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  • : Cinq passionnés du breuvage de Bacchus parlent du vin sous toutes ses facettes.
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POURQUOI CE BLOG?

Ce blog est né de l'heureux hasard d'une rencontre, en 2010, au Salon des Vins de Loire d'Angers, autour d'un verre de rosé de Bourgueil - celui de Pierre Jacques Druet. Il y avait là cinq "plumitifs" du vin. Le rosé aidant, l'idée a germé de créer un espace commun.
Parce qu'à cinq, on peut aborder plus de thèmes.
Parce qu'on peut débattre.
Parce qu'on peut partager. Des coups de coeur, des coups de gueule, de l'expérience.
Et qu'est-ce que le vin sinon une boisson de partage?
De ces cinq, certains sont déjà des blogueurs confirmés, d'autres non.
Comme il y a les 5 sens, il y  a maintenant les 5 du Vin.

Les 5 du Vin

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QUI SOMMES-NOUS?

David Cobbold (Eccevino) est le plus français des journalistes anglais du vin, ou vice versa. Il a reçu en 2011 le Wine Blog Trophy pour  son blog, More than Just Wine.

Jim Budd, sujet de sa Gracieuse Majesté, est journaliste pour diverses revues britanniques. Amoureux des vins de Loire, il leur consacre un blog, Jim's Loire, primé en 2009 du Wine Blog Trophy.

Hervé Lalau est un journaliste français écrivant pour diverses revues et sites français, belges, suisses et canadiens. Son blog "Chroniques Vineuses" lui a valu le Wine Blog Trophy en 2010.

Michel Smith, PourLeVin, est un journaliste français établi en Roussillon, travaillant pour diverses revues et guides en France. Il s'intitule lui-même "Journaliste en Vins et autres Plats de Résistance".

Marc Vanhellemont est un journaliste belge travaillant pour divers magazines en Belgique et en France. Incontournable, sauf par la face nord.

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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 00:00

  ChduPetitThouarss

Château du Petit Thouars

I have to admit a sliver of disappointment that our most prominent follower and distinguished former medical man was unable to diagnose the malady that the Touraine reformists have contracted. I can only assume that the disease is complicated and multi-faceted – doubtless very difficult to find a cure.

Last Friday we visited the exquisite Château du Petit Thouars in Saint Germain-sur-Vienne, which is at the western extremity of Indre-et-Loire and AC Touraine. This is Cabernet Franc and Chenin Blanc country – entirely logical and proper since the estate lies between appellations of Chinon and Saumur/Saumur-Champigny.


NuCheninBlancas.jpgNew plantation of Chenin Blanc

The estate now has 15 hectares of vines including 70 ares of Chenin Blanc planted this year. The rest is Cabernet Franc with the oldest vines planted in 1975. They make two cuvées – Selection from younger vines and Reserve from the oldest vines. Selection is designed for early drinking, while the Reserve has a longer élèvage and will often need further time in bottle to be at its best. The wines are good and very reasonably priced: Selection at 5€ and the Reserve at 6€.

The best wine I tasted during the visit was the 2005 Reserve, which I’m sure one would be hard pressed to pick out if it was included in a blind tasting of Chinons. It has good concentration of black fruits, structure, quite firm tannins at the moment and a freshness in the finish. To drink now this is best decanted as it still needs two or three years more years to hit its peak. 

PTRes05s.jpg

2005 Reserve

Unfortunately despite these wines typicité and quality they will be excluded from AC Touraine if the reforms pass because they are pure Cabernet Franc and don’t have the required minimum of 50% Côt, since the latter is rarely grown in this part of Touraine.

Words, I’m afraid, for the moment fail me…


  Jim

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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 00:10

« Faute de grives on mange des merles » dit le proverbe. Cette recette corse retranscrite sur le grand cahier noir de Filicina qui vécut dans un village de la Gravona dans les années 30 propose un pâté de merles. Je vous la transmets en espérant que vous n’en ferez aucun usage car, pour tout vous dire, j’aime bien les merles mais vivants sur la pelouse de mon immeuble.  

« Pendant deux à trois jours, laisser mortifier les merles qui seront plumés, flambés sans être vidés. Pattes et têtes enlevées, les oiseaux seront entièrement désossés. Faire revenir à la poêle dans un peu de graisse de porc à laquelle on ajoutera un morceau de lard haché, des oignons finement émincés, pas mal de poivre, du sel, du thym, quatre épices. Mener la cuisson doucement et, celle-ci terminée, passer au tamis avec pression. Réserver d’autre part les chairs de merles avec des lardons de veau ainsi que de porc détaillés en petits cubes ; les petits cubes seront mis à mariner dans une vieille acquavita, parsemés de grains de genièvre. Vingt-quatre heures après, retirer les grains, égoutter les chairs et mélanger avec les intestins qui auront été pilés accompagnés de quelques graines de myrte. Prendre un récipient allant au four, foncer de bandes de lard, garnir du mélange et couvrir avec des bardes. Poser le couvercle, le luter avec de la pâte à luter et faire cuire au bain-marie dans un four à température modérée. »  

Pour le boire : Un Gris du Domaine Casanova à Aghione Vin de Pays de l’Ile de Beauté Médaille d’or au Concours Général Agricole 2010 car c’est un super petit vin et parce que les médailles du CGA, souvent raillées par les dégustateurs patentés qui font des guides, en valent bien d’autres...

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 12:00

Eh oui, ce vin a du tempérament, du relief, du poids. C’est un gagnant. Il a la niaque, ou la gnac si vous êtes Gacon, en ce sens qu’il agit un peu comme une morsure bienfaisante. Robe noire et nez minéral, on sent le poivre doux, on devine aussi le schiste chaud à plein nez, puis des notes de café et enfin de gibier. En bouche, l’attaque est souple mais puissante, avec une tonalité rustique qui n’est pas faite pour me déplaire, une bonne texture tannique où l’on retrouve la fameuse « niaque » du début et un aspect un tantinet sec, un peu terreux en finale. Cela donne envie d’aller plus loin, d’attendre encore, de le ranger en cave avant de lui faire subir un joli sort avec des amis sur une belle viande saignante, un magret de canard bien cuit sur la peau et quelques cèpes que l’on commence à voir sur les étals des marchés du Sud.

Je voudrais bien ne pas y songer, mais c’est ainsi : depuis que j’ai revu Faugères (voir un de mes articles précédents), j’ai comme qui dirait attrapé le virus. Je me suis converti au goût du schiste. Pas facile à aborder au début, c’est fou pourtant comme on s’y fait. Euh, c’terroir là, m’sieurs-dames, eh ben j’lai dans la peau ! Au passage, j’ignore pourquoi subitement je me mets à employer ce langage gouailleur. Peut-être l’aspect rustique de tout à l’heure, à moins que ce ne soit la rocaille schisteuse. Tenez, allez-y voir !

 Smith-5312.JPG

Ce Faugères, donc, est un 2007, cuvée « Le Penchant du Cerisier », de la Grange d’Aïn. « Le cerisier trônant sur ce coteau ensoleillé, avec ses vieux carignans en gobelet, procure à cette parcelle un air désuet...», raconte Cédric Saur sur la contre étiquette. Comme il ne peut le déclarer Faugères avec cent pour cent de carignan, il s’est résolu à accorder à son assemblage 20 % de grenache noir. Bon, moi, décret ou pas (sous réserve d’être démenti par Jacques Berthomeau, il me semble que le décret concerne surtout les vignes « plantées » et non ce qu’on met dans une cuvée), il y a longtemps que j’aurais mis la totalité de la cuvée en Carignan tout en disant qu’il y a quand même du grenache... pour être réglo. Mais c‘est une autre histoire.

Smith-5311.JPG

L’auteur de cette jolie cuvée, Cédric Saur, 36 ans, qui s’est occupé longtemps de la propriété familiale, le Château Haut-Fabrègues, à Lenthéric, a fondé à proximité un domaine de 10 ha baptisé La Grange d’Aïn, propriété qu’il cultive en biologie. Ses vins commencent à attirer pas mal d’adeptes. Le Faugères qui nous intéresse est autour de 14 €. A vous de le contacter au 04 67 09 35 84 ou via son courriel : cedricsaur@hotmail.com

Michel Smith

 

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 10:00

Entrancefigs.jpgChâteau Figeac

Sad to learn this morning that Thierry Manoncourt of Château Figeac, Saint-Emilion died on Friday 27th August, a few days short of his 93rd birthday. Manoncourt had made or been involved in all of the vintages of Figeac since 1947. His first vintage was actually 1943.

I had visited Figeac in about 10 days ago to interview Eric d'Aramon, Manoncourt's son-in-law who now runs the estate, for an article for Wine International. d'Aramon had talked about his father-in-law still having an active role, so reading about his death was a shock.

Jim    

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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 00:16

Fraîcheur océane

Entre Gibraltar et la frontière portugaise existe un triangle magique baigné par l’atlantique. Jerez de la Frontera en est le sommet qui pointe vers Séville. El Puerto de Santa Maria s’incline vers Cadiz. Tandis que Sanlúcar de Barrameda, aux arêtes mouillées par l’océan et le rio Guadalquivir, adopte l’appellation particulière « Manzanilla ».

 Logo Jerez

Le Xeres

Dans la grande famille des vins oxydatifs, le vin andalou tient une place de choix. On en connaît généralement le plus courant, le Fino, élevé comme ses pairs en solera, un système qui permet l’homogénéisation des millésimes. Le Fino se distingue de son cousin l’Oloroso par le degré de fortification du vin lors de la mise en fût. Celle du second atteint les 17,5° et ne permet pas l’installation du voile protecteur. Alors que muté à 15°, le Fino se voit rapidement recouvert de la flor, voile de levure qui ménage son oxydation.

 manzanilla 2

La Manzanilla

La Manzanilla n’est autre qu’un Fino plus fin, plus frais et plus élégant que ceux élaborés à Jerez et à El Puerto de Santa Marìa. C’est la situation géographique particulière de Sanlúcar de Barrameda qui détermine cette différence.

Située à l’embouchure du Guadalquivir, la ville regarde le fleuve et l’océan. Une double influence qui génère un surcroît de fraîcheur véhiculé par un vent d’ouest, le Poniente. Courant d’air fluviomaritime qui favorise une installation plus rapide du voile de levure. Il n’existe de Manzanilla que de Sanlúcar de Barrameda !

Celle élaborée par Lustau me plaît particulièrement.

Manzanilla Papirusa 

 

Manzanilla Papirusa Sherry Jerez Xeres Solera Reserva Lustau

Blanc lumineux moiré de reflets dorés et verts. Un nez qui se parfume de noisette et de noix verte, puis glisse vers les senteurs plus acides de pomme râpée et de feuilles de céleri hachées, puis revient sur l’amande et les raisins secs, va et vient de fenugrec et chrysanthème, le lierre et la fleur d’oranger terminent le bouquet.

La bouche grasse et fraîche, au galbe arrondi sur lequel la note saline à la saveur iodée apparaît vite pour d’un ton décorer le palais de quelques algues séchées. Le condiment marin s’agrémente de poivre, muscade et cumin. Puis, le trait vif du citron incise les papilles pour mieux encore aiguiser la sapidité de la manzanille.

manzanilla

 Ne vous effrayez pas ! La Manzanilla est un vin vraiment sec, à boire assez frais et sans apriori. Il peut toutefois heurter les palais délicats quand ils ne s’y attendent pas. Sec et racé comme un Andalou, il plaît après l’abrupt du premier contact.

Solera

Cette technique d’élevage assez récente (elle remonte au deuxième tiers du 19e siècle) gomme l’effet millésime par la technique du fractionnement continu.

Les barriques de 600 l, les botas, s’empilent sur 3 ou 4 hauteurs. Chaque étage s’appelle escala. La rangée du sol porte le nom de solera (de l’espagnol suelo, le sol). Elle contient le vin, ou plutôt le mélange de vins, le plus vieux. C’est d’elle que l’on va tirer (sacar) le vin mis en bouteille, à concurrence de ¼ ou 1/3 du volume de la bota. Cette mesure est remplacée par une quantité équivalente transvasée depuis l’étage du dessus, d’une criadera (de criar, élever). Le vin tiré de la première est remplacé par celui de la deuxième et ainsi de suite. Cette opération s’appelle la corrida de escalas (le tableau d’avancement). L’ultime criadera reçoit le vin de l’année.

 

 

 

 manzanilla (1)

La Manzanilla comme tous les Jerez sont fait à partir du cépage Palomino, vinifié comme un blanc classique, puis fortifié par un ajout d’alcool vinique au moment de l’élevage. Tous sont de type oxydatif, avec des degrés d’oxydation et des complexités fort différentes.

La Manzanilla, la plus fraîche de la gamme, est à boire dans les mois qui suivent l’embouteillage, c’est la seule. Les autres se conservent facilement même la bouteille ouverte.

 

Sa fraîcheur la destine aux apéritifs, surtout quand ils sont décorés d’une multitude de tapas. Elle est passe-partout et convient autant aux amuse-gueules maritimes qu’aux charcuteries. Quelques fromages comme la pâte dure des Manchego l’agrées. Et comme elle n’a pas froid aux yeux… elle s’en sort superbement sur les très risquées asperges à l’écossaise, c à d un fagot d’asperges blanches déposées sur une tranche de saumon fumé et décorées d’une brouillade.

 manzanilla 2 (3)

Lustau

Plus que toute autre Maison, Lustau s’est intéressé à sauvegarder l’héritage du Sherry. La fondation de la bodega remonte à 1896, ce qui, pour une maison de Jerez, n’est pas particulièrement vieux.

Le fondateur, Don José Ruiz, était un almacenista, un «entreposeur», qui élevait des Sherry pour compte de tiers. C’est cette origine qui survit au travers de la ligne des Lustau Almacenistas, sans doute parmi les plus authentiques. Mais la maison propose également deux autres gammes: les «Specialist» et les «Solera Reserva».

Lustau, ce n’est pas un style, c’est toute la diversité de la «galaxie» des sherries, du Fino à l’Oloroso, de la Manzanilla à l’Amontillado et au PX. C’est aussi une qualité jamais démentie, «probably the most reliable Sherry house», comme on dit chez nos amis britanniques...

www.emilio-lustau.com

 

Hasta

 

Marc

 

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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 00:03

Passé le 15 Août, la rentrée arrive à grande vitesse et avec elle son cortège d’actualité : les spéciaux vins qui ressassent les mêmes sujets (hormis quelques-uns bien sûr…), les foires aux vins qui remettent une fournée des mêmes grands crus notés Parker, RVF ou B & D, quand c’est pas les trois à la fois, et puis arrive la sortie tant attendue des guides…

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Bon, de mon côté, pour ne rien vous cacher, je suis un peu blasé, vu que je vis en retrait, à Perpignan, c’est-à-dire proche du trou du cul de la France. Il n’empêche que, comme d’autres, j’appréhende cette rentrée qui s’annonce encore une fois telle une course sur les chapeaux de roue. C’est que ça prend une sacrée place les guides du vin. Pour ne rien arranger, allez donc les refourguer lorsqu’ils sont obsolètes ! Même mes amis, pourtant amateurs, repoussent à chaque fois ma généreuse offrande d’un geste dédaigneux. Je pourrais à la rigueur en faire des cartons et les porter à la décharge avec les vieux catalogues de La Redoute. Mais c’est trop lourd tout ça. Impossible de les jeter au risque de me sentir coupable de pollution. Les abandonner sur un blanc public ? Je l’ai osé. Peut-être ont-ils trouvé un second lectorat... Mais, franchement, un SDF aura-t-il le courage et la curiosité de les lire afin de rêver aux crus inaccessibles ? Résultat, je les collectionne et j’ai toute la série des guides Hachette depuis ses débuts. Si ça intéresse quelqu’un, je l’échange contre un bon magnum et surtout pas de cru classé !

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Ce n’est pas que je ne les aime pas, mais… Disons que je les supporte, pas dans le sens supporter une équipe comme ils disent maintenant. Commençons par être positif, ou honnête. Ils sont objectivement plutôt bien faits les guides de vin (hormis l’un d’entre eux que j’oublie car l’on ne saurait être objectif à son endroit) et vendus à un prix raisonnable. Dans mon travail de tous les jours le guide Hachette, par exemple, véritable bible unique en son genre puisque devenue une référence mondiale, est utile pour retrouver un vigneron oublié, ou pour vérifier une adresse. C’est net et précis et j’aime que l’on y fasse un peu de place aux crus du Luxembourg ou de Suisse.

 COUV_GUIDE-VERT-2011.jpg

Le Guide Vert des Meilleurs Vins de France ne manque pas d’intérêt non plus. Mais je ne l’ai pas lu depuis la version 2008 qui trône encore dans ma bibliothèque de bureau… Quant à l’obèse, je veux dire l’épais, imposant et lourd Bettane & Desseauve, il porte bien son nom : « Le Grand Guide des Vins de France ». N’y voyez de ma part aucune prétention, mais ces pavés ne m’apprennent plus grand-chose si ce n’est qu’ils complètent la vision que j’ai d’un domaine ou qu’ils me font parfois découvrir un nom que j’ignorais. Je savais depuis plus de deux ans que Jérôme Malet (Domaine Sarda Malet) concoctait un « Marius » pour le marché US avec son copain d’enfance Frédéric Engerer, lui-même directeur d’un premier grand cru classé, mais j’ignorais que ce cabernet-sauvignon qualifié « d’ovni » fut disponible en France. J’espère qu’il l’est vraiment, même à 40 €, sinon je ne vois pas l’intérêt de lui consacrer une entrée. À moins que ce ne soit pour montrer aux confrères que l’on a été le premier sur le coup.

Smith-5293.JPG

Assez jasé, revenons sur l’essence même des guides. Souvent, soyons juste, même si les textes ont tendance à se réduire en peau de chagrin, ils mettent l’accent sur quelque chose, un détail, que je n’avais pas remarqué jusque-là. Je les parcours donc plus que je ne les lis, ne serait-ce que pour voir s’ils n’ont pas maltraité un vigneron que j’adule de mon côté ou si, au contraire, ils encensent un type dont je déteste les vins. J’avoue aussi regarder de près comment est traitée – ou maltraitée – ma région d’adoption. Je m’irrite aussi parfois en me disant que je ne dois pas être assez bon dégustateur (ou journaliste ?) puisque je ne suis nullement sollicité par les rédactions de ces ouvrages collectifs. Je me console en me disant que c’est moi qui doit avoir raison : « Reste où tu es coco. Tu es bien trop sincère et trop attaché à la personnalité des vignerons pour te fourvoyer dans des analyses ou des prédictions… Et puis tes papiers sont toujours trop longs, pas assez percutants alors qu’il est de bon ton aujourd’hui de faire du zapping… » Ainsi, je reste à ma place : spectateur de l’édition bachique après, il est vrai, y avoir longuement collaboré, dans les années 90 pour feu le « Guide des Routes du Vin ». Blasé vous dis-je. Mais le consommateur, lui, a-t-il vraiment intérêt à acheter ces guides ? S'il est averti, franchement, je pense que non. Seulement voilà, on peut m'opposer les chiffres de vente comme démenti. Au fait, combien tirent-ils précisément ? Mystère...

 Couv-guide-rouge-2011.jpg

De toute manière, depuis que je suis supposé être à la retraite et que je n’ai plus de collaborations régulières autres qu’annuelles, on ferme les grilles. Mais ne nous noyons pas dans les jérémiades : au moment où je ponds ce texte, je reçois le pavé B & D avec grand plaisir. Nouveau format, couverture souple très proche du consommateur, c’en est fini des textes aérés, mais ça se lit mieux. Dommage que l’on y accorde encore de la place au vignoble sudiste de Bernard Magrez qui aurait, je dis bien « aurait », été abandonné au moins dans sa partie Roussillon puisque Olivier Decelle (Mas Amiel) a publiquement affirmé qu’il avait racheté les vignes de Magrez autour de Maury. À moins que le « compositeur de grands vins » en ait acheté ailleurs… Je sais, ce n’est guère facile de coller à l’actualité. En restant scotché sur « ma » région, c’est amusant de constater que, pour des histoires d’échantillons non livrés et d’une mauvaise bouteille bue au restaurant, Gérard Gauby se retrouve si mal noté… alors que Marjorie Gallet (Roc des Anges) se voit quant à elle propulsée au même rang que les Gardiès, Parcé Frères, l’Abbé Rous et autre Hervé Bizeul. Côté Languedoc, Olivier Jullien, qui refusait à ses débuts toute starisation est quant à lui beaucoup mieux considéré que ses meilleurs compères Catalans. On remarque aussi l’ascension de Pech Redon (La Clape) et de Maxime Magnon (Corbières), alors que Pech Latt, remarquable Corbières depuis 30 ans, ne figure pas sur les tablettes. Le mythique domaine de La Grange des Pères subit le même sort que Gauby alors que d’autres étiquettes réputées (Alain Chabanon, Léon Barral, Terre Mégère, Clos Centeilles, Caraguilhes, Henry, Clos de l’Anhel…) se retrouvent médiocrement notés et sans l’ombre d’un « BD », soit l’équivalent d’une étoile. Comme quoi tous les goûts sont dans la nature. Bref, cela donnera certainement l’occasion au guide concurrent (Guide Vert de la RVF) de contredire tout cela cette année ou l’année d’après.

Smith 4430

Reste que la sortie des guides du vin déclenche à chaque fois une véritable course médiatique. Le premier éditeur présent sur le bureau du journaliste prendra position sur un calendrier bachique parisien déjà complètement bourré (jeu de mot involontaire). Presto, prestissimo, on boucle le dossier de presse et vlan à la poste, en priant Saint-Vincent pour qu’il arrive avant tous les autres. Ah, j’oubliais : on glisse aussi parfois une invitation, histoire de bloquer la date et d’attirer les amateurs (de petits fours) au cocktail dînatoire de lancement. Spécialiste en la matière : le Guide Hachette. On se bousculera dans l’espoir de savourer une lampée de « coups de cœur » et de côtoyer un pipole de choc, le mercredi 1er Septembre au pavillon Dauphine à Paris. Plus discrète, ou moins riche, la Revue du Vin de France arrive bonne dernière dans la course aux communiqués en me proposant par courrier électronique deux dossiers de presse. Celui du Guide Vert, mettant en avant trois auteurs, Olivier Poussier en tête, suivi d’Antoine Gerbelle et Olivier Poels. Sans pouvoir feuilleter le guide, je suis heureux de noter que mon pronostic de hausse qualitative au Domaine Tempier a été couronné de trois étoiles bien méritées. On retrouve le sieur Gerbelle accompagné de son complice Maurange pour leur dixième édition de leur guide des « Meilleurs Vins à Petits Prix », à mon idée le seul guide vraiment utile pour le consommateur en ces temps de crises. Seul le Guide du Vin Gault-Millau ne s’est pas encore signalé. Il est vrai que la version 2010 est toujours en vente sur le site. Idem pour les Guide des Vins Bio du même magazine.

Honneur au vainqueur déjà en partie épluché plus haut – décidément, ce papier n’a ni queue ni tête -, c’est le tandem Bettane & Desseauve qui, à Perpignan du moins, est arrivé en tête. Avec un dossier de presse irréprochable sous forme d’une présentation alléchante, format niouze mag au titre choc, « Le duo mène l’enquête », où l’on voit sur fond chocolat nos deux rouletabilles en position dégustation, vêtus d’une tenue de circonstance s’il vous plaît, tablier noir du caviste chic siglé, chemise blanche impeccable, torse bombé pour l’un, regard malicieux pour l’autre, les deux dégainant un Riedel aux trois quarts rempli de rouge chez l’un et d’un vin doré chez l’autre. Le tout assorti  de petites bulles gentilles résumant les qualités d’un «M. Incollable» (Michel, of course) et celles d’un «M. Inventif» (Thierry, naturally). Plus bas on apprend aussi que celui positionné à gauche (pas forcément de gauche) est perfectionniste et que celui de droite (l’est-il vraiment ?) est hédoniste. Me voilà rassuré. Le tout est amusant, original, léger. L’intérieur est consacré au palmarès : les plus belles progressions, les meilleurs vins de marque (why not?), l’homme de l’année (choisir Pierre Lurton plutôt qu’un brave et talentueux vigneron du Sud-Ouest permettra peut-être – la remarque est vache - de faire plaisir au milliardaire du luxe), l’appellation de l’année (tiens, mes chères Terrasses du Larzac, on s’encanaille…), le Top 15 à mettre en cave 10 ans (ou 20 ans), le top 20 des vins à moins de 6 €, les meilleurs bios, les meilleurs domaines dirigés par une femme (encore !). Puis la fiche technique avec « le nouveau look », à un prix « attractif » (24,90 €), etc. Bref, du tout en un. J’oubliais une pub pour le site maison, une autre annonçant de nouvelles publications, dont «Les Leçons de Dégustation» à paraître début octobre toujours aux Éditions de La Martinière.

Ouf ! Sur ce je vais m’ouvrir un Sarda Malet 2004, Terroir de Mailloles, bien sûr. Le 2005 est noté 16,5/20 dans le guide que je viens d’ouvrir, mais il n’a que deux «BD», ce qui est un scandale quand on sait la régularité et le classicisme du cru. Dans d’autres pages, les grands du Bordelais, de Bourgogne, de Champagne et même d’Alsace se pavanent avec des notes stratosphériques et des cinq «BD» triomphants. Rares sont les appellations oubliées. J’ai vérifié : Palette, Rosette, Bellet et Château Grillet ont droit de cité. En revanche, point de Marcillac, de Béarn et encore moins de Bourgogne Grand Ordinaire. On leur pardonnera ces légers oublis.

Reste une question à cent balles. À l’heure d’Internet où l’on trouve tout, même sur le plus obscur vigneron auvergnat, les guides du vin sont-ils encore utiles ? Si oui, lequel à vos faveurs ? J’aimerais enfin avoir votre avis sur cette épineuse question avant de pondre un jour mon propre guide. Provisoirement, il sera intitulé : «Le Petit Guide des Bons Vins Méprisés par la Critique». Il est vrai qu’avec un titre pareil il a peu de chances de trouver sa place sur un marché déjà saturé. C'est pourtant le genre d'ouvrage que j'attendrais en tant qu'amateur de vins. Belle rentrée à tous et surtout bonne lecture.

Michel Smith

 

 

 

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 00:49

J'aimerais ajouter mon petit mot aux commentaires de l'ami Jim sur les grands Sauternes, à propos d'un petit domaine qui monte, et qui se trouve aussi être celui d'un copain: Château Closiot.

dyn007_original_600_470_jpeg_2615349_47b66f07ae98cc81d111c0.jpgAu Château Closiot

Je vous recommande notamment son 'Brumes de Closiot", pour une approche plus apéritive, plus légère du Sauternes. Mais ses cuvées plus classiques valent aussi le détour.

Sur mon blog perso, voici deux ans, j'avais consacré un post à ce domaine. Voici le lien: http://hlalau.skynetblogs.be/archive/2008/08/16/chateau-closiot.html

Si vous y allez, annoncez-vous et dites bien que vous venez de ma part. La maison n'appartient pas à un groupe d'assurances, ni à un financier zurichois, c'est peut-être pour ça que l'accueil est un peu plus convivial...

Bernard, Françoise, en prévision des vendanges (qui ne sont pas une mince affaire, à Sauternes), je vous dis déjà m....

Hervé Lalau

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 00:06

 Marl-helis.jpg
Helicopter flying over Sauvignon Blanc vines, Marlborough, New Zealand


I imagine that many Touraine producers are enjoying a few days well deserved holiday before returning at the beginning of September to get ready for the 2010 vintage.

While relaxing they might be well advised to consider the current difficult state of the New Zealand wine industry, particularly in respect to the glut of Sauvignon Blanc. 

Marlaas.jpgVineyards in Marlborough, New Zealand

 Links to recent NZ stories:

Marlborough wineries in receivership
July 13, 2010

by James Lawrence

Several wineries based in New Zealand's Marlborough have gone into receivership, with indications that more may follow.

Earlier this month, Cape Campbell Wines and its affiliate companies, Brown Sorensen Vineyards and the Brown Family Trust, went into voluntary receivership, owing creditors millions of dollars.

Cape Campbell Wines was owned by the Brown family, part of the Marlborough wine industry for 30 years.

John Fisk of PricewaterhouseCoopers, which has been appointed to manage Cape Campbell's assets, said the three entities had liabilities totaling between $10m and $12m. He said he was unsure whether the company would continue to trade or be liquidated.

Last month, Awatere Vineyard Estates, a large contract grower owned by Auckland-based Barry Sutton, was put into receivership in addition to the Marlborough wine company Gravitas.

www.decanter.com/news/news.php?id=300020

*

Marlboroughs.jpg

More Marlborough vineyards


NZ hit hard as sav blanc party peters out

Eli Greenblat
July 19, 2010

SOME wineries based in New Zealand's celebrated Marlborough region have gone into receivership, with more expected to follow, as the area's popular sauvignon blanc has been hit by a high New Zealand dollar, oversupply and early signs of a resurgence by Australian chardonnay.

Winemakers and retailers have started to detect a rebound by chardonnay after years of massive decline in consumption of the once-champion white wine style, potentially helping to resuscitate struggling wine businesses owned by Foster's, Constellation Brands and a host of other local wineries.

Read the rest here:
http://www.smh.com.au/business/nz-hit-hard-as-sav-blanc-party-peters-out-20100718-10fzp.html

MarlWairaus.jpg

And more...

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Wine industry hits sour note
By  Anna Rushworth   

5:30 AM Sunday Aug 22, 2010

The perfect storm is rattling New Zealand's wine industry, once regarded as an agricultural cash cow.

Latest figures from Realestate.co.nz reveal 96 vineyards are currently for sale, with the average selling time being nine months.

But real estate agents estimate the figure could be closer to 150.

Consecutive years of frosts in early 2000 led to lower harvests but with higher demand and top prices for sauvignon blanc grapes.

But the bubble burst in 2008 when the huge proliferation of vineyards and great weather meant a huge glut of wine, and prices tumbled.

Read the rest here:

http://www.nzherald.co.nz/business/news/article.cfm?c_id=3&objectid=10667939

Awateres.jpg

Awatere: the latest valley to be developed 

In the light of New Zealand’s difficulties is it really a smart move to opt to make AC Touraine Blanc 100% Sauvignon? 

Jim


 PS. Petit résumé en français, pour les réfractaires à la langue de Shakespeare: les faillites se multiplient dans la viticulture néozélandaise, frappée par la baisse de la demande de sauvignon dans le monde, alors que cette même viticulture, malgré sa belle organisation, a trop misé sur ce cépage. Voila de quoi faire réfléchir nos amis tourangeaux qui, pour l'AOC Touraine, veulent se concentrer, en blanc, sur ce même sauvignon...

On n'est pas obligé de reproduire les erreurs des autres.

Hervé

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Published by les5duvin - dans Dans le vignoble
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23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 00:05

Tu te poses un peu sec à Napoléon Bonaparte – l’avion bien sûr, avec le commentaire rigolard de la chef de cabine qui le qualifie de «tout en douceur» – et quand tu empruntes avec ta petite auto de location la seule bretelle de sortie, tu butes sur un mini-barrage d’une vingtaine de personnes qui tractent pour le berger de Cargèse mais te laissent passer. En revanche les ceuss qui partent sont bloqués. Grosse panique, une seule voiture de police en retrait, toi tu souris, trop heureux de t’esbigner en contemplant la chenille des tireurs de valises à roulettes qui fonce vers l’aéroport. Les voitures de location sont abandonnées sur place. Le bordel quoi ! Ça me rappelle de vieux souvenirs et quand je passe devant la Préfecture pour me rendre au marché je me dis que «pour que tout change, il faut que rien ne change»

Bon je suis en vacances alors quelques petites questions sur les vins de l’Ile de Beauté :

1-     Combien d’AOC en Corse?

2-    Existe-t-il des crus en Corse?

3-    Si oui, citez-les.

4-    Existe-t-il des appellations communales?

5-    Si oui, combien et lesquelles?

6-    Que signifie U lucale?

7-     Que signifie U pughjale, a costa?

Bon les  gars, et si vous me donniez vos bonnes adresses pour le solide et le liquide?

Jacques Berthomeau


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Published by les5duvin - dans Famous 5
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22 août 2010 7 22 /08 /août /2010 12:08

Plusieurs choses frappent au premier coup d’oeil. Le Vin de Pays du Mont Baudille d’abord, qui me rappelle un autre carignanophile du nom de Fadat. L’étiquette «MA» qui, même si le graphisme n’a aucune similitude, évoque le Mas Amiel. Et pourtant, tout est bien différent dans la présentation de cette bouteille: l’étiquette d’un rose satiné, la forme bourguignonne du flacon, le petit mot doux que laisse Amélie sur la contre étiquette et qu’il faut prendre le temps de lire… Une histoire simple, comme je les aime, à mille lieues de ces revendications «nature» lancées à tort et à travers, un vin qui se présente tel qu’il est, «Vieux Carignan», point.

 

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Je ne connais pas Amélie, 31 ans, qui travaille dans le monde du vin, côté marketing, mais j’aimerais bien la rencontrer. Qui sait? Peut-être lors d’une prochaine virée à la Terrasse du Mimosa, à Montpeyroux ? C’est là que l’on m’a confié cette bouteille que je goûte aujourd’hui.

«Amile» et non Amélie, telle fut la destinée de cette enfant qui vint au monde alors que son Papi Paul espérait un garçon. Ce dernier fut comblé un an plus tard, lorsque naquit Sébastien.

Aujourd’hui, Amélie est revenue dans les vignes du village d’à côté, à Lagamas. À cause d’un coup de foudre pour un vieux carignan qu’elle a sauvé avec l’aide de son frère, lequel travaille de son côté chez Alain Chabanon, un vigneron de fort belle réputation installé à Lagamas. Depuis deux millésimes, Sébastien et Amélie vinifient dans le garage de Papi Paul, un complice de toujours qui ne néglige aucun conseil. Tel un vieil olivier robuste sur lequel on s’appuie volontiers. 

Smith-5260.JPG 

De cette parcelle de moins d’un hectare, de cette complicité, il résulte un vin à la robe bien soutenue et au nez bien en place sur des notes boisées et crayeuses avec des touches de maquis et de petits fruits rouges. C’est chaud en bouche, rond, soyeux, puissant, mais sans excès, avec une finale bien cadrée sur le fruit. Bref, ça se laisse boire « avé » plaisir comme on dit ici. Entre 7 et 9 € chez tous les cavistes du coin ou auprès d’Amélie : masdamile@orange.fr.

Pour info, le vin a été vinifié traditionnellement et élevé un an et pour 60% en barriques d’occasion. Un rosé est en gestation, avec l’apport de vignes supplémentaires.

Michel Smith

 

 

 

 

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