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David Cobbold (Eccevino) est le plus français des journalistes anglais du vin, ou vice versa. Il a reçu en 2011 le Wine Blog Trophy pour son blog, More than Just Wine.
Jim Budd, sujet de sa Gracieuse Majesté, est journaliste pour diverses revues britanniques. Amoureux des vins de Loire, il leur consacre un blog, Jim's Loire, primé en 2009 du Wine Blog Trophy.
Hervé Lalau est un journaliste français écrivant pour diverses revues et sites français, belges, suisses et canadiens. Son blog "Chroniques Vineuses" lui a valu le Wine Blog Trophy en 2010.
Michel Smith, PourLeVin, est un journaliste français établi en Roussillon, travaillant pour diverses revues et guides en France. Il s'intitule
lui-même "Journaliste en Vins et autres Plats de Résistance".
Marc Vanhellemont est un journaliste belge travaillant pour divers magazines en Belgique et en France. Incontournable, sauf par la face nord.
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On pourrait la croire d’une nature chétive ou bien indécise. Que nenni ! La fille a du cran, de l’initiative, elle sait ce quelle veut et elle n’hésite pas à mettre la main à la pâte pour se mesurer à plus établi qu’elle. C’est ainsi qu’après une formation d’ingénieur agro, la toute jeune Marjorie Gallet, dont le mari, Stéphane s’occupait à l’époque du Mas Amiel, a débarquée non loin de là, à Montner, village voisin de Latour-de-France où sévit bon nombre de vignerons adeptes du Carignan, pour se lancer en viticulture.
Une terre de schistes anciens (570 millions d’années) et environ 15 ha en production avec une majorité de vieux carignans, dont une vieille vigne datant de 1903 ancrée sur une veine de quartz, lieu-dit «Roc Blanc», Marjorie se dirige peu à peu vers l’agrobiologie en son domaine du Roc des Anges, après un stage salvateur chez Gérard Gauby histoire de se familiariser avec la région. Son premier millésime remonte à 2001. Aujourd’hui, deux enfants plus tard et la certitude d’être chez soi, Marjorie dirige le Roc des Anges avec Stéphane et tous deux ont ajouté 3 ha en Maury dont ils vinifient un superbe vieux grenache noir 2009 de pur schiste. Leur cave, très bien équipée, pièces bourguignonnes et cuves béton, est mitoyenne à celle de Bernard Magrez, en plein dans le village et ils ont installé leur nid juste au-dessus.
Du Carignan, Marjorie dit que c’est le cépage qu’elle connaît « qui digère le mieux l’alcool » et je ne vais pas la démentir. Bien sûr, c’est son «1903», Vin de Pays des Pyrénées Orientales de pur carignan, qui m’intéresse le plus. Mais avant de le décrire, je dois recommander le Côtes du Roussillon « Vieilles Vignes » 2008 (50% de carignan, puis grenache noir et syrah), commercialisé à 18,80 euros, superbe rouge tout en équilibre, capable d’attendre encore quelques années. Marjorie vinifie aussi un Vin de Table blanc (macabeo) à partir de raisins passerillés.
Revenons au Carignan «1903». Contrairement aux millésimes antérieurs, la version 2008 (32,10 euros le flacon, 4.000 bouteilles seulement) n’a pas connu le bois et
c’est la première fois qu’il a été vinifié et élevé à 80% en cuves béton. L’attaque en bouche est ferme, bien droite, cadrée, dense. On devine une matière riche et une belle sensation de
minéralité associée à une grande fraîcheur. Dans la typicité des vieux carignans, c’est un vin à mettre en carafe 2 ou 3 heures avant de le boire, d’ici 5 à 10 ans, mais ont peut aussi le laisser
dormir sans craintes 15 à 20 ans.
La version 2009, mise en bouteilles à la mi-septembre 2010, sans collage ni filtration, comme d’habitude, a pour la première fois fermenté à l’aide de ses levures
indigènes. Il sera commercialisé un poil plus cher. La fraîcheur est saisissante et le fruit bigrement présent et même gracieux ce qui présage d’un autre beau millésime. Je n’ai pas eu la
possibilité de l’exposer à l’air suffisamment longtemps pour en explorer tous les contours, mais je suis prêt à parier sur sa longévité.
Michel Smith
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