. C’est chose faîte grâce au champagne de Souza, blanc de blancs tout en fermeté et grand cru de surcroît, vin conseillé par Richard Bernard, le complice de Michel Portos, celui qui fonctionne avec son cœur et son instinct, l’un des rares sommeliers en qui je fais une confiance totale, surtout côté température. Il a en charge une cave éclectique au possible à un point tel que l’on compte même plus le nombre de cuvées de Champagne proposées au verre, pardon, à la flûte. 

J’attaque par une saisissante et figée « soupe au pistou revisitée ». Le grand pied pour démarrer avec un somptueux match de fraîcheur à la clé, Champagne oblige. Il m’arrive de m’énerver quand l’on m’annonce les plats à grands renforts de superlatifs, mais là, je suis aux anges : « Fricassée d’écrevisse, shitaké en duxelles et foie gras frais avec un mousseux de jus de carcasse ». Je retrouve avec ce plat l’assurance d’une grande maison étoilée et le combat féroce que le plat, concentré, livre au Crozes Hermitage blanc 2009 de Graillot. Un match entre machos que je refuse d’arbitrer.

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Smith 4217

Meursault du Marquis d'Angerville, Champagne grand cru De Souza et l'étonnant turbot dans son écrin vert

Clin d’œil à un grand chef Parisien, Frédéric Anton, du Pré Catelan, l’os à moelle dressé dans l’assiette ressemble à un éblouissant chef d’œuvre. Il est truffé de mini dés d’asperges, de lanières de jabugo et de morilles fraîches, le tout coiffé tel un gratte-ciel de « nuages » de moutarde violette semblable à celle que l’on trouve à Brive-la-Gaillarde. Absolument délicieux du début à la fin où l’on se régale de moelle fondue associée à une petite purée de pommes de terre ! C’est tellement bon que j’en oublie presque le Meursault Santenots (1er cru) 2007 du Marquis d’Angerville. Floral au nez, pureté minérale en bouche, je bénis Richard d’avoir autant d’amour pour ses clients en offrant un tel vin dans un service au verre. Et je renoue avec la Bourgogne… en plein Bordelais. Le vin me servira aussi sur le plat suivant. Même si je n’ai pas renoncé au blanc rhodanien, c’est le Meursault qui joue de sa finesse pour rencontrer la daurade « au navet daïkon, réduction de soja, bouillon d’artichaut réglissé ».

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Feuilles d'huîtres

Je l’avale littéralement et j’en ai l’eau à la bouche en tentant de le décrire tant je me remémore ces rondelles de feuilles d’huître. Je demande à voir à quoi ça ressemble et l’on me porte, de la cuisine, des feuilles qui ressemblent à de la mâche géante. Le maître d’hôtel me dit qu’il s’agit de mertensia maritima, ou « huître végétale », et cette plante rajoute de la dimension au vin. Mais je m’égare car le second plat de poisson arrive : un turbot nappé d’une douce vinaigrette de laitue sur une mousseline de petits pois, fèvettes, concombre et pois gourmands. Enfin les légumes verts que la Vendée pourtant réputée pour son maraîchage n’a pas voulue me servir lors de mon dernier périple.

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Michel Portos (assis) avec son copain, le sommelier Richard Bernard

Le pigeonneau arrive en même temps que la Réserve de la Comtesse de Lalande, Pauillac 2005 que je trouve un peu cul pincé bu seul mais qui joue son rôle sur ce plat complexe : sabayon d’olives violettes, roquette, oignon rouge confit mais croquant. Arrive ensuite un greuil « façon cervelle de cannut » accompagné de sorbet aux piquillos. Je zappe le somptueux plateau de fromage et limite les desserts aux pomelos dans un jus d’estragon avec un nuage de lait à la cardamome râpée. Cinq heures de route m’attendent, mais j’ai l’impression d’être son mon petit nuage. Michel Portos n’a que deux macarons. Je lui accorde un troisième pour ce menu « Humeur du Jour » parfaitement exécuté.

Michel Smith

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         pigeonneau.JPG          Smith-4221.JPG café            Dans le désordre pour finir : dessert, cervelle de cannut, pigeonneau, fromages avec le clin d'oeil de la Vache qui Rit. Ici, même le café est beau     !      

 

 

 

 

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 17:13

En France, tout ce qui est bas a disparu de la phraséologie officielle. Plus de Basse Alpes; plus de Basses Pyrénées, et la Basse Normandie ne devrait pas survivre à la réunification normande promise par la réforme des collectivités territoriales... Comme si le mot était plus imporatnt que la chose...

Il reste tout de même le Château Bas, en Coteaux d'Aix, et c'est le principal, en tout cas, pour les amoureux du vin.

Si je vous ne parle, c'est que je viens de faire un sort à une bouteille d'un blanc du domaine, la Cuvée Le Temple, dans le millésime 2008.

 Château Bas

Le Temple

 

Un échantillon reçu sur Vinisud, en février.

Je ne sais pas vous, mais moi, pas mal de blancs du Sud me déçoivent, par un côté lourdaud. La faute au soleil, la faute aux cépages, pas toujours très aromatiques (le muscat étant l'exception qui confirme la règle, bien sûr).

Alors quand j'en rencontre de bons, de frais, de plaisants, je ne boude pas mon plaisir. Ce fut le cas avec ce vin.

Bon, ce n'est pas su sauvignon, du viognier ou de la muscadelle, le nez est séduisant, mais pas explosif; plutôt floral, du tilleul, et puis des poires, du pain grillé, aussi. La bouche est franche, très fraîche, j'aime bien la note d'amertume qui relance la finale et donne de la complexité à l'ensemble.

Bref, un beau blanc de table qui me fait un peu penser à quelques uns des jolis vermentinu que j'ai croisés lors de ma visite en Corse...

 

Chateau-Bas-mai-2010-001--23-.jpg

L'ami Marc, qui a visité, m'a passé cette belle photo printanière du Château Bas - merci, Marc

 

 

 

 

 

Hervé Lalau

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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 00:02

 Sad news this week to learn that Colin Parnell, the founding publisher of Decanter magazine has died. Colin had long since ceased had any involvement in  magazine which is now owned by IPC and housed along with many other titles in a glass and steel office near to London’s Tate Modern.

All a far cry from Decanter’s original offices in Clapham Junction* I believe. The magazine was set up in 1975 by Colin and a hard-drinking Australian called Tony Lord. Tony predeceased Colin by some eight years dying in Western Australia in March 2002 at the age of 56 having sold his share in the magazine at the same time of Colin. Tony moved back to Western Australia where he set up a vineyard.   

Colin, in contrast, appeared to gradually move away from the world of wine allowing Patricia, his wife who is younger, to take centre stage with her PR work for a number of leading wine brands. Colin along with Tony, however, leave behind them a legacy of founding the only consumer wine magazine based in the UK that has survived long term, although quarterly The World of Wine Wine may well be now there for the long haul.

 

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A climatic moment at ther Decanter World Wine Awards – Mister Cool (Steven Spurrier) reads a paper while Andrew Jefford agonises.


Indeed Decanter has prospered with a Chinese edition and is apparently sold in 96 countries around the world along with a substantial annual wine competition – the Decanter World Wine Awards. Founded in 2004 this now has in excess of 10,000 entries. The latest offshoot is Decanter Education, which was launched this May.

This is a very considerable achievement as there have been numerous food and wine magazines launched in the UK with considerable fanfare ­– Taste and A la Carte come to mind at the end of the 1980s – that are now just brief historical footnotes. 

 I think I started reading Decanter in the late 1970s or perhaps the early 1980s. Certainly I’m sure that I have a complete set from 1983 as I have long intended to have a look and see how the famous 1982 vintage was perceived then. I’m convinced that the idea that Robert Parker was the only critic who really got 1982 is a myth. This was the first Bordeaux vintage (and I have long since stopped) I bought en primeur. At the time I didn’t know Robert Parker from a packet of crisps, so it is clear that my perception that 1982 was a stellar vintage came from someone else.

I guess I now owe it to Colin to do that piece of research as he was still at the helm when I started to write for Decanter.     

* No I was right about the railway but it was in an arch close to Waterloo not Clapham Junction.

 

 

 

 

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 00:09

Etiquettes-pour-blog-008.jpgPar bonheur, Hervé a volé à mon secours face à Michel et à tous ceux qui nous accrochent l'appellation non contrôlée de Chouans. Mon sang ne fait qu'un tour quand quiconque me l'applique; pour preuve cette chronique datant de février 2008. Elle est toujours d'actualité. Bonne lecture !

Ce matin direction: Angers, respirer un peu d'air du pays, aux confins de la Vendée militaire. Dans mes jeunes années, lorsqu'on me traitait de «ventre à choux», eu égard à mes origines vendéennes, j'assumais cette appellation avec le sourire, car elle correspondait à une réalité. En revanche, je montais, et je monte toujours, sur mes grands chevaux, lorsque certains, bien intentionnés ou ironiques, me traitaient, ou me traitent encore, de « chouan».

Confondre le soulèvement de la Vendée militaire et la Chouannerie est une erreur historique grave, entretenue par le Vicomte et son barnum du Puy du Fou. Si les deux mouvements ont pour origine des causes identiques: religieuses et refus de la conscription, l'insurrection vendéenne

 (1) fut déclenchée par les paysans et le petit peuple;

(2) ses premiers chefs sont issus du peuple: Cathelineau est colporteur, Stofflet est voiturier, les nobles et le clergé prirent le train en marche;

(3)  la chouannerie bretonne et bas-normande fut, elle, un mouvement de petits nobles miséreux: «dans aucun pays la noblesse ne pullule comme en Bretagne. A la Réformation de 1668, on y compte seize à dix-sept mille individus nobles, sans parler de deux mille deux cents familles usurpatrices, contre lesquelles il y eut arrêt. Chez les familles, peu de grandes fortunes de trente à quarante mille livres de rente. Nombreux sont les nobles qui mendient des pensions pour subsister, pensions rares. La plupart vivent comme les paysans, habillés comme eux, souvent aigris comme eux.Etiquettes-pour-blog-006.jpgEtiquettes-pour-blog-007.jpg»

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 (4) Il s'agit de la «Vendée militaire» c'est-à-dire l'agglomération politique et religieuse qui prit les armes en mars 1793 qui embrasse une grande partie de la Loire-Inférieure, du Maine-et-Loire, des Deux-Sèvres et de la Vendée. Elle est bornée : au nord, par la Loire, avec, en amont, Brissac, en aval, Paimboeuf ; à l'ouest, par la mer ; au sud, par Luçon, Fontenay-le-Comte, Niort ; à l'est, par Parthenay, Thouars, Vihiers.»
(5) «Dès le 2 mars 93, les citoyens Achard et Giraud, commissaires du département de la Vendée, chargés d'organiser la garde nationale dans les cantons de Beaulieu, La Mothe-Achard et Landevieille, ont été débordés ; ils ont appelé au secours : «  La chose publique est en danger » disaient-ils. Tandis que la générale battait dans la commune de la Mothe-Achard, le tocsin retentissait aux cloches des paroisses voisines. Les gars de cette partie intermédiaire, confins du Bocage couvert et de la région maritime dénudée, accoururent, disposés au combat. Heureusement, le district pu expédier à temps de 50 hommes de la garde nationale. Les paysans surent éviter le choc ; ils se contentèrent de conspuer les bourgeois et se retirèrent.»
(6) «Le chevalier Sapinaud de La Verrie, homme calme, aux traits réguliers, aux cheveux déjà blanchis, âgé de cinquante-cinq ans, subit l'assaut, dès le 10 mars. Il veut empêcher les paysans des environs de Mortagne de sonner le tocsin. Imbu d'idées philosophiques, il avait avec un enthousiasme marqué salué l'aube des temps nouveaux ; il n'avait pas dédaigné de prendre part à la gestion des affaires de son pays. Vingt fois les paysans le menacent de mort. Trois jours il résiste ; enfin il quitte son foyer, incertain du résultat. A la Gaubretière, son cousin Sapinaud de la Rairie, ex-lieutenant au régiment de Foix, est emporté par la même vague.»

Je ne vais pas vous refaire l'histoire des Guerres de Vendée mais vous citer encore des textes qui apportent de l'eau à mon moulin:

«A l'heure où la Vendée se souleva, du même coup, sur l'autre rive de la Loire, quatorze départements furent en feu. Il est essentiel de marquer cette simultanéité pour bien saisir l'immense péril que courut la Convention. Alors que, menacée par l'étranger, elle appelait aux frontières et décrétait une levée de trois cent mille hommes, l'Ouest breton et normand - en même temps que la Vendée - répondait par une levée redoutable, mais contre elle. Et cela parce que, longuement préparé à la résistance par le froissement de ses convictions intimes, il venait de rencontrer, dans la résurrection de la milice abhorrée, la pierre dure ou le contact électrique qui produit l'étincelle.»

«Les victoires vendéennes de mars furent de magnifiques prémices : la Vendée vola de victoire en victoire et ses armées stimulées grossirent comme une avalanche. La Chouannerie se traînera, anémique et désordonnée. Elle n'aura rien de la cohésion de sa voisine. Son territoire, politiquement parlant, ressemblera à un damier : ici, une paroisse républicaine ; là, une paroisse rebelle ; plus loin, une paroisse hostile, mais soumise...
Au lendemain de cette initiative rompue, la Chouannerie semble condamnée ; ses bandes diminuées errent pleines d'incertitudes et de découragement. Un évènement va les renforcer : le passage de la Loire par les Vendéens.»


«Cependant, l'une et l'autre, la Vendée et la Chouannerie, garderont toujours, malgré cette union, leur tempérament propre. On peut se poser la question : si, plus dense, plus compact, le soulèvement de la rive droite avait pu s'épargner les défaites du début, si, pareil à celui de la rive gauche, il avait marché de victoires en victoires, quelle influence auraient eue ces triomphes sur la mentalité des combattants? Les Chouans, alors groupés par grandes armées, auraient-ils modifié totalement leurs méthodes; se seraient-ils clarifiés, purifiés? La Chouannerie, en un mot, serait-elle devenue, moralement et militairement parlant, une autre Vendée?»

Etiquettes-pour-blog-010.jpgCharrette fut plus Chouan que Vendéen...

L'ensemble des citations sont extraites du livre d'Emile Gabory «Les guerres de Vendée», publié dans la collection Bouquins chez Robert Laffont.

Jacques Berthomeau

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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 12:00

S’il y a des vignerons que j’aime particulièrement, ce sont ceux qui attachent de l’importance au passé, sans pour autant agir en rétrogrades. Pas de culte exagéré pour le temps jadis, mais une reconnaissance envers ceux qui ont permis aux générations de léguer une histoire, de se succéder sur une terre travaillée à la sueur des ancêtres.

Le domaine Bertrand-Bergé, à Paziols (ICI), aux confins des Corbières et du Roussillon, est de ceux-là, de ceux qui défient le temps de génération en génération, de ceux qui font que l’on traverse le perpétuel, en quelque sorte. Je sais que ce genre d’observation va en énerver plus d’un, mais tant pis. Je persiste et je signe: oui, le passé a du bon. Surtout quand il a été planté de Carignan.

Nous sommes à la croisée des chemins, dans une zone sauvage balisée par les ruines cathares et les murets de pierres sèches. Un paradis viticole où l’on peut vinifier du Rivesaltes dans toutes ses déclinaisons, du Muscat de Rivesaltes, du Corbières, et surtout du Fitou, l’appellation rouge la plus ancienne du Languedoc (1948) puisqu’elle a mon âge.

BlasonMesnie.jpg

C’est pour cette dernière que les guides spécialisés, les bons, s’enflamment un peu plus chaque année après avoir goûté les rouges de Jérôme Bertrand. Fils de Bernadette (Bergé) et de Pierre (Bertrand), acteur émérite de la sixième génération de vignerons bosseurs sur ces terres argilo-calcaires difficiles étalées aux pieds du mont Tauch, Jérôme grimpait sur le tracteur dès l’âge de 12 ans avant de prendre les rênes du domaine en 1993 avec la bénédiction de ses parents, alors que la cave coopérative de Paziols, fleuron des VDN, convolait avec celle de Tuchan. 

BertBergMegalit04.jpg

Aujourd’hui marié à Sabine qui, excusez du peu, a fait viti-oeno à Beaune, aidé aussi de sa jeune sœur, Magali, Jérôme Bertrand entretient 33 ha de vignes avec des carignans de plus de 40 ans d’âge en moyenne dont les plus anciens sont largement centenaires. Il est l’un des rares vignerons à en avoir planté récemment, ce qui confirme la foi et la confiance qu’il met en ce cépage. Preuve supplémentaire de cette foi, il lui consacre une cuvée quasi pure, sous le nom de «Mégalithes» prouvant aux adeptes de la syrah en Fitounie qu’ils s’éloignent de l’histoire, et même qu'ils renient leurs ancêtres. Créée en 1998 à l'époque où l'on recommandait encore l'arrachage des carignans, vendanges manuelles, 30 hl/ha en moyenne, tri à la parcelle, égrappage, pigeages, remontages, macération de trois semaines, élevage en cuve ciment durant 18 mois, la cuvée n’en finit pas de chanter le Midi.

Carignane.jpg

Le 2007 affiche ses vieilles vignes âgées de 70 ans et plus : robe solide, thym frais au nez, petits fruits noirs, rondeur n’excluant pas l’intensité, la finesse et la longueur en bouche, on le boira, à 13° de préférence, dès cet été et jusqu’en 2015. Son prix tourne autour de 10 € et ce vin carignanesque au possible devrait servir de modèle à l’appellation Fitou. Depuis le temps que je le dis !

Michel Smith

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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 00:09

Toujours d'attaque, toujours présent, un véritable sparadrap ce Pol Hochon, faut vous y faire c'est ainsi que ce font les grandes carrières de Président.

 

La stratégie de Pol Hochon était de le mettre en confiance, faire celui qui depuis le premier jour avait su sentir sous la bogue rugueuse de Paillard, le mal nommé, un homme de conviction, un mal-aimé qui méritait mieux que le poste de trésorier du syndicat de défense, un vigneron méconnu qui ne demandait qu'à sortir en pleine lumière. Le petit Pol fit de la commisération positive, en fines couches, gras sur maigre, tel un maître de la Renaissance. Ainsi enduit de considération le Paillard déballa sa marchandise d'un bloc. Véhément, avec la méchanceté des faibles, il ne se fit pas prier pour dresser les CV publics et privés de ses honorables confrères, n'omettant aucun détail, même les plus croustillants, toujours à charge, du fiel pur jus, rien que du miel pour le petit Hochon. Tout autre que lui se serait précipité dans la brèche, aurait profité du boulevard ouvert par les confidences du délateur à la triste figure. Pol se garda d'une telle hâte, il lui fallait laisser l'aigre mariner dans son jus rance. Bien sûr, il assura Paillard de son silence de tombe et qu'il saurait en son temps se souvenir de la confiance qu'il lui avait accordée en effectuant une démarche aussi difficile. Qui trahi trahira ! Le petit Hochon cantonnerait Paillard dans un rôle d'utilité avant de le renvoyer dans les ténèbres extérieures.  

 

Afin de sceller l'ignominie, Pol dégaina l'arme fatale pour un grippe-sou: lui demander une faveur, en l'occurrence l'échange d'une parcelle de vigne, jouxtant la propriété de Paillard, contre une autre, enclavée dans son domaine qu'un héritage avait fait tomber dans l'escarcelle du père de Lucienne. Paillard n'y perdrait pas au change, la parcelle de Lucienne avait bien plus de valeur que la sienne. Des vieux Carignan superbes qui émoustillaient un certain Michel, goûteur de vin de son état, un autre parigot exilé chez les catalans. Et pourtant, sitôt la proposition faite, il ne pu s'empêcher de demander une compensation, qu'à son grand étonnement le petit Hochon lui accorda sans broncher, payant ainsi la première traite de la trahison de ce grand crétin. Pour faire bon poids, avant que Paillard ne descende du train, il lui glissait un billet dans la main, pour le prix du billet, en sachant pertinemment que Paillard n'avait pas engagé sur ses fonds propres cette folle dépense. Il y avait du Clémenceau dans le jeune Hochon.

 

A son retour dans la ville capitale, le petit Pol s'ingénia à ne rien faire laissant décanter dans sa cervelle éruptive le fatras d'ignominies que Paillard y avait déversé. La petite Fougère se passionnait pour le commerce équitable et les soldes des boutiques de fripes et chiffons étiquetés aux prix des grands crus. Elle s'était fait tatouer, pour faire plaisir à Pol, un papillon sur l'épaule gauche. Le jeune Hochon eut préféré le haut de la fesse gauche mais la Clairette n'en faisait qu'à sa tête. Entre deux siestes, le petit Hochon noircissait les pages d'un carnet de chantier en dessinant des bulles qu'il reliait entre elles par des flèches formant ainsi d'étranges galaxies qui intriguaient fort sa tendre protégée « mon Pol d'am tu m'inquiètes. Tu me fais un coup de boulgour. Depuis ton retour, tu n’es pas dans ton assiette. Tout ça va mal finir mon p’tit cœur en sucre. Si tu continues de patauger dans le coaltar je sonne ta Lucienne. Au moins, elle, tu l'écouteras... » lui disait-elle en contemplant ses ongles de pied qu'elle venait de badigeonner de vernis nacré rose fluo pétant. «Tu crois que ça ira avec mes tongs Dolce Gabanna grand manitou ?» ajoutait-elle en lui claquant une bise sucrée dans le gras de son cou.

 

 à suivre...

 

Jacques Berthomeau

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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 09:35

Juste une petite question, ce matin, pour maintenir en forme nos petites cellules grises: comment Gallo fait-il pour élaborer du rosé sous le nom de White Grenache?

Le grenache blanc étant un cépage... blanc, comme son nom l'indique, il y a là un mystère digne des Noces de Cana...

Hervé Lalau

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 00:16

J’y ai carburé au Malbec à longueur de journée, j’en ai ramené en Baxter, j’y suis accroc. C’est qu’on se laisse envoûter par cette accroche tannique, ce rêche sur la langue, ce fruit aussi noir que son sobriquet «black wine» venu du temps des Anglais, par son élégance parfumée de violette.

 

Cahors-jounees-du-Malbec-05.10-002.jpg

 le Pont de Valentré

 

 

Ces journées consacrées au Malbec, cépage aujourd’hui partagé entre-autres par les Argentins, se déroulaient autour du Pont de Valentré, chef-d’œuvre moyenâgeux aujourd’hui classé.

Sur le pont, environ 80 producteurs s’alignaient, de quoi se faire en un aller-retour une bonne idée de la production cadurcienne.  

 

 

Cahors jounées du Malbec 05.10 006

 S'il faisait chaud, cela n'empêchait pas de déguster 

 

 

Puis, comme l’appellation a eu la bonne idée d’inviter quelques vignerons et flacons d’outre atlantique, créant ainsi une «Malbec Connexion», chacun a pu faire son tri et son choix, évaluer ses goûts…

Ce ne sont pas les Argentins qui me plaisent le plus. S’il me faut quitter les Châteaux du Cèdre, Gaudou, Lamartine ou Clos Triguédina, et autres domaines aux Malbec frais et profonds, c’est du côté de Cuenca ou de la Californie que j’irai prospecter.

 

Cahors jounées du Malbec 05.10 124

 Chardonnay du Château du Cayx

 

Un tour dans le vignoble nous a fait déguster quelques blancs, interdits à la manifestation pour cause de Vins de Pays. L’appellation qui selon le couple agronomique Bourguignon, Claude et Lydia de leur prénom, sied à de nombreux endroit aux cépages blancs, devrait en demander l’accession en AOC Cahors. Mais déjà que l’INAO leur fait des misères pour des revendications des plus légitimes, alors pour le blanc, pensez donc ma bonne dame.

Unissez-vous Cadurciens aux Banyulencs  et aux vignerons des Baux qui eux aussi se sont vus essuyer un refus court et net !

 

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Revenons aux festivités qu’on ne peut que louer. Ouvrir aux consommateurs un salon en plein dans un site aussi beau prouve l’amour qu’on les vignerons pour leur vin. Amour qu’ils veulent faire partager.


J’y ai dégusté quelques domaines que je ne connaissais pas, comme le Château Chambert qui a récemment changé de main et qui évolue aujourd’hui en mode biodynamique ; le domaine du Bout du Lieu qui fait un 100% Malbec superbe nommé L’Orbe ; le Château Croze de Pys et son «Tradition» aux tanins fins et très fruités, facile d’accès ; le Château Haut-Monplaisir conseillé par Pascal Verhaegen (Château du Cèdre) qui tend vers l’élégance ; le Clos d’Un Jour et son « Un Jour sur Terre » élevé en jarres, au goût un peu brut mais plein de sève et de vie…

 

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Une petite croisière sur le Lot nous a permis d'apprécier la longévité des vins de Cahors, et démontré par la même occasion que l'on peut être professionnel tout en étant détendu. 2005, 1995 et 1985 un joli plongeon

 

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Ces Journées ne se passent que tous les deux ans, il faudra donc patienter.

 

Bye

 

Marc Vanhellemont

 

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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 00:00

Pour être reconnu un tant soit peu sur le vaste échiquier du vin, il faut consentir bien des efforts.

Entre Nantes et la Rochelle, ce qu’il reste du vignoble éclaté de Vendée passe au mieux aux yeux du visiteur amateur de vin pour une gentille source de bibine à touristes. Dans la restauration locale, hormis la belle production des Coirier (à Pissotte) en rosé surtout, mais aussi en blanc, la progression spectaculaire de Jérémie Mourat en blanc et la régularité dans les trois couleurs de Thierry Michon (à Brem), aujourd’hui aidé de son fils, Antoine, les vins font tristes mines avec pour principal défaut la dureté mise trop facilement sur le compte de la "typicité".

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Antoine Michon, fils de Thierry

Je n’étais pas revenu en Vendée depuis plus de 30 ans et c’est grâce à l'insistance d'une Vendéenne attachée de presse amoureuse de sa région des Sables d’Olonne, Sandrine Tulasne, que j'y suis retourné le week-end dernier en bon explorateur du vin, nez au vent. Bien m’en a pris car, de son côté, Thierry Michon (Domaine Saint-Nicolas), que j’avais contacté, m’a convaincu de consacrer un peu de mon temps aux filles et aux gars de Brem dont le nom est accolé à l’étrange appellation Fiefs Vendéens (VDQS), au même titre que d’autres terroirs locaux, Vix, Pissotte et Mareuil, ce dernier étant, par le nombre de viticulteurs, le plus représenté.

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Plantations de chenin sur les terres du Domaine Saint-Nicolas

Je ne vais pas vous brosser l’historique épopée du vignoble de Vendée. Nous avons parmi nous quelqu’un de plus qualifié que moi, en la personne de Jacques Berthomeau, un digne descendant des Chouans qui se fera, je n’en doute point, un jour, un devoir de nous conter tout cela dans le détail. Je sais simplement que le vignoble de Brem remonte à la présence Romaine, qu’il compte de nombreux cépages y compris  des curiosités comme la négrette, laquelle donne l’une des plus belles cuvées des Michon («Le Poiré»), qu’il compte des terroirs insolites, dont du schiste, avec des coteaux donnant sur les marais salants, et enfin qu’il fait vivre 8 domaines, dont deux viticulteurs travaillent pour le négoce et un autre qui, comme d’autres, vend sa récolte aux vacanciers en été.

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Antoine Michon avec son grand-père, Patrice.

Seuls 5 vignerons, encouragés par un jovial et bon vivant caviste du cru, Patrick Grenson, qui sert en quelque sorte de « coach », ont décidé il y a trois ans de s’associer pour la cause du cru en une Union des Grands Fiefs de Brem. Ils s’astreignent à quelques règles de base destinées à bâtir le socle qualitatif pour un futur cru Brem : rendements limités en fonction des parcelles, enherbement, utilisation chaudement recommandée de produits organiques, bref, rien de bien méchant, mais c’est au moins un début. Leur chance surtout est de compter parmi eux le biodynamiste expérimenté qu'est Thierry Michon qui ne se prive pas de donner conseils et encouragements aux uns comme aux autres.

Patrick Grenson

Patrick Grenson, caviste à la Cave des Vignerons à Brem-sur-Mer et "coach" auto proclamé du cru Brem

Il en résulte un état d’esprit d’équipe, une volonté d’entraide et de partage, des discussions animées, des repas où l’on refait le monde et des dégustations au cours desquelles les langues se délient. Le fief de ces vignerons ambitieux se trouve dans un restaurant qui fait aussi figure de guinguette située juste à l’orée de la forêt d’Olonne et à deux pas du pont de la Gachère qui sépare les communes de Brem et d’Olonne. L’océan n’est pas loin, le marais non plus. « Au Bout du Monde » est le nom de ce repère sympathique tenu par deux voyageurs poètes, Natacha et Bertrand, l’une y organisant des concerts de jazz, l’autre y préparant des plats mondialistes (Polynésie, Mexique, Antilles, Asie…) sans oublier une cuisine typique de ce coin de Vendée dont il est natif. Cela va de l’anguille grillée au ragoût de seiche, en passant par la « gralée » de mogettes (haricots blancs) ou la « margatte » de l’île d’Yeu, sorte de terrine peu probable faite de thon blanc et de cochon fermier. Côté cave, le patron, en bon supporter des vignerons du cru, ne sert que les vins de Brem, y compris certains blancs que l’on peut commander au verre à des prix plus que sages.

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Bertrand, chef et propriétaire "Au Bout du Monde" présente son pâté de l'île d'Yeu qu'il accompagne d'un blanc de Brem

C’est donc dans ce lieu très « Les Copains d’abord », ambassade officielle des vignerons de Brem (Tél. 02 51 90 50 81), que je me suis attelé à la dégustation que les vignerons avaient organisé à mon attention. Vous me croirez ou pas, mais j’ai été bluffé. Quatre domaines au moins, et dans les trois couleurs, tenaient la dragée haute au reste de la production vendéenne. Le cinquième faisait très bonne figure et il en faudra peu pour qu’il gomme ce brin de rusticité qui fait qu’on le rétrograde.

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Vigneronnes et vignerons de Brem aux petits soins pour le journaliste au chapeau...

Je ne résiste pas à l’envie de vous livrer les noms de ces 5  domaines qui feront qu’un jour peut-être on commencera à prendre plus au sérieux les vins de Vendée.

-Domaine du Lux En Roc, Jean-Pierre Richard (Tél. 02 51 90 56 84), à Brem-sur-Mer. Superbe blanc de chenin et grolleau 2009 à 5,50 €, harmonieux et long.

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Jean-Pierre Richard à l'oeuvre au "Bout du Monde"

-Domaine Aloha, Samuel Mégnan (Tél. 06 31 29 55 05), à Vairé. Joli rouge « Belharra »2007 à 80 % cabernet sauvignon, le reste en pinot noir.

-Domaine La Rose St-Martin, Denis Roux (www.larosestmartin.fr), à Brem-sur-Mer. Rouge 2009 « L’Estran », très sur le fruit (7 €) et à boire frais.

-Domaine La Borderie, Laure Paupion (Tél. 06 08 48 06 93), à Brétignolles-sur-Mer. Chouette rosé 2009 « Pierre Rouge » (6,90 €) poivré et très expressif en bouche.

-Domaine Saint-Nicolas, Thierry et Antoine Michon (www.domainesaintnicolas.com), à Brem-sur-Mer. Intense, complexe, fin et minéral rouge 2007 « Le Poiré », entièrement basé sur de vieilles vignes de négrette (21 €), mais aussi un « Reflets » rouge 2009 pour les grillades entre copains (9,50 €, pinot noir à 50 %, gamay et cabernet franc).

La suite dans un prochain numéro.

Michel Smith

 

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 00:22

Suite et fin de la démonstration: il y a une vie (et de bonnes bulles) après les Vosges...

 

Une forte personnalité


Son originalité, le Crémant d’Alsace le doit d’abord à ses terroirs : des Vosges au sillon rhénan, la géologie de la région est extrêmement variée, au point qu’on parle parfois de mosaïque alsacienne. Sans oublier des conditions climatiques  favorables. Les Vosges protègent le vignoble alsacien des influences océaniques, de sorte que les précipitations y sont parmi les plus faibles de France (à peine 500 mm d'eau par an, en moyenne). La région bénéficie en outre d’étés chauds, d’automnes ensoleillés, qui contrastent avec des hivers plutôt rigoureux. La maturation lente et progressive des raisins qui en découle favorise l'apparition d'arômes d'une grande finesse.
La belle palette de cépages à la disposition des élaborateurs alsaciens permet d’offrir une gamme de produits d’une belle variété. Ces cépages sont au nombre de 6:

•Le Pinot Blanc, le cépage le plus utilisé pour les blancs de blancs, est à la base de Crémants à la fois délicats et ronds.
• Le Riesling apporte aux cuvées élégance, vivacité et fruité.
• Le Pinot Gris est apprécié pour sa richesse et sa belle structure.
• Le Chardonnay,  plein de race et de légèreté.
• le Pinot Noir est à l’origine des Crémants d'Alsace rosés et des blancs de noirs, mais aussi de nombreux assemblages (notamment avec le pinot blanc) ; il leur apporte son élégance, sa structure et son fruité charmeur.
•l’Auxerrois, venu de Lorraine, est un cépage dont on tire des vins aromatiques et souples, à l’acidité plutôt faible ; il est souvent utilisé en complément du le pinot blanc, avec lequel on ne doit pas le confondre.


Normes de production


Principaux critères d’homologation du Crémant d’Alsace, selon le décret du 20 février 2002.

• Les raisins blancs ou rouges doivent être issus de l'aire de production délimitée des vins d'Alsace
• Avant la récolte, les viticulteurs sont tenus de souscrire une déclaration préalable à la mairie, qui permet d'identifier les parcelles destinées à la production de Crémant d'Alsace.
• Les dates des vendanges sont fixées par le Comité Régional d'Experts des Vins d'Alsace. Les raisins doivent être récoltés manuellement, transportés dans des récipients contenant moins de 100 kg et mis entiers dans le pressoir. Les raisins destinés à l’élaboration des vins portant l’appellation « A.O.C. Crémant d’Alsace » sont vendangés plusieurs jours avant ceux destinés aux vins portant les appellations «A.O.C. Alsace» et «A.O.C. Alsace Grand Cru». 

• Chaque lot de vendange doit présenter une maturité convenable, et notamment une richesse minimale de 145 g de sucre par litre, soit un titre alcoométrique en puissance de 8°5.
• Le rendement annuel maximum de l'A.O.C. Crémant d'Alsace est le même que celui de l'A.O.C. Alsace (80 hl/ha).
• Le rendement au pressoir doit être de 150 kg pour 100 litres de moût destiné à l'élaboration de Crémant d'Alsace, avec obligation de séparer les vins de "rebêche" qui doivent représenter au minimum 3 % de la quantité ayant droit à l'appellation.
• Les installations de réception et de pressurage de la vendange doivent faire l’objet d’un agrément spécial de la part de l’INAO.
• Les vis d'Archimède et les chaînes sont proscrites au pressoir.
• La tenue d'un carnet de pressoir est obligatoire.
• Le Crémant d'Alsace doit être élaboré par une seconde fermentation en bouteilles exclusivement en Alsace. Le tirage correspondant ne peut avoir lieu avant le 1er janvier de l'année qui suit la récolte. Le vin doit rester sur ses lies  au moins 9 mois.
• Les vins revendiqués en A.O.C. Crémant d'Alsace sont soumis aux contrôles analytiques et organoleptiques prévus par la loi en matière d'appellation.
• Les vins portant l’appellation «A.O.C. Crémant d’Alsace» sont commercialisés complétés de mentions suivant leur composition. Ces mentions sont Blanc de Blancs, Blanc de Noirs, Brut, Millésimé, Rosé, Sigillé. La mention de cépage est autorisée si 100% du vin est produit avec ce cépage.

Effervescence… économique


Le Crémant d’Alsace a le vent en poupe. On compte aujourd’hui plus de 500 producteurs, et cette AOC représente aujourd’hui le quart de la production régionale des vins d’appellation ; les volumes sont en hausse régulière: 214.946 hectolitres en 2004, 235.705 hectolitres en  2007, 248.000 hectolitres en 2008…
Les ventes, elles, ont plus que décuplé en 25 ans, passant de 2,2 millions de bouteilles en 1982 à près de 30 millions en 2008. Le Crémant d'Alsace est aujourd’hui, et de loin, le premier vin effervescent d’AOC vendu sur le marché français, avec une part de marché de 28,8%; à titre de comparaison, la Clairette de Die représente 14,7% de ce même marché, Saumur 14,1% et la Blanquette de Limoux 11,4% (données 2006).
L’exportation, qui ne représente encore que 10% des volumes expédiés, est également  bien orientée.

Prochain défi: la consolidation des marques (pas encore au niveau des grandes maisons de Champagne  ou du Cava) et montée en gamme de certaines cuvées pour établir de vraies locomotives qualitatives. Les Alsaciens peuvent le faire.

Hervé Lalau

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